Photo de rue : 5 astuces pour dépasser votre peur et être discret

Je fais beaucoup de photo de rue, qui est une manière pour moi de m’intéresser à l’humain, qui est toujours au centre de mes images. Comme dans tout, il faut un peu de temps pour commencer à se faire plaisir, et malgré une bonne connaissance de la photo, c’est une discipline qui demande pas mal de pratique.

C’est un domaine dans lequel on apprend toute sa vie, mais je commence à avoir pas mal de pratique, et j’ai donc décidé de partager un peu avec vous ce que j’ai appris jusque là.

La photo de rue : définition

Avant tout, mettons nous d’accord sur la définition de la photo de rue. Photographier des bâtiments, c’est de l’architecture. Photographier des modèles qui posent dans la rue, c’est de la photo de portrait ou de mode.

Willy Ronis, Le petit parisien, 1952

La photo de rue, c’est trois éléments :

  1. C’est fait dans un lieu public : la rue évidemment, mais aussi des gares, aéroports, centres commerciaux, parcs, plage, etc. Tout ce qui n’est pas un lieu privé.
  2. C’est spontané : si c’est une photo posée avec 3 flashs, 2 assistants, et des modèles rémunérés, ce n’est pas de la photo de rue. Cela dit, on peut étendre la définition à des photos qui sont « semi-spontanées » : le photographe a vu quelque chose, n’a pas eu le temps de déclencher, et demande à la personne de repasser au même endroit par exemple. C’est le cas de la célèbre photo de Willy Ronis ci-contre.
  3. Ca implique l’humain, ou une trace de son passage. En général (même s’il y a des exceptions), quand on parle de photo de rue, on s’attend à ce que l’humain y prenne une place (sachant que la rue, pour rappel, ce n’est pas naturel :P).

5 astuces pour dépasser sa peur en photo de rue

Plutôt que de vous parler d’aspects techniques et matériels (qui sont en réalité assez simples et finalement peu importants pour la discipline), je préfère commencer par la vraie première étape, dépasser sa peur. Je distillerai les conseils techniques au milieu 😉

En effet, photographier les gens dans la rue peut être difficile pour beaucoup d’entre vous, en particulier ceux qui sont un peu timides. Ça peut même carrément vous pétrifier, et vous pourriez bien décider d’aller faire une session de photo de rue et revenir complètement bredouille, car vous aurez eu trop peur de déclencher. Sauf si vous suivez mes conseils bien entendu ! 😀

 

Alors ça évoluera avec le temps bien sûr, mais il faut bien commencer avec quelque chose, et je pense que vous serez preneurs d’astuces pour vous faciliter un peu la tâche, et intégrer le fait que la plupart des gens ne mordent pas 😀 (enfin, sauf si on leur demande gentiment :P)

1. Essayez le portrait posé pour commencer

photo de rue portraitAlors oui, je l’ai dit avant : faire un portrait posé, ce n’est pas vraiment de la photo de rue.

Seulement voilà, vous pourriez avoir des a priori sur les gens, et penser qu’ils n’aiment pas qu’on prenne leur photo. Rassurez-vous, c’est souvent faux ! Mais comme vous n’êtes pas obligés de me croire sur parole, cet exercice va vous en convaincre.

 

Il suffit de vous promener, de trouver quelqu’un qui vous intéresse photographiquement parlant, et de lui demander si vous pouvez le prendre en photo, là maintenant. Alors vous allez me dire « ah mais c’est super difficile ça, c’est encore pire que de photographier sans demander ! »

Oui, peut-être, mais d’abord je suis cruel :D, et ensuite je vous assure qu’une fois que vous aurez fait ça, le reste vous paraîtra plus facile.

 

Si vous ne savez pas quoi dire, vous pouvez apprendre ça par cœur, et le dire avec un grand sourire :

Bonjour ! Je fais de la photo, je m’intéresse aux gens, et j’ai trouvé votre visage/tenue/coupe de cheveux/manteau en vison/chien intéressant. Est-ce que je peux vous photographier, ça ne prendra qu’une minute ? 🙂

Astuces :

  • Souriez !
  • Essayez de trouver ce qui vous a attiré l’oeil chez la personne.
  • Souriez !
  • Ne dites pas « excusez-moi », ne demandez pas la permission de prendre 30 secondes de son temps, demandez directement la photo.
  • Souriez ! 😀
  • Soyez dynamique dans votre ton et votre approche.

