Réflexions
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Appareil Photo VS Smartphone : le faux débat ?

Cet article a été rédigé par Méziane, du blog La Photo dans la Poche, qui comme son nom l’indique subtilement, parle surtout de photographier avec son smartphone. Je lui laisse donc la place pour cet article !

Table des matières
  1. Appareil photo ou Smartphone – Une opposition qui n’a plus lieu d’être !
  2. Rappel : Comment en est-on arrivé à opposer l’appareil photo et le smartphone ?
  3. Pourquoi et pour qui l’appareil photo est plus vivant que jamais ?
  4. Pourquoi et pour qui le smartphone est devenu un réel appareil photo ?
  5. Nous vivons une époque formidable, alors profitons-en !
  6. Comment peut-on imaginer le futur de la pratique photographique ?
  7. En conclusion : oubliez tout ce que vous venez de lire et allez faire des photos !

Appareil photo ou Smartphone – Une opposition qui n’a plus lieu d’être !

Dans cet article, nous allons parler d’un sujet qui, depuis plusieurs années déjà, donne lieu à des débats animés entre photographes. Celui de vouloir trop souvent positionner le smartphone contre l’appareil photo, et vice versa.

Des généralités qui amusent ou agacent…

En effet, nous avons toutes et tous déjà entendu ou lu des phrases toutes faites, parmi lesquelles on pourrait citer les exemples suivants :

  • L’appareil photo est mort !
  • “Inutile d’avoir un appareil photo de nos jours vu la qualité de nos smartphones.”
  • “Certains smartphones ont 50 mégapixels, ils sont bien meilleurs que des appareils photo haut de gamme qui en ont deux fois moins.”

Ou dans une autre mesure :

  • Les smartphones ne sont pas et ne seront jamais de vrais appareils photo ! Ils ne sont bons qu’à faire des selfies ou des stories.”
  • “Ceux qui veulent faire de la “vraie photographie” ne peuvent pas en faire avec un smartphone.”
  • “Il est impossible d’apprendre et de progresser en photo avec un smartphone.”

Bref, vous avez compris l’idée, il existe des dizaines de phrases, opinions, aberrations, fausses croyances et prédictions dans le genre. Si celles-ci vous disent effectivement quelque chose, que vous les pensez peut-être vous-même, qu’elles vous amusent ou ont plutôt le don de vous agacer… alors les lignes qui vont suivre devraient vous intéresser ! 🙂

L’objectif de cet article est de rassembler !

Le but n’est pourtant pas de ranimer les hostilités ! Au contraire, il est de démontrer que ce débat n’avance pas toujours dans la bonne direction. Il a plutôt tendance à nous éloigner de ce qui compte vraiment dans notre pratique photo, à tel point qu’il crée parfois une forme d’opposition ou de rivalité entre d’un côté les partisans du smartphone, et de l’autre ceux de l’appareil photo. (Argentique ou numérique, reflex ou hybride, que l’on qualifiera d’appareils photo “traditionnels” tout au long de l’article).

@ Obie Fernandez.

C’est comme s’il y avait 2 camps et une réponse toute faite. Mais vous savez comme moi que ce n’est pas le cas ! Prenons les exemples de questions et débats suivants :

  • Plein format, APS-C ou Micro 4/3 ?
  • Canon, Nikon, Leica, Fujifilm, Panasonic, Sony ou autre ?
  • Mode Auto, Priorité Ouverture, Priorité Vitesse ou Manuel ?
  • Focale fixe ou Zoom ?
  • Retouche photo manuelle, intelligence artificielle ou retouche interdite ?
  • Lightroom, Capture One, Photoshop, Luminar ou autre ?
  • Etc.

A-t-on déjà trouvé une réponse universelle à ces sujets, une réponse qui conviendrait à toutes et tous ?

Non pas que ces questions ne soient pas intéressantes. Elles le sont tout à fait, qui plus est lorsqu’on découvre et qu’on apprend la photo ! Mais les réponses à celles-ci sont propres à chaque photographe, en fonction d’un contexte donné !

C’est dans ce sens que je parle de faux débat, et il en va de même pour le thème de cet article : le smartphone ou l’appareil photo.

Rappel : Comment en est-on arrivé à opposer l’appareil photo et le smartphone ?

@ Emiliano Vittorios.

Avant de vouloir l’éteindre, intéressons-nous d’abord aux causes de l’incendie. Ce qui, je l’admets, ne serait certainement pas une bonne idée s’il y avait vraiment le feu. Mais après tout, nous sommes photographes… pas pompiers ! 🙂

En effet, j’ai pensé qu’il serait bon de se rappeler comment est né ce débat et ce qui a motivé le contexte dans lequel nous sommes aujourd’hui.

Rétrospective

La naissance d’un phénomène : l’iPhone et le smartphone

Les fonctionnalités photo de nos téléphones ont réellement commencé à se développer à partir de 2007. Une époque dont beaucoup d’entre nous se souviennent comme étant l’année de lancement du premier iPhone. Ce qui est effectivement un point capital dans notre analyse.

Bien sûr, avant l’iPhone, les téléphones disposaient déjà d’une fonctionnalité “photo”. Mais ils n’étaient alors que des téléphones et non des smartphones à l’image de ceux qu’on utilise à présent. C’est une différence énorme car un vrai point de rupture est arrivé avec l’iPhone et les autres smartphones qui ont suivi.

Plusieurs facteurs importants sont alors apparus :

  • Une course à l’innovation technologique et une concurrence féroce entre Apple, Samsung et leurs concurrents sont nées. Un rythme de renouvellement annuel s’est alors mis en place et a logiquement fait croître les performances et équipements technologiques de façon exponentielle.
  • Tout un nouvel écosystème est apparu avec les magasins d’applications (App Store et Google Play). De nombreuses entreprises ont vu le jour, créant ainsi de nouveaux outils, de nouvelles possibilités et usages et même pour certains, de nouveaux modes de vie.
  • Et bien sûr (je parlais de modes de vie), la montée en flèche des réseaux sociaux et des applications de messagerie instantanées. On citera les plus célèbres avec Facebook, Instagram, Snapchat, WhatsApp et bien d’autres qui ont été propulsés par leur aspect “mobile” et “toujours connecté”.

STOOOP ! Venons-en à ce qui vous intéresse vraiment, la photo ! 🙂

La photo en réponse aux nouvelles pratiques de partage

Certes, la photographie sur smartphone s’est développée car elle est devenue très pratique et universelle. Autrement dit, nous avons tous un smartphone dans la poche ou dans le sac à longueur de journée. (Et on y reviendra !)

Mais elle s’est aussi développée parce qu’elle correspondait parfaitement aux nouveaux usages et besoins qu’ont fait naître les réseaux sociaux ! En l’espace de quelques années, c’est un peu comme si tout le monde avait ressenti le besoin de photographier ! Soit par plaisir, soit par nécessité, mais très souvent pour pouvoir partager ici et là.

@ Jeremy Bezanger.

Aussi, un nombre incalculable d’applications orientées “création et édition photo” se sont développées, les premiers filtres Instagram ayant été le principal catalyseur à celles-ci. Les fabricants de smartphones ont alors développé leurs produits et technologies petit à petit. Les fonctionnalités photo sont devenues l’un des arguments les plus forts de chaque nouvelle itération des modèles haut de gamme, année après année, bien épaulées par des stratégies marketing de pointe, et des budgets… pour le moins costauds. Ainsi est né tout un nouvel écosystème pour la photo et celui-ci a plutôt remué l’industrie. 🙂

On demande les chiffres !

La chute des ventes d’appareils photo – Un constat sans appel

Effectivement, durant toutes ces années, les chiffres de vente d’appareils photo traditionnels ont chuté drastiquement. C’est un constat facile à faire et il n’y a qu’à voir les données suivantes pour s’en convaincre :

  • Les ventes (ou plutôt livraisons) d’appareils photo numériques ont chuté de 93 % en 10 ans, passant de 121 millions d’unités vendues en 2010 à seulement 8,9 millions en 2020.*

Source : Statista
  • Pour prendre l’exemple de l’année 2017, il a été estimé que 1 200 milliards de photos ont été prises dans le monde en un an. Parmi toutes ces photos, 10,3 % ont été prises avec un appareil photo, et 85 % ont été prises sur smartphone.**  (Vous vous demandez où sont passés les 4,7 % restants ? Eh bien, elles ont été prises sur tablette, ce qui est peut-être, au final, le chiffre le plus choquant !🙂 )

*Source : CIPA (Camera and Imaging Product Association, Japon).

** Source : Statista, via Infotrends, via Bitkom.

On imagine aisément que ces données ont suivi la même tendance et se sont même accentuées depuis.

Des chiffres à nuancer en fonction des segments d’appareils photo

Sauf qu’en y regardant de plus près, le constat est un peu moins dramatique qu’il n’y paraît ! Surtout pour les photographes, car pour les fabricants, il est certain que de gros sous ont été perdus.

Les chiffres de vente ont chuté au global, car le grand public représentait une majeure partie des acheteurs d’appareils photo “compacts”. En effet, ce sont réellement les ventes de ce type d’appareils qui ont fortement chuté en faveur du smartphone.

