Les 3,5 causes du flou (conférence chez Panasonic au Salon de la Photo 2015)

6 mars 2016

Le flou (involontaire) sur une photo est un problème auquel on a tous été confrontés. Dans cette conférence, je vous explique quelles sont les 3,5 causes du flou, et évidemment comment les résoudre.


 
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Bonjour à tous, bienvenue dans cette conférence.

Là, tout de suite, je ne vois rien du tout.
Ma main est nette jusque-là, à peu près, après je ne vois rien du tout. Je ne serais pas capable de reconnaître ma mère si elle était dans l’assistance.
Et parfois, votre appareil voit flou aussi, et aujourd’hui, ce que je voudrais partager avec vous, c’est les 3,5 causes du flou, et comment les résoudre, car la plupart du temps on ne veut pas que les images soient floues. En tout cas, si on le veut, on veut le contrôler.
Et donc, ce que je voulais partager avec vous, c’est un peu comment être un bon ophtalmo pour votre appareil photo.

Avant ça, je vais me présenter : je m’appelle Laurent Breillat et j’aide les gens à voir le monde différemment, notamment avec mon blog Apprendre la Photo, qui existe depuis juin 2010, et sur lequel j’ai quelques articles et qui est suivi par quelques personnes – dont quelques-unes que je reconnais ici. J’ai également deux formations qui réunissent plus de 7 000 élèves, dont je vous parlerai un tout petit peu à la fin – ce n’est pas le sujet maintenant. Et j’ai également sorti deux livres chez Eyrolles en 2013 sur le choix d’un objectif pour reflex. Ce n’est pas le sujet aujourd’hui, mais si ça vous intéresse, j’ai aussi fait des conférences ici, chez Panasonic, notamment plus tôt aujourd’hui, qui seront sur ma chaîne YouTube.

Un peu de théorie

Avant de parler des 3,5 causes du flou, il va falloir que je vous parle un peu de théorie. Alors, ne partez pas, ça ne fait même pas mal.  😉 Je vous rassure, je vais essayer de garder ça le plus simple et le plus ludique possible. Parce qu’il va falloir quand même quelques notions théoriques pour bien comprendre quelles sont les principales causes du flou et, du coup, comment les résoudre.

La première chose dont on va parler, c’est l’exposition. Est-ce que quelqu’un parmi vous peut me dire ce qu’est l’exposition en photo ?
Ça n’a rien à voir avec mettre ses photos sur un mur.

N’hésitez pas à participer si vous le savez. De toute façon, vous ne pouvez pas tellement vous tromper et même si vous vous trompez, ce n’est pas grave, vous avez le droit.

On n’a encore personne qui ose aujourd’hui, mais vous allez voir, vous allez vous détendre après.

L’exposition en photo, c’est assez simple, c’est la quantité de lumière qui arrive sur le capteur.
Là, je vous montre des exemples très très caricaturaux.
Ça, c’est une photo exposée normalement, j’ai des tons assez moyens, tout va bien. J’ai une photo surexposée qui est trop lumineuse, et une photo sous-exposée est une photo trop sombre. C’est un concept très basique en photo, et finalement assez simple à comprendre : s’il y a la bonne quantité de lumière qui arrive sur le capteur, on a une photo exposée normalement, qui a des tons moyens, qui n’est pas manifestement trop claire ou manifestement trop sombre, comme le sont les deux photos que vous voyez.

Cette exposition est contrôlée par trois paramètres :

Je sens que je vais faire une petite interro là-dessus. Est-ce que vous savez quels sont les trois paramètres de l’exposition ?
Je suis sûr qu’on va arriver à les trouver.

… : L’ouverture du diaphragme.

L’ouverture du diaphragme, on en a un.

… : La vitesse.

La vitesse, oui ; deux. Il y en a un troisième.

… : La sensibilité du capteur.

La sensibilité du capteur, effectivement.

Ça forme ce que l’on appelle le triangle de l’exposition.
Ces trois paramètres influencent la lumière qui va rentrer dans l’appareil.

Pour bien que vous compreniez, il faut comprendre comment fonctionne un appareil photo.
La lumière rentre par là – c’est l’objectif –, et le premier obstacle qu’elle peut rencontrer, c’est le diaphragme. Le diaphragme – je ne peux pas vous le montrer en vrai, donc je vous ai mis un petit schéma qui s’anime –, il est dans l’objectif et il va permettre de faire rentrer plus ou moins de lumière. C’est un réglage que vous pouvez faire sur l’appareil, on va en parler un peu aujourd’hui. C’est donc le premier obstacle que va pouvoir rencontrer la lumière. Soit le diaphragme est complètement ouvert, soit il va être plus ou moins fermé et il va laisser entrer plus ou moins de lumière. Évidemment, ça va influer sur la quantité de lumière qui entre dans l’appareil, et, donc, sur l’exposition au final.

Deuxième chose qui se passe : une fois que la lumière a passé l’objectif, elle va arriver sur le capteur. Sauf que le capteur n’est pas toujours « accessible », car il a ce qu’on appelle un rideau devant. C’est très simple, le rideau est normalement fermé, et quand vous allez prendre une photo, il va s’ouvrir et laisser passer la lumière pendant un certain temps et se refermer.

Le temps pendant lequel il va laisser passer cette lumière, c’est ce qu’on appelle le temps de pose ou vitesse d’obturation. Vitesse d’obturation, c’est un peu moins intuitif comme terme, mais je suis un peu obligé de l’utiliser parce que c’est tellement courant que vous allez forcément entendre ce terme quelque part, donc je préfère l’utiliser, comme ça vous savez ce que c’est. Donc, le temps de pose ou vitesse d’obturation c’est la même chose, c’est le temps pendant lequel le capteur va être exposé à la lumière. Vous imaginez bien que s’il est exposé plus longtemps, la quantité de lumière reçue est plus importante. On va avoir une photo plus exposée, c’est-à-dire plus lumineuse.

Dernière chose, la sensibilité du capteur lui-même.
Le capteur a une certaine sensibilité à la lumière.
C’est un peu comme si vous mettiez une rousse et une brune au soleil : elles ne vont pas cramer à la même vitesse.
C’est exactement pareil pour le capteur. Pour la même quantité de lumière reçue, la même quantité passée par le diaphragme et qui est passée pendant l’ouverture du rideau, le capteur va être plus ou moins sensible à la lumière. S’il est plus sensible, la photo va être plus exposée.

Donc, le premier, c’est l’ouverture. L’ouverture s’exprime par des chiffres qui semblent un peu barbares, comme ça, mais il ne faut pas avoir peur.
La seule chose qu’il faut comprendre, c’est que plus l’ouverture est grande, plus le chiffre est petit. C’est embêtant. 🙂
F/1.4 est une grande ouverture, même une très grande ouverture ; f/32 est une très petite ouverture.
Donc, ça, c’est plutôt f/32,
et ça, c’est plutôt f/1.4.

Comment retenir ça ? C’est assez simple, vous voyez qu’il y a f « sur », c’est comme une barre de fraction. Si je fais 16 parts de gâteau, elles sont plus petites que si je fais 4 parts de gâteau.

Donc, ça, c’est le premier paramètre qui va influencer l’exposition. Le deuxième, comme je l’ai dit, c’est la vitesse d’obturation qui va être exprimée en fraction de seconde. La vitesse d’obturation, la plupart du temps, ce n’est pas une seconde entière pendant laquelle le rideau va s’ouvrir, la plupart du temps c’est une fraction de seconde. Donc, par exemple, 1/100 de seconde. 1/100 de seconde, sur l’appareil, ça va être affiché 1/100 ou parfois juste « 100 ». Les appareils sur lesquels on a moins de place sur l’écran, on essaie de gagner un peu de place, donc on affiche juste 100. Et, par exemple, une pose de 1 seconde va être affichée 1 ou 1 » (avec deux apostrophes) pour que vous compreniez bien que c’est 1 seconde complète et pas 1/100.

Dernière chose, la sensibilité ISO. Elle, elle est très simple, 100 ISO, 200 ISO, 300 ISO ; ça va jusqu’à 6 400 ISO, voire plus sur certains appareils. Elle, c’est assez simple, 200 ISO, c’est deux fois plus sensible que 100 ISO. De la même façon, avant, 2 secondes c’est deux fois plus long que 1 seconde ; 1/100 de seconde, c’est deux fois plus long que 1/200, puisqu’on fait 100 parts de gâteau au lieu de 200, donc les parts sont plus grandes, donc c’est un temps de pose plus long.