Je vous garantis que ça marche dans 90 % des cas. Pour éviter de stresser quand la personne dira oui, ayez votre appareil réglé auparavant pour du portrait (focale fixe, grande ouverture, etc.)

 

Si vous avez trop peur des refus, commencez par les gens habillés de façon originale (ou même tout simplement bien habillés), en général ils sont plus à l’aise avec leur image, donc plus ouverts pour se faire photographier.

 

Proposez d’envoyer la photo par e-mail après, n’ayez pas de complexe ! 🙂

2. Optez pour du matériel discret

Une fois que vous aurez pratiqué ça, on va passer un peu aux choses sérieuses, et essayer de faire de la vraie photo discrète et spontanée. Pour ça, vous aimerez sans doute être discret, pour éviter que les gens que vous photographiez ne vous voient, tout au moins avant que vous preniez la photo.

Donc pour commencer, ne sortez pas avec un gros reflex + un téléobjectif genre 70-200. Vous allez juste être aussi visible que si Marie-Antoinette se baladait avec sa cour au beau milieu de votre ville. Ce n’est pas vraiment ce qu’on cherche ici, vous l’aurez compris 😛

photo de rue discret
J’étais très proche d’eux, et ils ne m’ont pas vu. Ca n’aurait peut-être pas été le cas avec un gros reflex !

L’idéal est un petit boîtier avec un petit objectif. C’est discret, ça ne fait pas « sérieux » (même si on peut prendre d’excellentes images), et du coup les gens font moins attention. Et c’est très bien ! La dernière chose qu’on veut, c’est passer pour un photographe pro.

 

J’avoue que depuis que j’ai acheté mon hybride, c’est devenu mon boîtier de prédilection pour la photo de rue, et il est hors de question que je revienne au reflex pour cet usage.

Avec le 20mm f/1.7 ou le 45mm f/1.8, il est très discret, et personne ne me remarque (et très franchement, même avec un zoom en fait).

En plus, comme je ne le porte pas à l’oeil pour photographier, je suis plus discret dans mes mouvements aussi : vous vous doutez bien qu’entre pointer discrètement son appareil sur le sujet en regardant sur l’écran, et porter l’appareil à l’oeil, avec le grand mouvement de bras que ça implique, le premier est plus discret.

Depuis, j’ai fait énormément de photo de rue avec, donc les séries que j’ai déjà présentées sur YouTube :


 

Cela dit, vous n’êtes pas obligé de changer d’appareil photo pour faire de la photo de rue. Si ça devient votre domaine de prédilection, je vous conseille fortement d’opter pour un hybride plutôt qu’un reflex, c’est plus adapté. Mais si c’est juste comme ça, vous pouvez déjà opter pour une optique discrète sur votre reflex, genre une petite focale fixe comme un 35mm ou le fameux 50mm f/1.8. Evidemment, si vous avez un compact ou un bridge, c’est déjà discret hein 😉

3. Paraissez normal et inoffensif

photo de rue discrétion
Elle n’a rien capté alors que j’étais à côté d’elle.

Cela dit, quel que soit votre matériel, pour vous faire discret, il ne faut pas avoir l’air louche, et ça passe par plusieurs astuces simples.

La première, l’astuce clé, et ça va vous paraître vraiment tout bête, c’est de paraître confiant. Si vous paraissez effrayé, nerveux, les gens vont le remarquer. Et quelqu’un qui paraît nerveux doit faire quelque chose de mal non ? Alors que vous ne faites RIEN de mal ! Vous prenez de belles images, c’est tout 🙂 (ou en tout cas, vous essayez :P)

Tandis que si vous agissez de façon confiante, comme si vous saviez ce que vous faites, les gens ne vous remarqueront même pas ! Donc gardez un air de nonchalance confiante, et baladez-vous l’appareil à la main comme si c’était tout à fait normal, car… ça l’est !