Mais les appareils privilégiés par les photographes amateurs, expérimentés et professionnels sont généralement les appareils à objectifs interchangeables. Si on se penche sur les chiffres de ce segment d’appareils photo, alors on observe un fait intéressant :

  • Environ 56 millions d’appareils photo à objectifs interchangeables ont été livrés entre 2007 et 2011 dans le monde.*
  • Et… il y en a eu autant (environ 56 millions) entre 2015 et 2019.*

*Source : CIPA (Camera and Imaging Product Association, Japon).

On peut donc en déduire que ce segment se porte toujours relativement bien, qui plus est si on ajoute à cela des prix qui ont tendance à grimper petit à petit. Il y a bien sûr des hauts et des bas, mais c’est globalement une très bonne nouvelle !

@ Nathan Dumlao.

Finalement, l’arrivée du smartphone a donc plutôt permis de mieux considérer les usages et pratiques de chaque type de photographe. Ainsi, chaque constructeur peut mieux identifier et servir sa cible d’utilisateurs, qu’elle soit plutôt orientée grand public, amateurs, ou professionnels.

Les compacts ont globalement été remplacés par les smartphones. Les appareils photo plus complexes et plus “pros” n’ont pas connu le même scénario et ont continué d’évoluer et de s’améliorer à leur manière. On notera par exemple la transition effectuée par les principaux fabricants en passant du reflex à l’hybride.

Pourquoi commencer par une telle analyse ?

Cette analyse est à mon sens nécessaire, car le débat et le contexte dont nous parlons aujourd’hui sont le fruit de ces années et de tous ces changements, pour le moins soudains. Un contexte qui touche certes les différentes communautés de photographes, mais aussi plus largement, les acteurs économiques si l’on intègre l’aspect “business” de l’industrie.

Ce même contexte qui donne lieu à des prédictions bien difficiles à faire sur ce que va devenir la photographie et sur ce que seront nos appareils dans 10, 15 ou 30 ans. Deux pratiques supposées sont alors opposées. Celle de la photographie avec un appareil photo traditionnel et celle de la photographie avec un smartphone. Comme si nous ne pouvions en choisir qu’une. Comme si le futur de la photo ne se fera que par l’une ou par l’autre et que nous avions tous les mêmes besoins et envies photographiques.

Mais en prenant un peu de recul, nous allons voir que ce sont objectivement deux pratiques absolument complémentaires ! Qu’on le veuille ou non, ce sont 2 pratiques qui ne représentent qu’un seul art et qu’une seule passion : la photographie.

Pourquoi et pour qui l’appareil photo est plus vivant que jamais ?

Jusqu’ici, nous avons posé le contexte et donné quelques chiffres pour le moins intéressants !

À ce stade, force est de reconnaître que les “détracteurs d’appareils photo” (les vilains 🙂) ont donc quelques arguments, factuels, pour effectivement suggérer une telle idée. Celle que l’appareil photo est déjà “mort”, ou qu’il va bientôt mourir.

Pourtant, encore une fois, de nombreux facteurs ne sont pas pris en compte dans cette réflexion, que je crois beaucoup trop simpliste.

@ Nadine Shaabana.

L’appareil photo tel que nous le connaissons aujourd’hui va continuer d’évoluer et certains acteurs disparaîtront probablement, à l’image du passage au numérique. (C’est le moment où nous pouvons faire une minute de silence pour Kodak…🙂 )

Mais de là à dire que l’appareil photo lui-même va disparaître, remplacé par le smartphone tout puissant, il y a encore un monde. En voici les raisons.

Des appareils photo plus “pros” et des utilisateurs plus éduqués.

L’écart technologique entre les appareils photo amateurs et professionnels s’est considérablement réduit ces dernières années. Certains appareils photo ayant un positionnement “entrée ou moyenne gamme” sont aujourd’hui parfaitement capables, techniquement, de faire des travaux photo ou vidéo professionnels.

Comme nous l’avons vu plus haut, on comprend donc que la cible des fabricants évolue. À présent, beaucoup d’entre eux se concentrent essentiellement (ou presque) sur ce qu’on appelle les “amateurs experts”, et proposent effectivement du matériel pouvant répondre aux exigences les plus élevées des professionnels.

@ Annie Spratt.

Ils abandonnent donc, petit à petit, une cible orientée grand public qui achetait des appareils photo compacts il y a quelques années et qui utilise naturellement le smartphone de nos jours. Autrement dit, des personnes qui avaient besoin d’un appareil, par exemple pour les balades en famille, les anniversaires ou les souvenirs de vacances, sans pour autant faire de la photographie une pratique fréquente, une passion, ou un métier.

Mais le grand public d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier. Il a tendance à progresser plus vite en photo, à produire plus d’images, à être plus mature avec la technologie. Parfois même à se professionnaliser. Certains photographes “grand public” vont donc vouloir explorer ce qu’il y a de plus performant que le smartphone pour élargir une pratique en devenir. Ils vont donc se transformer petit à petit en amateurs ou amateurs experts et utiliser un appareil photo traditionnel à nouveau.

En partant de cette analyse, il ne serait donc pas surprenant de voir les ventes d’appareils traditionnels et d’objectifs repartir à la hausse dans les prochaines années. Notamment avec un positionnement tarifaire plus élevé, comme nous l’observons déjà.

Les smartphones évoluent à toute vitesse, mais les appareils photo aussi !

Toujours plus performants, autonomes en énergie et connectés, les appareils photo sont aussi de plus en plus réduits au niveau de l’encombrement. Typiquement, les appareils hybrides sont généralement plus petits et légers que leurs équivalents reflex.

Conséquence ? Des appareils à capteurs APS-C ou micro 4/3 ont aujourd’hui la taille des compacts d’hier, des pleins formats ont la taille des APS-C d’hier et des moyens formats ont la taille des anciens pleins formats.

N’oublions pas non plus les optiques, dont la taille a tendance à se réduire également, avec une qualité d’image et de fabrication de plus en plus remarquable.

Ci-dessus, des images du Fujifilm GFX 50S II, un appareil hybride à capteur moyen format commercialisé en 2021. On voit bien ici que l’appareil est relativement « petit », qui plus est pour un boîtier qui intègre un capteur de cette taille.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Qu’il ne semble pas illusoire d’imaginer que dans 10 ans, nous aurons tous un appareil photo moyen format dans notre sac et que celui-ci ne sera pas plus grand qu’un appareil à capteur APS-C ou micro 4/3 d’aujourd’hui.

L’appareil photo ne sera donc pas mort du tout. Il aura plutôt continué d’évoluer au point de proposer une technologie, des performances, des possibilités et une qualité d’image hallucinante dans un format beaucoup plus compact et qualitatif. Nous reviendrons sur ce point.

Un indispensable pour beaucoup : l’ergonomie !

Oublions la technologie, les performances, la qualité d’image, etc. Rappelons à présent qu’il y a un autre aspect très important pour un photographe : l’ergonomie de son appareil photo !

À ce jour, je pense que c’est l’un des éléments qui rend l’appareil photo indispensable pour beaucoup d’entre nous.

En effet, nous serons tous d’accord pour dire que l’ergonomie d’un smartphone et celle d’un appareil photo n’ont absolument rien à voir ! Au moins pour le moment.

Tenir fermement un appareil photo dans la main et mettre son œil dans le viseur tout en ouvrant le diaphragme de son objectif est une expérience à part entière. Et elle est bien différente de celle qui consiste à simplement tendre son bras et toucher l’écran de son smartphone pour capturer une photo.

@ Marco Xu.

Chacun aura sa préférence, mais il est certain que pour celles et ceux qui ont l’habitude de photographier avec un appareil traditionnel, c’est évidemment quelque chose qui n’est pas près de s’envoler.

N’oublions pas les “vrais professionnels” !

Je qualifie de “vrais professionnels” les photographes dont le revenu principal, ou même unique, provient de la photographie. Leurs dépenses en matériel photo représentent donc une forme d’investissement, car ce matériel est censé leur permettre de gagner de l’argent. De manière générale, ils ont donc un budget photo plus important que les photographes amateurs, bien que ce ne soit pas toujours le cas.

Quoi qu’il en soit, nous aurions tort de ne pas les prendre en compte dans notre analyse. Ce sont probablement ces photographes qui feront vivre l’appareil photo traditionnel pour encore de très nombreuses années.

En effet, leur pratique est souvent très spécifique et nécessite du matériel qui l’est tout autant. À défaut d’avoir nécessairement besoin du super haut de gamme, ces photographes ont, dans la mesure du possible, besoin d’utiliser ce qui se fait de mieux sur une génération.

Or, il semble évident que les appareils photo traditionnels seront toujours ceux qui proposeront le plus haut niveau de performances et de qualité d’image. Ils sont faits pour ça et ils ne font surtout que ça ! 🙂

@ Emmanuel Acua.

N’oublions pas non plus que pour ces professionnels (mais pas que), l’appareil ne représente qu’une partie de l’équipement utilisé au quotidien. On peut penser par exemple aux différents accessoires nécessaires à la photographie de studio, comme les flashs, lumières, transmetteurs, déclencheurs, etc. Des accessoires qui, actuellement, ne sont clairement pas ou peu intégrés et adaptés à la photographie mobile.