Ces différents paramètres ont des contreparties, parce que si vous pouviez jouer sur les uns et les autres indifféremment sans qu’il y ait de contreparties, finalement, pourquoi y en aurait-il trois ? Ce ne serait pas intéressant d’en avoir trois différents. Ils ont tous des contreparties.

Et je vais vous montrer ce que sont ces contreparties.

La contrepartie de l’ouverture, c’est la profondeur de champ. La profondeur de champ, en substance, c’est ce que vous appelez plus couramment le flou d’arrière-plan.
Je vais vous montrer ça en vrai avec un appareil, parce que ce sera beaucoup plus parlant.

Je vais me mettre ici et je vais prendre des cobayes ; c’est toujours ceux au premier rang qui ont la grande chance d’être mes cobayes, ceux qui sont en général au milieu au premier rang.

Donc, là, si je prends une photo – là, ça se voit à peine, mais si je me rapproche un peu…
Vous voyez que l’arrière-plan est flou.
Là, je suis à une ouverture de f/2.8, vous la voyez s’afficher en bas à gauche de l’écran ; vous voyez f/2.8, à côté vous avez 80, qui est la vitesse d’obturation (au 1/80), et vous avez donc un arrière-plan qui est flou.
Si j’utilise comme ouverture plutôt f/11, vous allez voir que je vois ce qu’il y a à l’arrière-plan, je vois beaucoup plus de détails.
Si on regarde les deux photos en mode lecture, je vois beaucoup plus les détails du sac à l’arrière-plan, par exemple, que sur la photo d’avant. Vous voyez qu’entre les deux j’ai une grosse différence dans le flou d’arrière-plan.

Ce qu’il faut comprendre avec la profondeur de champ, c’est que c’est un plan de netteté. C’est-à-dire que si je fais ma mise au point sur madame, ici, j’ai ma mise au point ici et mon plan de netteté va se répartir autour. Donc, un peu devant et un peu derrière. Je vais avoir cette zone-là qui est nette. Quand je dis « cette zone-là », je n’ai pas de limite précise, c’est-à-dire que la netteté ne va pas s’arrêter soudainement à un endroit. C’est progressif. C’est-à-dire que plus je vais avoir un élément qui va être loin, plus il va être flou. Donc le sac de monsieur, derrière, était un peu flou – je ne voyais pas plus d’arrière-plan parce que vous êtes nombreux (super !), mais si j’avais vu plus d’arrière-plan, derrière je n’aurais quasiment rien vu, même quelqu’un avec un sac je ne l’aurais peut-être même pas distingué parce que c’était encore plus flou.

La zone de netteté n’a pas de limites super précises ; on essaie de lui mettre des limites, on dit qu’on a une profondeur de champ de, par exemple, un mètre, mais en réalité la limite est un peu floue. On la définit à partir du moment où on trouve que c’est flou, mais ce moment-là est un peu imprécis.
Ce qu’il est important de comprendre, c’est que c’est un plan de netteté. C’est comme ça. Si je me mets devant, comme ça, mon plan de netteté est comme ça. Mais si je me mets sur le côté, ici, mon plan de netteté va être comme ça. C’est important de comprendre que le plan est par rapport à l’appareil.

Parce que souvent, on me dit « j’ai une fête de famille, j’ai une tablée avec plusieurs personnes et il n’y a que les gens au premier plan qui sont nets. » On va en parler après.
Et parfois, juste faire se lever les gens et les mettre sur un même plan, ça peut vous aider. Sans même changer les réglages de l’appareil, juste changer la position des gens.

Ça, c’est l’effet de l’ouverture, l’effet secondaire de l’ouverture – j’aime bien appeler ça des effets secondaires. Et vous avez ensuite l’effet de la vitesse d’obturation.
Alors, pour la vitesse d’obturation, je ne vais pas prendre de cobaye au premier rang, je vais me prendre moi-même.

Je vais vous montrer… là, je vais me mettre à 1/500.

(Je vais plutôt me mettre comme ça.)

Je fais ensuite la mise au point sur ma main, et vous allez voir que je vais bouger ma main devant l’appareil.

Je vais le refaire, me mettre en mode rafales, comme ça je vais prendre un peu plus de photos, vous allez mieux voir.

Vous voyez que si je fais différentes photos, ma main est assez nette.

(Ça met toujours un peu de temps à venir…)

Là, en l’occurrence, c’est la mise au point qui…

Sur celle-ci, vous devriez bien la voir…

Il y a une certaine netteté. La mise au point n’est pas super bien faite, alors on va la refaire, sinon vous allez dire que je mens.

Là, je bouge ma main, et vous voyez qu’elle est bien nette. Il n’y a pas de problème de netteté. Par contre – là, je suis à une vitesse, vous voyez ici, de 1/500, c’est une vitesse assez rapide.
Si je fais exactement l’inverse et que je choisis une vitesse plus lente, je vais bouger ma main à peu près à la même vitesse pour ne pas tricher.

On va afficher celle-ci qui me paraît être un très bon exemple.

Là, je suis en train de bouger ma main, sur cette photo, et vous voyez que ma main est floue par rapport à la photo d’avant. La seule chose qui a changé, c’est la vitesse d’obturation.
Donc, l’effet secondaire de la vitesse d’obturation, c’est la perception du mouvement. C’est-à-dire que le mouvement de votre image ne va pas être perçu de la même façon selon la vitesse d’obturation que vous allez choisir.
Si elle est rapide, si elle est courte, comme 1/500 de seconde, vous allez plus figer le mouvement que si elle est plus longue. C’est logique puisque le capteur de l’appareil est exposé pendant plus longtemps, donc s’il est exposé pendant plus longtemps, pendant ce temps-là, votre main bouge alors que s’il est exposé très peu de temps, pendant ce temps-là votre main ne bouge pas.

J’explique tout ça maintenant, parce qu’après, vous allez voir, ce sera extrêmement utile pour comprendre les causes du flou, et surtout pour les résoudre.

Dernière chose, et là-dessus je vais revenir sur ma présentation, parce que ça va être beaucoup plus simple pour vous de le comprendre, c’est la contrepartie, l’effet secondaire si vous préférez – je vous avais mis des exemples pour le cas où ça ne marcherait pas – de la sensibilité ISO.

Là, c’est une très vieille photo, aujourd’hui, les capteurs à 1 600 ISO font un peu mieux que ça, et vous voyez que sur exactement la même prise de vue, à 100 ISO et à 1 600 ISO, – c’est un zoom dans la photo, ce n’est pas une photo plein cadre, j’ai zoomé dedans pour bien vous montrer –, vous voyez qu’à 100 ISO j’ai un arrière-plan qui est propre, j’ai du vert assez uni, et à 1 600 ISO, j’ai un arrière-plan qui est, disons-le, franchement dégueu, parce que vous avez des espèces de petits points roses par endroit, des points plus ou moins sombres, ce n’est pas très joli.

Ce que crée une sensibilité ISO importante, c’est ce que l’on appelle du bruit numérique dans l’image. Le bruit numérique, c’est ce rendu pas très joli que vous voyez là. Quand vous allez augmenter la sensibilité ISO, vous allez augmenter l’exposition, vous allez avoir une photo plus lumineuse, mais vous allez avoir aussi du bruit qui va apparaître.
Rassurez-vous, on va en parler après, mais si vous augmentez un tout petit peu la sensibilité ISO, vous n’allez quasiment pas voir ce bruit, mais quand vous allez aller vraiment loin, vous allez voir ce bruit apparaître dans votre image.

1 – La mauvaise mise au point

Du coup, il est temps de passer à la première cause du flou qui est une mauvaise mise au point. La mauvaise mise au point, c’est exactement ce que j’ai fait là. J’étais à New York la semaine dernière – je suis arrivé vendredi matin à 8 h 35 à Charles-de-Gaulle – et j’étais au marathon de New York qui passait juste à côté de chez moi, j’avais un peu de chance, et j’ai voulu prendre des photos des marathoniens. J’ai fait plein de choses, et sur celle-ci j’ai planté la mise au point, ça arrive à tout le monde. Je voulais prendre ce coureur, français d’ailleurs, qui tapait dans la main de quelqu’un, et comme il bougeait un peu vite, je n’ai pas eu le temps de bien faire la mise au point – je vous rassure, j’en ai eu aussi des réussies –, et vous voyez que la mise au point est faite derrière.

À quoi reconnaît-on un flou dû à une mauvaise mise au point ? C’est que vous avez l’image qui est nette à certains endroits – là, vous voyez que les coureurs derrière son parfaitement nets, il n’y a aucun problème –, mais elle n’est pas nette là où vous voulez.
Une mauvaise mise au point, c’est quand vous n’avez pas fait la netteté au bon endroit.
C’est à ça qu’on le reconnaît.

