Faire un livre de photographies avec Éric Le Brun – Éditions Light Motiv – La Photo Aujourd’hui #8

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Éric Le Brun, qui dirige les Éditions Light Motiv, et va nous parler des secrets de l’édition de livres photos.


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Bonjour à tous, ici Laurent pour Apprendre la Photo. Je suis aujourd’hui avec Thomas, que maintenant vous connaissez, et avec Éric Le Brun des Éditions Light Motiv.
Merci de nous accueillir ici.
On est dans un nouvel épisode de La Photo Aujourd’hui, et donc, aujourd’hui, on va parler, forcément, édition de livres, vous imaginez bien, pas macramé.
Et donc, peut-être, commençons tout de suite : est-ce que tu peux nous parler de Light Motiv, de son histoire, et comment ça s’est créé ?

Présentation de Light Motiv, son histoire

 

Éric Le Brun : D’accord. Donc, Light Motiv, à l’origine, c’est une agence de photo. C’est créé dans les années 80-90 sur vraiment le principe de privilégier la photographie d’auteurs, tout en étant en reportage.
C’est-à-dire, c’est vraiment cette sorte de mix toujours un peu introuvable entre le photoreporter et l’auteur-photographe.

Donc on a essayé de promouvoir ça dans notre région, à Lille, puisqu’on est juste à côté de Lille, à La Madeleine, et de travailler comme ça pendant des années autour de ce concept, de faire comprendre aux gens de la région ce qu’on souhaitait faire, à la presse nationale qu’on s’inscrivait dans ce courant, et de développer au fur et à mesure des entrées, des sorties dans l’agence, de développer un petit peu cette image collective qui, finalement, a duré jusqu’à maintenant.

À partir de, je ne sais pas…, les années 90, moi j’ai commencé à participer à des ouvrages à l’extérieur de Light Motiv, aux Éditions Autrement, dans d’autres éditions, les Éditions Daylylife, et puis en 2000 – je me souviens bien, en 2003-2004, sur un livre régional. Et je n’étais pas toujours, comment dire, satisfait de la liaison, de la relation entre l’éditeur et l’auteur-photographe, en l’occurrence là c’était moi.

Donc, petit à petit, je pense, a germé l’idée d’adjoindre à l’agence photographique une maison d’édition. Et je crois que notre premier livre est un livre collectif à deux photographes et un écrivain, sur Roubaix, en 2007 ou 2008, donc ça fait à peu près 12 ou 13 ans.

Ensuite se sont enchaînés d’autres livres, relativement entre le tourisme et la photographie, avec toujours l’histoire de la ville – donc sur Tourcoing, Saint-Amand…, sur quatre villes de la région.
Et une initiative particulière de Light Motiv, c’est-à-dire qu’on a travaillé sur les métiers du port de Dunkerque, en laissant carte blanche à chaque fois à un photographe. Donc on a fait 5 volumes dans cette collection, qui était notre première collection autonome.

Du coup ça a commencé à s’étoffer un petit peu, mais ça ne fait pas encore un grand circuit de diffusion, on restait surtout dans la région en termes de proposition publique.

Et puis, je crois que tout a changé en 2011, où j’ai rencontré un photographe japonais, Naoya Hatakeyama, qui exposait au Centre historique minier Lewarde un travail sur les terrils dans le bassin minier.


J’étais, je crois, soufflé par cette exposition, d’autant plus que c’était vraiment un travail sur le paysage, et que plus j’y réfléchissais à l’époque et plus je me disais que la photographie de paysage était l’un des genres les plus costauds en photographie, parce qu’après tout, le paysage est donné à tout le monde. N’importe qui, a priori, pourrait croire qu’il prend son pied, qu’il met son appareil dessus et ça y est, la photo est faite.


Eh bien, non. On se rendait compte, là, de façon stupéfiante, de la patience, de… je ne sais pas comment dire, c’est pire que ça, c’est-à-dire de… comme si Naoya était lui-même partie intégrante du paysage.
Il rend compte de ce qu’il accumule comme sensations au moment même où il fait la photo.


Et j’ai vraiment eu un coup de foudre, en fait, pour ce travail, et ce qui m’a plu énormément ce jour-là, c’est que c’était relayé par les gens qui assistaient à l’expo. C’est-à-dire beaucoup d’anciens mineurs et beaucoup de fils de mineurs, en tout cas de familles, et quelques-uns avaient vraiment les yeux humides, parce qu’ils n’avaient jamais vu vraiment le bassin minier montré de cette façon-là.
Avec quelque chose qui était de l’ordre de la beauté, qui était enfin accessible à tous. Ce n’était pas quelque chose de juste cloisonné à un public capable de décoder le travail photographique.

