Choisir un logiciel de retouche photo : gratuit ou payant ? Lightroom, Photoshop, … ?

Un peu comme la question du matériel, celle-ci revient souvent : que faut-il choisir comme logiciel pour retoucher ses photos et les sublimer ? Quels sont les meilleurs logiciels de retouche pour répondre aux besoins des photographes ? Quelles différences entre eux, les logiciels de retouche photo gratuits sont-ils crédibles, si oui lesquels, et Adobe Photoshop est-il un outil indispensable à mon arsenal de photographe ?

Ce sont des questions légitimes, car quand on n’y connaît rien et que l’offre est pléthorique, autant dire que c’est un véritable labyrinthe pour choisir le bon logiciel de retouche, et décider si on souhaite payer ou pas.

Notez que j’utilise le terme « retouche » de manière très générique dans le titre, dans le sens de « toute modification qu’on fait sur l’image », mais quand il y a besoin d’être plus précis, je préfère distinguer le post-traitement, le développement, et la retouche locale. J’en reparle juste en dessous 🙂

Petit point définitions ! Dans la suite de l’article, le terme « post-traitement » englobe deux étapes :

– Le développement, qui consiste à appliquer des réglages qui s’appliquent globalement à l’image

– La retouche locale, qui désigne tout travail localisé sur l’image (comme son nom l’indique)

Notez-bien que sur le web, tout le monde ne fait pas toujours ce choix de définitions (il n’y a d’ailleurs pas de consensus à ce sujet). Simplement, tout article sérieux se doit de bien définir les termes dès le début 😉

Je vais vous donner des noms rapidement, mais avant ça il faut définir nos besoins : de quoi a-t-on réellement besoin comme outils en tant que photographe ? Avant tout de 2 outils indispensables, et éventuellement d’un troisième facultatif. Ça va déterminer quels programmes sont nécessaires et comment les choisir.

Epinglez cet article sur Pinterest pour le consulter dans le futur !

3 types de fonction pour le photographe

Le développement RAW

C’est LA fonction principale dont vous avez besoin en tant que photographe : pouvoir développer vos fichiers RAW dans un logiciel. Quand je dis développer, j’insiste sur le terme : il s’agit ici de réglages qui s’appliquent globalement à l’image, et sont assez subtils et simples à mettre en place, en bougeant simplement quelques curseurs : ajuster la balance des blancs, le contraste, la saturation, les couleurs, jouer sur la netteté et diminuer le bruit.

Il s’agit donc ici de sublimer son image en lui donnant le peps nécessaire qu’on n’arrive pas à avoir en JPEG, mais pas de faire des modifications lourdes, comme supprimer certains éléments d’une image.

Une fois que vous serez satisfaits de vos réglages sur votre fichier RAW, vous pourrez l’exporter en format image (par exemple JPG) et la partager. Mais votre fichier RAW d’origine restera toujours intact : on dit que la modification est non-destructive. La plupart des logiciels enregistrent aussi l’historique des réglages appliqués à votre fichier RAW, ce qui est bien pratique pour revenir en arrière et faire votre développement en plusieurs fois !

Le tri, le classement et le catalogage

Quand on fait de la photo avec passion, et surtout en numérique, on se retrouve rapidement avec beaucoup de photos. Vraiment beaucoup. Pour retrouver les meilleures et ne pas passer 2 heures à réunir le best of de ses dernières photos de vacances (parce que Tatie Jeannine se lasse au bout de 15 photos, et à la centième elle dort déjà :D), il faut adopter un système pratique qui permette de s’en sortir.

À mon sens, il doit être capable de faire plusieurs choses :

  • Afficher simplement et en grille les photos selon le dossier dans lesquelles vous les avez classées.
  • Les trier selon plusieurs critères pertinents (date, matériel utilisé, données EXIF c’est-à-dire l’ouverture, la vitesse, les ISO et d’autres choses, etc.).
  • Faire un premier tri parmi les photos : celles assez bonnes pour être travaillées (développées), et celles qui ne le sont pas assez.
  • Noter les photos suffisamment finement pour retrouver les meilleures en quelques secondes.
  • Leur attribuer des mots-clés pour retrouver aisément des photos qui vous intéressent

Ça peut vous paraître anodin maintenant, surtout si vous commencez, mais ça devient très rapidement indispensable, et je vous conseille de commencer dès que possible à faire ça, sinon vous allez vous retrouver avec des dizaines de milliers de photos à trier d’un coup.