Quelques questions pour ceux qui doutent encore…

Enfin, pour celles et ceux qui pensent encore que l’appareil photo traditionnel est amené à disparaître, posons-nous ensemble les questions suivantes.

  • “Le jour de votre mariage, quelle serait votre réaction si vous voyiez votre photographe (généreusement payé(e) bien sûr) se pointer à votre cérémonie avec deux iPhone à la ceinture, un Samsung autour du cou et un Huawei sur un trépied ?” Vous seriez plutôt inquiets, n’est-ce pas ? 🙂
@ Mariah Krafft.
  • “Pensez-vous aussi qu’un photographe comme Albert Watson (dont vous pouvez d’ailleurs retrouver la Masterclass ici) accepterait de remplacer son appareil moyen format à plusieurs milliers d’euros par un iPhone pour les prochains shootings de Denzel Washington, Kate Moss ou Mike Tyson ?” … Toujours pas… ou alors je sous-estime vraiment la puissance des stratégies marketing d’Apple ! 🙂

Bref, vous avez compris l’idée !

À ce rythme, il est bien sûr fort probable que le smartphone aura un rôle à jouer dans le matériel photo et les usages des professionnels. C’est peut-être même déjà le cas pour certains. Mais je crois qu’il n’est pas près de devenir l’outil photographique principal et quotidien de ces derniers, qui resteront fidèles à leurs appareils pour toutes les bonnes raisons évoquées.

Après la pluie vient le beau temps !

Pour ceux qui en doutaient, nous pouvons donc dire que l’appareil photo traditionnel est bel et bien vivant. Et en réalité, il n’est pas en si mauvaise santé qu’on pourrait le croire ou l’entendre.

@ Charley Pangus.

Bien sûr, beaucoup de choses ont changé et l’industrie n’est plus la même qu’il y a quelques années.

Les fabricants ont par conséquent fort à faire pour tirer leur épingle du jeu ! Mais ils doivent surtout correctement définir leurs cibles et s’y tenir, ce qui semble être le cas actuellement comme nous l’avons déjà vu.

Je pense que la tempête est passée et qu’à présent, tout est une question d’adaptation au changement et d’intelligence de marché. L’appareil photo compact tel que nous l’avons connu ces 20 dernières années, lui, semble effectivement être en train de disparaître, remplacé par les smartphones, pour plein de bonnes raisons que nous allons voir dans la partie suivante.

Au final, la vraie question n’est pas de savoir si l’appareil photo va mourir, car c’est loin d’être le cas. Elle serait plutôt de se demander comment il peut évoluer, quels besoins il va considérer et quels seront les photographes et les acteurs concernés.

Pourquoi et pour qui le smartphone est devenu un réel appareil photo ?

Changeons à présent de siège et prenons place face à celui qu’occupent les détracteurs du smartphone ! (Les vilains aussi…🙂). Selon eux, le smartphone ne serait donc pas un appareil photo (en tout cas pas un “vrai”) et il est incapable de remplacer ces derniers, quel que soit le contexte.

@ Thomas Park.

Dans les lignes qui vont suivre, nous allons comprendre et réaliser ensemble que le smartphone n’est plus seulement l’appareil bon pour les réseaux sociaux et les selfies. Il l’a été pendant quelques années, mais il est devenu bien plus que ça et ses atouts ne cessent de grandir chaque année !

Le smartphone présente des avantages multiples en photo, pour des profils différents.

Nous l’avons vu plus haut, la majorité du grand public privilégie aujourd’hui le smartphone pour photographier. Un raz de marée est tombé sur les appareils de type “compacts”, et le smartphone n’a pas fini de conquérir le cœur (ou plutôt les habitudes) de monsieur et madame tout le monde, mais aussi de certains photographes.

@ Nathan Lindahl.

Pourquoi ? Il existe plusieurs éléments de réponse :

  • Les smartphones sont de plus en plus performants et qualitatifs en photo. Portés par les modèles les plus haut de gamme, ils suivent un rythme de renouvellement très soutenu qui apporte de nouvelles innovations tous les ans, voire même tous les 6 mois.
  • À présent, les smartphones d’entrée ou moyenne gamme sont aussi très bien équipés sur le plan photo. Ce qui assure une capacité et des possibilités photographiques assez homogènes d’un utilisateur à l’autre, peu importe que l’on ait dépensé 500 ou 1 500€ dans son smartphone.
  • Il est relativement simple d’obtenir des résultats “satisfaisants” avec un smartphone, dont l’intelligence artificielle (IA) pousse le mode automatique encore plus loin. Le traitement appliqué aux JPEG/HEIF peut facilement “flatter” le regard d’une certaine audience sans avoir nécessairement besoin d’appliquer des retouches. Les utilisateurs qui ne souhaitent pas approfondir leurs connaissances photo s’y retrouvent donc pleinement. À la question de choisir un appareil photo ou leur smartphone, ils privilégieront probablement ce dernier.
  • La photo et la vidéo sont devenues des arguments marketing et des axes stratégiques très forts pour les fabricants de smartphones. La concurrence étant très rude, il en résulte des budgets Marketing et R&D très importants pour conserver ou développer des parts de marché.
La fiche technique du module photo d’un Huawei haut de gamme.
Il est intéressant de noter aussi les partenariats effectués entre les constructeurs de smartphones et ceux d’appareils photo. Plus marketing que techniques, ils présentent toutefois certains bénéfices, par exemple au niveau de la gestion des couleurs. On peut citer par exemple Leica et Huawei, Sony et Zeiss, One Plus et Hasselblad, etc.
  • Les utilisateurs sont très variés mais ont un budget “smartphone” souvent plus important que ce qu’ils seraient prêts à mettre dans un appareil photo. Naturellement, cela s’explique par le fait qu’ils n’investissent pas que dans un appareil photo, mais dans un “appareil à tout faire”.
  • Enfin, que l’on soit photographe ou non, nous avons tous un smartphone dans la poche ! Cela peut paraître tout bête, mais il y a là un avantage indéniable, qui n’est autre que l’aspect “pratique” et “couteau suisse” du smartphone pour la photo. Certains ne ressentent pas le besoin d’avoir un appareil dédié, plus encombrant, pour le type de photos qu’ils font, et d’autres veulent photographier “ultraléger”.

Si vous souhaitez découvrir d’autres avantages encore, parfois un peu plus originaux, je vous invite à consulter directement l’article suivant : 12 raisons drôles et insoupçonnées d’apprendre à mieux photographier avec son smartphone.

Alors, le smartphone est-il un vrai appareil photo ?

De l’analyse simpliste…

Afin de répondre à cette question, voyons d’abord un peu bêtement ce qu’est la définition d’un appareil photo :

Un appareil photographique est un objet permettant la capture de vues d’objets réels, en deux dimensions ou en relief.” (selon Wikipédia).

Il est évident que le smartphone permet la capture de vues d’objets réels et il le fait d’ailleurs de mieux en mieux chaque année !

La réponse serait donc toute trouvée. Oui, techniquement, le smartphone est un appareil photo, autant que peut l’être un appareil traditionnel, qu’il soit argentique ou numérique, reflex ou hybride, etc.

De l’analyse plus “artistique” : la preuve par l’image !

Mais répondons à présent sur un plan plus “artistique”, “créatif” et avec une approche plus réfléchie. Pour cela, quoi de mieux que d’observer ce par quoi nous sommes tous concernés et sensibles : des photographies ! Je vous propose donc de jeter un œil aux clichés suivants :

© Dimpy Bhalotia.
© Kristian Kruz.
Gabriella Cigliano ©.
© Shitian Zang.
© Dan Liu.
Pavlo Kyryliuk ©.
© Quim Fabregas Elias.
© Lisi Li.

Ne pensez-vous pas que ce sont des photographies plutôt réussies, appliquées et intéressantes ?

Ces photos ont été prises et retouchées essentiellement avec des smartphones. Ce ne sont pas nécessairement des photos pouvant être exposées en très grand format au Grand Palais, mais c’est franchement génial, qui plus est pour de la photographie “amateur”.

Toutefois, pour celles et ceux qui ne seraient pas totalement convaincus, je vous propose ici aussi un petit exercice !

Imaginez-vous que ces photos (exactement les mêmes !) aient été prises avec un appareil photo Leica à 10 000 €. Ma question est la suivante : si vous l’aviez su avant même de les voir, auriez-vous eu une perception et un avis différents quant à la réussite et la qualité de ces photos ?

Si votre réponse est oui, alors il est possible que votre intérêt porte plus sur l’objet que représente l’appareil photo en tant que tel plutôt que sur l’outil qu’il représente et les moyens qu’il offre sur le plan créatif. Si votre réponse est non, alors super, vous faites probablement partie de ceux qui privilégient la photo finale et le message que porte celle-ci, peu importe l’appareil avec lequel elle a été capturée, sa marque, sa taille, son prix ou sa technologie.

Vous voyez bien que, mis entre de bonnes mains et utilisé par des photographes inspirés et inspirants, le smartphone remplit très bien son rôle d’appareil photo et permet de capturer et de raconter de bien belles choses.

De quoi sont réellement capables nos smartphones techniquement ?