Du coup, je me suis dit : voilà, c’est ça que j’ai envie de faire. C’est-à-dire aller encore plus loin que ce qu’on faisait déjà avec cette envie d’ouvrir à un public large et surtout de rendre les photographes plus responsables de leurs propres ouvrages ; j’avais vraiment envie d’ouvrir. De ne pas cantonner nos bouquins à un public étroit.
Et je me suis dit : eh bien, je vais lui demander, à Naoya Hatakeyama – que je ne connaissais pas du tout – s’il était intéressé par un livre.

Thomas : Donc, tu as appris le japonais pour le faire.

Éric : Non, parce que sa femme est française, donc c’était assez simple de pouvoir créer un dialogue tout de suite.
Et comme aucun livre n’était prévu, je ne connaissais absolument pas Naoya à l’époque, j’étais allé par hasard, grâce à la qualité du carton d’invitation, voir cette expo, c’est tout. Il a accepté tout de suite, et c’est là, je crois, en commençant à regarder sur Internet – on disait à l’époque « naviguer » sur Internet –, j’ai vu que c’était un photographe extrêmement célèbre au Japon, aux États-Unis et en Allemagne ; relativement confidentiel en France, malgré une grande expo à Arles en 2010. Et je me suis dit ça : on n’est pas obligé de rester sur des productions régionales – en l’occurrence il y avait bien sûr un rapport avec la région – mais en tout cas l’auteur n’est pas forcément un auteur de la région. On peut très bien ouvrir en dehors de l’agence.

Et voilà, ça a été mon premier livre, on va dire, qui m’a permis de moi-même franchir un cap, de me dire : ben oui, on peut passer à des éditions nationales, voire internationales, il n’y a aucune raison…

Thomas : Il est sorti en quelle année, le livre de Naoya ?

Éric : Il est sorti en 2012, du coup.

Thomas : Parce que je l’ai acheté l’année dernière, moi, ça veut dire que ça fait 7 ans et il est encore réédité. On en est à combien d’éditions ?

Éric : Non, à l’époque, j’étais extrêmement ambitieux dans mes tirages, donc c’est un livre qui a été fait à 4 000 exemplaires. Ça reste un de nos « best-sellers », parce qu’il doit en rester 600, pas plus.

Laurent : Alors, je ne sais plus comment je l’ai découvert, c’est un peu frustrant de ne plus avoir par où je l’ai découvert, je ne sais pas. Il y a certains livres dont je me souviens, mais celui-ci…
Et c’était très marquant, parce que moi, je suis attaché à ma région, quand même, et ce qui est rigolo, c’est que quand il y a des gens qui ne sont jamais venus dans le Nord et qui passent sur l’autoroute et qui voient les terrils, en général ils ne savent pas ce que c’est, ils se disent « c’est quoi, ça ? », parce que même si c’est au patrimoine de l’Unesco depuis peu, c’est pas très connu, donc il y a une espèce de surprise des gens. Donc je leur explique un peu ce que c’est. C’est toujours un peu bizarre, parce que c’est quand même des résidus industriels, à la base, mais il se trouve qu’ils font le paysage.

Et le fait de le voir dans un bouquin, par un Japonais, qui a cette vision, pour le coup, extérieure – enfin, je ne pense pas que… pour les Français, les terrils c’est déjà extérieur, alors pour un Japonais il y a une distance qui est particulière. C’est vrai qu’il y a une grande poésie dans le bouquin, les couleurs, etc. Enfin, moi, j’ai énormément aimé ce livre.

D’ailleurs, pour la petite histoire, je l’ai offert à un ami qui est français, qui lui est de Lyon à la base, mais il était venu dans le Nord pour deux ans pour ses études, et il a bien retenu cette atmosphère particulière de la région – ce n’est pas comme la région lyonnaise –, et maintenant il vit au Japon. Et je le lui ai offert pour ça, c’est évident. Il a beaucoup aimé cette atmosphère, il a vraiment retrouvé l’atmosphère du Nord et en même temps, peut-être un peu la vision japonaise. C’était vraiment intéressant.
Donc, voilà, je n’avais pas posé de questions sur Terrils, et au final je suis content qu’on en parle, parce que c’est un bouquin que j’aime beaucoup ; et il en reste 600, donc qu’est-ce que vous attendez ?
Vous êtes plus que 600 à regarder cette vidéo, je le sais !

