[Vidéo] Le message comme origine des choix photographiques (reportage aux Transphotographiques 2/3)

Dans cette vidéo, on visite ensemble l’exposition de la série « Souvenir d’un Futur » de Laurent Kronental pour explorer la manière dont l’intention photographique influence les choix techniques et artistiques pour arriver au résultat qu’on veut. C’est une démarche vraiment utile quelque soit votre style de photos, et ça vous servira quelque soit votre niveau. On va un peu plus loin que la règle des tiers quoi 😉


 
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Je vous le dis souvent : le plus important pour guider vos choix en photo est votre intention photographique. Et le moment où cette intention se manifeste de la manière la plus évidente est sans doute dans la construction d’une série cohérente destinée à raconter une histoire, voire à faire passer un message : tout doit être fait pour renforcer ce message, et c’est notamment pour ça que les expos photo sont très intéressantes. Aujourd’hui, nous allons donc voir en quoi les choix photographiques répondent à ce besoin.

Bienvenue dans cette nouvelle vidéo sur Apprendre la Photo, la deuxième de cette série filmée au festival des Transphotographiques. Pour illustrer ce que je veux vous montrer aujourd’hui, j’ai décidé de m’attarder sur le travail de Laurent Kronental et sa série ”Souvenir d’un Futur”.

Photographe autodidacte, il s’intéresse aux grandes métropoles et à la variété de leurs architectures. Dans ce travail commencé en 2011 et toujours en cours, Laurent Kronental s’intéresse aux grands ensembles de la région parisienne, construits après la guerre pour répondre à une demande très importante en logements due à l’accroissement démographique, l’exode rural, et l’immigration.

Aujourd’hui, ces ensembles ont bien vieilli, et leurs habitants avec. L’artiste s’interroge donc sur leurs conditions de vie, et pose un regard poétique sur les banlieues qu’on n’a pas l’habitude d’avoir. Voyons donc comment ses choix photographiques aident à comprendre son regard sur ce contexte, sans qu’il n’ait à prononcer un mot, ce qui est l’essence même de la photographie : écrire avec la lumière.

La première chose à dire, précisée dans tous les textes qui parlent de lui, est que Laurent Kronental photographie à la chambre argentique 4×5. On pourrait supposer que ça relève d’un simple amour pour l’argentique ou le grand format, mais en réalité il y a d’autres avantages à utiliser la chambre. Sans affirmer qu’ils ont été utilisés consciemment, ils méritent d’être soulignés.

Tout d’abord, la taille de l’appareil oblige à photographier sur pied. Vous constaterez ça vous-même si vous essayez de photographier au trépied : il aide énormément à composer minutieusement vos images, car il vous oblige à prendre davantage le temps, et vous autorise à déplacer votre cadre très précisément, presque au millimètre. On le voit bien dans toute la série : les compositions sont au cordeau, très précises et d’une rigueur rare qu’on apprécie.

Par ailleurs, par sa conception, comme sur un objectif à bascule et décentrement, la chambre permet de corriger les perspectives, donc de redresser les verticales, et autorise le photographe à obtenir des lignes bien parallèles sur tous ses plans d’ensemble.

Enfin, la chambre permet d’obtenir un piqué et une dynamique particuliers, bref une excellente qualité d’image.

D’autres choses marquent également l’œil quand on s’attarde sur ce corpus d’œuvres, à commencer par le rendu des couleurs. La lumière du soir un peu rosée est souvent utilisée, mais ce n’est pas le seul ingrédient : tous les tons restent dans des pastels subtils, et les nuances de vert-de-gris s’opposent aux couleurs ocres et viennent les compléter.

Si on rassemble ces différents éléments : composition minutieuse, lignes bien parallèles, tons pastel sans trop de contraste ou de saturation, et lumière de très bonne qualité, on obtient un rendu proche du tableau. La démarche du photographe est vraiment esthétique, et c’est en ça qu’elle est originale, puisque la banlieue n’a pas l’habitude d’être montrée sous cet angle. C’est en ça qu’il porte un regard poétique sur son sujet, et a une démarche particulière.

Par ailleurs, ce commentaire ne serait pas complet sans souligner la dualité des images : d’un côté on a des cités présentées vides et immenses, le format du tirage aidant cette impression, avec parfois un habitant au milieu, qui prend peu de place dans l’image, comme perdu face à l’immensité, dont on pourrait presque manquer la présence au premier regard.
Et de l’autre, on a au contraire des portraits serrés des habitants, dont l’environnement s’efface parfois complètement.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les deux sont complémentaires, et que ce travail aurait moins de sens si ces deux types d’images presque opposées n’étaient pas présentes.

Notez que tous ces choix photographiques, de l’appareil utilisé jusqu’au choix des sujets, ne sont pas faits au hasard : ils servent tous son message et contribuent à nous faire poser un regard différent sur ces lieux souvent stigmatisés et marginalisés, et à nous questionner sur la vision qu’on en a.

Sans vous lancer dans un projet de cette ampleur dès aujourd’hui, si vous travaillez sur un sujet et que vous souhaitez faire passer une idée, une impression, ou un message, posez-vous ces questions sur les choix photographiques que vous pouvez faire :
– Faut-il utiliser un trépied ou au contraire photographier à main levée pour plus de spontanéité ?
– Quel format choisir ? Celui de son appareil photo, le format carré, autre chose ?
– Quel type d’objectif utiliser ?
– Quels types de composition privilégier ?
– Que faire avec les couleurs ? Faut-il choisir le noir et blanc ?
– Faut-il adopter une démarche davantage réaliste ou impressionniste ?

Les réponses vous appartiennent, mais ces questions peuvent réellement vous aider à produire un travail photographique qui vous ressemble, des images qui ne seront pas simplement descriptives, mais exprimeront davantage vos émotions et votre ressenti.

J’ai conscience que je vous pose plus de questions que je vous donne de réponses, mais c’est aussi le but de cette série de reportages aux Transphotographiques.

C’est la fin de cette vidéo : si vous l’avez aimée, partagez-la avec vos amis, mettez un pouce bleu et n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me donner votre avis. Dans la prochaine vidéo, je vous parlerai du style photographique : pensez à vous abonner pour ne pas la rater.

En attendant, vous pouvez regarder le précédent reportage sur Robert Capa en cliquant ici, et d’ici là je vous dis à bientôt, et bonnes photos ! 🙂

Et n'oubliez pas de partager l'article ! 🙂


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