 

Une astuce qui marche vraiment très bien, c’est de vous faire passer pour un touriste, ou tout au moins quelqu’un qui photographie autre chose. L’architecture est une bonne excuse en général, faire semblant de photographier un monument, une porte, ou un mégot de cigarette fonctionne très bien 😛

Si votre sujet vous a plus ou moins remarqué (pas en tant que photographe hein, juste votre présence), ne le regardez pas directement, faites semblant de photographier autre chose, et attendez qu’il retourne à ses occupations pour déclencher. Si besoin, prenez quelques clichés de cette porte teeeeellement intéressante 😀

photo de rue discrétion
Bon, lui, par contre, il m’a vu ! 😛 Et comme vous pouvez le constater, je suis toujours vivant 😀 (il ne m’a pas parlé, il a juste continué ses activité, c’est-à-dire prendre un selfie devant un endroit où 3000 personnes sont mortes…)

Les gens ne prêtent pas attention aux touristes en général, donc jouez là-dessus à fond. J’adore faire ça à l’étranger, mais très franchement ça marche tout autant en France. Mettez un bob, un short et des sandales avec des chaussettes s’il le faut 😛
(N.B. : Apprendre la Photo n’est pas un blog de conseils vestimentaires, je décline toute responsabilité en cas d’effondrement soudain de votre vie sociale et amoureuse :D)

4. Essayez des techniques de ninja

photo de rue cueillette
Ici, j’ai vu ce cadre intéressant, et j’ai attendu qu’un personnage se place au bon endroit !

En plus de votre propre apparence et attitude, vous pouvez aussi employer des techniques photographiques particulières pour vous rendre aussi discret qu’un ninja ! Vous serez ainsi le premier ninja en bob/short/sandales du monde ! 😛

Plus sérieusement, il y a 2 astuces principales qui peuvent vous aider.

 

Tout d’abord, vous repérez un décor intéressant photographiquement (des lignes, des reflets, un message publicitaire qui peut prendre une signification particulière, etc.), et vous attendez qu’un sujet passe devant, au bon endroit. Rappelez-vous, c’est ce que j’avais fait quand je vous avais raconté le making-of de cette image.

L’idée, c’est que les gens ne pensent pas que vous les inclurez dans la photo, et que vous attendrez qu’ils passent. Donc ils vous ignorent. Ou alors ils font l’inverse : ils s’arrêtent pour vous laisser faire la photo ! (ce qui est particulièrement pénible quand on les voulait naturels dans le cadre, mais bon, on y peut rien :P)

 

La seconde astuce, c’est de shooter depuis la taille : l’appareil autour du cou, mais soit sans viser, soit en regardant discrètement sur l’écran. Si vous avez un écran orientable c’est l’idéal, mais sinon vous pouvez aussi voir en écartant un peu l’appareil de votre taille.

 

Très franchement, sans écran, c’est difficile. J’avais essayé avec un reflex, et je n’avais obtenu qu’une image que j’aimais bien, pour son flou de bougé et son aspect rêveur qui apportaient quelque chose à la photo. Mais à l’hybride, c’est bien plus simple.

Le seul moyen de réussir sans viser, c’est d’utiliser une focale fixe dont on connaît bien la perspective (un équivalent 40 voire 50mm est le plus intuitif), et d’utiliser l’hyperfocale, ou le système de « zone focus » (qui mérite un article à lui tout seul, je ne vais pas détailler ici).

Mais honnêtement, quand on a la possibilité d’avoir un écran orientable, pourquoi s’embêter à faire ça ?

5. Choisissez bien votre sujet

Ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant : si vous « sentez mal » une personne, abandonnez l’idée. Ce que je veux dire, c’est que si vous pensez que la personne pourrait très mal réagir, ou potentiellement violemment, ne prenez pas de risque. Typiquement, les gens visiblement alcoolisés, énervés, etc.

Ne cédez pas à vos a priori non plus : ce n’est pas parce que quelqu’un n’a pas de toit qu’il va réagir violemment, évidemment, en particulier si vous savez expliquer votre démarche. Là encore, ça va sans dire, mais ça va franchement mieux en le disant, vu l’attitude générale de la population à l’égard des sans-abris.
On appelait les grands photographes de rue des photographes humanistes, et l’humanisme c’est ça aussi 😉

 

Mais dans l’extrême majorité des cas (je veux dire 99,99 % des cas hein !), il n’y aura aucun problème. Vous seriez étonné des réactions des gens (qui de toute façon ne vous verront pas la plupart du temps).

Si vous vous faites repérer, c’est très simple :

  1. Souriez !
  2. Montrez votre appareil photo avec un air interrogateur (vous n’avez même pas besoin de prononcer un mot), l’air de demander l’autorisation. Vous verrez que la plupart du temps, les gens réagissent bien 🙂 (et sinon, et bah passez à un autre sujet, ils courent littéralement les rues !)

