La vérité et le mensonge en photo

Nouvelle vidéo inspirée par le bouquin de Todd Hido. Cette fois-ci, je vais vous parler de vérité et de mensonge en photo.


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Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle vidéo sur Apprendre la Photo ! Aujourd’hui encore une nouvelle vidéo inspirée par le bouquin de Todd Hido. Cette fois-ci, je vais vous parler de vérité et de mensonge en photo. Bon, je vous l’ai dit mille fois, la photo est toujours une interprétation, jamais une représentation. Je ne vais pas revenir dessus.

Mais Todd Hido développe une idée proche de ça qui est très intéressante. Ce qu’il dit, c’est que le propre de la photographie, c’est de pouvoir décrire en grands détails tout ce qui est dans le cadre, mais de conserver l’ambiguïté de la signification de l’image. Du sens de l’image.

Vous l’avez peut-être déjà constaté vous-même : vous faites une photo en ayant une intention précise en tête, et quelqu’un va la regarder et l’interpréter d’une manière complètement différente. C’est complètement NORMAL, c’est même bon signe, en fait c’est même nécessaire, ça fait partie de la discipline.

Parce que si votre photo est trop littérale, tout le monde va l’interpréter de la même manière. OK. Mais sans doute parce qu’elle est trop littérale. Si tout le monde l’interprète de la manière, c’est que c’est peut-être un peu trop évident.

Parfois vous avez une interprétation évidente et puis les gens vont en trouver d’autres ; donc, ça, ça va, parce qu’ils vont quand même pouvoir, on va dire, relier des choses qui leur sont plus personnelles.

En fait, l’appareil photo a cette propriété presque magique de pouvoir dire à la fois quelque chose de très vrai, et un complet mensonge, selon le moment que vous figez. D’un instant à l’autre, quelqu’un peut avoir l’air de pleurer alors qu’il riait, mais juste son expression à ce moment-là, on pourrait penser qu’elle est triste parce que vous avez saisi un instant de grimace.

Et le spectateur va se fier aux indices (par exemple le traitement de l’image), mais l’interprétation reste à lui.

Donc, évidemment, si vous donnez un traitement un peu triste à l’image, il va peut-être plus avoir tendance à interpréter ça comme des pleurs, mais il y aura aussi son expérience personnelle, peut-être que lui fait exactement la même tête quand il rit et du coup il va prendre ça pour un rire, et vous n’avez pas le contrôle complet dessus.

Et cette image sera à la fois d’une grande vérité, puisque le moment est vrai, vous avez quand même saisi un truc qui existait, et un mensonge complet puisque la personne ne pleurait pas.

Donc comme vous pouvez faire les deux, que la photo soit vraie ou non importe peu. Ce qui importe, c’est ce que vous voulez transmettre au monde en tant qu’auteur, même si ce n’est pas très clair. Au contraire, c’est intéressant quand on ne sait pas exactement ce qui est dit, que la signification reste floue, où on ne peut pas tirer de conclusion définitive.

Alors, évidemment, il ne faut pas être totalement dans le noir complet, mais si on doute un petit peu, ça intéresse, en fait. Ça fait penser, ça fait réfléchir, ça fait discuter.

Je ne sais pas si vous avez vu le film Mother ! de Darren Aronofsky qui est récemment sorti au cinéma, mais sans rien vous spoiler, le film a clairement de nombreuses couches d’interprétation. Chacun aura sa favorite, sa variation, et la preuve que ça fonctionne bien, c’est le nombre de vidéos sur YouTube sur les « explications de la fin de Mother ! » Vous avez beaucoup de vidéos là-dessus parce que tout le monde y va un petit peu de son interprétation personnelle. Et même si, évidemment, les gens se retrouvent parce qu’il y a des choses évidentes, malgré tout chacun va y trouver sa petite chose. Et c’est ce qui fait l’intérêt du film, en fait.

C’est d’ailleurs une caractéristique des films d’Aronofsky qui fait qu’il est un de mes réalisateurs préférés : il reste un flou sur l’interprétation du film. Il y en a certaines qui sont assez évidentes pour satisfaire le spectateur (il ne faut pas non plus ne RIEN comprendre, sinon… les gens n’aiment pas non plus ne rien avoir à quoi se raccrocher), mais aussi on peut y réfléchir et en discuter des heures après. C’est aussi le cas dans son film moins connu The Fountain, pourtant excellent.

Voilà, ce que je voulais vous dire, c’est vraiment ça, c’est que vous pouvez tout à fait maintenir l’ambiguïté par rapport au sens, en photo, et que ça fait aussi l’intérêt de l’image. Donc, n’ayez pas peur de ça.

J’espère que cette vidéo vous aura plu. Si c’est le cas, mettez-lui un pouce bleu et partagez-la avec d’autres photographes et puis, évidemment, pensez, si vous débarquez sur la chaîne, à vous abonner et cliquez sur la cloche pour ne pas rater les prochaines vidéos, et à télécharger votre guide « Faites-vous plaisir en photographiant », pour éviter les erreurs de débutant dans vos photos.
Je vous dis à plus dans la prochaine vidéo, et d’ici là à bientôt, et bonnes photos !

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