Thomas : Surtout que j’en ai parlé, tu en as parlé, on en parle, il y a un moment, le message est clair. « La question, elle est vite répondue. »

Laurent : Ça va être hyper daté dans trois ans, les gens vont dire « de quoi il parle ? » Ce sera une vidéo so 2020…

Et c’est rigolo, finalement, que l’extension de Light Motiv en dehors de la région se soit faite un peu…

Éric : L’extension des Éditions, oui, complètement.

Laurent : se soit faite pratiquement un peu par hasard, en tout cas par…

Éric :… par une rencontre lors d’un vernissage.

Mais sans doute je l’attendais, et lui m’attendait aussi, tu vois. Parce que, après, lui a été bouleversé par le tsunami. Donc en fait je pense que j’ai fait une erreur de date… Le tsunami, c’est 11 mars 2011, non ?

Thomas : Fukushima, oui, c’est ça, c’est 2011.

Éric : Donc 2010-2011, ça a dû paraître fin 2011, Terrils.

Thomas : L’édition, du coup, c’est l’activité principale, maintenant, de Light Motiv ?

Éric : Non, je joue sur plusieurs curseurs, en fait, sur Light Motiv. C’est-à-dire qu’il y a les éditions, il y a l’agence en commandes, avec maintenant une palette de 18 à 20 photographes qu’on représente, et la photothèque.

La photothèque, si tu veux, c’est un fonds d’archives qui est entièrement classé, qu’on essaie d’actualiser le plus possible parce que, en photothèque, comme en édition, c’est les livres ou les photos les plus récentes qui peuvent se placer. Donc la difficulté, je crois, dans un domaine comme dans l’autre, c’est de maintenir une forme de dynamique permanente.

C’est-à-dire qu’il ne faut pas s’arrêter sur le moindre laurier que tu peux réussir à récolter, il faut toujours repartir sur des projets successifs.

Le processus de création d’un livre

 

Thomas : Du coup, je vais poser LA grande question que j’ai eue quand j’ai eu l’idée, enfin quand on a commencé à programmer cette interview.
La question qu’on se pose en passant la porte et quand on est face à toi. Il y a beaucoup de gens, dans ceux qui nous regardent, qui se demandent, tout comme moi : comment on fait un livre photo ?
C’est quoi le processus ? Comment ça se passe, en fait ? Parce qu’en tant que photographe, on en rêve tous de ce livre photo, de son nom sur l’étagère, etc.
Comment ça se passe ? Est-ce que c’est à moi de venir avec des photographies sous le bras et de toquer à la porte ?
Est-ce que c’est toi qui fouilles dans les festivals, qui vas chercher les gens ?
Comment on choisit, vraiment…

Le choix des auteurs

Laurent : Déjà, pour commencer, oui : comment on choisit ? On parlera du reste peut-être après. Déjà, comment on choisit ?

Éric : Il n’y a pas de règles. Par exemple, Jérémie Lenoir, c’est un ami qui m’a dit : Ah, il faudrait quand même que tu ailles voir le site internet de Jérémie Lenoir. J’ai un ami qui l’a rencontré, qui a été après regarder son site, c’est quand même extraordinaire.
Donc la personne qui me l’a conseillé à l’époque, c’était le président du Comité régional de tourisme de la région, et Jérémie était dans la région, il faisait une mission dans la région. Donc c’est comme ça que j’ai commencé à regarder, j’ai pris contact avec Jérémie, on a fait le livre Nord.
Voilà, ça, c’est un biais possible ; c’est un ami qui te conseille.

Après, tu as des… étrangement, par exemple, tu as des gens que tu suis depuis longtemps, comme Corentin Fohlen. Corentin Fohlen, quand il est arrivé dans l’image d’actualité, ça fait maintenant… – bon, je ne vais pas le vieillir, mais ça fait bien 16 ans –, très vite on a remarqué son style. Parce qu’il avait une qualité de déplacement et de compréhension du récit qui se passe devant lui que peut-être pas tous les autres photographes ont.

Parce qu’il construit déjà l’histoire, image par image, alors que souvent les autres photographes se contentent de « représenter la réalité ». Lui il est déjà dans autre chose.