Encore limités il y a quelques générations, tant sur les aspects matériels (taille et qualité des capteurs, optiques…) que logiciels (traitement des images, applications, modes de prise de vue…), les smartphones ont énormément évolué ces dernières années. Ils sont à présent capables de faire, ou simuler, de nombreuses tâches habituellement réservées aux appareils photo traditionnels.

Typiquement, sur les meilleurs smartphones en photo (dont vous pouvez retrouver un classement et de nombreuses infos ici sur le site de DXO Mark), on trouve aujourd’hui les équipements, technologies ou possibilités suivantes :

  • On peut photographier en RAW.
  • On a souvent le choix entre plusieurs focales fixes, telles qu’un grand-angle, un ultra grand-angle et un téléobjectif.
  • Il y a la présence d’un zoom optique, parfois périscopique.
  • Il y a bien sûr la présence d’un flash et d’un retardateur.
  • On trouve pour certains une stabilisation optique, très utile en situation de basse luminosité ou en vidéo.
  • On peut gérer la mise au point manuellement (via certaines applis) ou utiliser l’autofocus.
  • Et on peut gérer la montée en ISO.
  • Il est possible de régler la vitesse d’obturation (via certaines applis).
  • On peut photographier tout à fait convenablement dans des situations de basse lumière, avec les fameux “modes nuits”.
  • On peut simuler un flou d’arrière-plan/bokeh souvent très réussi avec les tout aussi fameux “modes portraits“.
  • Les capteurs, historiquement très “petits” en comparaison aux appareils traditionnels, ont tendance à s’agrandir considérablement. Beaucoup d’appareils compacts ont un capteur de 1 pouce. Il semblerait que ce soit quelque chose qui arrive à grands pas sur smartphone. Les optiques, quant à elles, sont de plus en plus lumineuses, et tout cela profite donc à de nombreux usages.
  • La taille des photos a aussi tendance à augmenter. Même si les capteurs sont encore relativement petits, il existe aujourd’hui de nombreux smartphones capables de photographier et traiter des clichés ayant plusieurs dizaines de millions de pixels. Ce qui offre bien sûr une flexibilité de plus en plus grande, par exemple sur les étapes de post-traitement.

Je m’arrête là, mais force est de reconnaître que c’est assez impressionnant pour un outil dont certains ont du mal à reconnaître les fonctionnalités et qualités photographiques. Des fonctionnalités qui n’étaient pourtant pas présentes il y a seulement quelques années, et qui ne cessent de s’améliorer à vitesse grand V !

@ Warren Wong.

Alors, comment a-t-il a été possible de les intégrer au smartphone et pourquoi est-il fort probable que nous ne soyons qu’au début de ce qu’il a à offrir en photographie ? Je crois que la réponse se trouve dans ce qui fait vraiment sa force depuis le départ : l’intelligence artificielle et le logiciel (les applications) !

La photographie computationnelle, ou comment l’intelligence artificielle se met au service des photographes.

J’évoquais plus haut les “mode nuit” et “mode portrait” dont sont équipés la plupart des smartphones doués en photo. Ces modes ou fonctionnalités sont l’illustration parfaite de ce que permet de faire la “photographie computationnelle” ou “computational photography” en anglais. Je reconnais qu’on aurait pu faire mieux au niveau de l’appellation française, mais que voulez-vous, je n’ai pas choisi ! 🙂

Des possibilités quasi illimitées !

Voyez plutôt :

  • Obtenir un bokeh (presque) digne de ce que l’on peut faire avec un objectif à grande ouverture, et souvent très cher.
  • Faire des photos dans un environnement sombre, avec un petit capteur, tout en limitant fortement le bruit numérique.
  • Obtenir une photo nette malgré un temps d’exposition relativement long et des tremblements en basse lumière.
@ Adam Birkett.

Autant d’exemples d’actions qu’il était impensable de pouvoir réaliser il y a quelques années avec un smartphone.

Mais aujourd’hui, de nombreuses applications et outils logiciels existent et multiplient le champ des possibles. Elles ou ils sont pilotés par des algorithmes d’intelligence artificielle et permettent de faire par exemple :

Bien sûr, si certaines fonctionnalités/applications sont très matures et assez impressionnantes, d’autres sont encore parfois très “gadget” et “marketing”. Toutefois, retenons que nous ne sommes qu’au début des possibilités qu’offrira la photographie computationnelle à l’avenir. C’est par ailleurs un très bon moyen de pouvoir découvrir, s’intéresser et s’initier à certaines pratiques directement avec son smartphone. Des pratiques qui auraient souvent nécessité un matériel plus encombrant, plus complexe et plus cher à obtenir pour monsieur et madame tout le monde, tout en considérant qu’ils soient déjà en possession d’un smartphone dans tous les cas.

@ Leon Seibert.

Ce sont les algorithmes d’IA qui rendent la photographie computationnelle possible. Et en réalité, les possibilités proposées par l’IA, associée à la puissance de calcul des puces intégrées à nos smartphones d’aujourd’hui et de demain, sont quasi illimitées.

Voyons le verre à moitié plein : ce sont des progrès bénéfiques pour tous.

Dit comme ça, je comprends que ce soit un discours un peu “déprimant” pour certains d’entre vous, qui pourraient y voir ici la disparition de la “photographie pure et essentielle”. Celle de la recherche de l’instant décisif, celle de la prise de vue manuelle, bref, celle qui nous fait vibrer. Mais ce serait voir le verre à moitié vide là où il est en fait à moitié plein !

Ce qui permet au smartphone de devenir un appareil photo toujours plus capable, efficace, performant et polyvalent, profite aussi aux appareils photo traditionnels.

Il est important de se rappeler que ces derniers aussi sont équipés de puces/processeurs très performants. De nombreuses prouesses techniques sont possibles grâce à une puissance et des algorithmes de calcul remarquables, auxquels s’ajoute bien sûr un matériel optique moderne. On peut citer les exemples suivants :

  • Photographier à 30 images/seconde.
  • Détecter instantanément les yeux ou le visage de vos sujets.
  • Reconnaître des scènes pour la balance des blancs automatique.
  • Faire un suivi d’autofocus sur une voiture ou un guépard lancé à pleine vitesse.
  • Etc.
@ Sammy Wong.

La logique est donc la même d’un côté comme de l’autre. Elle consiste à développer toujours plus l’IA et la puissance des processeurs pour les mettre au service du matériel. Soit pour démultiplier ses possibilités dans le cadre des appareils et optiques traditionnels, soit pour compenser ses lacunes dans le cadre des smartphones. Ces derniers étant logiquement dépourvus des avantages “physiques” de l’appareil photo en raison de leur format et de leur taille. Ainsi, les smartphones misent encore plus sur l’IA et parviennent à compenser le rendu optique des outils traditionnels avec de plus en plus de succès.

L’intelligence artificielle, une aide que l’on est libre d’utiliser ou non.

Finalement, c’est peut-être sur ce point que nous pourrions tous être d’accord. Car la plupart d’entre nous sommes à présent utilisateurs d’appareils ou d’applications qui intègrent de l’IA. Celle-ci étant aussi présente dans les outils de retouche photo (Lightroom, Photoshop, Capture One, Luminar, etc). Et ce pour le plus grand plaisir de celles et ceux qui les utilisent, ne serait-ce que pour retirer une imperfection, ou masquer automatiquement un ciel ou un visage.

Ici, on voit qu’on peut directement acheter des packs de ciels pour le logiciel de retouche Luminar, afin de pouvoir remplacer les ciels de ses photos grâce à une intelligence artificielle assez remarquable.

Toute cette technologie que nous avons à disposition, tous ces algorithmes, ces automatismes, ce matériel, ces possibilités sont là pour nous aider à créer. Ils doivent faciliter le processus de création de chacun. J’insiste là-dessus, chacun est libre de pouvoir les utiliser comme il le souhaite ou de ne pas les utiliser du tout. Que ce soit lors de la prise de vue ou des étapes de retouche, et que ce soit en utilisant un smartphone ou un appareil traditionnel.

Nous vivons une époque formidable, alors profitons-en !

Nous vivons une époque formidable, car il n’y a jamais eu autant d’outils et de possibilités photographiques qu’aujourd’hui. Tous ces outils peuvent et doivent être complémentaires et chacun a le loisir d’aller piocher ici et là ce dont il a réellement besoin.

L’appareil photo et le smartphone – une complémentarité qui est une chance pour qui veut bien la saisir …

Oui, le smartphone est plus que jamais un appareil photo, très capable par ailleurs, mais il a l’avantage d’être plus que ça. Oui, l’appareil photo traditionnel reste encore maître en la matière pour ce qu’il représente en termes d’ergonomie, d’usages experts et professionnels, ou de performances techniques et optiques. Il n’est pas en train de mourir mais il est simplement en train d’évoluer pour le meilleur. Et, oui, il existe toujours la possibilité de photographier de façon totalement “analogique” et dépourvue de tout algorithme x ou y avec la photographie argentique. Une pratique que certains photographes apprécient bien plus que le numérique.

C’est donc une période géniale pour être passionné de photographie, pour le devenir, pour apprendre ou pour continuer de créer et construire sa démarche artistique.