Et si vous prenez de l’assurance, il peut être intéressant d’aller voir les gens après le cliché, de leur montrer l’aperçu sur votre écran, et de leur proposer de leur envoyer le cliché (et pourquoi pas un tirage?). Songez que ça ne leur est probablement jamais arrivé, que c’est plutôt flatteur, et que ce sera probablement LE moment de leur semaine qu’ils raconteront à tous leurs amis !

Donc allez-y, si votre image peut vous faire sourire vous ET quelqu’un d’autre, c’est encore mieux 🙂

 

Et vous, vous avez déjà essayé la photo de rue ? Qu’est-ce qui vous a bloqué, quelles solutions avez-vous trouvées ? Dites-nous tout en commentaire ! 🙂

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168 commentaires
  1. Bonjour, Laurent,
    Pour ma part, j’ai opté pour une solution, malgré mon reflex devant l’oeil avec un 70-300 mm ! Pas discret dis-tu, en effet, juste qu’en fait je me fait oublie. Par exemple, je m’assoie sur un banc, justement en restant l’oeil collé au viseur et en bougeant comme si je cherchais mon cadrage, jusqu’au moment ou … paf, je cadre et déclenche vraiment. PAr exemple j’ai pu ainsi faire cette photo : https://www.flickr.com/photos/antoinecayla/11859661643/
    Bonne continuation et merci pour tes articles

  2. Je pense que l’essentiel pour la photo de rue est d’avoir l’oeil pour repérer la situation intéressante et peu de photographes l’ont ( dont moi), combien ne voie t- ont pas de scènes de rue sans aucun intérêt

  3. Salut Laurent,
    Je n’ai jamais pu faire de photo de rue pour une raison,j’ai toujours eu l’impression de passer pour un débile,un gêneur; mais aussi pour cette petite phrase qui me trotte toujours dans la tête c’est le  » Que dira t-on ».
    Merci pour tes conseils que je vais appliquer.
    A bientôt pour te lire

  4. Bonjour Laurent,
    Depuis bien longtemps je vous suis, j’apprécie votre travail, votre patience et surtout votre abnégation.
    Je pratique la photo de rue qui m’apporte tellement d’émotion, ma dernière anecdote, vers 1 heure du matin, dans un jardin publique, j’ai eu la malencontreuse envie de shooter une bande composée de sept skinhead adultes, fortement alcoolisés. Pour « faire court » après explications, injures, morsures par leur chien, j’ai eu deux cotes fêlées, coups au visage et matériels détériorés. Je continues avec grande passion la photo de rue. Tout comme vous, je suis un acharné….
    Cordiales et respectueuses salutations.

  5. Monsieur,
    Vos articles sont très intéressants et parfaitement présentés. Les astuces que vous évoquez sont utiles et à retenir.
    Merci pour vos nombreux conseils.

  6. Très bons conseils que je vais mettre en pratique car il y a beaucoup de photos à faire dans les rues.
    J’ai ressenti des blocages surtout dans les pays où il est dit que les gens ne veulent pas être photographiés par exemple en raison de croyances religieuses car ils pensent qu’on peut prendre leur âme. Dans ces conditions c’est un peu difficile même de ruser car on ne peut prévoir les réactions si on a mal rusé. A contrario dans d’autres pays c’est l’inverse et je ne refuse jamais car c’est souvent demandé avec beaucoup de chaleur et en retour ils ne demandent pas mieux que d’être pris en photos. (dernier pays en date : l’Iran à citer compte tenu de l’actualité)

    1. Je pense que si les gens ne veulent pas être photographiés, il faut respecter ça. Mais honnêtement, ces croyances ont tendance à disparaître, et dans la majorité des pays ça ne posera pas de problème.

  7. Oui mais non :

    C’est sacrement contradictoire de « paraitre normal et inoffensif », se faire passer pour un touriste nonchalant mais avec l’intention de photographier des gens, le doigt sur le déclencheur, la visée écran au niveau de la taille pour une discrétion type ninja… ! »

    Grand voyageur et pratiquant la photo de rue depuis des années dans le monde entier, j’ai définitivement opté pour la démarche inverse :

    Tout au boitier reflex pro et 70-200 f2,8, j’ai troqué la discrétion pour l’honnêteté.
    Je fais des clichés parfois avant que les personnes ne me voient certes, mais je vais systématiquement les saluer, leur montrer les photos et leur demander d’une part s’ils sont d’accord pour que je les garde, et pour leur proposer bien sûr, une copie des meilleures photos.

