3 ans de photo, qu’est-ce que ça change ?

Si vous débutez et que vous lisez des articles et livres photo pour vous améliorer (c’est-à-dire si vous êtes lecteur du blog :D), on vous a souvent déjà dit, moi y compris, que certaines choses venaient avec l’expérience. Et c’est vrai : comme pour tout, il faut d’abord maîtriser les bases bien sûr (ce qui peut s’apprendre relativement facilement), mais il faut surtout beaucoup travailler pour vraiment progresser, il n’y a pas de miracle.

Alors, qu’apporte réellement l’expérience ? Et bien j’ai eu l’occasion récemment de faire une expérimentation intéressante : je suis retourné en vacances dans la même région qu’il y a 3 ans (en Aquitaine), quand je débutais complètement la photo. En fait, je suis même retourné quelques heures dans la même ville, et j’ai donc eu l’occasion de photographier exactement les mêmes choses.

Ca m’a donné l’idée de cet article, dans lequel je vous propose de voir les différences qu’il y a entre les photos d’il y a 3 ans, et celles toutes récentes.

 

Quelques avertissements avant, pour éviter que certains ne se jettent sur les commentaires avant d’avoir lu l’article 😉 :

  • À l’époque, je shootais avec un Canon EOS 450D et un 18-55mm, reflex d’entrée de gamme et tout à fait respectable. Ici, j’ai photographié avec un Sigma DP2 Merrill, que j’utilise pour faire un test (article complet au mois de septembre). Les 2 appareils ont une philosophie différente, mais il n’y a pas de bond énorme en termes de technologie : je ne suis pas passé d’un compact tout automatique à 100€ à un reflex à 3000€ 😉
  • À l’époque, je commençais tout juste à entrevoir les possibilités du post-traitement, et je retouchais mes JPEG sous Gimp. Les photos de cet article ont été prises en RAW évidemment, développées avec le logiciel fourni par Sigma (car je n’avais pas le choix). Ça influe évidemment sur le résultat final, mais ça fait partie intégrante du processus photographique.
  • Ce sont des photos de paysage et d’architecture, un domaine dans lequel je ne suis pas spécialiste du tout. Je dirais même que ça m’ennuie relativement, et que je le pratique assez peu. Pas de jugement là-dedans, chacun ses préférences. C’est juste pour souligner que l’important n’est pas tant que la photo finale soit magnifique ou non (rien que du classique pour le coup), mais surtout les différences entre l’été 2010 et maintenant.
  • Les conditions étaient à peu près les mêmes : temps légèrement couvert, et je n’étais pas tout seul, donc je n’avais pas tout le temps voulu pour prendre les photos (ou attendre la bonne lumière).
  • Pour être juste, je ne montre que les photos que j’avais sélectionnées à l’époque. Après tout, j’en ai aussi éliminées aujourd’hui (mais beaucoup moins).

(Vous pouvez cliquer sur chaque image pour l’agrandir et mieux voir les différences. Il suffit de cliquer sur la croix pour revenir à l’article ensuite.)

Une meilleure gestion de l’exposition

La différence la plus évidente à mon sens est que l’exposition est bien mieux gérée aujourd’hui. Encore heureux vous allez me dire 😀 C’est en partie du à une meilleure maîtrise de mon appareil photo, mais pas seulement.

En 2010, j’avais plus de mal à déterminer ce qu’était une exposition correcte pour plusieurs raisons :

  • Je n’avais pas assez l’oeil pour déterminer directement une sous-exposition ou une surexposition.
  • Je ne savais pas encore ce qu’était l’histogramme et comment l’utiliser concrètement.
  • Mon écran était ce qui était le plus loin d’un écran calibré (un vieux CRT aux couleurs vraiment pas justes).
  • Je ne pratiquais quasiment pas le post-traitement, et encore moins en RAW, et je pouvais donc difficilement corriger les petites erreurs de la prise de vue.

On voit vraiment la différence aujourd’hui ! Par exemple dans ce cloître (photographié sous 2 angles différents, mais c’est le même).

Un cadrage plus rigoureux

La chose qui m’a le plus sauté aux yeux directement, et qui ne m’avait pas choqué à l’époque, c’est la précision du cadrage. Je répète souvent que c’est une des erreurs principales des débutants en photo : ne pas faire suffisamment attention au cadre, et notamment à ce qui dépasse des bords.

Et bien ce sain retour aux sources ne fait que me confirmer ça, et vous pouvez voir que moi aussi, je suis passé par là !:D (c’est encourageant non ? 🙂 )

 

Plusieurs exemples en attestent avec brio. Commençons par le moins catastrophique, avec cette façade. J’ai fait un choix d’orientation différent, mais le cadrage est un peu plus précis aujourd’hui, où il est parfaitement centré, ce qui n’était pas le cas en 2010 (regardez en haut à droite). De plus, j’aurais du me placer plus loin à l’époque pour moins exagérer les perspectives (le Sigma DP2 a une focale équivalent 45mm en 24×36, plus adaptée pour ne pas trop exagérer les perspectives).

Je vous l’accorde, cet exemple est subtil, mais aujourd’hui je ne laisse plus passer ce genre de détail. Voyons quelque chose d’un peu plus caricatural 😉

Voici quelques autres photos dont je n’ai pas d’équivalent aujourd’hui, mais dont les défauts de cadrage sont évidents :

Une meilleure composition d’une manière générale

Au-delà des simples erreurs de bords de cadre (gênantes, mais parfois gérables en recadrant la photo), la composition s’est nettement améliorée. Voyons-en quelques exemples.