Le meilleur des 2 mondes (mobile et traditionnel) se rassemble et se complète de mieux en mieux au fil des années.

Certains photographes vont parfaitement intégrer le smartphone comme étant un outil à part entière de leur équipement photographique, pour certaines situations, certaines prises de vue, ou certains endroits. On peut par exemple penser à certains lieux dans lesquels l’appareil photo est interdit, mal vu ou pas assez discret, alors que le smartphone est parfaitement toléré.  À titre d’exemple, je vous invite à lire le retour d’expérience de Léo Coulongeat publié par Phototrend, dans lequel il raconte qu’un service de douane lui a retiré son matériel photo lors d’un voyage en Algérie. Il a donc été contraint de ne photographier qu’avec son iPhone, et il s’est très bien adapté pour réaliser son carnet de voyage avec succès.

D’autres photographes ne vont shooter qu’avec l’appareil ou qu’avec le smartphone.

D’autres encore ne vont jamais photographier avec leur smartphone, mais le compter comme un objet indispensable dans leur pratique pour d’autres usages.

Avant et après la prise de vue

Ne l’oublions pas, la photographie (ou devrais-je dire, le processus photographique) ne se résume pas qu’à l’étape de prise de vue. Loin de là ! Il y a des étapes en amont, souvent associées à de la préparation. Et il y a de nombreuses étapes qui suivent la prise de vue, que ce soit en termes de sélection, de retouche photo, de montage ou de mise en page, de partage, etc.

L’exemple des applis de retouche sur smartphone

Le smartphone peut répondre entièrement ou partiellement à un grand nombre de ces étapes. Sans être jamais utilisé pour la prise de vue, il peut ainsi devenir un excellent compagnon de route sur les autres tâches du processus global, pour tout type de photographe.

@ Luke Porter.

Il est bien sûr un outil remarquable pour le partage, mais il permet aussi, par exemple, de retoucher sérieusement ses photos en déplacement. Que vous soyez sur une terrasse de café, dans votre canapé ou même, disons-le… au petit coin si vous en avez envie ! 😄

À mon sens, certaines applis mobiles de retouche photo sont d’un niveau remarquable et n’ont plus vraiment à rougir de leurs jumelles ou partenaires de bureau, au moins sur 80 % des tâches communes. Je pense par exemple à Lightroom, dont la version mobile n’a presque plus rien à envier à la version de bureau ! Cette dernière présentant bien sûr un avantage logique : le confort de trier, éditer et classifier ses photos sur un grand écran.

Nous pouvons aussi citer des applications capables de traiter les formats RAW, comme Darkroom, excellente sur iPhone, ou Snapseed, très complète et qui présente en plus l’avantage d’être gratuite !

De gauche à droite, les logos de Lightroom, Snapseed et Darkroom.

Une assistance très pratique pour les photographes !

Pour vous donner un autre exemple, le smartphone peut aussi “assister” le photographe de paysages dans la planification de ses sessions photo. Il existe des applications donnant la position du soleil, les horaires exacts de son coucher et de son lever en fonction de votre position, ou encore la météo. Ce sont des applis qui ont été développées pour les photographes essentiellement. On peut citer notamment Photopills, qui est l’une des meilleures applis de ce type.

Logo de l’application Photopills.

Ici, on comprend bien qu’il est à présent plus judicieux de visualiser le smartphone et l’appareil photo comme étant des outils parfaitement complémentaires. Des outils qu’on a la chance de pouvoir utiliser comme bon nous semble, pour mieux répondre à nos besoins et exigences photographiques individuels et pour faire ce qui compte le plus : produire de meilleurs travaux photo !

Comment peut-on imaginer le futur de la pratique photographique ?

Bien malin celui qui sait, à l’heure qu’il est, à quoi ressembleront nos appareils dans les prochaines années et comment tout ce beau monde va évoluer. Certes, nous observons des tendances et nous avons des indices qui commencent à prendre forme. Pourtant, il serait préférable de prédire prudemment en raison de la vitesse à laquelle évoluent les usages et la technologie.

Bon, OK… vous avez raison, on va quand même se faire plaisir en essayant d’imaginer la suite, à mes risques et périls. 🙂

Prêtons-nous au jeu : les paris sont lancés !

Je l’ai dit plus haut, au-delà des traditionnels gains de performances, qualité, réactivité, solidité… qui sont des classiques depuis des années, il semblerait que deux tendances générales sortent du lot. La première étant le développement de l’intelligence artificielle et de la photographie computationnelle que nous avons déjà détaillé plus haut. La seconde porte sur la taille de nos appareils, qui se réduit de plus en plus.

Après tout, peut-être que l’appareil photo “standard” de 2035 aura le même gabarit que celui d’aujourd’hui, mais il aura un capteur deux fois plus gros et à l’inverse, des optiques deux fois plus petites. J’ai donné l’exemple du Moyen Format qui pourrait, pourquoi pas, devenir la norme.

Des innovations photo actuelles pour s’inspirer.

Aussi regardons à titre d’exemple et d’inspiration des concepts actuels, qui sont pour le moins intéressants :

Ici, le smartphone est un complément de l’appareil photo, à visée télémétrique, qui est totalement dépourvu d’écran, et assez minimaliste. Le smartphone apporte du coup les atouts liés à la taille et la qualité de son écran ainsi que de nombreuses possibilités de visualisation et de partage.

Dans cet exemple, c’est un peu l’inverse. L’appareil photo principal est le smartphone. L’idée est de transformer son ergonomie grâce à un outil très bien conçu. Ce petit boîtier se fixe de façon aimantée à l’iPhone (via MagSafe) et vient apporter une meilleure prise en main, un grip, et des boutons physiques. Ainsi, le smartphone obtient une meilleure « ergonomie photo » qui se rapproche un peu plus de ce qu’est l’ergonomie d’un appareil traditionnel.

Ici, le smartphone permet à nouveau d’étendre les fonctions, cette fois vidéo, d’appareils photo professionnels Sony, et de transformer l’ensemble en un mini système de tournage live très qualitatif. Le smartphone (Xperia Pro) dispose d’une prise HDMI et d’un écran 21:9 4K HDR Oled, bref, autant dire que c’est un 2e écran de grande qualité pour les vidéastes.

Enfin, dernier exemple, cette fois-ci avec les accessoires photo. Comme vous le savez peut-être, la génération d’iPhone 12 a fait naître une solution aimantée au dos des iPhone, appelée MagSafe. Certains accessoiristes ont donc trouvé d’excellents usages pour la photo, en développant, par exemple, des trépieds aimantés où il suffit de poser son smartphone plutôt que de le fixer manuellement. C’est plus simple et plus rapide.

Toutes ces très bonnes idées, déjà commercialisées, nous permettent de mieux nous projeter et d’imaginer plus simplement ce que sera le matériel photo de demain.

Allez, un peu d’imagination !

Typiquement, imaginez si dans quelques années, votre appareil photo ne serait en fait qu’un boîtier vide avec des boutons, des molettes et un viseur. Vous pourrez y intégrer votre smartphone, qui disposera alors de capteurs bien plus grands que ceux d’aujourd’hui, d’optiques bien plus qualitatives et lumineuses, d’un processeur ultra-performant et comme toujours d’un écran incroyable. Vous aurez ainsi tout le confort, l’ergonomie et le plaisir d’un boîtier photo, et tous les avantages du smartphone comme l’écran, la puissance, les applications, le partage ou la simplicité. Personnellement, si je devais miser sur un projet, ce serait celui-ci, mais ça n’engage que moi ! 🙂

Imaginez également que votre trépied et votre flash (ou émetteur/récepteur) se fixent et se connectent simplement à votre appareil photo grâce à des aimants, promettant solidité et fiabilité quant à leur maintien, même dans des situations extrêmes. Ne serait-ce pas plus simple que de devoir à chaque fois visser un plateau Arca Swiss ou d’utiliser la griffe flash de votre appareil ?

L’imagination n’a pas de limite et nous pourrions aller très loin en suivant cette logique. Les exemples et les idées ne manquent pas et ils seront de plus en plus nombreux dans les prochaines années. D’ailleurs, n’hésitez pas, vous aussi, à partager vos prédictions et vos souhaits les plus fous dans les commentaires, en répondant à la question suivante : “Selon vous, à quoi pourraient ressembler les appareils photo de demain ?

Le sujet est lancé, à vos claviers, vous avez 2h ! 😄

@ Kelly Sikkema.

Finalement, si le smartphone permet d’ouvrir de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives d’innovation pour nos appareils photo traditionnels, et réciproquement, alors tout le monde est gagnant ! À commencer par la créativité, l’ergonomie, le confort et les possibilités offertes à chacun.

La photographie a toujours évolué et évoluera encore. Vivons avec notre temps !

Dans cette dernière partie, il semble bon de rappeler que l’histoire ne fait que se répéter. La photographie n’a cessé d’évoluer depuis qu’elle est née, au même titre que la peinture, le cinéma, la musique et l’art en général. Que ce soit au niveau des outils et des méthodes, ou que ce soit vis-à-vis des motivations et courants artistiques.