    Quand c’est plus « moralement délicat » je me présente avant, je discute, et je demande l’autorisation de faire des photos, c’est le cas par exemple pour un groupe d’enfants qui jouent nus dans une rivière ou sur une plage du bout du monde…Vous imaginez dans ce cas, essayer de faire semblant de photographier autre chose ? là pour le coup on serait dans une démarche assez perverse je pense…

    Non moi je demande aux familles et je leur dis que je voudrai photographier leurs enfants qui jouent nus dans l’eau car je trouve ça beau et qu’avec la lumière du coucher du soleil les photos seront très belles… mais je vous l’accorde ce qui passe très bien en dans une culture « non occidentale » par exemple, n’est à mon avis pas à envisager sur une plage du sud de la France…

    Cela permet en tous cas de faire en toute sérénité des photos d’une grande beauté avec des nuances magiques au coucher du soleil sur des couleurs de peau et des sourires magnifiques par exemple en Asie.

    Pour la spontanéité des enfants rien de plus simple, après la prise de contact « verbale et visuelle avec tout le monde », on s’éloigne un peu sur un côté, on laisse reposer l’appareil 2 ou 3 minutes, et les jeux insouciants reprennent « dans un oubli du photographe », alors « là » le travail de composition peut commencer.

    Ironie de la décadence occidentale intellectuelle, la seule fois de ma vie ou j’ai eu un problème c’est avec deux touristes occidentaux qui ont débarqués, « perclus de soupçons pédophiles » le cerveau « lavé de toute sensibilité esthétique », commençant à poser des problèmes au milieu d’une scène ou tout le monde était heureux est tranquille avec les familles à quelques dizaines de mètres qui m’avaient donné leur approbation largement confirmé par le sourire des enfants et les petits gestes de saluts asiatiques, « les doigts en V »…

    Ce n’est pas grave n’arrivant pas à me dissuader, ils ont essayé de convaincre les enfants de partir « loin du méchant photographe » et se sont fait jeter vertement par des gestes brutaux et agacés quand ils se sont permis ces imbéciles même pas heureux de « toucher les enfants » pour essayer de « les pousser plus loin »…

    Non désolé la photo de rue que j’appellerai aussi « la photo de vie », c’est bien mieux en « pleine lumière » avec accord « avant ou après » des personnes directement concernées, pour garder les photos mais certainement pas en « touriste ninja qui fait semblant de s’intéresser à l’architecture ou aux « crabes sur la plage », en essayant de ne pas avoir l’air louche… !

    Moi c’est comme cela que je fais mes plus belles photos car « sans urgence », en prenant le temps d’attendre une belle composition, une belle lumière, en prenant le temps de chercher un arrière-plan intéressant ou neutre, en laissant le « temps au temps et aux gens » pour « oublier le photographe » et revenir à la spontanéité s’il elle avait été perturbé un instant… ou en prenant des moments sur le vif mais en allant voir les personnes juste après, se montrer, donner son non et son adresse mail pour des échanges etc…, là et là seulement ce n’est ni louche, ni malhonnête et l’on découvre avec la pratique que l’on peut photographier toutes les scènes de la vie courante sans jamais manquer de respect à personne…

    Car on récolte parfois aussi des refus que l’on n’aurait même pas soupçonnés en « shootant en Ninja » sans rien demander aux personnes concernées et en repartant de l’autre coté « faire semblant de photographier des plantes ou des statuts »… dans une démarche donc, « foncièrement malhonnête »…

  8. Présentations extrêmement didactique et truffée de conseils qui dépassent le seul côté technique. Série très généreuse! Merci.

  9. Bonjour,
    Vous aborder la mise au point avec le système « zone focus ». Un article sur ce sujet serait le bienvenu.
    Merci – cordialement

  10. J’aime bien cet article. Il m’est arrivé de faire de la photo de rue mais la plupart du temps avec un léger malaise. Je me suis rendu compte par ailleurs que je n’ai jamais eu de mauvaises expériences. Au contraire, lorsque je me suis donné la peine de demander, j’ai été bien accueilli.
    Les prochaines fois, je vais expérimenter les quelques conseils de cet article. J’en déduis qu’ils font appel èa des attitudes naturelles, assurées et respectueuses.

