Pourquoi les projets 52 sont pauvres / ne servent à rien

Je vous parle des projets photo 52 (ou 365), et je vous explique pourquoi je pense qu’ils sont extrêmement pauvres photographiquement. (En général.) 🙂


 

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Bonjour à tous, aujourd’hui c’est lundi, et comme personne n’aime le lundi, aujourd’hui, c’est coup de gueule !

Vous vous souvenez ? 😉

Ici Laurent Breillat pour Apprendre la Photo, et aujourd’hui, on va parler des projets photo 52 (ou 365), et pourquoi je pense qu’ils sont extrêmement pauvres photographiquement. (En général.)

Janvier vient de passer, et comme chaque année, on voit fleurir un peu partout des articles qui vous donnent l’idée lumineuse de faire un « projet 52 », c’est-à-dire une photo par semaine pendant un an. Oui, vous aviez vu le même article l’année dernière, MÉBON, pourquoi se faire chi… ?

 

Sauf que ce genre de projet a plein de problèmes. OK, je pense que pour un total débutant, ça peut sans doute accélérer un peu l’apprentissage en forçant à sortir l’appareil, mais c’est pas optimal du tout, et il y a de bien meilleures choses à faire.

 

Déjà, si vous avez besoin de vous forcer à prendre des photos, il y a un problème. Ça vous plaît ou pas ? Si ça ne vous plaît pas, c’est peut-être que vous ressentez comme un vide, comme un manque de sens dans ce que vous faites. C’est normal, tout le monde est passé par là. Je dirais même que c’est bon signe si vous vous en rendez compte.

Ça veut dire que vous avez besoin de faire quelque chose qui vous ressemble davantage. Ça tombe bien, on en reparle juste après.

 

Le truc, c’est que ça peut rapidement devenir une punition.

« Oh zut, on est dimanche, j’ai pas pris ma photo de la semaine, il faut absolument que j’aille photographier alors qu’il pleut et qu’il fait 4 degrés, sinon je vais me sentir hyper mal de ne pas avoir tenu ma bonne résolution. »

Si vous ne le faites pas, vous allez culpabiliser, et associer la photo à un sentiment négatif.

Et si vous le faites, vous pourriez avoir tendance à sortir de chez vous, et prendre la photo facile. En anglais il y a une expression que j’aime pour ça : le « low hanging fruit ». C’est-à-dire le « fruit facile à cueillir, qui est en bas de la branche ». Et ce n’est pas ça qui va vous faire progresser.

Vous aurez pris une photo, peut-être jolie, mais est-ce que vous aurez vraiment avancé ? Sans doute pas : vous aurez fait ce que vous savez déjà faire.

Le truc, c’est que la créativité ne fonctionne pas comme ça. Elle peut prendre du temps à venir. Pour sortir des sentiers battus, pour faire des photos véritablement personnelles, il faut aller plus profondément. Et pour ça, il faut y passer du temps.

Et le souci d’un projet 52, c’est que faire une photo jolie, c’est rapide. Et facile.

Si vous ne le maîtrisez pas encore, c’est OK, y a plein de vidéos et d’articles pour apprendre. Revenez voir celle-ci quand les bases seront maîtrisées. 🙂

 

Le deuxième problème des projets 52, c’est qu’ils n’ont bien souvent AUCUNE cohérence. Il s’agit juste de prendre « une photo par semaine pendant un an ». OK, super, mais POURQUOI ? Qu’est-ce que ça raconte ? Qu’est-ce que ça dit de vous et de votre vision du monde ?

Parfois, on en voit quand même certains qui s’imposent une contrainte, mais enfin, ça ne va pas bien loin. « Un sujet humain dans le cadre » ou encore « la couleur marron », bon, c’est pas exactement ça qui va pousser votre créativité…

Alors plutôt que de seulement râler, je vais vous proposer une alternative pour creuser un peu plus.

1. Trouvez vos contraintes créatives

La première étape va être de trouver vos contraintes créatives. Rappelez-vous ce que je dis dans mes vidéos sur mes séries : il faut explorer, laisser votre œil voir, et au bout d’un moment, constater ce qui revient dans vos images. Et à partir de là, déterminer vos contraintes, comme, par exemple :
• Le format du cadre (carré, 4/3, 3/2, etc.)
• L’orientation (verticale ou horizontale)
• La couleur ou le noir et blanc
• Un certain choix de sujet
• Une contrainte créative, comme la double exposition, ou autre chose
• Un élément récurrent
• Etc.

Ça, ce sont les contraintes visuelles, mais évidemment l’idéal est de trouver un thème. Attention, par thème, je ne veux pas dire « la couleur jaune ». Ça, c’est pas vraiment un thème, parce que ça n’a pas de signification : vous auriez pu choisir « les voitures », ça n’aurait pas changé grand-chose.

L’idéal est de vous poser la question « c’est à propos de quoi ? »

Je l’ai déjà dit plusieurs fois : faites des photos « à propos » de quelque chose, plutôt que « de » quelque chose. J’en parle dans mon guide gratuit Osez Composer d’ailleurs.

2. Prenez 2 mois pour trouver ces contraintes

Pour trouver ces contraintes, vous avez deux mois. Si vous les trouvez avant, tant mieux, mais tout le monde n’a pas un temps fou, donc on va se laisser un peu de temps.
Prenez le temps comme vous le voulez : 15 minutes par jour, 2 heures tous les dimanches, une semaine intensive en voyage quelque part, peu importe. Voyez ce qui fonctionne pour vous.