Ça peut être surprenant quand on vient d’un appareil à petit capteur. Si vous avez eu des compacts ou si vous avez commencé à photographier à l’iPhone, des fois vous achetez un appareil qui coûte 1 000 € et vous commencez à avoir du flou. Vous vous dites : bon, mes photos étaient meilleures à l’iPhone avant et elles n’étaient pas floues.

La raison est simple, c’est que les grands capteurs ont plus facilement une faible profondeur de champ – on va y revenir après –, donc plus facilement du flou d’arrière-plan et donc une mauvaise mise au point se voit beaucoup plus, en fait. Sur un petit capteur, si vous la plantez un petit peu, la plupart du temps ça ne se verra pas. C’est pour ça que ça peut être surprenant.
Au début on peut se demander ce qui se passe, pourquoi les photos sont moins bonnes avec ça.

Ça peut être très évident, comme sur cette photo où, là, la mise au point est manifestement plantée ; sur celle-ci, la mise au point est là aussi plantée – c’est un de mes tout premiers portraits, ça date de 2 010  et j’ai déjà l’impression que ça fait deux millénaires, à peu près –, et vous voyez que la mise au point n’est pas faite sur l’œil. Si vous regardez bien, l’œil est un petit peu flou. Et quand on zoome dans la photo, on voit que la mise au point est plutôt faite sur la mèche de cheveux, voire sur la casquette au-dessus. En tout cas, elle n’est pas faite au bon endroit, elle est faite un peu en avant.

Ça, c’est un cas un peu plus courant, c’est de faire la mise au point légèrement décalée et vous n’allez pas faire la mise au point exactement où vous voulez. Parce que quand vous la plantez totalement, en général vous le voyez et vous la refaites. Quand on la plante un tout petit peu, parfois on ne le voit pas tout de suite, surtout quand on n’a pas trop d’expérience.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la mauvaise mise au point, la cause de la mauvaise mise au point, simplement c’est que vous l’avez faite au mauvais endroit, ET qu’il y a une faible profondeur de champ. Parce que s’il y a une très grande profondeur de champ – là, en l’occurrence, sur la photo d’avant, si j’avais fait la mise au point sur le bord de la casquette, mais que j’avais eu toute l’image nette, on ne l’aurait pas vu du tout, en fait. Donc la cause de ce flou, c’est que vous avez fait la mise au point au mauvais endroit, mais vous ne le voyez que si vous avez une faible profondeur de champ. Et la solution, c’est simplement de bien faire attention à l’endroit de la mise au point. Ça peut paraître bête à dire, comme ça. Ça va dépendre de l’appareil : sur tout ce qui est appareil hybride, comme celui que j’ai ici, vous avez souvent un écran tactile et vous « n’avez qu’à » appuyer sur l’endroit de l’écran où vous voulez faire la mise au point et faire la mise au point.

Cela dit, je vais quand même vous montrer rapidement sur celui-ci, il faut toujours choisir soi-même l’endroit de la mise au point, parce que, par défaut, l’appareil va choisir tout seul là où il veut la faire, et autant vous dire que, malgré toute la technologie qu’il y a dedans, il va souvent mal choisir. En tout cas, il ne va pas forcément choisir là où vous voulez.

(S’il veut bien m’afficher quelque chose)

Vous voyez que, là, si je me mets en 49 zones, il va faire la mise au point où il veut – là, il choisit de faire la mise au point à peu près au premier plan. Mais si je veux faire la mise au point sur le stand Sony derrière, tout seul, il ne le fera pas – parce que souvent l’appareil va choisir de faire tout seul la mise au point au premier-plan. Si au contraire, je choisis 1 zone ou un point précis comme ça, là je peux choisir soit de faire la mise au point sur monsieur ici, et là je touche l’écran sur le stand Sony derrière et je fais la mise au point dessus.
Là, je suis à une profondeur de champ qui n’est pas non plus extrêmement faible, donc vous n’allez pas beaucoup voir la différence, mais dans pas mal de photos, notamment les portraits comme on a vu avant, ça peut faire la différence.
Je vous montre l’exemple sur cet appareil, mais ça fonctionne vraiment sur n’importe quoi. Sur les reflex, vous n’aurez pas la possibilité de faire ça sur l’écran, vous allez avoir le plus souvent ce que l’on appelle des collimateurs. Vous allez choisir le collimateur sur l’appareil là où vous voulez faire la mise au point. Vous avez deux solutions : soit vous avez un cadre – ça, c’est mon cadre, l’œil de mon sujet est là, je choisis le collimateur qui est dessus ; ou sur un hybride, je vais juste appuyer sur son œil pour mettre la mise au point là. J’appuie à mi-course sur le déclencheur, juste un petit peu, et faire la mise au point à cet endroit-là.

Une deuxième tactique, ça peut être de faire ce que l’on appelle de la mise au point recadrage. Je n’en parle pas normalement, mais comme vous me posez la question je vais faire 30 secondes dessus.

Vous choisissez n’importe quel collimateur, par exemple le collimateur au centre, vous déplacez votre appareil. Par exemple, je veux faire la mise au point sur madame au premier plan, donc je déplace mon appareil, le collimateur au centre sur elle, j’appuie à mi-course sur le déclencheur, l’appareil verrouille la mise au point, ensuite je rebouge mon appareil (il garde la mise au point où elle est puisque j’ai gardé le doigt sur le déclencheur), je cadre comme je veux (par exemple je la mets en haut à droite du cadre) et je déclenche. Je peux faire ça aussi.
En tout cas, ce qu’il est important de comprendre, c’est que pour éviter ce flou-là, il faut juste faire attention où vous faites la mise au point et ne pas laisser l’appareil la faire tout seul.

2 – Le flou de profondeur de champ

La deuxième cause du flou, c’est le flou de profondeur de champ. On a vu avant ce qu’était la profondeur de champ, c’est le flou d’arrière-plan. Ça, c’est un exemple typique – j’ai pris un exemple sur internet parce que je n’avais pas de photos dans ma bibliothèque, quand je suis parti à New York, pour faire cette conférence et j’aurais bien aimé avoir une photo avec une tablée et des gens, mais j’ai pris sans personne dessus, c’est la même chose. Vous imaginez qu’ici vous avez Mamie et au fond vous avez Tatie. Tatie, elle est floue, au fond. Et là, ce n’est pas forcément voulu. Alors, ça peut être bien, je vous ai montré le portrait avant, on peut avoir envie de faire un flou d’arrière-plan. Mais parfois, on peut se dire que ce flou n’est pas voulu. Voilà, l’exemple typique, c’est la tablée.

Et ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ce flou de profondeur de champ, la cause, c’est que la profondeur de champ est trop faible pour avoir tous les sujets nets, à la fois au premier plan et à l’arrière-plan.

Je précise que ça n’a rien à voir avec la mise au point. Comme je l’ai dit tout à l’heure, la mise au point se fait à une distance et ma profondeur de champ se répartit autour. Je ne peux pas faire la mise au point à plusieurs distances. C’est-à-dire que je ne peux pas dire à l’appareil « fais la mise au point là, mais aussi là, et aussi là-bas ». L’appareil ne peut faire la mise au point qu’à une distance.
Parfois, vous allez avoir votre appareil qui va vous afficher des carrés verts ou des collimateurs qui clignotent en rouge, peu importe comment il signale ça, mais il va vous mettre à plusieurs endroits dans l’image un indicateur qui va dire qu’il a fait la mise au point ; en fait, il n’a pas fait la mise au point à plusieurs endroits, il a fait la mise au point à une distance et il se trouve qu’il y a plusieurs éléments qui sont à la même distance. Par exemple, si je me mets ici, vous êtes tous les trois à la même distance, si je fais la mise au point sur madame ici, comme vous êtes tous les deux exactement à la même distance, l’appareil va afficher un carré vert là et là et il n’aura pas fait la mise au point à trois endroits, il aura fait la mise au point à une distance et il se trouve que vous êtes tous les trois à la même distance. Il faut comprendre que l’appareil fait toujours la mise au point à un seul endroit, donc si vous avez un problème comme celui-ci, ce n’est pas un problème de mise au point, ce n’est pas que vous avez fait la mise au point au mauvais endroit, c’est simplement que votre profondeur de champ n’est pas suffisamment importante.