  11. Bonsoir,
    A la (re)lecture de cet article, je me souviens de m’être promis d’essayer ce type de photo car il m’était arrivé de voir de jolies scènes mais je l’ai peu fait, toujours en rusant et de préférence dans des lieux à forte affluence. Et en me disant que les gens me prendraient pour un voyeur/pervers/mal-intentionné… Il faut vraiment que je tente à nouveau, ça à l’air si simple à te lire !

  12. Questions réglages, quelle ouverture, quelle vitesse sont préférentielles pour la photo de rue, suivant le boitier « canon eos m50 » et l’objectif 15-45mm f3.5 6.3, c’est le boitier que j’ai acquis, en attendant d’investir dans le Objectif EF-M 22mm f/2 STM. Le 5d4 (que jutilise) trop imposant pour ce style de prise de vue.

    Merci

  13. Merci pour l’article! Par contre, je me questionne sur le droit de l’image. Que faites-vous avec les photos ensuite? Est-ce qu’on a légalement le droit de photographier les gens? Peux-t-on les exposer par la suite? Merci!

  14. Laurent,

    Super article comme d’habitude, merci.

    J’ai un petit soucis je ne peux pas mettre de « J’aime » sur tes nouveaux post, il n’y a pas le « Pouce bleu » pourquoi? Je suis frustrée!

    Merci pour la réponse

    ANITA

  15. Bonjour
    Effectivement ce n’est jamais facile et je dois avouer que j’ai presque toujours « rusé », faisant semblant de prendre un bâtiment ou un jardin pour zoomer sur des personnes.
    J’utilise depuis quelques temps un canon powershot G5X pour la photo de rue plutôt que mon EOS760D équipé d’un 18-300. Toutefois je pensais essayer avec le 50mm f1.8 et tu m’as conforté dans cette idée.
    Je dois dire en matière de photo de rue que les Chinois sont moins timides.
    En septembre dernier il ne se passait pas un jour sans que l’on me demande à être pris en photo avec moi et pourtant je suis loin d’être photogénique. Je n’ai jamais refusé et parfois qui demandé la réciprocité.
    Ton article m’inspire pour mon prochain voyage au Rajasthan en novembre où je pense avoir beaucoup à photographier dans la rue.

  16. Bonjour Laurent et merci pour la richesse de vos articles.

    Je pratique la photo de rue depuis 2010 à peu près, et vous avez raison. Il ne faut pas avoir peur d’aborder les gens pour leur demander s’ils veulent être photographiés. J’ai rarement essuyé de refus. Ma démarche était particulière parce qu’orientée vers les sans-abris. Certains sont même venus me trouver pour que fasse un portrait d’eux. Dans la majorité des cas, je leur offrais un tirage du cliché. J’aimerais beaucoup avoir votre avis sur mon site ci-dessous, si vous en avez le temps. Bien à vous.

  17. Merci pour vos conseils, très intéressants! je n’avais pas bien encore fait de la photo de rues, mais cela me donne envie d’essayer!

  18. Merci Laurent pour ces précisions !
    Toutefois, si quelqu’un m’accoste dans la rue pour faire mon portrait (je doute fort que ça arrive un jour !), même en y mettant toutes les formes possibles, ce sera un refus catégorique ! Je n’aurais aucune confiance de la destination de cette photo et je n’ai pas envie que ma tronche se retrouve dans un photo montage sur un site douteux d’Internet.
    Donc, je suis sceptique quand tu dis que ça marche à 90% !

    1. Bonjour
      Et si, ça arrive. Comme je l’explique dans un commentaire plus haut ca m’est arrivé à l’étranger à plusieurs reprises et pourtant je ne suis pas photogénique. Et si c’est demandé gentiment tu dis oui. Alors pourquoi ne pas essayer également.
      Si quelqu’un veut te prendre en photo pour une utilisation malintentionnée il ne te demandera rien et avec le matériel qui existe aujourd’hui tu ne t’en apercevras même pas.

      1. Allo Laurent!
        Je lis  » some of your stuff » depuis plusieurs années déjà. Ça a commencé avec ta géniale façon d’expliquer la profondeur de champ, zone de netteté etc.

        Ton sens de l’humour donne une saveur intéressante à tes textes et tes conseils. J’ai beaucoup appris en m’amusant. Excellent pédagogie. Merci pour tout ça

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