La retouche locale

Je fais bien la distinction avec le développement, et volontairement, car on n’utilise pas forcément les mêmes outils pour ça : la retouche locale consiste à modifier seulement une partie de l’image. Elle a plusieurs niveaux : on peut simplement retoucher différemment des zones de l’image (contraste, couleurs, netteté, etc.), ou à l’inverse passer 3 heures à retoucher un par un les cheveux sur une photo de portrait. Avec tous les intermédiaires possibles évidemment 🙂

A noter que dans les logiciels qui regroupent développement et retouche locale, cette dernière est incluse dans les opérations non-destructives.

Dans la majorité des situations et pour un usage amateur, vous n’aurez que peu ou pas besoin de faire de la retouche locale. À mon sens, voici les principales choses que vous aurez besoin de faire parfois (pas tout le temps) :

  • appliquer des réglages différents à 2 zones de l’image, typiquement le ciel et le sol par exemple
  • mettre en valeur un sujet en lui appliquant des réglages différents (en termes de luminosité notamment)
  • retoucher quelques détails gênants : enlever des poussières sur le capteur, dissimuler quelques boutons, éliminer un élément gênant (un câble électrique)
  • faire quelques retouches beauté : illuminer les yeux, blanchir les dents, adoucir un peu la peau

Et c’est à peu près tout ce dont vous aurez besoin dans votre pratique photo quotidienne, pour la majorité d’entre vous.

Faut-il 3 logiciels ?

En lisant ça, vous pourriez craindre que 3 logiciels soient nécessaires en tant que photographe, chacun pour sa fonction. En réalité, ces fonctions sont parfois regroupées dans un seul logiciel, ce qui permet de réduire le travail, de simplifier les choses et de ne pas jongler entre plusieurs outils différents, chacun avec leurs codes.

Seulement voilà, en général plus c’est pratique, plus c’est demandé, plus c’est cher 🙂 N’espérez pas trouver de solution tout-en-un performante et gratuite. Mais rassurez-vous, l’espoir n’est pas perdu !

Lightroom, le meilleur logiciel de retouche photo : le tout-en-un idéal pour le photographe

Vous en avez sans doute déjà entendu parler : Adobe Lightroom Classic (c’est son nom complet) est un logiciel très connu pour les photographes. Je ne vais sans doute pas vous étonner si vous me suivez un peu : pour moi, c’est LA solution idéale pour les photographes. En effet, il inclut absolument tout dans un seul logiciel fiable et performant.

Autrement dit, au sein du même logiciel, vous pouvez à la fois trier vos photos, les développer, faire un peu de retouche locale si besoin, et à la fin cataloguer vos images avec des notes, des mots-clés, et même les exporter directement depuis le logiciel vers votre galerie en ligne préférée (Flickr, Facebook, 500px, etc.).

Regardez par exemple ce que je peux faire entièrement dans Lightroom sur une photo animalière :




L’ensemble de ces étapes est ce qu’on appelle le flux de travail. Pouvoir l’effectuer intégralement au sein du même logiciel de retouche est pour moi très précieux, et c’est pour ça que je recommande vivement Lightroom si vous êtes prêts à investir.

Lightroom gère très bien tout ça grâce à ce qu’on appelle son catalogue. C’est un outil qui fait souvent peur aux débutants, mais j’ai écrit un guide complet du débutant pour le catalogue Lightroom que je vous invite à consulter en cliquant ici : ça devrait vous convaincre de son utilité 😉

Interface de Lightroom Classic CC, logiciel de retouche photo

Bref, il fait tout, très bien, il est ergonomique et bien pensé, donc je ne vois pas de raison de ne pas l’adopter. Le seul hic, c’est qu’il est bien évidemment payant. Son prix est de 12€/mois avec le Creative Cloud pour la Photo (qui inclue Adobe Photoshop et Lightroom tout court, que j’évoque plus bas, ainsi que 20 Go de stockage en ligne), et il y a régulièrement des offres à 10€/mois pour les nouveaux clients.  Vous pouvez l’essayer gratuitement pendant 1 mois sur le site d’Adobe, ce qui vous permet d’être sûr que vous avez bien envie de mettre cette somme 🙂

Un autre avantage d’utiliser le même logiciel de retouche que tout le monde, c’est que vous allez trouver des tonnes de tutoriels et vidéos explicatives sur le logiciel, ce qui aidera d’autant plus sa prise en main.

Franchement, si vous pouvez vous permettre cette dépense, que vous ne voulez pas trop vous embêter à tester plusieurs logiciels (pour utiliser ce temps à prendre des photos par exemple 😉), prenez Lightroom vous ne le regretterez pas. Et je ne suis pas payé par Adobe pour vous dire ça, c’est juste un retour d’expérience de l’utilisateur que je suis pour vous faire gagner du temps 🙂

Il est compatible Windows et Mac, mais malheureusement pas Linux.