Des exemples intéressants…

Aussi, posons-nous les questions suivantes :

  • Le dessin ou la peinture digitale, utilisés par de très nombreux artistes aujourd’hui, sont-ils considérés comme étant du vrai dessin ou de la vraie peinture ? Aussi, le digital a-t-il tué la peinture physique ?
@ Cristofer Maximillian.
  • La musique électronique est-elle considérée comme étant de la vraie musique et a-t-elle tué l’opéra, les instruments physiques ou les concerts ?
  • Les superproductions Netflix ou Prime Video ou Disney + sont-elles vraiment du cinéma ? Et les salles de cinéma ou les théâtres sont-ils amenés à disparaître ?

Finalement, on voit bien que cette idée de “faux débat” se trouve un peu partout et ne cesse de se produire. Pour reprendre sur la photo, sous forme de questions également :

  • Des photographes comme Saul Leiter ou Vivian Maier sont-ils restés “fidèles” au noir et blanc ou ont-ils réalisé d’extraordinaires travaux en couleurs ?
  • Prenons également l’exemple de Joel Meyerowitz ou Steve McCurry, des maîtres de la photo dont vous pouvez aussi retrouver les Masterclass ici. Ils ont tous deux débuté et pratiqué la photographie avec des appareils argentiques, qu’ils ont utilisés pendant plusieurs dizaines d’années. N’ont-ils pas tout de même utilisé par la suite des appareils photo numériques pour leurs travaux ?

Ils sont pour beaucoup d’entre nous des références photographiques, des sources d’inspiration ou d’enseignements énormes, et ils ont tout simplement su vivre, évoluer et photographier avec leur temps.

“Un esprit est comme un parachute, il ne fonctionne pas s’il n’est pas ouvert” – Franck Zappa.

Je crois réellement qu’en tant que créatifs, nous devons rester ouverts sur ces sujets et sur toutes les innovations, évolutions ou améliorations proposées ici et là.

Non pas nécessairement pour les adopter dans l’immédiat. Simplement pour se poser, objectivement, les questions suivantes :

Est-ce que cet outil, cette innovation et cette technologie peuvent servir mon projet et ma photographie finale ? Est-ce qu’ils peuvent m’aider à raconter mon histoire et à documenter ma vie ou celle des autres ? Peuvent-ils aussi m’apporter un confort dans mon travail, me faire gagner en productivité, ou me permettre de mieux servir mes clients et mon audience ? Etc.

La réponse peut être oui ou non. Mais sans même se la poser, par ego, par manque d’ouverture ou par mauvaise foi, on risquerait de passer à côté de nombreuses choses géniales à venir.

En conclusion : oubliez tout ce que vous venez de lire et allez faire des photos !

Une utilisation “mixte” de l’appareil photo et du smartphone dans ma pratique personnelle.

Comme beaucoup de monde, j’ai longuement photographié avec mon smartphone sans avoir aucune notion en photographie. Lorsque j’ai plongé dans notre merveilleuse passion il y a quelques années, j’ai appris la photo avec un appareil traditionnel et j’ai tout de suite adoré l’expérience. Ainsi, j’aime beaucoup mes appareils et certaines optiques pour ce qu’ils sont en tant qu’objets, mais surtout pour les travaux photographiques qu’ils me permettent de créer. Il n’est donc pas question pour moi de m’en séparer et je sais parfaitement quels sont les usages pour lesquels ils me sont, quoi qu’il arrive, devenus indispensables.

© Meziane Photography – Voici typiquement une photo que je n’aurais pas pu réussir avec mon smartphone. En tout cas pas aussi bien qu’avec mon appareil, que j’étais bien content d’avoir avec moi ce jour-là.

Pour autant, certaines situations m’ont fait revenir au smartphone, que j’avais alors longuement délaissé pour la photo. Deux paramètres avaient toutefois radicalement changé. Mes connaissances/compétences en photographie, ainsi que les capacités photo de mon iPhone, qui avaient logiquement explosé en l’espace de quelques générations. Faisant principalement de la photo de rue et de voyage, et tout en sachant que j’avais toujours mon iPhone dans la poche, je me suis prêté à l’exercice. Celui de m’appliquer à photographier sérieusement avec lui et de m’investir autant que je l’aurais fait avec mon appareil photo, le temps de quelques sessions.

Est-ce que j’ai été satisfait au point de jeter tout mon matériel “expert” par la fenêtre ? Non, certainement pas !

Est-ce que j’ai été bluffé par les capacités et les possibilités offertes par mon smartphone ? Absolument, et j’ai pris de plus en plus de plaisir à l’utiliser chaque jour pour photographier.

J’ai vraiment eu le sentiment de pouvoir photographier n’importe où et n’importe quand, chose que je n’ai jamais réussi à avoir complètement avec un appareil photo traditionnel, même compact. Je crois aussi que la rue et le voyage sont deux pratiques pour lesquelles le smartphone présente de nombreux avantages et je m’y suis donc parfaitement retrouvé, toujours en complément de mon matériel expert.

Bien sûr, il m’a fallu un temps d’adaptation. L’ergonomie est très différente, l’usage et la philosophie le sont tout autant. Mais dans l’idée de vouloir capturer l’instant présent, et de réaliser des travaux photo privilégiant le message, j’y ai trouvé un formidable compagnon de route, parfait pour accompagner ou suppléer mon matériel habituel.

Je vous parlais de complémentarité tout au long de l’article et, personnellement, c’est exactement de cette façon que je conçois mon matériel photo aujourd’hui.

@ Jack O Rourke.

“Le meilleur appareil photo est celui que l’on a avec soi.”

À chacun son contexte, à chacun sa pratique !

Nous l’avons vu, certaines idées et concepts commencent à se développer. On peut s’imaginer ou s’amuser à entrevoir et prédire ce que sera et comment se fera la photographie de demain. Mais nous ne ferons que des prédictions et paris plus ou moins justes sur l’avenir.

En revanche, nous savons parfaitement comment se fait la photographie d’aujourd’hui et les outils que nous avons à disposition. Ils n’ont jamais été aussi nombreux et aussi différents. Ils nous viennent directement de la photographie d’hier, avec l’argentique, que certains prennent encore énormément de plaisir à utiliser. Aussi, ils sont ce qui se fait de mieux technologiquement et optiquement parlant, avec les appareils traditionnels professionnels ou amateurs. Enfin, ils sont disruptifs, très prometteurs, et absolument accessibles, avec les smartphones.

@ Marek Mucha.

Dans tous les cas, tous ces outils vivent très bien ensemble et peuvent très logiquement avoir un rôle à jouer en fonction des usages et du contexte de chacun.

De la même façon que nous devons considérer les appareils haut de gamme comme étant devenus principalement l’outil dédié aux photographes experts, il serait bon d’accepter que le smartphone soit devenu l’appareil photo principal du grand public. Et parfois même, celui de certains photographes prêts à faire quelques concessions pour s’encombrer le moins possible. Des photographes qui n’ont ni l’intention de vendre leur travail, ni l’intention de proposer des prestations photographiques professionnelles, mais simplement de communiquer et de créer à leur façon, de se faire plaisir, ou d’immortaliser des instants de vie.

Apprendre et découvrir la photo par le smartphone !

Oui, cet appareil mobile que l’on a toujours avec soi est aussi une porte d’entrée géniale pour accéder au monde de la photo.

Beaucoup de personnes, notamment les plus jeunes, n’ont jamais photographié avec autre chose qu’un smartphone. C’est peut-être l’outil qui leur fera découvrir notre formidable passion, et devenir, petit à petit, des amateurs désireux d’obtenir un matériel plus complexe pour répondre à des besoins spécifiques.

@ Angela Franklin.

Pour ces photographes en devenir, qui n’ont pas toujours l’envie ou les moyens d’investir dans un appareil dédié, le smartphone devient alors un appareil très intéressant pour s’initier et progresser en photo !

On a parfois tendance à trop vouloir se focaliser sur la technique lorsqu’on débute. En automatisant certaines tâches et en rendant très simple l’utilisation de certaines techniques, le smartphone permet de se concentrer sur d’autres aspects essentiels en photo comme la composition, le message à porter ou l’intention photographique.

Autant de sujets dont je parle beaucoup sur mon blog, que j’ai justement créé pour accompagner celles et ceux qui souhaitent développer leur apprentissage ou leur pratique de la photo au travers du smartphone. Si c’est votre cas, je vous invite à découvrir comment démarrer ici même !

Prendre la parole visuellement dans le monde, à sa façon !

Parole de photographe

Nous terminerons cet article en citant Jean-Christophe Béchet, un photographe que certain(e)s d’entre vous connaissent sans aucun doute. (Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à cliquer sur ce lien pour regarder un entretien super intéressant entre Laurent, Thomas Hammoudi et Jean Christophe Béchet.)

” N’importe qui peut désormais obtenir une image avec n’importe quoi, or, n’importe quoi fait par n’importe qui avec n’importe quoi, ce n’est pas forcément de la photographie. La pratique de la photographie est plus complexe qu’une simple capture d’images. Ce qui fait la photographie, ce n’est plus la capture d’images, ni même de bonnes images, mais bien plutôt l’acte de se déclarer photographe et de prendre la parole visuellement dans le monde.