Pour que la profondeur de champ soit suffisamment importante – on l’a vu avant, la profondeur de champ, c’est une conséquence de l’ouverture –, il va simplement falloir fermer le diaphragme, donc utiliser une ouverture plus faible, donc un chiffre plus grand. N’oubliez pas, c’est l’inverse.
Facile à retenir : plus petit chiffre = plus petite profondeur de champ. Si vous avez un chiffre, par exemple, f/1.4, vous allez avoir une faible profondeur de champ, si vous avez f/11, vous allez avoir une plus grande profondeur de champ ; le chiffre est plus grand, la profondeur de champ est plus grande. C’est le meilleur moyen de le retenir.

Faites attention quand même, car quand vous allez fermer votre diaphragme, comme je l’ai dit, ça fait rentrer moins de lumière dans l’appareil, et si vous êtes en basse lumière, par exemple la photo de tablée dont on parlait auparavant, potentiellement vous allez avoir tellement moins de lumière qui rentre dans l’appareil que l’appareil va essayer de compenser avec les deux autres paramètres – la vitesse d’obturation, la sensibilité ISO –, ça pourrait poser des problèmes. C’est-à-dire que vous pourriez avoir soit une vitesse trop lente donc du flou – dont on va parler après, j’y reviens –, soit beaucoup de bruit dans l’image parce que la sensibilité ISO va augmenter. Donc il va falloir faire un compromis. Parfois, pour la photo de tablée, vous allez vouloir faire f/11 ou f/16 parce qu’il va falloir avoir tout le monde net, mais ça va tellement faire perdre de lumière que vous allez avoir une photo floue pour une autre raison, sur laquelle je viens après. Donc parfois, il va falloir faire des compromis, parfois vous ne pourrez pas avoir tout net, ou il va falloir faire lever tout le monde pour les avoir tous sur un même plan. Parce que s’ils sont tous sur un même plan ou sur deux ou trois plans, vous pouvez avoir une profondeur de champ qui fait seulement deux mètres par exemple au lieu d’en faire cinq. Donc vous pouvez choisir une ouverture un peu plus grande et faire entrer un peu plus de lumière.

3 – Le flou de bougé

La troisième cause du flou, c’est le flou de bougé. Ça, je vais plutôt vous mettre des photos parce que ça va être un peu plus difficile de le faire en live.

Vous voyez que c’est exactement la même image, quasiment, sauf qu’à gauche, vous devez voir que ça manque quand même beaucoup de netteté. Et si vous regardez bien, absolument toute l’image est floue, ici. Là, j’ai le globe qui est net, mais ici absolument tout est flou. Vous voyez que c’est un flou, on dirait une espèce de petite vibration.

Il y a le flou de bougé, vous voyez que c’est dû à la vitesse d’obturation. Ce n’est pas pour rien, au début, que je vous ai parlé de l’ouverture et de la vitesse, évidemment. Ici j’ai 1/8s et ici j’ai 1/100s, donc là j’ai une vitesse d’obturation qui est plus lente – j’ai 8 parts de gâteau au lieu de 100 –, et ça a créé du flou de bougé. Pourquoi ? Parce que, quand vous tenez votre appareil photo en mains, vous n’êtes pas stable. Vous faites forcément des petits mouvements. Donc, même si vous ne fumez pas, même si vous ne buvez pas de café – j’ai vu qu’il y avait Matthieu Ricard parmi les ambassadeurs Panasonic –, même si vous êtes moine bouddhiste, il y a un moment où vous allez forcément bouger.

Et à partir d’une certaine vitesse d’obturation, si elle est un peu trop lente, vous allez avoir du flou de bougé sur l’image ; c’est-à-dire qu’en fait, l’appareil va bouger pendant la prise de vue, vous allez le faire bouger, et du coup, par rapport à lui, tout le décor bouge et tout va être flou comme ça.

Comment reconnaît-on un flou de bougé par rapport à un autre flou ? Vous vous souvenez que le flou de mise au point, on a une image nette à un endroit, mais pas où on veut ; le flou de profondeur de champ, on a une image nette à un endroit, mais pas sur toute la longueur, pas sur toute la profondeur. Le flou de bougé, on a une image entièrement floue, partout, avec cet effet assez particulier – vous allez apprendre à le reconnaître au fur et à mesure que vous allez en avoir et que vous le diagnostiquerez : l’image entièrement floue partout, en substance. Avec cette espèce d’effet de vibration.

Donc, la cause, c’est que la vitesse d’obturation est trop lente pour figer vos mouvements à vous. Et la solution, c’est de simplement utiliser une vitesse d’obturation qui soit plus rapide pour empêcher que vos mouvements se voient sur la photo.

Quand je dis plus rapide, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire une vitesse qui soit au moins de 1/ 2 x la longueur focale. Pas de panique, c’est un peu de maths, mais ce n’est pas très compliqué. Quand je dis 1/ 2 x la longueur focale, c’est valable pour les Micro 4/3. Ça veut dire que si sur mon objectif – ici si je zoome à fond je suis à 35 mm, c’est la longueur focale. La longueur focale c’est simplement le zoom – si je zoome à fond je suis à 35 mm, et 1/ 2 x la longueur focale ça fait 1 / 2×35. 2×35 ça fait 70, donc pour éviter le flou de bougé, il faut que je sois au moins à 1/70s.
J’ai mis une deuxième règle en dessous, qui est d’être, si possible, à au moins 1/60s, quelle que soit la situation. Là, par exemple, même objectif, je suis à 12 mm, donc en théorie je devrais être à 1/ 2×12 = 1/24s (en pratique, 1/25 s), sauf qu’à 1/25, parfois, je peux quand même avoir du flou de bougé, même si je ne suis qu’à 12 mm. Donc je vais essayer, dans toutes les situations, d’être à au moins 1/60 s, si je peux. Évidemment, des fois il faudra faire des compromis, se stabiliser…, mais on va essayer, dans toutes les situations, d’être à ces vitesses-là, et là, on va éviter le flou de bougé. Donc c’est très simple à éviter, il faut juste vérifier sa vitesse.

4 – Le flou de mouvement du sujet

Dernière cause de flou : alors, j’en ai déjà fait trois, donc là, c’est ma fameuse demi-cause. Pourquoi c’est une demi-cause ? C’est parce qu’en fait, la cause technique va être un peu la même, simplement l’effet va être différent.

Ici je suis, encore, au marathon de New York, et il y a Dark Vador qui applaudit les coureurs, ce que j’ai trouvé assez drôle. Dark Vador est relativement immobile, il est debout et il applaudit, donc il ne bouge pas beaucoup, et les coureurs, évidemment, courent beaucoup plus vite.

Là, j’ai utilisé une vitesse un peu lente – je ne l’ai plus en tête exactement, à peu près à 1/30s –, et vous voyez que les coureurs ont du flou qui est un peu horizontal. Il y a comme des traînées horizontales. Si vous regardez sur les bras du coureur, vous voyez bien derrière ses bras à lui, le bleu s’étend un peu en traînées horizontales. Ça forme des traînées dans le sens du mouvement du sujet. Ce flou-là, c’est le flou de mouvement du sujet. Ce n’est pas votre mouvement à vous, c’est le mouvement du sujet qui bouge trop rapidement par rapport à la vitesse d’obturation que vous avez mise.
Je vous ai mis d’autres exemples.

La cause, c’est que la vitesse d’obturation est trop lente pour figer le mouvement du sujet, donc c’est la même cause qu’avant, sauf qu’avant elle était trop lente pour figer vos mouvements à vous, et là elle est top lente pour figer le mouvement du sujet.

Vous imaginez bien que trop lente pour figer le mouvement du sujet, ça veut dire que ça dépend du sujet. Un enfant ne court pas aussi vite qu’une Formule 1 roule. Ça paraît logique.

La solution pour éviter ce flou de mouvement du sujet, c’est aussi d’utiliser une vitesse plus rapide, qui va dépendre beaucoup du sujet. Là, je vous donne des valeurs qui sont très très indicatives. Ne prenez pas ça comme une valeur absolue qui serait valable dans toutes les situations, mais c’est pour vous donner une idée.