ATTENTION : il ne faut pas le confondre avec Adobe Lightroom tout court, qui lui est un logiciel beaucoup plus léger et limité, puisqu’il est à l’origine une adaptation pour ordinateur de l’application Lightroom Mobile. Je sais, ce n’est pas très facile à suivre, et donner deux noms proches à des logiciels différents n’est pas très malin… Retenez juste que le logiciel complet, c’est Lightroom CLASSIC 😉 Pour Adobe Lightroom tout court, on y revient juste après.

Les autres logiciels de retouche photo payants

Si vous ne voulez pas adopter Lightroom Classic pour une raison extravagante (par exemple si le patron d’Adobe a coupé votre main au sabre laser et que vous lui en voulez un peu :D), mais que vous êtes quand même prêt à dépenser pour un logiciel de post-traitement, voici quelques alternatives pour les 3 fonctions dont nous avons besoin. Tout ce que je vous cite ici sont des alternatives crédibles (= de bons logiciels avec un bon rapport qualité/prix) à deux exceptions près (vous verrez pourquoi). Je ne m’attarderai pas longuement sur chacune, car le but de cet article est de fournir une solution simple à la question du choix du logiciel de retouche, pas de vous embrouiller en faisant un panorama complet des logiciels existants.

Précision : si certains logiciels ne sont pas présents, comme par exemple Digital Photo Professionnal (Canon), Silkypix, ou Skylum Luminar, c’est parce que je ne les juge pas assez avancés pour un faire un travail de post-traitement un peu poussé. Je ne parlerai pas non plus d’Aperture, qui a été abandonné par Apple, ni de Nikon Capture NX 2, qui a été abandonné et remplacé par un logiciel moins complet, Capture NX-D.

Les logiciels de post-traitement RAW

Pour ce qui est du développement RAW, il existe de nombreuses alternatives payantes crédibles.

Adobe Lightroom (tout court)

Lancé en 2017, il s’agit donc d’un logiciel distinct d’Adobe Lightroom Classic – déjà présenté plus haut – mais qui lui ressemble.  Voici ses particularités :

  • C’est un logiciel basé sur le Cloud : cela signifie que votre catalogue et vos fichiers originaux (les RAW que vous post-traitez) sont stockés obligatoirement en ligne et non pas localement sur un disque dur comme c’est le cas avec Lightroom Classic
  • Puisque les fichiers sont en ligne, l’application fonctionne à la fois sur votre téléphone, votre tablette ou votre ordinateur.
  • Lightroom est pensé davantage grand public : il ne comporte pas certaines fonctions de Lightroom Classic pourtant bien utiles, comme l’historique des modifications, les outils de visualisation type avant/après, et bien d’autres.
Interface Lightroom

Son prix est de 12€/mois avec la formule Lightroom avec 1To (cette formule n’inclut ni Adobe Photoshop ni Lightroom Classic, notez bien !)

Avec ce logiciel entièrement en ligne, j’ai bien l’impression qu’Adobe tient un concept prometteur pour le futur, mais trop en avance sur son temps ! En effet, la capacité de stockage de 1To va vous limiter rapidement si vous prenez beaucoup de photos, et Adobe vous facture 10€/mois tout To supplémentaire.

On se retrouve donc avec un logiciel bridé en possibilités, avec un stockage de photos limité, sans Photoshop, et tout ça au même prix que le Creative Cloud pour la Photo.

Et si vous êtes souvent en déplacement loin de votre disque dur contenant vos fichiers RAW, ça peut être la solution ?

Eh bien pas vraiment, pour au moins deux raisons :

  •  Lightroom Classic comporte déjà une fonction « aperçus dynamiques », qui stocke une version allégée de vos RAW dans votre catalogue, pour vous permettre de continuer à post-traiter quand votre disque dur principal est déconnecté.
  • La formule Creative Cloud pour la Photo inclut déjà Lightroom tout court (en plus de Lightroom Classic, Photoshop et 20Go de stockage en ligne, vous me suivez ?). Donc en gros la seule chose que vous apporte la formule Lightroom tout court c’est 1To de stockage en ligne. Faut VRAIMENT vouloir son 1 To disons !

Bref, vous avez compris, je vous conseille plutôt l’offre Creative Cloud pour la Photo qui a un bien meilleur rapport qualité prix.

