Pourquoi aller à des expos photo ? (+ rencontres d’Arles 2015)

La semaine dernière, je suis allé aux Rencontres d’Arles, un festival de photographie qui se tient dans toute la ville, et dont c’est la… 46ème édition ! (excusez du peu) J’ai tenu à vous faire un article non pas pour simplement vous relater ce que j’ai vu (vous en trouverez plein), mais pour vous expliquer quel est l’intérêt de ce genre d’évènement pour les photographes débutants et amateurs, tout en donnant un peu mon avis sur la photo contemporaine, en vous aidant à choisir vos expos, et en vous donnant des pistes pour décrypter ce que vous verrez si vous prenez la (bonne) décision d’y aller. L’idée est aussi que si vous tombez cet article en 2023, il vous aide toujours 😉 Tout un programme !

La photo contemporaine et moi (et vous)

Depuis que je m’intéresse à la photographie, j’ai évidemment fait pas mal d’expos, toutes plus différentes les unes que les autres. Je le détaillerai plus bas, mais c’est vraiment important dans l’apprentissage, à tel point que j’en ai fait une vidéo spéciale dans ma formation.

Je vais être franc : autant j’ai adoré des expositions retraçant le travail de grands photographes (je me souviens encore de l’expo Willy Ronis à Paris qui m’a littéralement pris aux tripes), autant je suis souvent resté perplexe, voire carrément déçu (et je suis poli), par des expos de photographie contemporaine.

tirage des Amoureux de la Bastille Paris photo exposition
Voir un tirage des Amoureux de la Bastille en vrai, ça ne laisse pas indifférent !

Loin de moi l’idée de jeter tout l’art contemporain à la poubelle, car il y a pas mal d’artistes d’aujourd’hui dont j’apprécie beaucoup le travail évidemment. Mais j’ai souvent eu l’impression d’un manque total d’effort dans la création qui m’énerve franchement. Je me souviens encore d’une expo où quelqu’un avait photographié des petites fleurs entre des rochers (il devait y avoir une douzaine d’espèces différentes), et ensuite fait une désaturation partielle en rendant les rochers gris, digne de quelqu’un qui a 1 heure de pratique de Photoshop, avec un détourage franchement approximatif, pour ne pas dire baveux. Sérieusement.

C’est un exemple un peu extrême bien sûr, mais au-delà de ça, j’ai très très souvent vu des photographes dont la démarche se résume à mettre une Velvia dans un vieil argentique, et photographier tout et n’importe quoi au format carré, sans le moindre effort de composition (j’ai vu un nombre d’horizons pas droits incalculable), et appeler ça une série voire un « travail photographique » parce qu’elles ont toutes été prises au même endroit. Youhou. Le rendu est le même, les photographes interchangeables, et franchement ça donne juste l’impression que tout le monde copie tout le monde. (Et à la limite, c’est ok, tant que c’est dans une démarche d’apprentissage, et qu’on ne considère pas ça comme révolutionnaire 😛)

Je suis volontairement un peu cassant, mais je suis sûr que certains d’entre vous vont se retrouver dans cette impression devant ce que j’appelle la photo « perchée ». J’en suis sûr parce qu’on me l’a déjà dit 😀 Et je sais que voir des photos exposées avec une démarche photographique (exposition, composition, recherche du sujet et de l’angle, etc.) qui soit inexistante, ça peut poser question : pourquoi alors s’embêter à apprendre la photo et faire des efforts à la prise de vue et au traitement ?

J’y reviens juste après, mais ce n’est tout simplement pas la même démarche. Je ne vais pas débattre plus longuement de la qualité de certains travaux photographiques, j’ai suffisamment donné mon avis, mais gardez simplement en tête que pour la majorité d’entre vous (en tout cas de ce que j’en perçois), il y a une recherche d’esthétique avant tout, qui n’est pas forcément présente dans ce type de travaux. Il y a même parfois un évitement volontaire de toute approche esthétique (je n’ai jamais compris ça, mais je ne me risquerai pas à définir l’art !).

D’autre part, certains artistes utilisent la photo plutôt comme outil pour mettre en valeur un travail de plasticien, plutôt que comme réel média de leur expression artistique. Et dans ce cas, c’est plutôt une expo d’art plastique qu’une expo photo. Il n’y a rien de mal à ça, ce n’est juste pas la même chose.

(J’ai conscience de tout ce que je viens de dire : ce début d’article est volontairement polémique. Les cadeaux sont à envoyer chez moi, et les mails d’insulte à noreply@apprendre-la-photo.fr, merci :D)

Choisir ses expositions en tant que photographe amateur

Je ne comptais pas forcément parler de ça dans cet article au début (qui est déjà bien plus long que prévu), mais une lectrice, Claire, m’a posé cette question sur Facebook :

Je lirais volontiers tes commentaires parce que c’est toujours un casse tête de choisir les expos… y a vraiment de tout, la création est vraiment illimitée et je m’y perds un peu !!!

