Meero : à qui la faute ?

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de Meero, la plateforme qui défraie un peu la chronique en ce moment.


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Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle vidéo sur Apprendre la Photo !

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de Meero, la plateforme qui défraie un peu la chronique en ce moment.

Avant de commencer, je précise tout de suite que même si je vais l’évoquer, mon but n’est pas vraiment de parler de l’aspect éthique de la plateforme, notamment parce qu’il a été suffisamment débattu.
Ni de parler des aspects purement juridiques, puisque ce n’est pas mon métier : je vous renvoie à cet article de Joëlle Verbrugge.

Simplement, je pense que ça dénote un phénomène de fond qui est intéressant, et si j’ai vu tout le monde tomber sur Meero, je n’ai vu personne remettre un peu en question l’autre face de la pièce : les photographes.

Alors Meero, c’est quoi ? Eh bien, c’est une plateforme de mise en relation entre des photographes et des entreprises. L’idée, c’est que de grosses entreprises comme Airbnb, Booking.com, UberEats, ou des hôtels et agences immobilières postent des missions, et des photographes peuvent y répondre.

En ça, Meero est surnommée « le Uber de la photographie », d’autant plus qu’elle a récemment levé 230 millions d’euros, ce qui a fait les gros titres de la presse, et a la particularité de retoucher elle-même les photos via un algorithme d’intelligence artificielle avant de les envoyer au client final.

Évidemment, ça fait grincer des dents, car l’entreprise est accusée de fragiliser le métier et de précariser les photographes.

Mais personnellement, je pense que ce n’est que l’aboutissement d’un phénomène qui est déjà en place depuis bien longtemps.

La valeur d’une photographie a beaucoup baissé dans l’esprit des gens, car l’amélioration de la qualité des appareils photo numériques et leur facilité d’utilisation a permis un tout un chacun de faire des images descriptives correctes sans trop d’efforts. Surtout grâce à la démocratisation de l’apprentissage de la photo sur internet.
[déso pas déso 😉 ]

Alors attention, j’ai bien dit : « descriptive ». Faire de l’art en photo n’est pas plus facile aujourd’hui, car la technique n’y est pas pour grand-chose. C’est peut-être accessible à davantage de personnes, mais le chemin de la création vraiment originale et personnelle reste semé d’embûches.

Seulement voilà, on ne va pas se mentir : aujourd’hui, faire une photo bien exposée et cadrée correctement, c’est à la portée de beaucoup plus de monde qu’avant. Et donc en toute logique, la valeur de ce travail baisse.

On peut considérer que c’est triste pour cette profession, mais c’est arrivé à beaucoup de métiers par le passé, qu’on ne pleure pas tellement aujourd’hui. Qui râle aujourd’hui qu’il n’y ait plus de poinçonneur des Lilas ?

J’exagère volontairement la comparaison, mais c’est ce qui m’a frappé en lisant les critiques à l’égard de Meero. Ce n’est pas tellement que je défende la plateforme en soi, d’ailleurs, j’y reviendrai après, simplement que beaucoup de critiques me semblent oublier quelques réalités.

Je vais revenir sur ce que j’ai le plus lu :

La première chose qui cristallise les critiques, c’est l’algorithme de retouche de Meero.

Je l’ai toujours dit, et je le maintiens : la retouche est quelque chose de personnel, qui fait partie intégrante du processus de création.

Mais en l’occurrence, s’il s’agit de faire des photos d’un appartement, peut-on vraiment parler d’un processus de création ? Photographier un appartement pour une agence immobilière ou AirBnb, c’est quelque chose qui finalement reste assez simple : régler l’exposition pour bien voir l’intérieur, cadrer à peu près droit et montrer toutes les pièces en photographiant au grand-angle pour que ça paraisse plus grand, et faire une retouche basique qu’on peut sans doute mettre dans un preset après 2 ou 3 essais.

Du coup, ça ne me paraît pas étonnant que Meero ait pu développer un « algorithme » qui permette de donner un joli rendu à une photo d’appartement, parce que de toute façon tout le monde recherche la même chose.

La réalité c’est que dans 99 % des cas, il n’y a pas réellement de créativité dans la photographie immobilière. OK il y a peut-être des exceptions dans de rares cas, mais c’est à cette partie du marché que Meero s’adresse, des gens qui veulent des photos simples, qui font un boulot simple.

Pour tout vous dire, je suis à peu près persuadé que je peux enseigner comment faire de jolies photos de ses appartements à un agent immobilier qui n’y connaît rien en une heure ou deux. Ce seront des recettes toutes faites et il ne comprendra pas ce qu’il fait, mais il y arriverait. Parce que, au final, ça reste vraiment de la technique de base.