Vous pouvez néanmoins essayer gratuitement la formule Lightroom avec 1To  pendant 1 mois sur le site d’Adobe, pour vous convaincre vous-même 🙂

Avantages :
  • Interface conviviale (semblable à celle de Lightroom Classic mais simplifiée)
  • Fonctions basiques de post-traitement RAW & catalogage
  • Post-traitement RAW possible à tout instant sur smartphone, tablette et ordinateurs (fichiers en ligne uniquement)
Inconvénients :
  • 12€/mois, moins bon rapport qualité/prix que Creative Cloud pour la Photo
  • Stockage en ligne de 1 To trop juste, 10€/mois par To supplémentaire !
  • Absence de certaines fonctions utiles de Lightroom Classic

DXO PhotoLab

DXO PhotoLab (anciennement DXO Optics Pro), est un excellent logiciel français, particulièrement performant dans la correction des défauts optiques (distorsion, aberrations chromatiques, etc.), mais aussi en ce qui concerne le bruit et la netteté.

Vous retrouverez des fonctions équivalentes à celles de Lightroom Classic, avec souvent un nom un peu différent. Pour chaque fonction, le logiciel propose même des pré-réglages personnalisés à chaque image, qui peuvent constituer un point de départ dans votre post-traitement (si vous le souhaitez, évidemment !)

DXO a également racheté la technologie des U points qui permet une retouche locale assez différente et intuitive, et les plugins de la Nik Collection qui permettent une approche différente du noir et blanc par exemple. Je ne vais pas détailler ici, mais le mieux est encore de tester par vous-même, grâce à la version d’essai 30j.

Il est proposé à 200€ environ en édition Elite et est compatible Windows et Mac.

Interface de DXO PhotoLab
Avantages :
  • Logiciel ergonomique avec les fonctions de post-traitement RAW & catalogage
  • Algorithmes de correction puissants et innovants (notamment les U points)
  • Disponible en licence perpétuelle
Inconvénients :
  • Payant, 200€
  • La communauté d’utilisateurs est moins importante que pour d’autres logiciels
  • Les boîtiers à capteur X-Trans ne sont pas pris en charge (Fujifilm)

Capture One

Capture One est un logiciel qui a beaucoup monté en popularité ces dernières années, et propose d’excellentes possibilités pour le post-traitement photo. Beaucoup disent qu’il est même meilleur que Lightroom là-dessus, notamment sur les réglages de colorimétrie, même si personnellement je n’ai pas vu de différence assez importante pour justifier de me passer de l’excellent catalogage de Lightroom (bien que Capture One inclue cette fonction).

Il propose également de travailler par calques, comme on pourrait le faire dans Adobe Photoshop. Ça offre plus de possibilités quand on est expert, mais ce n’est pas toujours un avantage, car ça peut compliquer les choses, surtout en débutant.

De plus, le logiciel coûte quand même 149€ (pour la version compatible avec une seule marque d’appareil parmi Sony, Nikon ou Fujifilm) ou 349€ (pour la version compatible avec toutes les marques), ce qui n’est pas rien à dépenser d’un coup ! Vous avez cependant 30 jours d’essai gratuit pour vous faire une idée et décider si vous le préférez à Lightroom, et vous pouvez choisir de souscrire à la formule par abonnement qui va de 9€ à 18€/mois selon la version choisie. Compatible Windows et Mac.

Interface de Capture One 11
Avantages :
  • Logiciel ergonomique avec les fonctions de post-traitement RAW & catalogage
  • Réglages colorimétriques fins et gestion par calques (pour les plus experts)
  • Disponible en licence perpétuelle
Inconvénients :
  • Payant : 149€ ou 349€ selon la version choisie
  • Potentiellement plus long à prendre en main quand on débute

Affinity Photo

Un concurrent se détache depuis quelques temps : Affinity Photo. Les critiques sont très bonnes, et il permet aussi de retoucher ses RAW.

Affinity Photo est un logiciel unique en son genre, puisqu’il combine à la fois post-traitement RAW et de la retouche locale complète à la Photoshop. En revanche, comme Photoshop il ne propose pas de tri et de catalogage intégré.

