Combien de photos dans une série ? Série VS projet

On m’a récemment posé une question sur Twitter qui m’a fait penser que je devrais sans doute répondre en vidéo, car ça ne doit pas être le seul à se la poser.



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Bonjour à tous, ici Laurent Breillat pour Apprendre la Photo, et bienvenue dans cette nouvelle vidéo !

On m’a récemment posé une question sur Twitter qui m’a fait penser que je devrais sans doute répondre en vidéo, car ça ne doit pas être le seul à se la poser.

Skitoo me demande donc : Depuis peu, sur les conseils de Laurent et Thomas, j’essaye de travailler en série. Une question qui me taraude tout de même et qui, il me semble, n’a pas été abordée, est : comment définir (choisir) le nombre de photos qui doivent être présentes dans une série ? Comment une personne comme Robert Frank est-elle passée de 23 000 clichés à 83 ? Pourquoi 83 ? Même si j’imagine qu’il n’y a pas de règle bien définie, quelques conseils me seraient bien précieux 🙂

La première chose que je lui ai répondue, c’est qu’il faut différencier série et projet. La frontière n’est pas 100 % nette, mais en gros, voici comment je les définis :

Une série, c’est un travail photographique avec un but défini, en général limité dans le temps et dans l’espace.

Par exemple, ce que je vous ai présenté jusqu’à présent sur la chaîne concernant mon travail photographique, ce sont des séries : Venise, Rome, Varanasi, etc. sont des séries photographiques cohérentes visuellement dans leur thème, leurs choix photographiques et leur propos.

Mais elles ont été réalisées en un seul lieu, et sur un temps limité. À mon sens, c’est la manière la plus simple de commencer à travailler pour avoir une photographie qui exprime quelque chose de vraiment personnel, bref une photographie artistique.

Et dans ce cas, la réponse à cette question dépend évidemment du temps qu’on a à consacrer à la série. Cela dit, ça me semble difficile d’avoir un début de narration sans au moins une dizaine ou une douzaine d’images. Ça peut être plus bien sûr, mais en dessous de ça, on reste sur sa faim.

Notez qu’à Venise en 2018, j’ai choisi d’en présenter davantage que 12, qui était pourtant le format habituel « imposé » du workshop avec David, simplement parce que c’était le nombre de photos qui me semblait le plus adapté pour ce que je faisais.

Un projet photographique, c’est quelque chose qui se construit davantage sur le long terme.

Ça peut avoir une fin imposée par des conditions extérieures (le lieu change, on doit déménager, ce genre de choses), mais ça reste un projet qu’on travaille de manière régulière, voire quotidienne, et qui s’articule sur un temps long.

Et quand je dis temps long, je ne parle pas de quelques semaines, mais bien en mois, voire en années. « Les Américains « de Robert Frank dont parle si justement Skitoo dans son tweet comme exemple, ça lui a pris 18 mois de prise de vue. Et à la fin, il a fait l’édition de son projet pour arriver à 83 images finales.

Pourquoi 83 ? Parce que c’était nécessaire et suffisant pour exprimer ce qu’il voulait exprimer. Il fallait au moins ça pour exprimer sa vision de l’Amérique, mais pas plus, sinon il y avait du superflu et des redites.

Je ne pense pas que des auteurs se disent à l’avance « je vais faire un livre de 122 images », à moins que ça ait un sens particulier pour eux, bien sûr.

Je bosse sur un projet photographique depuis février, et je n’en verrai sans doute pas le bout avant plusieurs années. En effet, je dois attendre que les bonnes conditions soient réunies, saisir l’opportunité à chaque fois qu’elle se présente, et attendre d’avoir accumulé suffisamment de matière photographique pour produire quelque chose qui tienne debout à mes yeux.

C’est une logique différente, mais très excitante aussi, car l’envergure est tout autre. C’est un processus de création plus calme, plus organique, moins intense, mais qui prend tout son sens aussi.

Vous avez d’ailleurs pu en voir un très bon exemple récemment avec l’interview de Franck Gérard, avec son projet « En l’état », qui est littéralement le projet de sa vie.

Donc voilà, je voulais bien vous préciser la différence entre les deux, car ça me semble important que vous la compreniez. Je pense que c’est difficile de commencer tout de suite par un projet au long cours quand on n’a jamais encore créé de série, car on n’a pas encore acquis certains réflexes.

L’avantage de la série c’est qu’on peut avoir un résultat assez rapidement, et avoir un feed-back presque immédiat, ce qui nous permet d’améliorer la prochaine.

L’inconvénient, c’est qu’on peut avoir l’impression de papillonner, et de ne jamais exprimer quelque chose de très profond avec ça. Ce sont deux exercices différents qui ont tous les deux leur intérêt, sans compter que bien sûr, une série peut se transformer en projet photographique bien sûr, si vous réalisez qu’elle peut évoluer en quelque chose de personnel que vous avez envie de développer sur le long terme.

Voilà, c’est la fin de cette vidéo, pensez à poser vos questions en commentaire si vous luttez un peu autour de ça, et bien sûr à mettre un pouce bleu et à partager la vidéo si elle vous a plu ! Si vous découvrez la chaîne avec cette vidéo, pensez à vous abonner et à télécharger votre guide gratuit « Osez Composer » pour améliorer la composition de vos photos (et non, on ne parle pas de règle des tiers bullshit dedans, vous verrez;) ). Le lien est quelque part autour de moi et dans la description. Je vous dis à plus dans la prochaine vidéo, et d’ici là à bientôt, et bonnes photos !

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