Tout ça pose la question de la valeur de la photographie aux yeux des gens. Certains disent que la valeur va encore baisser à cause de Meero.

Mais franchement, est-ce que Meero est la cause ou la conséquence de ça ?

J’aurais tendance à pencher pour la deuxième option. La valeur de la photo n’a pas attendu l’apparition de Meero pour baisser.

Et est-ce que c’est totalement un tort ? Je pense que comme souvent, la vérité est dans le juste milieu.

À la fois, la majorité des gens n’ont clairement pas conscience du travail nécessaire pour un photographe, ni du montant des charges pour un chef d’entreprise. Prenons un photographe de mariage par exemple : il doit passer la journée entière avec les mariés, ce qui est plus qu’une journée de 8 h de travail, et un week-end en plus. Ce à quoi il faut rajouter le déplacement, le coût initial du matériel photo, ainsi que tout le travail d’editing et de retouche, plus éventuellement celui de tirage, s’il a vendu un livre photo ou des tirages.

Et évidemment, la vie d’un chef d’entreprise ne se résume pas qu’à ça, et il faut également gérer l’administratif, pendant lequel on ne peut pas bosser.

Sachant qu’un photographe aura dans la poche moins de 50 % de ce qu’il facture après charges et impôts, vous imaginez bien qu’un photographe qui facture un mariage 1 000 € n’est pas franchement si cher que ça (s’il en fait 4 dans le mois, il lui reste 2 000 € à la fin du mois, ce qui n’est pas non plus exactement la fortune de Jeff Bezos, sans compter qu’il ne fera pas 4 mariages par mois durant les mois d’hiver ; il faut bien vivre pendant ce temps-là).

Bref, sous-estimer le prix d’un shooting mariage est clairement abusif pour les photographes. Cela dit, j’en ai eu plusieurs qui m’ont dit qu’ils n’avaient pas du tout vu leur clientèle diminuer avec l’arrivée des photographes amateurs qui font des mariages au noir pour 200 €.

Pourquoi ? Parce que ce n’est pas la même clientèle. Quoi qu’il arrive, il y aura à la fois des gens qui ne voudront ou ne pourront jamais payer 1 000 ou 2 000 € pour un photographe, et d’autres qui voudront absolument engager un professionnel pour être 100 % sûr qu’il soit présent le jour J, qu’il rende un bon travail, et souvent avoir sa personnalité photographique propre, quitte à ce que ce soit plus cher.

Ce que je suis en train de vous dire là, c’est que ces photographes de mariage professionnels arrivent à facturer les mêmes prix qu’avant, car ils apportent suffisamment de valeur à certaines personnes pour qu’ils dépensent cette somme. Malgré la concurrence d’amateurs qui font un truc pas cher un petit peu au noir.

Mais est-ce que c’est toujours le cas ? Je ne vais pas me faire que des amis en disant ça, mais je ne pense pas.

Quelle est la valeur réellement apportée par un photographe qui fait des AirBnB à la chaîne ? Elle n’est pas nulle bien sûr, mais elle n’est sans doute pas aussi importante que celle d’un photographe de mariage, qui a parfois son propre style, son sens de la composition, sa relation humaine avec les mariés et les invités, etc.

Et tout ça, même si le photographe d’AirBnB peut l’avoir, c’est quand même difficile à mettre en valeur dans le cadre de cette photographie-là, qui est finalement extrêmement technique, très descriptive, et qui laisse très peu de place à la créativité.

Et je vais vous dire : si une plateforme qui débarque avec sa levée de fonds de 230 millions d’euros peut retirer tous les clients des photographes AirBnB déjà en place, c’est peut-être que leur travail n’était pas suffisamment supérieur pour justifier la différence de prix.

Alors est-ce que pour autant Meero est tout blanc ? Clairement pas.

Les tarifs affichés sont ridicules : un shooting d’une heure est entre 30 et 40 €, sauf qu’il faut bien évidemment se rendre sur les lieux, et donc qu’on est plus proche des 15 € de l’heure, le temps d’arriver et de repartir. Sachant ce qu’il reste ensuite, c’est pas bien cher payé pour une activité qui nécessite quand même quelques compétences techniques et du matériel qui est loin d’être gratuit.

Je ne l’ai pas vu sur leur site, mais j’ai lu à plusieurs endroits qu’ils annoncent « sortir les photographes de la précarité », et là, disons-le : c’est une énorme blague.

Une autre énorme blague, c’est qu’ils parlent de créativité sur leur site. BULLSHEISE ! Alors que leur business, c’est clairement l’inverse. Je ne pense pas que ce soit honteux en soi, après tout il y a un besoin commercial pour ce type de photo, donc il faut bien le remplir. Mais pourquoi affirmer le contraire ?