Et je comprends ! Quand on a été déçu une paire de fois par un travail qu’on ne comprend pas ou qu’on n’aime pas, ça peut frustrer, et dans tous les cas il y a de nombreuses expos photos différentes.

Et c’est malheureux, car faire des expos est vraiment indispensable si vous souhaitez progresser et passer au niveau supérieur, notamment en matière de composition et de créativité. En effet, une fois les bases techniques acquises et le post-traitement intégré (ce qui n’est pas très long en réalité), les seuls axes à travailler pour faire des images plus intéressantes sont d’améliorer la composition et de développer sa créativité et son style photographique. Croyez-moi, j’ai des milliers d’élèves, et parmi tous les exemples que j’ai vus, au bout de quelques mois ou années de pratiques, ce sont vraiment les deux seules choses sur lesquelles on peut réellement progresser.

Et ce qui peut vous aider, c’est d’affiner votre œil, de l’éduquer au beau. Ça passe par la peinture, la sculpture, le design, le cinéma, et évidemment… la photographie. Je vous conseille vraiment de vous cultiver, ça a de vraies influences à long terme sur vos photos, croyez-moi. C’est imperceptible au début, mais participe à la découverte de votre style photographique.

photo noir et blanc montagne exposition lumière nuages
Vous ne pouvez pas ne PAS aimer !

Mais comme vous êtes dans une démarche sans doute plus esthétique que ce que j’appelais la photo « perchée », certaines expos vont à la fois vous plaire davantage, et vous apprendre plus. A mon sens, il y en a 2 types :

  • Tout d’abord, les expositions ou rétrospectives consacrées à un artiste (ou un mouvement) reconnu de manière relativement universelle. Par exemple, si vous voyez une expo sur Cartier-Bresson, Salgado, ou Yann Arthus-Bertrand, vous allez forcément aimer (si vous avez des yeux pour voir :D). Evidemment, chacun a sa sensibilité, et certains seront plus sensibles à un genre photographique qu’à un autre, mais je doute que vous détestiez, ou que vous n’appreniez rien.
  • Ensuite, les expos d’artistes contemporains (ou non) qui ont une démarche photographique profonde, vraiment réfléchie, et construisent le plus souvent une série autour d’un sujet, avec un rendu graphique similaire. Bref, qui font un travail photographique, plutôt qu’un travail utilisant la photographie. Je parlerai de quelques-unes dans la suite de l’article.
    Ce n’est pas forcément facile de les détecter à l’avance, mais avec le temps vous allez apprendre à le deviner 😉

Les Rencontres d’Arles 2015

Voilà, maintenant que j’ai fait le point sur des choses importantes qu’il fallait dire pour mieux comprendre mes choix d’expos, mon point de vue, et que je me suis fait détester de la moitié des lecteurs et aduler par l’autre :D, je vais pouvoir vous parler de ce que j’ai aimé aux Rencontres d’Arles cette année. En effet, je ne vous parlerai pas de ce que je n’ai pas aimé, je préfère rester dans le positif et passer du temps sur le meilleur.

Pour être clair quand même, j’ai beaucoup aimé mon expérience à Arles, il y avait énormément de choses de très grande qualité, et toutes mes félicitations aux organisateurs ! Je suis un peu frustré car je suis venu seulement pour une journée (j’ai 2h30 de route depuis mon lieu de vacances), et du coup je n’ai pas pu faire les 35 expositions évidemment, mais je prévoirai plus de temps l’année prochaine !

Un cadre magnifique

rencontres d'Arles 2015 cadre magnifique
Plutôt sympa non ? 🙂
Arles ville rencontres 2015
(oui, il faisait aussi chaud que ça en a l’air !)

Avant de parler des expos, parlons un peu de la ville quand même : c’était la première fois que je venais (j’habite Lille, c’est un peu loin ! 😛), et j’ai vraiment trouvé la ville ravissante, malgré la chaleur écrasante (je commence à avoir un peu chaud à 25°C, donc là j’ai eu l’impression de mourir plusieurs fois :D). La ville regorge de bâtiments très anciens dont l’art a repris possession à l’occasion de ce festival. C’est vraiment la meilleure utilisation qu’on puisse en faire, et offrir de tels cadres à toutes ces expos les met très bien en valeur.

Passons donc à ce qui m’a marqué.