Si ça ne fonctionne pas, je vous conseille le temps long : il est plus facile de trouver l’inspiration au bout de 2 heures que de 10 minutes. Donc si vous voyez qu’il n’y a rien qui se dessine, essayez du temps long.

En tout cas, il vaut largement mieux pour vous de prendre de temps en temps un VRAI moment consacré entièrement à la photo, plutôt que de caser vite fait une sortie le dimanche en ayant moyennement envie.

3. Choisissez un contexte homogène

Et puis, il vous faut trouver ces contraintes dans un contexte homogène, dans lequel vous pouvez passer suffisamment de temps. Et c’est très important : il faut que ce soit RÉALISTE.

Ça ne sert à rien de vous dire « je vais faire de la photo de rue tous les samedis aprèm pendant 4 heures » si vous savez déjà que vous n’aurez jamais le temps parce que vous faites les courses, ou vous emmenez les petits au cours de danse.

Ça va vous décourager si vous choisissez mal. Donc, trouvez quelque chose que vous puissiez faire de manière réaliste.

Ça peut être votre trajet pour aller au boulot tous les matins (comme l’a fait Thomas Hammoudi dans sa série Intercités).

Ça peut être une semaine que vous passez quelque part, et où vous ne faites QUE de la photo.

Ça peut être tous les samedis aprèm dans votre ville, pendant quelques heures.

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que pour avoir une série cohérente, il faut forcément un contexte un tant soit peu homogène. C’est possible de faire sans si vous avez vraiment l’œil, mais la majorité d’entre vous êtes encore assez débutants, donc, on va être honnête, pour vous faciliter la vie, je vous conseille de vous concentrer sur UN seul contexte pour le moment.

Attention, si vous choisissez quelque chose sur un temps court (par exemple votre trajet le matin), il faut vous y consacrer pleinement : ayez l’appareil à la main, et soyez attentif. Ne restez pas sur votre smartphone tout le temps, en vous étonnant de n’avoir rien vu à la fin de votre trajet.

4. Concentrez-vous uniquement là-dessus

Une fois ces contraintes trouvées, vous vous concentrez UNIQUEMENT là-dessus pendant toute l’année, en tout cas dans ce contexte-là. Vous avez le droit de faire autre chose, hein, mais sur votre trajet du matin, ou votre sortie du samedi, vous ne faites QUE ça.

Et à la fin de l’année, vous relevez le défi.

5. Ne partagez rien durant l’année

Dernière chose hyper importante : vous ne partagez AUCUNE de ces photos pendant l’année. Zéro. Nada.

Un des GROS défauts de ces projets 52 ou 365, c’est que ça vous incite à rechercher la validation des réseaux sociaux, qui sont remplis de personnes qui n’ont pas spécialement l’œil photographique, et qui préfèrent le facile.

Ce n’est pas contre eux, hein, ils ont le droit de juste apprécier des jolies images, sans plus, mais c’est sans intérêt pour vous, voire toxique.

Vous croyez que si j’avais partagé cette image sur Instagram avant de continuer mon projet, ça m’aurait aidé ?


Non, parce qu’elle fonctionne bien mieux associée aux autres que toute seule. Et en plus, pour la plupart des gens, ça ne va peut-être pas leur parler.

Donc, gardez-les pour vous, et vous déciderez à la fin de l’année de la série que vous allez produire, en faisant de l’editing, et vous la partagerez à ce moment-là.

Voilà ! Je pense qu’avec ça, vous êtes équipé pour faire un truc qui a un peu plus de sens. Si vous souhaitez aller plus loin, je vous encourage à lire le livre Vers la lumière de Thomas Hammoudi, qui vous aidera énormément à entamer un projet photographique avec du sens, et avec un peu plus d’envergure que la technique hyper simple que je viens de vous donner.

Si vous avez aimé cette vidéo, mettez-lui un pouce en direction du ciel et partagez-la, c’est très important pour la santé de la chaîne, et puis dites-moi en dessous si vous avez des questions, ou si vous voulez me jeter des parpaings.

Si vous découvrez la chaîne avec cette vidéo, vous voudrez sûrement télécharger mon guide gratuit « Faites-vous plaisir en photographiant », c’est cadeau ! Et aussi vous abonner pour ne pas rater les prochaines, évidemment.

Je vous dis à plus dans la prochaine vidéo, et d’ici là à bientôt, et bonnes photos !

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un commentaire
  1. Hello Laurent, J’ai téléchargé ton bonus il y a déjà quelque temps. Cependant je continue de prendre des photos avec mon IPhone vite et court. Donc ce n’est pas demain que je vais devenir experte. Et ce n’est pas mon but 🙂 . Par contre je retrouve des similitudes entre ton blog et le mien Jeter-l-encre.com. D’ailleurs je le démontre dans un de mes articles. De plus, présentement je fais la formation BlogueurPro d’Oliver Roland et il nous parle de toi en bien. Donc j’aimerais écrire un article invité si cela t’intéresse. J’ai pensé à «une photo vaut mille mots», «l’imagination». Si tu veux avoir un aperçu de mon style, tu peux lire l’article : https://jeter-l-encre.com/wp-admin/post.php?post=548&action=edit , ou bien https://jeter-l-encre.com/wp-admin/post.php?post=542&action=edit. Est-ce que cela t’intéresse? Ah! oui aussi je suis inscrite pour ton webinair PédagoClic ce jeudi 7 février 🙂 . Merci et à bientôt