Je dis environ 1/125 pour le portrait, parce que vos sujets en portrait bougent un petit peu, même s’ils se tiennent immobiles et même s’ils sont moines bouddhistes, ils vont forcément bouger un peu, donc il vaut mieux avoir une vitesse un peu confortable pour éviter qu’ils aient légèrement bougé pendant la prise de vue et qu’ils soient légèrement flous.
Environ 1/250 pour les enfants. Là encore, c’est indicatif ; évidemment, un enfant assis tranquillement dans un canapé à jouer ne demandera pas une vitesse aussi rapide.
Et puis, pour le sport, on peut imaginer 1/500, parfois plus. Je pense que pour du sport auto on peut facilement aller à 1/1000 ou 1/2000s parce que vous allez avoir des vitesses très très rapides.
Là encore, ça dépend du sport, c’est vraiment juste des valeurs indicatives, pour vous donner une idée, surtout ne prenez pas ça comme valeur absolue et n’allez pas demain faire des photos de sport à 1/500 en disant c’est flou. C’est peut-être que le sujet est trop rapide.

Voilà ce que je pouvais vous dire là-dessus.

Comment faire à la prise de vue ?

Maintenant, peut-être que vous vous posez la question : OK, mais concrètement, comment je fais à la prise de vue ?
C’est-à-dire que vous avez compris les 3,5 causes du flou, et avant de vous parler de prise de vue, je veux insister sur quelque chose : si je vous dis ça aujourd’hui, c’est pour que vous soyez capables de diagnostiquer les différentes causes du flou. C’est-à-dire que si demain vous avez une photo floue, vous soyez capable de regarder sur votre appareil, de voir à quoi ça ressemble et de comprendre pourquoi elle est floue. Si vous comprenez pourquoi elle est floue, ça veut dire que, derrière, vous êtes capable de résoudre la situation. Si vous voyez une photo floue, que vous dites « OK, ça, c’est un flou de mouvement du sujet, ça veut dire que ma vitesse n’est pas assez rapide, donc je vais refaire la photo avec une vitesse plus rapide et je vais la réussir. »

L’idée, c’est que sur le terrain, vous vérifiez votre photo sur votre appareil – juste en regardant en mode lecture –, tout de suite vous allez voir pourquoi la photo est floue et vous allez résoudre le problème. Le but, c’est d’essayer d’éviter au maximum de rater des photos.

Après, parfois, vous allez vous rendre compte du flou à domicile ; vous allez faire des photos, revenir chez vous, mettre les photos sur l’ordinateur, regarder un peu et puis « mince, elle est floue, celle-ci ». Et vous allez voir pourquoi. Normalement, avec ce que je vous ai dit, vous devriez savoir diagnostiquer la cause du flou et donc vous dire « OK, j’ai mal fait telle ou telle chose. J’ai mal choisi mon ouverture ou j’ai mal choisi ma vitesse d’obturation ».

Voilà l’idée, c’est que vous puissiez diagnostiquer ça et résoudre le problème, soit directement, soit la prochaine fois que vous allez faire une session dans les mêmes conditions – une photo de sport, une photo de vos enfants, etc.

Ça ne vous dit pas forcément comment faire à la prise de vue, concrètement, comment choisir tout ça.

Je vais commencer par revenir sur le mode à utiliser. Parce que je sais qu’on va me poser la question : quel mode pour quelle situation ?

Vous avez plusieurs modes sur l’appareil, moi j’en conseille principalement deux : déjà, je vous déconseille le mode Manuel. Je ne vais pas me faire que des amis en disant ça, mais c’est pas grave. Le mode Manuel va vous permettre de régler tous les paramètres. C’est-à-dire que vous allez dire à l’appareil quelle ouverture utiliser, quelle vitesse d’obturation utiliser, quelle sensibilité ISO utiliser. Autant vous dire que si vous le faites au pif, vous avez 90 % de chances de vous tromper et d’avoir une photo soit trop lumineuse, soit trop sombre. Parce qu’en mode Manuel, vous allez décider de tout, et intuitivement, ce n’est pas forcément évident de savoir s’il faut se mettre à 1/125 – f/2.8 – ISO 200, ou complètement autre chose. Ce sont des valeurs assez abstraites. C’est pour ça que je déconseille le mode Manuel, parce qu’on va dire que ça ne vous donne pas de base de départ, vous êtes obligé de complètement inventer les choses et de faire une première photo – elle est trop sombre ou trop lumineuse –, et ensuite de corriger. C’est un peu embêtant.

Avec les modes Priorité à l’ouverture ou Priorité à la vitesse, vous allez avoir une première photo qui va être la plupart du temps bien exposée. Je reviendrai sur comment faire si elle n’est pas bien exposée, parfois ça arrive.

Les modes Priorité à l’ouverture ou Priorité à la vitesse sont assez simples à comprendre.

Priorité à l’ouverture, vous allez dire à l’appareil : tu vas utiliser telle ouverture. Par exemple, vous allez lui dire d’utiliser f/2.8. Et derrière, lui, il va mesurer la lumière qu’il y a dans l’image et automatiquement, il va décider de la vitesse d’obturation et, si vous avez mis la sensibilité ISO en automatique, il va aussi définir la sensibilité ISO, tout seul, pour que vous ayez une image qui soit bien exposée.
Dans ce mode-là, vous dites une ouverture à l’appareil, il va la respecter quoi qu’il arrive, il ne va pas en changer, par contre, le reste il décide tout seul.
On va typiquement utiliser ce mode-là quand on veut contrôler la profondeur de champ. Si je sais que je veux une faible profondeur de champ, je vais me mettre en mode Priorité à l’ouverture, je vais sélectionner une grande ouverture, par exemple f/2.8, f/1.4, je vais photographier comme ça et puis l’appareil va décider tout seul s’il faut qu’il fasse 1/100 ou 1/200, s’il faut qu’il fasse ISO 200 ou ISO 400. Il va décider tout seul du reste.

Le deuxième mode dont je voudrais vous parler, c’est le mode Priorité à la vitesse. Il est souvent indiqué S sur les appareils – S comme Speed, en anglais. Et lui va faire exactement l’inverse. Vous allez dire à l’appareil : je veux telle vitesse d’obturation et débrouille-toi avec l’ouverture et les ISO pour me faire une exposition correcte. Ce mode-là est particulièrement indiqué quand vous voulez contrôler la perception du mouvement dans l’image. Selon que vous voulez un sujet figé ou un sujet rapide, par exemple, si vous faites des photos de vos enfants ou de sport, vous allez mettre en mode S, par exemple à 1/250 ou 1/500 et l’appareil va se débrouiller pour faire une exposition correcte avec les deux autres paramètres.

Inversement, ce que j’ai fait avant avec le fameux Dark Vador qui applaudit les marathoniens, j’ai fait l’inverse. Je me suis mis en priorité vitesse, mais j’ai utilisé volontairement une vitesse un peu lente pour avoir ce flou de mouvement du sujet, des coureurs qui passent devant mon appareil.
Donc, ce mode Priorité à la vitesse est utile pour contrôler la perception du mouvement dans l’image.

Il y a un autre mode qui s’appelle le mode Programme, qui est quasiment comme le tout automatique, sauf que vous allez pouvoir débrayer certains automatismes. Par exemple, vous allez pouvoir empêcher l’appareil d’utiliser le flash, et aussi, pas sur tous les appareils, mais sur certains, parfois il va vous proposer un couple ouverture/vitesse – par exemple, il va vous dire : vous avez fait un mode programme, appuyez à mi-course, il va vous dire f/4 – 1/200 et vous pouvez décaler les choses. C’est-à-dire que vous pouvez lui dire « ouvre plus » et du coup « fais une vitesse d’obturation plus courte, puisque tu mets plus de lumière à un endroit, mets-en moins à un autre », ou l’inverse .
Le mode Programme, je le trouve finalement pas si intuitif et je pense qu’en modes Priorité à l’ouverture et à la vitesse, vous pouvez vraiment vous débrouiller.

Maintenant, que faire si on a du flou ? Que faut-il faire dans les différentes situations ?

Si vous avez un flou de mise au point, vous le savez, il faut refaire la mise au point au bon endroit, vous n’avez pas besoin de toucher aux paramètres.

Si vous avez un flou de profondeur de champ, vous allez vous mettre en Priorité à l’ouverture, parce que vous allez vouloir contrôler l’ouverture, vous allez choisir une ouverture plus faible donc un chiffre plus grand, type f/8, f/11. Le chiffre précis dépend de la situation, je ne peux pas vous dire aujourd’hui choisissez f/8, ça n’a pas de sens, ça va dépendre de la profondeur que vous voulez. Si vous voulez deux mètres de profondeur, ou cinq ou dix mètres, ça ne va pas être la même chose. Vous allez faire des essais jusqu’à ce que vous ayez une profondeur de champ suffisante, que vous ayez une zone de netteté suffisamment profonde.