Les paradis, rapport annuel : reportage décalé à l’esthétique recherchée

Ce travail de Paolo Woods et Gabriele Galimberti les a emmenés sur les traces des « paradis fiscaux » de la planète : îles Caïman, Panama, îles vierges britanniques, Singapour, Delaware, et même Londres. On se les représente facilement avec de riches hommes d’affaires bedonnants allongés sur un transat avec un mojito et une valise de billets, mais la réalité est évidemment différente, et c’est ce qu’on découvre à travers cette série.

rencontres d'Arles 2015 Exposition "Les Paradis, rapport annuel"
Exposition “Les Paradis, rapport annuel”

J’ai beaucoup aimé ce travail, à la fois pour la découverte d’endroits proprement hallucinants, des coffres-forts à perte de vue aux bâtiments entiers constitués de boîtes postales, mais aussi pour la démarche esthétique qui les accompagne. Tout en restant dans le genre du reportage (les photos paraissent même parfois assez spontanées), les auteurs ont réussi à créer des mises en scène travaillées, avec des compositions intéressantes et liées au message (je repense à cette piscine avec la vue de Singapour en arrière-plan), qui restent justes et rajoutent à l’image l’esthétique indispensable pour accrocher l’oeil. Une vraie démarche photographique comme je les aime. C’est aussi une des rares expos où j’ai lu complètement l’histoire de chaque photo (ce que les connaisseurs appellent le cartel, et les gens normaux l’étiquette :P).

De plus, un fil conducteur en matière de style est bien présent tout au long de la série, ce qui a dû être un vrai défi en travaillant à deux sur des sujets aussi variés.

Je regrette juste un peu qu’il subsiste un amalgame entre évasion fiscale, optimisation fiscale, et entreprises qui escroquent leurs clients : dans l’esprit du visiteur, la différence peut ne pas être claire, ce qui est un tout petit peu dommage pour une démarche proche du reportage.

Affaires privées : un témoignage amusant

Le Bon Coin : un véritable phénomène en France, ce site de petites annonces tout simple est devenu un mastodonte incontournable dans l’hexagone (pour les Québécois parmi vous, c’est l’équivalent de Craigslist 😉 ). Pratiquement tout le monde a déjà acheté ou vendu quelque chose sur ce site : de la paire de chaussures à l’immobilier, tout y est.

Au-delà de ça, c’est à mon sens un objet social très intéressant et symptomatique de notre époque : chacun cherche à multiplier ses sources de revenus, boucler les fins de mois par le biais de l’échange direct entre individus. Pour moi, les dynamiques derrière sont finalement assez proches de Uber, Airbnb, les services permettant de louer sa voiture à des particuliers, etc. En ce sens, cette série de Thierry Bouët est aussi un travail sociologique et un témoignage précieux sur notre époque.

photo musique rue musiciens Arles
Je n’ai pas pris de photo de cette expo, du coup je vous en mets une prise en douce depuis un des bâtiments d’expo avec un point de vue original 😉

En effet, l’auteur a décidé de contacter les vendeurs les plus improbables du site pour les photographier avec l’objet de la vente. Les photos sont toujours amusantes, décalées mais justes, et mettent en valeur à la fois l’histoire du propriétaire, de l’objet, et l’incongruité de la situation. Tout y passe, des verres de pastis, à celui qui vend une demeure du XIIème siècle avec une barre de pompiers au milieu, en passant par un bateau à vapeur, un avion construit par un homme seul pendant 12 ans, etc.

Là aussi, j’ai lu l’histoire de chaque image, et j’ai ressenti des émotions allant du rire franc à une certaine tristesse. Au-delà de ça, l’esthétique est très travaillée, avec beaucoup de couleurs vives mais pas criardes, une vraie recherche dans la composition, et un certain fil conducteur avec des vues toujours de face. Le style m’a un peu fait penser au génial Wes Anderson, dont je vous conseille l’intégrale de la filmographie 😉 (mais si vous voulez voir facilement de quoi je parle en termes d’esthétique, regardez The Grand Budapest Hotel)

Total Records : énorme travail historique reliant mes deux passions

planches contact rencontres d'Arles
Pour certaines images, il y a même les planches contact, le genre de détail absolument passionnant !

Vous ne le savez peut-être pas, mais à part la photo, je suis également un grand passionné de musique. Je suis resté bloqué dans les 70’s musicalement (oui je sais, je n’étais pas né :P), mais aussi en termes de matériel, puisque j’écoute des vinyles sur une hi-fi plus vieille que moi.

Bref, quand j’ai vu une expo annoncée comme « une histoire de la photographie au prisme du disque vinyle », je vous avoue que j’ai un peu sautillé de joie partout. Si j’ai bien lu, il y a plus de 600 pochettes de disques exposées, ce qui représente un travail énorme, et un véritable historique de la musique et de la photo.

L’expo tourne autour de plusieurs thématiques : les photographes célèbres ayant contribué à des pochettes, différents courants musicaux, les photographes « fétiches » d’un groupe donné (on pense à Andy Warhol avec le Velvet Underground notamment), bref énormément de thématiques intéressantes, astucieusement séparées visuellement par des murs de couleurs différentes.