–> Extrait du livre : Petite philosophie pratique de la prise de vue photographique.

Je crois que nous devons toujours garder à l’esprit que la photographie évolue et a toujours évolué et que nous avons la chance d’avoir plus de possibilités aujourd’hui que jamais auparavant. Le choix et les outils que nous avons ne doivent servir qu’une et une seule chose : notre créativité ! Chacun trouvera ainsi ce dont il a besoin pour créer ou produire les travaux photographiques qu’il souhaite et ainsi, pour faire référence à la citation : “prendre la parole visuellement dans le monde”.

L’appareil photo qui conviendrait à tout le monde n’existe pas. Logique, il n’y a pas une pratique photo universelle mais au contraire, il en existe autant qu’il y a de photographes. C’est ce qui fait la beauté et l’intérêt de notre passion, et c’est tant mieux !

Alors, Appareil photo ou Smartphone ? Peu importe, photographiez comme vous êtes !

Une fois qu’on s’est dit tout cela, je crois qu’il est temps de se vider l’esprit et d’oublier une bonne fois pour toutes ce faux débat ou tout autre débat et “rivalité matérielle”. Il est urgent d’aller faire ce qui nous plaît le plus : prendre des photos !

Racontez vos histoires, créez vos souvenirs, documentez votre vie, émerveillez vos clients, partagez votre vision du monde ou que sais-je encore ! Photographiez d’abord avec votre tête et votre cœur, et peu importe ce que vous avez dans les mains, que ce soit un appareil photo traditionnel, un smartphone, ou ce que sera l’appareil de demain.

J’espère que cet article vous a plu et je vous remercie chaleureusement de l’avoir lu jusqu’au bout ! 🙂

Si vous souhaitez réagir et que vous avez des remarques, idées, opinions ou questions à partager, n’hésitez pas à le faire dans les commentaires !

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26 commentaires
  1. Salut et Merci Laurent !
    Très intéressant ton article, comme toujours d’ailleurs !
    Tu avais annoncé une vidéo sur “comment importer vos photos de smartphone dans votre catalogue Lightroom Classic”. L’as-tu publiée ? Je ne l”ai pas vue !
    Cordialement
    Gaby

    1. Bonjour Gaby,
      Merci ! C’est Meziane du blog La Photo dans la Poche qui a rédigé cet article 🙂
      Effectivement, la vidéo n’a pas encore été publiée mais elle arrive très, très vite !

  2. Super article qui résume la photo d’aujourd’hui. J’ai connu l’argentique (et ses galères) le début du numérique en 2002 pour ma part. Puis des tas d’appareils, dont certains tournent toujours malgré l’obsolescence programmée. j’utilise un appareil compact expert, un bridge expert, un reflex et mon smartphone d’entrée de gamme avec Lightroom mobile en DNG et Luminar AI. Et je vis, comme vous le dites justement une époque merveilleuse en photo. La conclusion est la phrase de F. Zappa que vous citez: ouverture d’esprit et créativité, nous avons tous les outils et nous savons que le futur sera encore plus enthousiasmant.
    Merci pour cet article qui m’a enchanté.

  3. Super cet article très complet et que je trouve totalement objectif. Pour ma part je suis plutôt appareil photo expert mais suite à cette lecture je me suis ouvert sur une certaine approche positive de la photo avec smartphone. Je recommande à tous de lire cet article et de ce pas je vais le diffuser à mes connaissances.
    Merci pour ce point très très clair

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire, je suis ravi que vous ayez apprécié l’article, et d’autant plus si celui-ci vous a apporté quelques idées vis à vis de votre pratique/approche.
      Oui, n’hésitez pas à le partager autour de vous, vous serez d’une grande aide ! 🙂
      Merci encore et à très vite !

  4. Wooow Superbe Laurent !
    Je ne suis pas photographe, mais mon téléphone “smart” me sert uniquement pour la recherche sur Internet, les publications sur Instagram… et LA photo, la photo reference.
    Merci Laurent

  5. Excellent article, merci Laurent de nous le proposer. Je suis tout à fait d’accord, il s’agit d’un faux débat.
    J’adore mon Fuji XT3, mais il est lourd et volumineux. Je ne peux donc pas toujours l’emporter avec moi, contrairement à mon smartphone. De plus, des problèmes de douleurs au dos m’obligent de plus en plus souvent à réduire mon matos lors de mes randonnées. Mon mari m’a offert l’iPhone 12Pro et c’est une révélation. Je délaisse de plus en plus mon Fuji car je suis bluffée du résultat de l’iPhone. Bien sûr, mon Fuji reste “meilleur”, quoique en photos de nuit et en vidéo, je préfère le smartphone. Grande fan de randonnées, je peux voyager léger tout en réalisant de superbes vues de paysages. J’ai réalisé des livres photos, j’affiche mes photos sur mon écran TV géant, j’ai fait imprimer des agrandissements et le résultat est excellent. J’ai fait le test auprès d’amis amateurs photographes, ils distinguent rarement les photos Fuji de mes photos Apple. Bref, les deux sont complémentaires. Je garde et j’utilise toujours mon Fuji, mais les photos réalisées avec mon smartphone haut de gamme sont bluffantes.

    1. Bonjour Myriam,
      Je suis ravi que vous ayez apprécié l’article ! 🙂
      Je suis aussi utilisateur d’un XT3 (et d’un X100V), et j’ai un iPhone 12 Pro Max donc je suis dans un contexte “matériel” identique.
      Tout comme vous j’ai été vraiment impressionné par les capacités de l’iPhone au quotidien, qui plus est quand j’ai décidé de réellement prendre le temps de l’utiliser sérieusement. Je n’en attendais pas plus de performance ou de qualité que mes appareils, bien meilleurs, mais simplement une complémentarité et une alternative parfaitement capable lorsque je n’ai pas mon appareil avec moi pour saisir l’instant et documenter ma vie ou lorsque comme vous, je souhaite vraiment “photographier léger” 🙂
      Merci d’avoir pris le temps de lire l’article et de le commenter !

  6. Merci pour cette réflexion.
    Pour moi c’est la photo (l’instant, la lumière, l’intention…) qui compte, peu importe avec quoi on l’a prise et éventuellement post-traitée …
    Par contre pour moi l’ergonomie de la prise de vue est capitale: prise en main, accessibilité des réglages …
    et surtout un bon viseur ! (j’ai besoin de m’immerger dans la photo pour déclencher)
    Tout pendant que les smartphones n’auront pas de viseur, j’aurai beaucoup de mal à les utiliser pour photographier (autre que pour un petit souvenir).
    Alors pour moi l’avenir est un smartphone (quasi actuel, avec plusieurs objos) mais avec un bon viseur (OLED par ex) !

    1. Bonjour Alain et merci pour votre commentaire !
      En effet, je vous rejoins sur le fait que c’est la photo finale qui compte ! 😉
      Concernant l’ergonomie, je suis (j’étais) exactement dans la même position. C’est la principale raison pour laquelle je ne pourrais pas me passer non plus de mon appareil. J’adore utiliser le viseur, les molettes de réglage, tenir l’appareil et l’objectif dans la main etc… J’utilise en plus du matériel Fujifilm qui a conservé une ergonomie “argentique” que j’adore, bref !
      Mais depuis que je me suis mis à utiliser sérieusement mon iPhone en m’impliquant autant qu’avec mon appareil, j’y ai trouvé une toute autre expérience, qui n’est ni mieux ni moins bien, en tout cas pour moi, mais juste différente. Et je m’y suis vraiment fait, alors que c’était assez compliqué au départ. C’est un autre expérience qui me permet au final de produire d’autres photos, dans d’autres contextes, à d’autres moments, et je n’ai aucun mal à travailler aujourd’hui sur des séries dans lesquelles se trouvent à la fois des photos prises à l’iPhone et des photos prises avec mon Fuji 🙂 Bref c’est très personnel tout ça mais je voulais juste souligner que je vous comprends !
      J’espère que l’article vous a plu et merci encore !

  7. Excellent et courageux article car les choses changent. Même l’amateur ancien d’appareils plein format (Leicafex, Leica puis Nikon) puis d’hybride (Fuji) – passages presqu’ “obligés” par raison (autant à cause des prix que de l’encombrement de ces merveilles) – est interpellé par les résultats bluffants des smartphones. Au point de penser : est-ce que je vais m’embêter longtemps avec tout mon matos ? Autrefois je n’hésitais pas à me jeter par terre pour prendre un cliché. Actuellement la vieillesse me rattrape ! La photo au smartphone doit pouvoir, elle aussi, se cultiver+++. Je ne parle même pas de la video associée d’un abord infiniment plus commode.
    A n’en pas douter, la question n’a pas fini de déchaîner les passions parce que “ça bouge” et parce que, s’il fallait choisir, l’artiste l’emporte presque toujours sur la technique.