Avant de vous donner mon avis sur le logiciel, laissez-moi vous résumer comment se déroule un post-traitement RAW sous Affinity :

  • tout commence par l’ouverture de votre fichier RAW dans le logiciel
  • ensuite, le développement se déroule comme dans tout autre logiciel classique. Il faut signaler que l’interface de développement d’Affinity est vraiment très intuitive et ergonomique, du même niveau que Lightroom ou Capture One voire au-dessus pour certaines fonctions (c’est un sacré compliment de ma part, rendez-vous compte !). Vous y retrouverez tous les outils, y compris la retouche locale (filtres gradué et radial pour modifier une partie de l’image). C’est vraiment une bonne surprise pour un logiciel bien moins cher que ses concurrents ! On retrouve l’historique de toutes les modifications sur le fichier RAW, comme dans d’autres logiciels de post-traitement non-destructifs.
  • une fois le post-traitement terminé, vous devrez cliquer sur « Développer » et Affinity va créer un fichier avec l’extension .afphoto (équivalent au .psd sur Photoshop). A ce moment-là, tous les outils de type Photoshop se débloquent pour passer à une retouche avancée. Mais malheur, tout l’historique de votre post-traitement RAW a disparu, vous ne pouvez plus revenir en arrière !
Historique modifications Affinity Photo
L’historique des modifications sur le RAW, avec un curseur bien pensé. Malheureusement, cet historique n’est plus disponible une fois la photo “développée”…

Vous l’aurez compris, d’abord enthousiasmé par l’ergonomie de l’interface du logiciel, je n’ai pas du tout aimé le fait qu’on ne puisse pas conserver l’historique des réglages du fichier RAW. L’éditeur du logiciel déclare qu’il s’agit d’un post-traitement non-destructif car le fichier RAW d’origine n’est pas modifié. Certes, mais une fois que le post-traitement est réalisé vous ne pouvez plus revenir dessus, et cela peut être très frustrant si comme moi, vous post-traitez souvent vos photos en plusieurs fois, pour aboutir au rendu que vous recherchez.

J’aurais préféré des possibilités de retouche locale moins poussées, et une vraie réversibilité du post-traitement RAW.

Bref, on pourrait penser que l’idée d’un logiciel qui fait à la fois post-traitement RAW et retouche locale complète à la Photoshop puisse être bonne, mais je ne suis pas sûr que ce soit une si bonne idée pour les photographes. Ce logiciel est à mon sens excellent mais plutôt destiné aux retoucheurs. Son gros avantage reste son prix : seulement 55€ ! (avec une version d’essai gratuite pour vous faire une idée).

Interface Affinity Photo
L’interface d’Affinity Photo et le fameux bouton Développer en haut à gauche.
Avantages :
  • Le prix : seulement 55€, licence perpétuelle
  • Un seul logiciel pour post-traiter ses RAW et faire de la retouche poussée
  • Ergonomie très bien pensée, logiciel rapide
Inconvénients :
  • Pas de catalogage
  • Pas d’enregistrement de l’historique des modifications du RAW (c’est très embêtant)

Les logiciels de tri des photos, classement et catalogage

Photo Mechanic

PhotoMechanic est un logiciel beaucoup utilisé par les pros qui ont besoin de faire le tri dans de nombreuses photos pour des clients (photographes de portrait, de mariage, etc.).

Il est effectivement très performant pour ça, mais il coûte 120€ et est uniquement en anglais. Par contre il s’intègre parfaitement avec Lightroom. Donc pour l’amateur c’est sans doute un peu cher juste pour ça, mais disons que si vous allez vous professionnaliser, ça peut valoir le coup : 30 jours d’essai gratuits vous décideront ! 🙂

Avantages :
  • L’outil ultime pour visualiser rapidement de nombreuses photos en RAW et faire un premier tri (notes, mots clé)
  • Bonne communication avec Lightroom (via fichiers .xmp)
Inconvénients :
  • Payant : 120€
  • En anglais

ACDSee Photo Studio Home

Pour le tri, vous aurez besoin d’un logiciel dédié si vous décidez d’utiliser un développeur RAW qui ne fait pas cette fonction.

La solution payante la plus adaptée est ACDSee (compatible Windows et Mac, en cherchant bien), qui va très loin dans les possibilités, mais peut-être même trop loin 🙂 La version Professional propose également des outils de développement et de retouche, mais pas aussi avancés que les outils proposés avant (la version Ultimate est plus aboutie, mais comme ce logiciel ne sort pas du lot et reste assez confidentiel, je ne vois pas bien l’intérêt de l’adopter).
ACDSee Photo Studio Home est proposé à 69€.

Interface ACD See Photo Studio Standard

Les logiciels de retouche locale

Pour la retouche locale, c’est là que l’achat d’un logiciel dédié peut éventuellement se justifier. Si vous utilisez Lightroom, vous n’en aurez sans doute pas besoin, sauf si vous voulez faire de la retouche très lourde.

