[Vidéo] Faut-il recadrer ?


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Bonjour à tous, bienvenue dans cette nouvelle vidéo sur Apprendre la Photo. Aujourd’hui je continue ma “mini série” sur les pensées issues de ce bouquin.
Et aujourd’hui, on va parler du recadrage. Faut-il recadrer ses photos après la prise de vue ?
Donc, je vais vous lire un passage, parce que quand j’essaie de le résumer, ça revient à le redire en moins bien, donc je vais juste vous lire la réponse de Jean-Christophe Béchet.

“Je suis d’accord avec cette trilogie, il y a un précadrage quand on vise sans déclencher, puis un cadrage effectif que l’on fige en ouvrant l’obturateur. C’est le “prélèvement dans le réel”. Et à la fin, le recadrage éventuel, que l’on pourrait appeler “le peaufinage”, la finalisation du travail. On parle maintenant de postproduction dans notre jargon.

Pour éviter tout débat stérile, je dirais que la question de la pertinence du recadrage éventuel, et du postraitement, ne se pose plus. Cette étape est obligatoire en numérique, elle fait partie du travail normal du photographe. C’était d’ailleurs déjà le cas avant, en photo en noir et blanc, où le négatif était toujours réinterprété.
Qu’ensuite certains refusent tout recadrage, c’est leur choix. Indéniablement, c’est un beau défi, mais c’est aussi parfois par paresse, par incapacité à savoir optimiser son image au labo, ou tout simplement parce que seule la prise de vue intéresse ces photographes.

Je ne les critique pas, sauf s’ils élaborent une théorie de la “pureté” de la prise de vue pour justifier leur rejet du labo en s’appuyant sur l’exemple du “maître” Cartier-Bresson qui l’a énoncé dans un tout autre contexte.

Pour moi, être photographe aujourd’hui, c’est nécessairement s’intéresser à toute la chaîne de l’image. On passera 50 % de son temps à réfléchir à ce que l’on va photographier, 10 % à être sur le terrain et à déclencher, et 40 % ensuite à s’occuper de ses images.
Je donne bien sûr ces pourcentages de façon complètement arbitraire, ils n’ont aucune valeur en soi, il s’agit juste d’expliquer que pour un photographe, le moment où il appuie sur le déclencheur n’est qu’un tout petit moment ultra-minoritaire dans sa pratique. Le photographe auteur est celui qui pense sa photo, la réalise et l’accompagne jusque dans sa forme finale.”

Pour moi, c’est probablement un des meilleurs passages du bouquin, tout simplement parce que… ici, en fait, il nous dit plein de choses.

D’abord, qu’il n’y a aucun mal à recadrer, parce qu’on peut déjà le faire à la prise de vue, en fait ce qu’on fait à la prise de vue, c’est peut-être avant tout cadrer, en fait définir ou comme il dit “prélever le réel” – c’est un prélèvement du réel, je décide de faire un prélèvement de format 3:2 ou carré ou 4:3 –, et pourquoi, si je le fais à la prise de vue, je n’aurais pas le droit de le faire par la suite ? Ça n’a pas spécialement de sens.

Et finalement, ça vaut aussi pour les autres choix du postraitement, puisqu’à la prise de vue vous pouvez faire le choix de la balance des blancs, alors pourquoi je n’aurais pas le droit de le faire ensuite au postraitement ? Et même pour d’autres choix, vous pouvez déjà modifier vos styles d’images, modifier le contraste, etc., sauf que vous avez peu de choix, au postraitement vous en avez juste plus, c’est plus facile et vous avez le temps d’y réfléchir.

Donc, il n’y a pas de…, pourquoi ce serait moins bien de le faire quand on a le temps d’y réfléchir. Au contraire, je pense que c’est mieux parce qu’on a le temps de faire un choix qui est spécifique à cette image-là qu’on essaie de créer.

Donc, voilà, si jamais vous refusez de faire du recadrage, pourquoi pas, je veux dire il n’y a pas de…, ce n’est pas “mal” en soi, mais assurez-vous que ce soit vraiment parce que ça correspond à votre démarche, c’est-à-dire que ça a vraiment une importance dans votre démarche photographique, et non pas juste par paresse, par fausse excuse ou par une espèce de vision “pure” de la photo que vous auriez lue quelque part et juste adoptée. Vérifiez bien que c’est vous et que ça ne vous a pas été dicté par des influences intérieures ou extérieures, mais en tout cas pas pertinentes par rapport à ce que vous voulez faire.

Et deuxième chose dont il parle, qui selon moi est vraiment importante, c’est que finalement, la prise de vue est une petite part du travail du photographe, le moment où vraiment on clic-clac, ce n’est pas la majorité. Parce que déjà il y a une grosse partie avant où on va rechercher comment on va photographier, comment on va déclencher, et il y a aussi une grosse partie après, où tout simplement on va faire la sélection, l’éditing, pour savoir quelle photo on va choisir de présenter, comment, et même ça peut aller jusqu’à quel format je vais les tirer, comment je vais les présenter, si je les présente sur mon site web, comment je les présente, ça peut aller très loin ; et finalement, tout ça, ça fait partie du travail du photographe, parce qu’à la fin, on présente les choses aux gens d’une certaine manière, on présente un certain nombre d’images, et tout ça fait vraiment partie du travail photographique, intégralement.

Donc, voilà ce que je voulais vous dire sur les réflexions autour du recadrage. Je vous conseille vraiment de lire ce bouquin, encore une fois.

Si vous l’avez aimée, n’oubliez pas de lui mettre un pouce bleu, de la partager avec vos amis, et de vous abonner à la chaîne pour ne pas rater les suivantes.
Et puis je vous retrouve dans la prochaine vidéo où je vais parler d’autre chose qui m’a été inspiré par cette lecture, et d’ici là à bientôt, et bonnes photos !

Et n'oubliez pas de partager l'article ! 🙂


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Un commentaire pour le moment

  • Je ne pourrais pas me passer du recadrage personnellement. Ne serait-ce que pour redresser l’horizon on recadre l’image. Pour ma part je prend toujours mon sujet avec du surplus de son environnement, je peux ainsi choisir si je laisse la photo ainsi ou si je viens concentrer l’attention sur mon sujet en le cadrant différemment.

    11 juin 2017