    1. Bonjour Marc et merci pour ce commentaire avec lequel je suis totalement d’accord ! Je suis content que l’article vous ait plu. 🙂
      “La photo au smartphone doit pouvoir, elle aussi, se cultiver”. Je retiens cette phrase !
      Car en effet, ce n’est pas parce qu’on photographie avec un smartphone qu’on ne peut pas y appliquer ses connaissances, sa technique artistique (composition etc…), et sa vision photographique. Je dis souvent qu’un bon photographe avec un smartphone fera certainement de meilleures photos qu’un mauvais photographe avec un appareil même haut de gamme. Car en disant “de meilleures photos”, je ne parle pas de la résolution ou de l’ultra-netteté de l’image finale, mais bel et bien de l’aspect artistique de celle-ci, de ce qu’elle communique, et de la façon dont elle le fait. Et cela est applicable peu importe le matériel, en tout cas j’ose le croire 🙂
      Affaire à suivre, ça promet !

  8. Non, tout le monde n a pas un smartphone dans la poche. Je n ai qu un simple téléphone, c est vrai qu il permettait de faire des photos, car cette option ne fonctionne plus mais ça ne me dérange aucunement. Pour ce qui est des smartphones, certains ont beaucoup de pixels sur un petit capteur. Or il vaut mieux avoir moins de pixels, mais sur un grand capteur. Je ne posséde pas du matériel dernier cri, un réflex qui a 12 ans acheté d occasion pour 160 euros, il n a que 12 Millions de pixels mais il m offre plus de possibilités qu un smartphone à 500 euros ou plus. Par contre, oui l utilisation est certainement plus délicate pour des personnes qui n ont aucune connaissances et dans ce cas il vaudra mieux privilégier le smartphone. C est vrai aussi que c est plus encombrant et que mon matériel ne me suit pas partout. Donc, chacun doit choisir suivant ses usages et ses connaissances et il faut aussi rappeler que ce n est pas le matériel qui fait un bon photographe.

    1. Merci pour votre commentaire Jean, et oui bien sûr, la course au Mégapixels sur Smartphone n’est pas vraiment comparable à ce qui se fait sur des appareils dédiés. Le capteur de 100 Mégapixels simulés d’un Samsung Galaxy S21 Ultra captera un touuut petit peu LARGEMENT moins de lumière que le capteur de 100 Mégapixels d’un Moyen Format comme les GFX de Fujifilm. C’est bien sûr incomparable vous avez raison. 🙂
      Il est intéressant de noter toutefois que les capteurs de smartphones ont tendance à s’agrandir sérieusement, et, personnellement, je ne serai pas surpris de voir des capteurs de 1″ sur smartphone dans quelques générations.
      Pour l’encombrement, c’est clair qu’en revanche, il n’y a pas photo pour le coup 😉
      Et je suis totalement en phase avec votre dernière phrase, qui résume bien l’idée générale que j’ai voulu mettre en avant dans l’article. Merci beaucoup !

  9. Merci Laurent pour cet article que j’ai bien apprécié et qui me conforte néanmoins dans ma conception très personnelle de la photo : j’utilise un micro 4/3 tous les jours dans mon sac et je ne m’en sépare jamais. Toujours prêt ! J’utilise aussi un APSC pour profiter de grossissement pour de l’animalier par exemple et un plein format quand j’ai un travail photographique particulier, une sortie photo préparée ou du studio. C’est ma pratique et elle me convient. Pour m’arranger, je suggèrerai donc tout simplement aux fabricants de supprimer tout ce qui est vidéo, pré réglages Jpeg et autres trucs pour moi inutiles sur un boîtier traditionnel, pour le remplacer par un module téléphone, et j’aurai donc le plaisir de communiquer live avec vous avec mon super téléphone Nikon, Olympus, Canon ou autre… en direct de mes sorties ! pas marrant ça ?…

  10. Article très intéressant et plutôt bien fourni qui sort un peu des idées reçues, un peu comme ce qu’on peut retrouver dans les débats “numérique vs argentique” (le mythe de la photo “pure”, sans retouche, non recadrée etc.). Par contre ce qui me gène un peu c’est l’opposition professionnel/amateur, le premier utilisant un appareil photo, le second un smartphone. On peut prendre l’exemple du livre de Alain Keller paru aux éditions de juillet: “Un Voyage en hiver”, entièrement réalisé à l’Iphone! Ou encore récemment de films tournés avec un téléphone portable qui ont été diffusés au cinéma (je n’ai plus le nom en tête). Comme quoi cet outil peut très bien être utilisé à des fins créatives et reconnu par les institutions du monde de l’art.

    1. Bonjour Clément et merci beaucoup pour votre commentaire !
      Je vous rejoins totalement. En fait, l’objectif de l’article n’était pas d’opposer le professionnel et l’amateur et comme vous l’avez très bien dit, certains professionnels utilisent à merveille l’outil de création que représente le smartphone, que ce soit pour de la photographie ou du cinéma. Et si je devais donner mon avis, je pense que ça va être de plus en plus le cas, soit en tant qu’outil additionnel/complémentaire, soit en tant qu’outil principal en fonction des productions et des projets. L’avenir nous le dira !
      Dans l’article, je parlais plus de “tendances” mais peut-être aurais-je du mieux préciser… 🙂
      Merci encore et je fonce me renseigner sur ce travail d’Alain Keller !

  11. Bonjour,
    Suite à la lecture de cet article, je pense que je vais être taxé de vieux … rétrograde mais pour moi, un appareil photo est fait pour photographier, et, lorsque je suis passé du Canon 400D au 7D, l’inclusion de la vidéo dans ce boitier m’a dérangé n’étant aucunement vidéaste. Maintenant que je suis passé à l’hybride avec Fujifilm, je déplore aussi la vidéo à bord de mon boitier.
    En ce qui concerne les smartphone, cet objet reste pour moi un moyen de communication, téléphone,SMS ou e-mail, point barre et non un appareil photo.
    Cordialement
    Claude Rondeau

    1. Est-ce que l’ajout des capacités vidéos a réduit celles de la photo sur les appareils récents ? La réponse est non. A 67 ans, je ne suis pas vidéaste non plus, mais cela ne dérange absolument pas que mes boitiers (hybrides Fujifilm également) soient capable d’en faire, il me suffit de … l’ignorer ! Et si, d’aventure je décidais un jour de m’aventurer dans la vidéo, je pourrais me faire une idée sans voir à investir immédiatement et me laisser le temps de me faire une première idée de la chose. Alors, je ne vous taxerai pas de vieux parce que ça me toucherait aussi, mais juste un peu “d’esprit chagrin”. Se plaindre d’avoir plus quand ça n’ampute pas l’essentiel me laisse vraiment dubitatif.

    2. Bonjour, Pour ma part, je considère que le smartphone, comme l’APN d’ailleurs, est un ordinateur en réduction. Enlevez à votre smartphone cette “extension” qu’est la carte sim, et vous ne pourrez plus dire que c’est un “téléphone” ! Mais vous pourrez quand même toujours prendre des photos, l’utiliser comme lampe, ou comme niveau à bulle, ou comme magnétophone, ou comme télécommande, ou comme boussole ou altimètre, et vous pouvez encore surfer, consulter la météo, suivre l’ISS, et voir en live les astronautes, découvrir le nom d’une fleur ou d’un oiseau pour peu que vous soyez connecté au wi-fi et j’arrête ici la liste car elle est extrêmement longue !
      Cet appareil permet donc de faire une infinité de choses, alors pourquoi pas de la photo, puisqu’il possède, intégré à sa technologie (contrairement à la carte sim) un, voire plusieurs, capteurs photographiques ! Quant à dire que c’est un “téléphone”… ça peut en être un oui, ça peut être une de ses nombreuses fonctions si, et seulement si, on lui a ajouté cette carte sim citée plus haut. Alors c’est ne pas en avoir exploré toutes les facettes que de le réduire à la seule fonction de communication…
      Cordialement
      Hélène Courtot

    3. Bonjour Claude,
      Et merci pour votre commentaire !
      Il semble difficile de faire l’impasse sur les fonctions vidéos des appareils modernes car en effet, la plupart (si ce n’est tous ?) en disposent. Mais après tout, vous pouvez simplement vous concentrer sur les fonctions photos et faire abstraction des fonctions vidéos non ? Chez fujifilm justement, certains boitiers comme les X-Pro ou les X100 que vous devez surement bien connaître priorisent clairement la photo et la vidéo n’est qu’une fonction supplémentaire et une ligne supplémentaire dans le menu.. Mon appareil photo principal est un X-T3, et je fais aussi très peu de vidéos, mais je me dis que si j’en ai besoin pour une raison x ou y, je serai bien content que mon boitier le permette… Surtout si au jour le jour, l’expérience photo n’est pas du tout impactée par les fonctions vidéos. Je comprends votre position en tout cas 🙂
      Pour ce qui est du Smartphone, c’est tout le propos de l’article. Chacun y trouve l’usage qui lui est propre, et pour certains photographes comme vous, il n’est pas question de photographier avec. Mais pour d’autres personnes (dont je fais partie), c’est tout l’inverse. Ils sauront tirer de nombreux avantages photographiques de leur smartphone et celui-ci fera partie intégrante de leur pratique. Le plus important réside dans le fait que chacun trouve l’outil (ou les outils) qui lui convient pour exprimer sa créativité. Ni plus, ni moins. Mais ça n’engage que moi bien sûr !
      J’espère que l’article vous aura plu en tout cas et merci encore pour le temps que vous y avez consacré 🙂