Le roi de la jungle est évidemment Adobe Photoshop, maître incontesté du domaine. Il dépasse largement les fonctionnalités dont a besoin un photographe, et vous l’utiliserez sans doute à 10 % de ses capacités (ce qui est déjà énorme).

Il est à noter que Photoshop permet également de développer des fichiers RAW (via son module Camera RAW), mais comme pour Affinity vous ne pourrez plus revenir en arrière une fois le fichier enregistré. C’est la raison pour laquelle je ne l’ai pas inclus dans la partie « logiciels de post-traitement RAW ».

Interface Photoshop

Il est maintenant disponible seulement à l’abonnement mensuel (ce qui a fait grincer pas mal de dents, à raison), pour 37€/mois. Il y a encore une offre qui peut être intéressante : Photoshop et Lightroom pour 12€/mois. Là déjà, ça vaut plus le coup !

Vous pouvez aussi vous tourner vers Affinity Photo, que j’ai évoqué plus haut. Seulement 55€ (avec une version d’essai gratuite pour vous faire une idée).

Si vous êtes sur Mac, Pixelmator Pro peut être une bonne alternative à Adobe Photoshop. Il est proposé à 44€ sur l’App Store.

Les logiciels de retouche photo gratuits

Évidemment, pour certains payer pour un logiciel n’est pas envisageable, et heureusement il existe des solutions gratuites crédibles. On me pose souvent la question : est-ce qu’elles sont aussi bien que les logiciels payants ?

Le plus souvent, non : il n’y a pas de secret, on en a toujours pour son argent. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas obtenir de bons résultats avec ces logiciels de retouche. Simplement, ils ont forcément plus de faiblesses.

Le plus souvent, elles concernent l’ergonomie (le logiciel peut ressembler à une usine à gaz et vous mettrez plus de temps à le prendre en main), la rapidité (le délai entre le déplacement d’un curseur et l’effet sur l’image), et enfin la performance du logiciel (les algorithmes de traitement sont parfois moins aboutis, comme par exemple pour le bruit numérique).

Le post-traitement RAW

RawTherapee

En termes de logiciel de post-traitement RAW gratuit, je conseille clairement RawTherapee : il est multi-plate-formes (Windows, Mac et Linux), assez ergonomique et bien pensé, et délivre des résultats satisfaisants.

Il n’est pas exempt de défauts non plus : le bruit est plus présent que chez ses concurrents payants, l’interface est un chouilla complexe par endroits (il faut juste ignorer les fonctionnalités compliquées pour se concentrer sur l’essentiel), et il n’est pas très rapide. Les outils de retouche locale (filtre dégradé et filtre radial) sont plus limités que sur leurs concurrents payants (on ne peut régler que l’exposition). Malgré ça, ça reste une excellente alternative gratuite, très bien pour commencer le post-traitement.

Interface de RawTherapee

DarkTable

DarkTable présente des performances similaires à RawTherapee. Son interface est davantage calquée sur celle de Lightroom, donc vous ne serez pas dépaysé si vous venez de la version d’essai 30j 😉

A signaler que l’interface du logiciel DarkTable est disponible en français, contrairement à celle de RawTherapee qui n’existe qu’en anglais à ce jour (cela dit on s’habitue vite, donc ce n’est pas forcément un point bloquant pour vous). 

Les étapes basiques du développement sont regroupées dans l’onglet « modules de base », mais contrairement à RawTherapee tous les réglages ne sont pas disponibles par défaut dans l’interface, et il faut ajouter ceux dont vous avez besoin depuis la rubrique « plus de modules », et il y en a vraiment beaucoup ! Il vous faudra donc probablement un peu de temps d’apprentissage pour prendre en main les autres modules et comprendre leurs effets respectifs..

Il existe maintenant une version Windows, même si j’ai cru comprendre qu’elle avait encore quelques bugs vu sa jeunesse. Les versions Mac et Linux ne posent pas de souci par contre 🙂

Interface DarkTable

Le tri, le classement et catalogage

Les logiciels gratuits de post-traitement RAW présentés ici intègrent une fonction de catalogage, mais ce n’est pas toujours le cas pour les logiciels payants présentés plus haut (Affinity Photo). Voici donc quelques logiciels gratuits de catalogage. 

Xn View MP

Le meilleur, et que je vous conseille les yeux fermés, c’est XnView MP : il est compatible multi plate-formes (Windows, Mac et Linux), propose toutes les fonctionnalités dont vous aurez besoin, bref, si vous voulez un choix qui ne demande pas de réflexion, c’est XnView MP qu’il faut choisir.