Et Corentin, je le suis déjà depuis très longtemps, et là aussi, c’est une amie qui a fait l’intermédiaire, en fait. Qui m’a dit : Ah, Corentin a un gros sujet sur Haïti, il ne sait pas trop comment faire pour le publier, est-ce que ça t’intéresse ?
Moi je n’étais pas tellement dans ce registre. Pas du tout, je n’ai jamais fait, à l’époque, un livre sur un pays étranger, si ce n’est avec Naoya sur le phénomène précis du tsunami.
Donc je me disais : rhaaa, on va devenir l’éditeur des catastrophes, et tout ça. Donc j’étais pas trop…

Et en fait, non, Corentin ne voulait pas du tout amener le livre en rapport avec le tremblement de terre, au contraire, il voulait décoller le livre d’Haïti du tremblement de terre. Donc c’était intéressant.
Et c’était surtout, moi j’ai trouvé, un positionnement fascinant. C’est très rare qu’un photographe ait cette qualité de persévérance qui fait qu’il a réellement participé au changement d’image de marque d’Haïti en France.
À force de proposer des sujets différents aux magazines, aux quotidiens en disant : non, Haïti, c’est pas que ce pays dont on déplore toujours les victimes. C’est aussi un pays qui invente et qui a beaucoup de qualité dans tous les domaines, et particulièrement artistique.
Donc, voilà, on a fait ce premier livre, après on en a fait un second avec Corentin. Ça, c’est pour Corentin.

Thierry Girard est arrivé parce qu’il travaillait dans la région et il avait envie d’éditeur en région, et donc je lui ai aussi amené les contacts en région. Donc, là, c’était un peu un « échange » de services, entre le fait qu’on allait l’éditer et que moi je lui permettais de trouver les contacts pour financer sa mission.

Après, il y a des gens comme Sandrine Cnudde, qui sont tellement, comment dire, enthousiastes vis-à-vis de notre maison d’édition, qu’à un moment tu as du mal à refuser, quoi.

Laurent : Des gens qui veulent vraiment bosser, qui veulent vraiment être édités chez Light Motiv.

Éric : Et en plus quand c’est bien, à un moment tu te dis : ben non, je n’ai aucun argument pour refuser, donc on va le prendre. Même si tu n’as pas, a priori, de place directement, puisque là c’était l’alliance poésie-photographie, c’était la première fois que je le faisais.

J’essaie de voir… Bon, les autres, souvent, sont des photographes de l’agence : Charles Delcourt, Richard Baron, même moi, j’ai édité aussi chez Light Motiv.

Et donc, finalement, c’est un peu des filières différentes. C’est vrai que la filière, on va dire, qui pourrait paraître la plus simple, comme avec un éditeur de textes, c’est-à-dire l’envoi d’un projet, soit par mail soit par la Poste, n’est pas la filière qui, a priori, marche le mieux, quoi. Malheureusement.
Mais c’est aussi parce que c’est rare qu’on ait un coup de foudre absolu par mail. En se disant : ben oui, ça, ça il faut absolument le faire, parce que c’est nécessaire, parce qu’il faut que ça soit connu.

Laurent : Et est-ce que parfois, si on te rencontre en vrai – je ne sais pas si tu fais des lectures de portfolio en festival ou si des fois tu vas un peu à la pêche, pas forcément en faisant une lecture officielle, mais en regardant un peu ce qui se passe –, est-ce que là, par contre, ça a été des occasions de rencontrer des auteurs ?

Éric : Je fais très rarement des lectures de portfolio, mais ça m’intéresse, évidemment, de voir des expositions, je suis en contact… Je suis des artistes, c’est clair. Je suis des photographes, comme Laurent Kronental par exemple, que…

Thomas : Tu l’as édité ou pas encore ?

Éric : Non, mais je souhaite l’éditer.

Thomas : Et j’adorerais acheter un livre de Laurent Kronental.

Laurent : Mais moi aussi ! Je le lui ai dit, en plus ! J’avais fait, il y a quelques années, quand il y avait quelques-unes de ses photos aux TransPhotographiques, j’ai fait une vidéo à propos de ça, qui est toujours sur la chaîne. Oui, j’adore son travail.