Bref, si la plateforme perdure, ce qui est encore loin d’être certain, je pense que ça confirme tout simplement une tendance de fond : la tombée des barrières à la photographie a fait baisser la valeur d’appuyer sur le bouton, et seuls ceux dont la personnalité apporte une réelle valeur ajoutée pourront vivre de leur activité correctement.

Et comme dans toutes les professions pour lesquelles les prérequis sont faibles, les revenus sont faibles aussi. Il ne s’agit pas de rentrer dans la question politique de savoir s’il faut que la société s’organise comme ça ou non, mais simplement c’est comme ça que ça se passe dans l’économie dans laquelle nous sommes actuellement.

Pour finir, est-ce que Meero « disrupte » vraiment la photographie ? J’ai l’impression que c’est juste une confirmation d’un phénomène existant. Il n’y a pas grand-chose à disrupter sur un marché dont les acteurs sont déjà précaires depuis un moment.

Et ce n’est pas propre à la photo immobilière d’ailleurs : entre les producteurs musicaux qui font signer des contrats complètement dingues et parfois carrément illégaux pour accorder le « privilège » à des photographes de shooter les concerts, les journaux qui utilisent des photos sans autorisation et sans même citer le nom des photographes, dans le plus grand mépris des règles élémentaires du droit d’auteur, et à peu près tout internet qui utilise des photos sans jamais citer le photographe, je ne suis pas sûr qu’il reste grand-chose à disrupter.

Quoi qu’il en soit, malgré un constat qui peut paraître amer, je pense juste que c’est une nouvelle époque, et donc qu’une nouvelle dynamique s’installe.

Dans le futur, il n’y aura sans doute plus la place que pour d’un côté les photographes qui ont suffisamment de personnalité pour que des gens paient davantage pour ça, et de l’autre ceux qui seront un peu réduits à être des pousse-boutons pour de grosses plateformes.
On peut considérer que c’est triste, mais attendez qu’un robot apprenne à faire des photos de burgers ou d’appartements !

Personnellement, je pense qu’il y aura toujours la place pour des relations humaines, en particulier dans le domaine du service. Et il y en aura toujours qui tireront leur épingle du jeu.

Mais évidemment, c’est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin, que la poutre dans le sien, et de jeter la pierre à la cible facile, car elle concentre tous les mots-clés qui déclenchent la critique automatique (Uber, levée de fonds, millions d’euros, etc.), plutôt que de se concentrer sur la cause profonde du problème.

Je vous laisse débattre en commentaire juste en dessous, je me doute que ça va faire couler des pixels. Pensez à éviter les insultes, et à avoir des arguments, c’est toujours plus agréable. 🙂

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Je vous retrouve dans une prochaine vidéo pour parler de photographes qui n’ont pas à se soucier de ça, et d’ici là à bientôt, et bonnes photos !

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5 commentaires
  1. Vous êtes amateur ? Je suis professionnel depuis plus de 30 ans et je fais faillite en ce moment à cause de la politique de prix que Meero impose. Je peux vous assurer qu’ils sont dans les entreprises et bientôt dans le mariage. Le CEO de meero est d’une arrogance quand il dit qu’il veut 5% du marché de la photographie qui serait à 100 milliards. Son AI est plus que douteuse. Personne n’a vu son logiciel. Je me suis toujours adapter aux changements technologiques. Je n’ai pas envie de me faire «  Eduquer » par Meero. Je n’ai pas vu venir cette plateforme. Et putain… Ils sont là. je ne connais pas un photographe qui bosse pour eux. Mais depuis quelques temps, les devis ne passait plus. Ils cassent le marché d’une manière déloyale.

    1. bonjour,
      encore une fois, je ne pense pas que Meero crée un marché défavorable aux photographes, mais qu’il profite d’un marché défavorable aux photographes. Il l’est depuis le début des années 2000 et ça s’est aggravé rapidement ces dernières années. Le marché est défavorable pour plein de raisons, mais à mon avis une des principales est que les clients font d’abord attention aux coûts, avant la qualité, d’autant que celle dont ils se contentent se trouve facilement et qu’il arrive souvent qu’ils imposent « leur » qualité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je viens de me séparer d’un client depuis 11 ans, leur maison mère américaine voulant me faire faire des portraits que je trouve débiles. Donc oui, je suis photographe professionnel depuis à peu près trente ans moi aussi et oui, si je n’avais que la photo pour gagner ma vie, je mangerais chez Coluche. Mais j’insiste : les pratiques de Meero ne sont pas déloyales, elles sont celles du marché. Quand j’ai démarré, mon « maître » m’avait bien prévenu : c’est un marché, dur, ça ne date pas d’aujourd’hui. Comme tout marché, il est dynamique. On peut suivre ou pas. J’avoue que je ne suis pas beaucoup, et de moins en moins, mais je n’en veux à personne. Quant à savoir si le marché est la figure contemporaine du Mal, …