Abbey Road exposition Total Records
L’expo Total Records, ici les coulisses de la pochette du mythique Abbey Road !

J’ai particulièrement apprécié les photos des coulisses de la réalisation de la pochette ultra célèbre d’Abbey Road, des Beatles. Globalement, pour moi, c’était un petit peu comme un gamin qui rentre dans un magasin de bonbons 😀 Clairement, c’est une expo pour passionnés de musique, mais elle vaut le coup d’oeil pour tout le monde. Au passage, les halles délabrées du parc des Ateliers reconverties en lieu d’exposition sont vraiment très belles, et sont l’endroit parfait pour accueillir une partie du festival. Dans l’esprit, la reconversion d’une friche en lieu de culture me fait un peu penser à la gare saint-Sauveur et au Tri Postal à Lille d’ailleurs, pour ceux qui connaissent.

exposition Total Records
L’expo Total Records dans les Halles rénovées.

-MMM- : rencontre entre Mathieu « M » Chédid et Martin Parr

rencontre MMM Mathieu « M » Chédid et Martin Parr rencontres d'Arles
Le lieu parfait pour cette rencontre.

Si vous vous intéressez un peu à la photo et à ses artistes majeurs, il est difficile de passer à côté de Martin Parr. Photographe documentaire au style très clairement reconnaissable, ses images prennent surtout sens présentées en série : un rendu volontairement saturé avec souvent un gros coup de flash, beaucoup de grand-angle, et une ironie présente dans toutes ses images. Parr représente souvent des touristes dans des lieux bondés, avec une vision un peu piquante de ses contemporains.

Normalement, ce ne serait pas vraiment l’esthétique photographique que j’apprécie, mais son message est tellement fort et son cynisme tellement drôle, que j’adhère totalement.

Mathieu Chédid, plus connu sous le nom de M, vous devez connaître aussi. On aime ou on aime pas (attention, blague évidente en vue), mais force est de constater qu’il a son univers bien à lui et une vraie sensibilité.

Rencontres d'Arles "guitare électrique"
La zone “guitare électrique”, avec un vrai ampli qui diffuse les notes de M sur fond de photos de touristes.

Associer les deux ? Le festival l’a fait ! Cette rencontre prend place dans l’église des Frères Prêcheurs, où les photos de Martin Parr sont affichées de diverses manières (notamment des diaporamas), et où la musique que M a composée pour l’occasion se diffuse dans tous les coins, chaque instrument ayant sa place. Individuellement, ils donnent une ambiance un peu étrange, et j’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dedans au début. Mais après quelques minutes, on se laisse porter par ces instruments qui jouent de concert pour produire une ambiance particulière, assez diaphane et aérienne, qui convient très bien à ce lieu, et contraste de manière assez amusante avec les images de Martin Parr, beaucoup plus directes et pimentées.

J’ai trouvé que c’était une très belle expérience qui mêlait à merveille mes deux passions, et c’était un endroit parfait pour se relaxer en fin de journée, après avoir crapahuté pendant des heures sous 35°C à l’ombre 😀 À voir autant pour les photos que pour l’ambiance.

rencontre entre Mathieu « M » Chédid et Martin Parr rencontres d'Arles MMM
Sans oublier toutes les personnes grâce auxquelles le festival peut fonctionner ! 🙂

Et quelques autres encore

Je ne veux pas faire trop long, donc simplement quelques petites choses pour compléter :

  • Malheureusement je n’ai pas eu le temps d’aller à l’abbaye de Montmajour (en dehors de la ville) pour voir les expos « Malkovich, Malkovich, Malkovich », et « Fellini », mais je suis sûr que j’aurais adoré, et ça reste mon regret.
  • J’ai également apprécié l’expo Facades qui met en scène des tirages gigantesques et extrêmement détaillés de façades de cathédrales européennes. La prouesse technique est admirable, et la taille des tirages absolument impressionnante. J’ai ma petite idée sur la technique utilisée, mais je vous laisse d’abord essayer de deviner dans les commentaires 😉
  • La partie « American Surfaces » de Stephen Shore est vraiment bien, mais j’ai beaucoup moins aimé le début de l’expo.
photo escalier noir et blanc rencontres d'Arles 2015 lecture
Je n’étais pas le seul à être assommé par la chaleur et profiter de la moindre occasion de m’asseoir 😉

Ouf, je crois que je suis arrivé à la fin de cet article fleuve ! Que vous alliez ou non aux Rencontres d’Arles cette année, j’espère qu’il vous aura intéressé, vous incitera à faire des expos photo, et vous aidera à mieux les choisir 😉

Allez, lâchez-vous dans les commentaires, je ne doute pas que la première partie de l’article va me valoir à la fois des boîtes de chocolat et des jets de cailloux enrobés d’orties fraiches 😀
 

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