Vous allez faire ça et l’appareil va faire une zone de netteté suffisamment profonde. Quand vous allez fermer le diaphragme, il va chercher à récupérer de la lumière ailleurs, soit dans la vitesse, soit dans la sensibilité ISO. Le plus souvent les deux. La seule chose à vérifier dans cette situation, c’est que la vitesse d’obturation ne devienne pas trop lente. Parce que, forcément, il va vouloir récupérer de la lumière, donc il va vouloir faire un temps de pose plus long (une vitesse plus lente) et n’oubliez pas, si vous avez une vitesse plus lente, vous pouvez avoir du flou de bougé.

Vous pourriez avoir résolu votre problème de flou de profondeur de champ et en créer un autre avec le flou de bougé. Il faut juste vérifier que la vitesse d’obturation soit suffisamment rapide pour continuer à éviter le flou de bougé, éventuellement éviter le flou de mouvement du sujet. Si ce n’est pas le cas, il faut augmenter les ISO pour faire rentrer de la lumière avec autre chose que la vitesse d’obturation.

Si vous avez du flou de bougé, vous pouvez vous mettre en Priorité vitesse, par exemple – il y a plusieurs solutions, je ne vais pas toutes vous les dire. L’essentiel est que la vitesse soit suffisante.

Comme je vous l’ai dit tout à l’heure : 1/ 2x la longueur focale. Si vous savez que vous êtes à 35 mm, vous allez vous mettre à 1/80, par exemple, sur l’appareil, puis vous allez photographier. Là, l’appareil va essayer de récupérer la lumière ailleurs, puisqu’il vient d’avoir une vitesse plus courte ; on lui a dit : fais une vitesse plus courte. Il va donc récupérer de la lumière dans l’ouverture ou dans la sensibilité ISO. S’il récupère dans l’ouverture, ça veut dire que la profondeur de champ va diminuer. Ça peut ne pas poser de problème, ou ça peut en poser un. Si on veut à la fois ne pas avoir de flou de bougé et avoir une grande profondeur de champ, on va devoir augmenter la sensibilité ISO, là encore, pour ramener de la lumière ailleurs et qu’il évite d’ouvrir plus le diaphragme.
Vous avez remarqué que les deux fois j’ai dit qu’il faut augmenter la sensibilité ISO si ça pose problème. La sensibilité ISO, il faut la considérer comme une soupape de sécurité. C’est-à-dire que si jamais augmenter l’ouverture et /ou augmenter la vitesse ne suffit pas pour faire rentrer plus de lumière, ou alors que vous voulez une petite ouverture, vous allez augmenter les ISO comme soupape de sécurité. C’est véritablement votre dernier recours. Pourquoi votre dernier recours ? Parce que ça va diminuer un peu la qualité de l’image, ça va créer du bruit donc on va le faire en dernier recours, mais cela dit, il vaut mieux une photo nette avec un peu de bruit qu’une photo floue sans bruit.
Donc il ne faut pas hésiter à augmenter la sensibilité ISO si vous voulez.

Je sais qu’il y a beaucoup de gens, notamment ceux qui ont commencé en argentique, qui hésitent à monter dans les sensibilités ISO, tout simplement parce qu’il y a une époque où, déjà, à 400 ASA sur une pellicule, on avait beaucoup de grain. Et il y avait des gens qui n’aimaient pas trop le rendu. Aujourd’hui vous pouvez monter à 400 ISO sans souci sur 99 % des appareils numériques, il n’y a vraiment pas de problème ; même jusqu’à 800 ISO, même jusqu’à 1600 on arrive à avoir des rendus qui sont très bons ; au-delà ça commence à dépendre des appareils. Il faut vraiment ne pas avoir peur de monter dans les sensibilités ISO. J’ai déjà eu des élèves de ma formation qui m’ont dit « mes photos sont floues », je regarde les données de la photo et je dis « oui, mais tu es à ISO 200. Donc tu avais encore de la marge pour avoir une vitesse d’obturation plus rapide, puisque tu pouvais monter jusqu’à ISO 800 ou 1600 » et avoir une photo qui aurait été quatre fois plus rapide, huit fois plus rapide. Donc tu aurais pu avoir une vitesse d’obturation largement suffisante pour éviter le flou. Tu aurais eu un peu de bruit, mais la photo aurait été réussie. »
Donc il ne faut surtout pas hésiter à augmenter la sensibilité ISO.

Et on me pose aussi souvent une question concernant la prise de vue, c’est de savoir s’il faut mettre les ISO en automatique ou non. Alors oui et non. Il n’y a pas de réponse simple.
Il faut juste comprendre une chose, c’est que sur les appareils photo, vous avez une sensibilité ISO maximale, par exemple on va prendre un boîtier chez Panasonic et l’appareil va nous dire qu’on peut monter jusqu’à 25 600 ISO. Concrètement, effectivement, vous pouvez régler jusqu’à 25 600 ISO, seulement la plupart du temps, la sensibilité ISO maximale possible sur l’appareil donne souvent un rendu qui est dégueulasse. Disons-le, la maximale, vraiment quand on va à fond, le plus souvent le bruit est beaucoup trop présent pour donner une photo réellement exploitable.

Du coup, j’ai « inventé » un concept, en tout cas, je lui ai donné un nom : c’est ce que j’appelle « la sensibilité ISO maximale acceptable ». J’appelle ça la SIMA.
La SIMA, c’est simplement la sensibilité ISO maximale à laquelle vous pensez que la photo est toujours exploitable. C’est-à-dire que vous pensez que c’est toujours regardable d’avoir un grain comme ça.

Par exemple, j’ai testé le GX8 pendant que j’étais à New York, pour moi, sur le GX8, c’est acceptable jusqu’à 6400 ISO. J’essaie d’éviter d’y monter, mais jusqu’à 6400, je considère que c’est exploitable, d’autant plus qu’on peut un peu réduire le bruit au post-traitement par la suite.
Cette sensibilité ISO maximale acceptable est un peu subjective, parce que l’acceptable, ça dépend des gens. Il y a des gens qui, dès qu’il va y avoir un peu de bruit, vont dire « oh non, c’est un peu trop moche » et des gens qui vont être plus tolérants. Ça dépend un peu de vous.
Cela dit, à mon avis, dans beaucoup de situations, elle est souvent égale à la sensibilité ISO maximale de l’appareil (par exemple 25 600 ISO) divisée par 4. La plupart du temps, quand vous prenez la maximale divisée par 4, ça vous donne un rendu encore acceptable, et au-delà de ça, ce n’est pas génial.

Je n’ai pas testé sur les deux mille appareils qui existent, donc je ne peux pas vous garantir que ce soit une règle absolue, mais si vous ne savez pas, on va dire que c’est une règle générale qui marche plutôt bien ; j’ai regardé ça sur plusieurs appareils et ça a toujours fonctionné pour moi ; je me suis toujours dit qu’effectivement, là où c’est acceptable c’est à peu près la maximale sur 4.

Et du coup, est-ce qu’il faut mettre les ISO sur automatique ou non ? Si votre appareil ne permet pas de limiter cette sensibilité ISO maximale en ISO automatique, il ne vaut mieux pas. Parce que vous allez prendre une photo et puis parfois l’appareil va peut-être monter jusqu’à 25 600 ISO et vous aurez des résultats pas géniaux, voire carrément dégueu.

Si vous pouvez dire à l’appareil : reste en ISO automatique, tu fais ce que tu veux, par contre tu ne montes pas au-delà de 6400 ; si vous avez la possibilité dans les réglages de dire ça à l’appareil, là vous pouvez vous mettre en ISO automatique, parce que vous ne risquez jamais de dépasser cette fameuse SIMA (puisque vous dites à l’appareil : ne dépasse pas cette SIMA) et dans ce cas-là, franchement, restez en ISO automatique, parce qu’il n’y a pas de raison de vous embêter à les régler vous-même puisque de toute façon l’appareil va le faire tout seul dans la plage que vous l’autorisez à faire. Par contre, si vous ne pouvez pas le faire, je vous le déconseille parce que vous allez avoir des situations où vous allez facilement avoir 25 600 ISO qui vont arriver et vous aurez un mauvais rendu. Donc ça dépend des réglages de votre appareil ; de plus en plus d’appareils le proposent, en particulier tout ce qui est appareils experts – dès que l’appareil est un peu identifié comme expert, en général vous avez la possibilité de régler ce paramètre-là. Et sinon, évitez les ISO automatiques.