Éric : Donc, ça, c’est quelqu’un que je suis. Il n’a pas encore fait de livre, il continue son travail sur les anciennes villes nouvelles, on peut dire ça comme ça, il ne se sent pas encore abouti, il y a plusieurs éditeurs photo qui sont en contact avec lui, parce qu’évidemment, c’est vraiment un des boulots les plus intéressants sur la durée. Donc on verra après.
Mais voilà un exemple que je peux citer, de personnes avec qui j’entretiens une relation par mail, Facebook, pour savoir où il en est, et éventuellement l’éditer un jour.

Voilà. C’est vrai qu’on est plus dans ce repérage-là que dans l’attente, finalement.

Parce que, peut-être aussi, comparativement, à un éditeur de textes, on ne fait pas tant de livres par an.
Nous on en fait quatre, ben il faut sacrément bien le choisir pour que ça ne soit pas une perte sèche. Il faut sacrément bien le préparer, trouver le financement.

On fait tout en même temps, en fait. On cherche le financement en même temps qu’on produit le livre et qu’on le crée avec le photographe – la mise en page, la composition, avec la maquettiste ou le maquettiste, avec l’imprimeur.

C’est complexe, en fait, comme boulot, parce que tu ne peux pas te dire : bon, voilà, maintenant j’ai 50 000 euros… je vais choisir absolument ce qui arrive, et même si la personne a zéro, je vais le faire, banco !

Non. Il faut que tu trouves le financement. Donc, ça, c’est toujours un obstacle à franchir, et la nécessité de te dire : voilà, OK, ce projet m’emballe, j’ai envie de le faire, à qui je peux demander, pourquoi ce thème pourrait intéresser telle entreprise ou telle institution ou…

Thomas : Parce que, du coup, là on a des livres sur des sujets très différents, et tu dis que c’est une étape à franchir, donc c’est une étape que tu as réussi à franchir plusieurs fois sur plusieurs sujets différents.

Éric : Là, les quatre livres qui sont sur la table, c’est intéressant, parce que c’est quatre ouvrages financés. C’est-à-dire sur lesquels on a trouvé les financements.

Thomas : Et du coup, ça, c’est des entreprises qui financent ? la région ? le public ?

Éric : Par exemple, pour Dust, ce sont les galeries de Jérémie, parce que, en l’occurrence, à l’époque il avait quatre galeries. Il y en a deux qui ont participé.

Thierry, là, c’est vraiment la suite de sa mission, je dirais même le point d’orgue de sa mission, c’est comme ça que sa mission se termine. Donc les institutions qui ont participé à sa mission ont participé au financement du livre aussi. En ont acheté, en fait.

C’est comme ça que ça se passe, la plupart du temps, ce n’est pas une subvention pure, c’est un achat de tant d’exemplaires pour un montant qui couvre en partie l’impression.
La Ligne d’eau, c’est fait en coédition avec l’Institut pour la photographie. Il va y avoir une expo de Frédéric en septembre.

Et là, Les Enfermés, c’est un cas encore plus particulier, parce que j’ai gagné un appel d’offres du Contrôle général des lieux de privation des libertés, qui voulait faire un ouvrage partant des photographies de Jean-Christophe Hanché, qui a participé pendant trois ans à la mission de contrôle dans les hôpitaux psychiatriques et dans les prisons.

Laurent : OK ; ils voulaient déjà faire un ouvrage avec ses photos à lui, et il cherchaient l’éditeur pour le faire.

Éric : Oui, exactement.

Laurent : Intéressant. Donc il y a vraiment plein de manières différentes de financer un livre.

Éric : Oui, c’est pour ça aussi que, malheureusement, la simple filière de l’envoi n’est pas facile à concrétiser.

Thomas : C’est un vrai projet d’ensemble à avoir.

Laurent : Oui, il ne suffit pas d’aimer le travail, il faut aussi pouvoir le…

Éric : Et c’est vrai qu’on déçoit énormément les photographes, parce que, ils se disent : ben, qu’est-ce que c’est que ces éditeurs ? On envoie partout et y en a pas un seul qui nous le prend !

Mais c’est vraiment la complexité du rapport entre le coût de revient, qui est quand même aux alentours de… Là, tu vois, Thierry Gérard, ça monte à plus de 20 000 €. Et puis des fois, c’est, comme La Ligne d’eau, c’est beaucoup moins cher, c’est aux alentours de 8 000 €.

Mais, tu vois, tu es entre 8 000 et 20 000 € en frais purs de production. Je ne compte pas le temps de travail. Le travail d’Élodie, aussi, qui travaille avec moi sur l’édition.
Donc, très vite tu crèves le plafond de tes dépenses.
Donc, c’est vrai que c’est ça, la difficulté permanente, c’est de se dire : j’engage un projet, est-ce que j’ai une chance de le financer ?
Si tu as très peu de chances de le financer, tu n’y vas pas. Même si tu as envie.