Prenons ces photos de la Garonne, par une météo assez proche (excepté qu’en 2013, on s’est pris une saucée mémorable par le gros orage que vous voyez arriver 😉 ) :

Clairement, en 2010, la photo est molle, vide et sans vie. Sans s’arrêter sur l’exposition hasardeuse et le post-traitement inexistant, la composition n’a tout simplement (presque) pas été pensée. Je voulais mettre en valeur le ciel, mais sans savoir comment faire exactement.

En 2013 au contraire, la composition est conçue pour mettre en valeur le ciel d’orage au-dessus de la Garonne. J’utilise un premier plan, des lignes directrices, et je me suis placé plus en hauteur pour cela (j’aurais pu faire mieux en prenant 10 minutes, mais je n’avais pas le temps). En effet, j’avais voulu prendre des clichés du fleuve avant, mais j’y avais renoncé car les conditions n’étaient pas au rendez-vous : pas de 1er plan intéressant, pas la bonne lumière, etc.

Être expérimenté c’est aussi ça : renoncer à prendre des photos quand ça n’en vaut pas la peine, et ne déclencher que lorsqu’on pense pouvoir réussir une photo digne d’intérêt. Résultat, moins de photos à trier et moins de travail de post-traitement.

 

Voici maintenant une petite collection de mes non-compositions de l’époque :

Pour être juste, une ou deux images n’étaient pas si mal quand même 😉

Et enfin, quelques images composées d’aujourd’hui :

Un post-traitement plus subtil et juste

Comme je l’ai dit au début, je découvrais à peine le post-traitement, en faisant quelques retouches dans Gimp comme je pouvais. Aujourd’hui, j’utilise principalement Lightroom. Ici, j’ai du utiliser Sigma Photo Pro, car les RAW du DP2 Merrill ne sont pas lisibles sur Lightroom en raison de leur technologie particulière. Trêve de technique, je ne me suis pas senti si gêné que ça, preuve que j’ai bien appris le post-traitement, et non pas l’utilisation d’un logiciel en particulier (même si je suis plus à l’aise et réactif sous Lightroom, par habitude).

Tout ça pour dire qu’à l’époque, soit je n’en faisais pas assez, soit j’en faisais clairement trop. La plupart des images de 2010 que vous avez pu voir manquent cruellement de contraste et de saturation, vous l’avez sans doute déjà remarqué. Certaines sont assez justes quand même, mais d’autres comme celle ci-dessous, j’ai poussé le bouchon un peu trop loin Maurice, en rajoutant trop de contraste.

post traitement photo nuages

De telles errances sont tout à fait normales, car pour apprendre il faut faire des erreurs, comprendre pourquoi, et se corriger.

Alors pourquoi certaines étaient déjà justes à l’époque ? Simple : la chance. Même en débutant, on peut réussir des photos tout à fait correctes par pure chance. Mais si c’est une fois sur 1000, il reste des progrès à faire. En effet, l’indicateur qui permet de dire qu’on maîtrise quelque chose, ce n’est pas de l’avoir réussi une fois, c’est d’avoir un succès reproductible. C’est-à-dire que vous savez comment vous avez fait, et comment le refaire.

Alors ne partez pas vous cacher sous votre lit en pleurant parce que vos bonnes photos sont dues au hasard hein ! 😉 Faites comme pour vos échecs : analysez-les, demandez-vous pourquoi une photo est meilleure qu’une autre, et ce qu’il faut faire pour reproduire ce résultat.

Une autre vision des choses

Au-delà de l’amélioration de ces points techniques, on ne voit plus les mêmes choses à quelques années d’intervalle. Par exemple j’ai photographié très différemment ces indications du niveau du fleuve en 2010 et en 2013 :

Un point de vue n’est pas forcément meilleur que l’autre, mais en tout cas j’ai cherché quelque chose de plus que la vue classique qui s’imposait à l’oeil. Je me suis également surpris plusieurs fois à me retourner, pour regarder ce qu’il y avait derrière moi, et pas seulement le sujet le plus évident 😉

En conclusion

Bref, tout ça n’est ni pour me vanter, ni pour raconter ma vie, mais pour plusieurs choses :

  • Vous encourager et vous montrer que c’est possible pour vous de vous améliorer, et que je suis parti du même niveau que vous, c’est-à-dire de zéro !
  • Qu’avec l’expérience, vous verrez les choses s’améliorer. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut attendre passivement 3 ans, mais au contraire pratiquer encore et encore !
  • Qu’en suivant les bons conseils et en croyant en vous, vos photos s’amélioreront forcément.

 

J’espère que cet article vous motivera et vous aidera dans votre pratique photo. Et vous, vous avez déjà eu des expériences similaires d’avant/après ? 😉
 
Et n’oubliez pas de partager l’article ! 🙂
 

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47 commentaires
  1. Salut, merci bien pour le partage de toutes ces informations
    mais j’ai dans ma tête une question que j’espère avoir une réponse claire est précise:
    1- Etant spécialiste dans le domaine de la photographie, quelle boitier possédez vous?, c’est juste pour savoir pas pour la pub

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