Solutions plus simples : Google et Apple Photos

Il existe également des solutions plus simples (un peu trop pour le photographe sérieux je trouve, mais gratuites et mieux que rien pour commencer) : Google Photos, et le logiciel Photos d’Apple si vous travaillez sous Mac.

La retouche locale

Enfin, si vous souhaitez faire des retouches locales (enlever les yeux rouges, adoucir la peau, etc.), il y a un grand gagnant dans les logiciels de retouche photo gratuits : GIMP. Il est un peu moins simple ergonomiquement au premier abord, bien qu’il ait fait de gros progrès récemment, mais au final les fonctionnalités restent similaires à Adobe Photoshop : calques, masques de fusion, et différents outils somme toute très classiques.

Il a l’avantage d’être assez populaire pour avoir beaucoup de tutoriels ou de vidéos dispos sur le net pour maîtriser l’outil. D’autant plus qu’il est assez complet, et que vous en utiliserez 10 %.

(Ne vous laissez pas arrêter par le site en anglais, le logiciel est traduit en français.)

Interface de GIMP

Que penser des logiciels de retouche photo en ligne ?

Nous sommes maintenant dans les années 2020, et il est légitime de se poser la question : est-ce qu’aujourd’hui, les logiciels de retouche photo en ligne sont crédibles pour le photographe ?

Évidemment, si vous souhaitez seulement faire quelques retouches de contraste ou de luminosité, aujourd’hui n’importe quelle application web ou smartphone un peu connue (comme Snapseed ou Canva par exemple) est capable de vous donner des résultats satisfaisants.

Mais soyons honnêtes : si vous avez tapé “meilleur logiciel de retouche photo” dans votre moteur de recherche, c’est sans doute que vous recherchez quelque chose de plus avancé, non ?

Ces applications ne sont pas mauvaises en soit, mais elles sont conçues pour le grand public : elles ne gèrent en général pas les fichiers RAW, et encore moins le tri et le catalogage de votre grande bibliothèque de photos. Ce n’est donc pas vraiment une solution adaptée pour nous, mais ce sera parfait pour conseiller à vos amis qui veulent simplement retoucher un peu leurs photos rapidement sur leur téléphone, en éditant juste les contrastes et les couleurs.

Et si vous voulez faire ça, notez que Lightroom possède une application mobile qui fait ça très bien et pourra même se synchroniser avec votre ordinateur !

Voilà, j’espère que cet article vous aura aidé à vous y repérer dans les différents logiciels et leurs fonctionnalités. Ce n’est pas si compliqué, il suffit d’avoir le bon outil pour les bonnes choses. Il existe des solutions adaptées à toutes les préférences et toutes les bourses, mais si je devais finir par un conseil, c’est de tester !

Les logiciels payants proposent en général une version d’essai de 15 ou 30 jours, qui vous permet de vous faire une idée et de savoir si vous voulez dépenser pour vous payer le logiciel ou non. Mais attention, si vous testez un logiciel excellent, vous aurez du mal à vous en passer après ! 🙂

Pour finir, je sais que certains d’entre vous sont réticents sur le principe de payer un logiciel sous la forme d’abonnement, qui vient se rajouter à ceux que nous avons déjà (téléphone, internet, etc). C’est exact. Mais gardons aussi à l’esprit qu’au même titre que la prise de vue, le post-traitement est une étape à part entière de la création d’une photo.

Donc si vous hésitez entre dépenser 1000€ dans le nouveau boîtier qui vient de sortir, ou bien dans le logiciel payant sur lequel vous vous sentez bien (soit 7 ans de licence Lightroom), ça mérite réflexion !

Et n’oubliez pas de partager l’article ! 🙂

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338 commentaires
  1. Rawtherapee 5.8 a bien une interface en français contrairement à ce qui est écrit dans l’article ! Les tutoriels youtube de Carfife explique bien les logiciels ART, Rawtherapee et Darktable.

  2. Bonjour,
    En logiciel libre il existe ART, une version de Rawtherapee orientée vraiment pour la photographie. Ce logiciel inclus des masques paramétriques pour de la retouche locale, qui faisaient défaut chez RT.
    Sinon Darktable est très puissant mais demande un plus grand apprentissage…le logiciel libre demande de l’investissement pour en tirer tout le potentiel

  3. 12€ par mois, ça revient vite très cher, comparé à un logiciel qu’on paie une fois. Au bout de 5 ans ça fait 720€ !! C’est énorme ! Payer au mois pour quelque chose qui varie comme Netflix OK, mais pour un logiciel, ça fait un peu (beaucoup) prendre le consommateur pour un con. Ou une bonne grosse vache à lait.