Vous allez me dire : qu’est-ce qui arrive si j’ai tout fait ? J’ai du flou de bougé à la base, et j’ai ouvert mon diaphragme au maximum, je suis à f/2.8, j’ai monté ma sensibilité ISO au maximum, je suis à ma fameuse SIMA, je suis à fond – si je vais au-delà, j’aurais plus de lumière, mais le rendu sera dégueu donc c’est pas la peine –, et j’ai toujours une vitesse de 1/15, donc je vais avoir du flou de bougé. Qu’est-ce que je fais ? Eh bien, là, vous atteignez simplement les limites du matériel. C’est-à-dire qu’il faut parfois savoir accepter qu’il n’y ait pas assez de lumière. Pour faire de la photo il faut de la lumière, à un moment, si vous êtes dans une pièce qui est dans le noir total, où il y a absolument zéro lumière qui passe, vous ne pourrez pas faire une photo autre que noire. Évidemment, dans la pratique ça n’existe pas, il y a toujours un peu de lumière qui passe, mais parfois vous n’avez pas assez de lumière pour faire une photo comme ça, à main levée, et vous allez avoir forcément du flou de bougé. Ça peut arriver.

Alors, ce sont les limites du matériel, et vous avez plusieurs manières de les dépasser. Soit vous pouvez essayer d’avoir une plus grande ouverture maximale, qui est limitée par l’objectif ; dans ce cas-là, il va falloir avoir un objectif avec une plus grande ouverture maximale. Ce qui implique, sur les zooms en général le maximum c’est f/2.8, la plupart du temps ; sur les focales fixes, on peut aller au-delà : f/2, f/1.8, f/1.4, donc ouvrir encore plus le diaphragme pour faire entrer encore plus de lumière. Si vous avez déjà une optique à f/2.8 et que vous avez des soucis en basse lumière, peut-être que c’est le boîtier qui pose problème, parce qu’une autre solution pour faire entrer plus de lumière, c’est la sensibilité ISO. Vous vous doutez bien que si votre boîtier est plus récent et plus performant dans ce domaine, peut-être que sa SIMA sera, non plus à 1 600 ISO comme sur votre boîtier actuel, mais peut-être à 3 200, à 6 400 ou plus, donc vous allez pouvoir avoir une plus grande sensibilité ISO en ayant le même niveau de bruit.

Vous avez plusieurs manières avec le matériel de faire entrer plus de lumière : soit avec un boîtier meilleur qui va vous permettre d’utiliser une sensibilité ISO maximale supplémentaire, soit avec un objectif qui a une plus grande ouverture, soit en utilisant une vitesse d’obturation plus lente, mais si elle est plus lente, pour éviter le flou de bougé vous devrez vous mettre sur trépied et là, pour le coup, c’est « illimité », vous pouvez faire des poses de 10 secondes, de 60 secondes sans problème puisque vous êtes sur trépied. Sauf s’il y a un sujet mobile. S’il y a un sujet mobile, il va être flou dans l’image. Ce qui peut être bien, pourquoi pas ; faire des poses longues peut donner des effets très sympas, mais il faut comprendre que si votre sujet est rapide, la vitesse d’obturation ne sera pas un levier sur lequel vous allez pouvoir jouer.

Donc, vous pouvez jouer, pour éviter le flou, sur ces trois leviers différents, et vous comprenez bien que ça dépend des situations ; si le sujet est mobile, vous n’avez pas les mêmes leviers que si le sujet est immobile, etc.
Voilà ce que je voulais vous dire sur le flou, aujourd’hui. J’ai le temps de prendre quelques questions.

J’ai le temps de prendre quelques questions parmi vous. J’ai dit plein de choses aujourd’hui, j’espère que c’est assez clair, j’ai essayé de vous délivrer tout ce qui est nécessaire comme infos, mais c’est vrai qu’en une heure je suis obligé de faire rapide, donc n’hésitez pas si un truc n’est pas clair, si vous avez des questions.
Ne soyez pas timide, je ne mords pas, comme vous pouvez le voir.

… : Si je prends une personne debout et que je veux faire un portrait et donner de l’importance aux yeux, je fais la mise au point sur les yeux et souvent je la rate. Le visage est flou. Par contre, si je fais un portrait, je me rapproche en plan américain ou que le visage, je suis toujours net, mais pour faire un portrait de la personne en pied, comment on fait ?

Je répète juste la question si quelques-uns n’ont pas entendu : madame a des problèmes à avoir le visage net quand elle fait un portrait en pied de la personne, alors qu’en plan américain ou de plus près, le visage est net sans trop de souci.
Là, on sait que ce n’est pas un problème de profondeur de champ, puisque, a priori, normalement comme elle est plus loin du sujet – ça, je ne vous l’ai pas dit parce que la profondeur de champ est un autre sujet et il fallait que je fasse assez court –, plus vous êtes loin du sujet, plus vous avez de profondeur de champ, normalement.
Là, le visage est net quand on est plus près. Donc ce n’est sans doute pas un problème de profondeur de champ à la base. C’est sûrement un problème de mise au point.
Vous dites : de loin, je fais la mise au point sur l’œil, mais comme vous êtes plus loin, peut-être que la mise au point est un peu imprécise. Il faut bien faire attention. Vous avez un reflex ou un hybride ? Un reflex. Il faut bien faire attention à choisir le bon collimateur et, est-ce que vous faites la mise au point au point au recadrage (vous savez, bouger…) ? Peut-être éviter de faire la mise au point au recadrage, parce que, à faible profondeur de champ… Vous ne la faites pas ? OK.
Donc, là, c’est sûrement un problème de mise au point, c’est juste que le collimateur n’est probablement pas exactement au bon endroit, peut-être qu’il est sur les cheveux et que la mise au point est un peu décalée. C’est la cause la plus probable de flou dans cette situation. C’est juste la mise au point qui est un peu décalée, donc faire attention a bien la faire sur l’œil, si la personne a des lunettes…

Même si c’est en entier, oui, il faut faire sur l’œil.

En utilisant un collimateur qui n’est pas au centre, du coup, un collimateur sur les côtés. En choisissant bien manuellement le collimateur. Parce que si on le laisse en automatique, il va faire la mise au point où il veut ; vraiment faire un collimateur individuel.
OK, on a encore un peu de temps pour les questions.
N’hésitez pas.

… : Je suis peut-être hors sujet, mais sur l’appareil, j’ai AF et MF, est-ce que ça a à voir ?

Oui. AF, ça veut dire autofocus, c’est mise au point automatique, et MF c’est manual focus, c’est-à-dire mise au point manuelle. Donc autofocus, ça va utiliser ce que j’ai montré tout à l’heure, où on appuie juste sur l’écran, par exemple, et il va faire la mise au point où on lui dit en appuyant. Manuel, ça implique de bouger la bague de mise au point pour la faire soi-même, et…

Non, ça, c’est le mode d’exposition, c’est différent ; MF, c’est juste la mise au point. Pas l’exposition, juste la mise au point.
Et il vaut mieux laisser en AF, parce qu’en mise au point manuelle, on a toutes les chances de se tromper, la majorité du temps on se trompe, donc il vaut mieux laisser en AF.

… : Des cours de photos, mais pas sur internet, que vous feriez vous, en vrai.

On me demande si je donne des cours de photos, mais pas sur internet. Alors, j’allais revenir sur ce que je fais après, mais bon.
Je ne fais pas de cours de photo en présentiel, j’ai uniquement des cours photo en ligne. J’en reparlerai un peu après, je vais continuer avec les questions. J’ai uniquement des cours de photo en ligne.

C’est très bien aussi.

Alors, qui d’autre ? Il y a plein de gens qui n’avaient pas de question et qui sont partis quand ils ont compris qu’ils avaient compris.

Bien, je pense qu’il n’y a plus de questions.

Comme vous êtes encore là, c’est qu’a priori ça vous a plu, donc je vais vous expliquer comment aller plus loin avec moi, si vous le souhaitez.

D’abord, j’ai un guide gratuit qui s’appelle « Faites-vous plaisir en photographiant », que vous pouvez télécharger maintenant si vous avez un smartphone, vous pouvez aller sur ap7.fr/guide et vous le recevrez par email, vous n’avez pas besoin de le télécharger sur votre portable, vous pourrez le consulter tranquillement chez vous. Sinon, vous avez des dépliants, ici, qui sont disponibles avec le lien pour télécharger mon petit guide, qui, en gros, vous aide à résoudre les cinq grands problèmes des débutants en photo. Avec ça, vous aurez toutes les solutions, et derrière vous recevrez quelques articles du blog qui vont vous aider à aller plus loin, ou je réexplique, notamment tout ce que j’ai expliqué aujourd’hui, mais aussi beaucoup d’autres choses, sur la composition, etc.
Et puis vous serez inscrits à la newsletter dans laquelle vous recevrez les vidéos YouTube des conférences que j’ai faites ici, y compris celles que vous avez ratées. Ça peut être bien s’il y a d’autres conférences qui vous intéressent, et que vous n’avez pas pu venir.
Ça, c’est la première chose.
La deuxième chose, c’est que j’ai deux formations, qui regroupent en tout 7 000 élèves, que j’ai très rapidement évoquées au début. Est-ce qu’il y en a parmi vous qui sont élèves de la formation ? En général il y en a. Ah, on en a deux.