  2. Il faut dire que les algorithmes sont de plus en plus performants, les appareils photos embarqués dans les smartphones rivalisent carrément avec de bons appareils photos en termes de piqué, de possibilité de régler les paramètres de base et de performances en basse lumière, et ils sont tellement faciles à prendre en main ! Forcément qu’au milieu de tout ça le Photographe est beaucoup moins indispensable. Pour moi aujourd’hui, on le sollicite pour des projets très particuliers où le style est très important ou pour vivre une  »expérience ».
    Je pense qu’aujourd’hui la discipline doit se tourner vers l’éducation, la formation. C’est là qu’il y a une grosse clientèle. Les gens veulent faire de belles photos eux-mêmes, pour alimenter les réseaux! Qui pourraient leur en vouloir ?

  3. merci pour cette « analyse » pertinente et rare (enfin quelqu’un qui ne se plaint pas et ne râle pas !). je suis globalement d’accord avec elle mais je crois qu’il faut ajouter un élément, rapidement évoqué : la perte de valeur des photographies. Elle ne tient pas à la concurrence des amateurs, souvent évoquée il y a quelques années (ils ne représenteraient que 3% du marché), ni à la facilité d’utilisation du matériel (après tout, l’automatique existe depuis longtemps), même si elle joue sans doute un rôle. Dans le domaine du reportage, elle tient plus à l’internet, qui permet d’envoyer des photos très rapidement depuis n’importe où et donc de faire travailler beaucoup plus de photographes qu’autrefois. mais surtout, elle tient à ce que la photographie a perdu la place qu’elle avait autrefois dans l’information. elle est à la fois remplacée par le multimédia et devenue tellement prolifique qu’elle a perdu de son prestige. ce qui est paradoxal, les festivals photo poussant comme des champignons (qui gagne quoi là-dedans ?). comme vous l’évoquez, elle tient aussi à ce que les photographes font quasiment tous les mêmes images, soit que ce soit le sujet qui s’y prête (l’immobilier !), soit que l’originalité soit en définitive bien difficile, soit, et ça me parait un facteur majeur, que les clients réclament presque tous la même photo. pourquoi payer cher ce que je peux avoir pour bien moins cher ? il existe certes des clients qui veulent « de la qualité » comme on disait autrefois. ils cherchent des photographes de qualité. ça ne veut pas dire que ceux-ci gagneront bien leur vie. mais qu’il faut savoir ce que l’on veut et ce dans quoi on s’engage. quand j’ai commencé la photo de portrait il y a 30 ans, mon « maitre » m’a dit : « tu tiens vraiment à crever de faim? » Je n’ai pas crevé de faim, je ne suis pas riche et j’ai bien pris mon pied, même si j’ai beaucoup galéré. sans meero.

    1. j’ai oublié un aspect important. les soucis ont commencé dès la fin des années 90, avec le ralentissement économique occidental. les budgets com ont diminué et c’est le prix qui est devenu le principal critère de choix pour beaucoup d’entreprises, de presse ou pas. au passage, je note avec amusement que la photo d’entreprise, si décriée jusque dans ces années 90, est aujourd’hui une sacrée roue de secours pour beaucoup, bien que la concurrence s’y soit exacerbée. en effet, qu’on le veuille ou non, dans une société de marché, c’est elle qui prime. bien plus de photographes, bien moins de budgets, les tarifs baissent forcément dans la plupart des secteurs (pas tous : il suffit de jeter un coup d’oeil aux magasins qui vendent du matériel pro). il ne suffit pas de désigner le vendeur (agences, amateur, start-up) comme coupable, il faut aussi s’intéresser à l’acheteur. si celui-ci ne veut pas y mettre le prix, je ne vois pas quoi y faire. en appeler à l’éthique ? quelle naïveté ! le seul contrepoids serait une action concertée des photographes pour imposer une grille tarifaire, à l’image de celle que propose l’upc depuis des années. mais on en est loin ! parce que les photographes sont foncièrement indépendants et parce qu’il y aura toujours quelques uns d’entre eux pour casser l’entente, sans qui quiconque puisse les sanctionner.
      une anecdote pour finir : il y a quelques années, j’ai lu dans un forum la prose d’un type qui râlait parce que photoshop avait mis au point un outil qui faisait facilement ce que lui avait mis un temps fou à mettre au point (avec le même photoshop). pour lui, il s’agissait de concurrence déloyale. c’est exactement ce genre d’attitude qui en plus d’être stupide mène un professionnel dans le mur.