  4. Super cet article Laurent !
    Pour la part j’utilise darktable qui s’est grandement amélioré au fil des versions (une nouvelle release depuis décembre dernier a revu en profondeur l’utilisation de certains modules).

    Pour ma part c’est exactement ce que je cherchais : gratuit mais évolutif, permet de gérer son flux photo, mot clés, modules de post traitement puissants, je recommande

    PS: testé pour Olympus omd mark ou et fuji xt30

  5. Bonjour,
    Il y a un point crucial qui n’est pas abordé du tout dans cet article : chaque format RAW est différent des autres, et seuls quelques logiciels ont les algorithmes nécessaires à leur décodage.

    Tous les autres logiciels font de la “rétro-ingénierie” mais sont INCAPABLES de lire la totalité des informations contenues dans le RAW (incluant des infos de cadrage, de couleurs, etc …).

    Pour un appareil Lumix par exemple, seuls Lightroom et Silkypix peuvent décoder correctement les RAW. Si vous essayez de corriger une zone surexposée avec DXO Photolab (ou un autre) vous n’obtenez rien de bon. En général il manque beaucoup d’infos de couleurs et le résultat est quasi monochrome.

    1. Merci CChat pour cet éclairage.
      Connais tu une méthode pour tester ce point (infos de couleurs dans les hautes lumières).
      J’utilise des Lumix (G9, GX9) sous Luminar (3, 4), ce point ne m’a pas choqué, mais je regarderai de plus près.
      Comment sais tu que seuls LR et Silkypix ont le bon dérawtiseur pour les RW2 de Lumix ? (source ?)
      Il est quand même très dommage que seuls quelques appareils puissent enregistrer en DNG … c’est énervant à la longue … tout ça pour passer des accords (vendre son RAW) avec certains logiciels et pas d’autres … GGGRRRR

      1. Bonjour Alain.
        Il te suffit d’essayer de rattraper une zone “cramée” avec lightroom/silkypix et un autre logiciel : tu verras très vite que tu as des informations exploitables , notamment de couleurs, ou pas ! Le résultat avec un autre logiciel est souvent proche du noir et blanc.

        Les sources : c’est clairement exprimé par Panasonic qui dit d’utiliser lightroom ou silkypix ! Mais personne n’écoute !

        En outre, aucun autre logiciel ne se vante de savoir décoder les raw constructeurs : ils parlent tous d’algorithmes “maison” ou d’années d’expérience.

        1. Salut CChat
          Est ce que la solution de convertir les Raw de Lumix (ou Canon) en DNG, par DNG Converter de Adobe (qui est dans Camera Raw je crois, et donc dans LR (?) ) te paraît satisfaisante ?
          Je viens d’essayer, la conversion en DNG est rapide (engrossez 1 minute pour 100 photos), et les softs digèrent bien le DNG maintenant.
          Est-ce équivalent à LR/Silkypix ?

          1. Je ne sais pas. Est-ce que le DNG est capable d’englober toutes les infos des capteurs de tous les fabricants ? Sachant, me semble t-il, que DNG est un format Adobe.

  6. A moins que je sache pas compter un an d’utilisation de LightRoom revient va vous coûter 144 euros et vous allez encore payer après.
    Moi perso je prefere un logiciel qui as les mêmes fonctions qui vas me coûter 150 euros et que ça sans avoir a payer encore après.

    On as bien comprit que Laurent aimai beaucoup Lightroom mais au final on doit payer tous le temps.

    1. Bonjour Thierry,
      Pour info il y a souvent des promos à 9€/mois.
      De plus, l’avantage de l’abonnement par rapport à la version licence (qui de toutes façons n’est plus vendue) est double :
      – toutes les évolutions du logicielle sont accessibles
      – on peut suspendre l’abonnement quand on veut, par exemple, si on n’a pas l’utilité de Lightroom pendant quelques mois.

      Evidemment après chacun fait ce qu’il veut, on ne force à rien!
      C’est juste un choix vers le logiciel le plus performant, ce qui a … un prix.

  7. J’utilise DxO Photolab, qui je trouve est bien plus performant et ergonomique que Lightroom. De temps en temps Photoshop mais ça reste anecdotique en tout cas pour le développement RAW.
    DxO, dans sa version Elite (200€ sans abonnement) peut fonctionner sur 3 ordinateurs en même temps. En 1 an 1/2 le soft est rentabilisé par rapport à Photoshop + Lightroom.

    Après il est possible d’acquérir pour 0€ tous les logiciels payants possibles et imaginables grâce aux réseaux décentralisés, je n’en dirai pas plus, vous connaissez ….

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