Ces deux formations s’appellent « Devenez un Photographe Accompli » et « Sublimez vos Photos ». La première est une formation généraliste à la photographie, dans laquelle je vous prends littéralement de zéro – c’est-à-dire que vous pouvez avoir acheté votre appareil aujourd’hui – jusqu’au stade de ce que j’appelle un photographe accompli, c’est-à-dire quelqu’un qui maîtrise son appareil sur le bout des doigts, pour qui c’est devenu une extension de son œil, véritablement, et qui peut se faire plaisir en photographiant ; j’aime vraiment beaucoup cette idée de plaisir dans la photo, je pense qu’on est là pour s’amuser. Ce n’est pas uniquement technico-technique, l’idée est que vous puissiez vous exprimer avec votre appareil et qu’après vous ayez les connaissances et les compétences pour progresser tout seul. Parce qu’il y a un moment, la progression ne se fait plus qu’en faisant de la photo. C’est-à-dire que je peux vous aider jusqu’à un certain point, mais il y a un moment où il faut faire des photos, je ne peux pas le faire à votre place.
Sublimez vos Photos, c’est un peu le même concept, mais uniquement pour le post-traitement dans Lightroom, où vous pouvez littéralement n’avoir jamais touché un logiciel avant d’avoir commencé la formation, il n’y a aucun souci, et je vous prends par la main pour que vous puissiez sublimer vos photos, comme son nom l’indique. L’idée ce n’est surtout pas de faire de la retouche pour la retouche, juste de pousser des curseurs un peu au hasard, c’est exactement l’inverse. L’idée, c’est d’avoir une image qui fonctionne déjà bien au départ et de lui apporter quelque chose de supplémentaire, de regarder comment elle est construite et comment on peut encore améliorer cette construction avec le post-traitement. Et notamment la composition. On ne le sait pas assez, mais la composition se fait aussi jusqu’au post-traitement.
Les deux formations sont complètement en ligne, la première dure 7 mois, la deuxième dure 5 mois, au rythme d’un chapitre par semaine. C’est accessible à vie, donc si jamais vous partez en vacances, c’est toujours là à votre retour.
Toutes les infos sont dans les dépliants ici ; quand vous les ouvrez, au milieu il y a des informations sur les formations. Quand je dis toutes les infos, pas toutes les infos, parce que le programme est suffisamment long pour qu’il ne tienne pas dans un dépliant de deux pages, mais il y a des liens pour avoir des infos complètes, et je suis disponible juste après ma conférence pour répondre à vos questions si vous en avez.

Et je voulais surtout finir là-dessus : faites-vous plaisir, amusez-vous et n’oubliez pas de mettre des lunettes à votre appareil photo.

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15 commentaires

  • Bonjour Laurent,

    Je suis une de tes élèves pour les 2 formations. J’avais raté ta conférence sur les causes du flou au salon de la photo. Je me suis rattrapée en visionnant la vidéo : c’est LUMINEUX. Il n’y a pas d’autres mots. Tout est parfaitement expliqué. Un grand merci.

    6 mars 2016
    • Merci Claire, ça fait plaisir que ça t’aide même pendant la formation 🙂 Parfois, reformuler la même chose sous un angle différent aide à mieux l’intégrer !

      6 mars 2016
  • Salut Laurent,

    Quel talent 😉 ! T’as le même petit tic de langage que moi « donc, voilà…et donc,… » lol.

    6 mars 2016
    • Hé hé, effectivement, je ne suis pas sans tic de langage ^^ Mais ça va, je suis plutôt content de moi sur la conférence, j’ai déjà été bien moins à l’aise que ça ! 😉

      6 mars 2016
      • Oui, ça se sent au fur et à mesure de la conférence que tu es de plus en plus à l’aise 🙂 . Heureusement tu as de l’humour, ça déstresse d’entendre les gens en face de toi qui rient 😉 . Manque plus qu’une bonne bière belge et tu seras en conf comme à la maison lol.

        6 mars 2016
        • Ha ha, j’évite avant une conf, ça nuit à ma concentration 😀 Et puis 11h du matin, c’est un peu tôt 😉

          7 mars 2016
  • Bonsoir Laurent.
    Des notions importantes en photos expliquées simplement et de manière lumineuse qui permettent un fois assimilées de maitriser toute la suite du processus photo.
    Tout le monde devrait commencer par là.
    Et seulement après passer à la suite.
    Dernier article de Amor : Warhol Shadows

    6 mars 2016
  • Bonsoir Laurent.
    Comme d’habitude, c’est super ! Un vrai plaisir que de suivre tes vidéos !
    Dans celle-ci, à propos de la profondeur de champ, tu ne dit rien de l’hyper-focale, son calcul, son utilité. C’est sûrement voulu de ta part. Sera-ce l’objet d’une future vidéo ?
    Encore merci pour toutes ces excellentes conférences.
    A+
    Alain

    7 mars 2016
    • Bonjour Alain, et merci pour ton enthousiasme 🙂
      J’ai fait il y a longtemps un article sur l’hyperfocale, mais honnêtement, je trouve qu’elle ne sert à rien.

      En pratique, personne ne va se dire « je suis à 24mm et f/11, mon hyperfocale est à 1,72m, donc je vais prendre un mètre ruban et faire la mise au point là ». C’est un concept un peu utile à connaître, mais perso en pratique je ne l’utilise jamais.

      En effet, dans les situations où tu veux une très grande profondeur de champ, tu as le plus souvent soit le luxe d’avoir de la lumière (et donc de pouvoir fermer un peu plus pour en gagner), soit d’être sur trépied (et donc d’avoir tout le loisir de ralentir la vitesse pour fermer davantage le diaph).

      Bref, en pratique, ne t’en soucie pas 🙂

      7 mars 2016
  • Bonjour Laurent
    Félicitations pour cette conférence , j’ai suivi tes cours en 2014 qui m’ont permis de bien appréhender le monde de la photographie numérique et ceci á mon rythme.
    Je ne me suis jamais exprimé jusqu’a présent car je souhaitais acquérir un peu de recul sur le sujet. Sujet qui me pationne de jour en jour et en plus il y a tellement de choses à apprendre et à découvrir que c’est un merveilleux sujet d’epanouissement.

    Merci pour ces cours

    Alain Van

    8 mars 2016
  • étant photographe confirmé reprendre les bases ne fait de mal a personne, tes explication sont claire et précise! merci

  • Bonjour Laurent, tout d’abord bravo car pas évident de revoir toutes ces bases en une conférence seulement, et c’est vraiment bien expliqué même lorsque l’on a ces bases (ça rafraichi bien !). Donc bravo, très clair.

    Je reviens sur la question de la dame qui a des photos floues et tu supposes qu’il s’agit d’un flou de mise au point. Je dois avouer avoir exactement le même problème avec pourtant un A77-II, pourtant du bon matos, donc le problème doit être entre l’appareil et le déclencheur 🙂

    En portrait j’utilise la mise au point centrale (un colimateur donc), ouverture importante, mise au point sur les yeux (carré vert, ok) puis recadrage en décalant, et malgré ça… ça floute parfois, as-tu une idée par hasard ? Est-ce que le fait de recadrer, donc changer l’angle donc la distance in fine pourrait influencer comme on est court en distance et très ouvert ?

    merci pour tes conseils avisés !

    10 mars 2016
    • Bonjour Lyso,
      Oui exactement, tu as tout compris : à très faible profondeur de champ, le fait d’utiliser la technique de la « mise au point / recadrage » (ce que tu fais) peut créer ce problème : le simple fait de bouger peut te décaler par rapport au sujet, et donc décaler la zone de mise au point. Si la profondeur de champ est très faible, boum, c’est flou.
      Le mieux est donc d’utiliser un collimateur le plus proche possible de l’oeil du sujet 😉

      13 mars 2016
      • Ou être capable de compenser le décalage latéral par un décalage avant-arrière mais là, on se lance dans des trucs… 😉

        13 mars 2016
      • Merci beaucoup Laurent pour tes conseils avisés !

        17 mars 2016