La décision de la forme d’un livre, son format, les papiers…

Thomas : Alors, ça va mélanger un peu la question que j’avais après sur la matérialité des livres, c’est-à-dire leur taille, leur papier, la qualité, il y a plus ou moins de gammes. Si celui-là coûte trois fois moins cher que celui-là… Mais du coup, comment ça se passe ? Est-ce que tu te dis : ben moi, ce livre il doit être comme ça et du coup j’ai besoin de tant, et tu pars sur ça ? Ou est-ce que tu vois le budget et tu adaptes ? Comment ça influe un peu sur la gamme et la forme du bouquin ?

Éric : Évidemment, il ne faut décevoir personne.

Thomas : Il y a les choix artistiques du photographe.

Éric : Bien sûr. Il y a l’envie de faire le plus beau livre possible, de part et d’autre, de la part de l’auteur et de l’éditeur aussi.
À chaque fois, tu essaies, c’est comme une recette de cuisine, de retrouver tous les ingrédients qui vont rentrer, pour que ça soit satisfaisant pour tout le monde, le mieux possible.

Moi, j’ai une sorte de mantra, c’est qu’à chaque fois j’essaie de faire quelque chose de différent. J’essaie d’avoir à chaque fois un truc nouveau que je n’ai pas encore testé.
Donc c’est un chouïa risqué, parce que chacun des auteurs est un cobaye.

Laurent : C’est bon à savoir.

Éric : C’est l’idée. J’accumule des points d’expérience, forcément, en tant qu’éditeur, à chaque fois que je tente un truc nouveau.
Et puis, la qualité des machines d’impression a extrêmement évolué, donc on rentre maintenant dans des choses qui sont d’une performance que tu n’avais pas il y a cinq ans.

Tout ce qui concerne, par exemple, l’impression sur papier non couché, ça, c’est vraiment une évolution technique.
Papier non couché, c’est-à-dire que c’est un papier qui n’est, alors je ne saurai pas dire les termes exacts, d’habitude, autrefois, on imprimait sur un papier couché qui, en quelque sorte, écrasait la fibre de papier, et qui permettait d’avoir un dépôt de l’encre qui soit stable et qui n’abîme pas la fibre.
On hésitait à imprimer sur du non couché où la fibre est encore apparente parce que ça buvait un peu.
Donc on perdait la chromie, on perdait un peu de contraste, le photographe était insatisfait. Ça pouvait donner des choses artistiques, parce que ça pouvait être voulu.

Laurent : Mais ça ne marche pas pour tout.

Éric : Mais c’était quand même gênant la plupart du temps. Maintenant, on a des machines qui flashent et sèchent en même temps l’encre sur le papier non couché ; des machines avec la technologie des LED.
Du coup, tu n’as plus ce problème du temps de, je ne sais pas comment on pourrait dire, de… d’immersion de l’encre dans le papier. C’est vraiment « glacé », séché net au-dessus de la couche.
Et du coup, ça nous offre des possibilités tactiles, de toucher de papier totalement différent.
Moi je crois beaucoup au toucher.

Thomas : C’est pour ça qu’on les achète, sinon…

Éric : Toucher du papier, couverture.

Thomas : L’objet fait sens.

Éric : Voilà !

Laurent : On a dit avec Jean-Christophe Béchet, quelques épisodes avant dans cette série, que la photographie est un objet, c’est un peu le thème…

Éric : Le livre photo, c’est sûr.
La photographie, maintenant, ça se discute beaucoup, parce que l’objet c’est souvent l’ordinateur, quand même.

Laurent : On dirait peut-être malheureusement, mais si tout le monde tirait un peu ses photos histoire de les prendre en mains.
Du coup, peut-être, parlons de ce qui se passe après, une fois qu’on a choisi un auteur et qu’on a trouvé un financement, ensuite, qu’est-ce qui se passe ?

Thomas : On ouvre Paint.

Éric : Il se passe, comme dans d’autres circonstances, neuf mois de préparation. Grosso modo, c’est ça.
C’est à peu près neuf mois de préparation, parce qu’il faut un temps de décantation.
À partir du moment où on a dit à l’auteur : OK, on y va, il faut ce temps de décantation où l’éditeur et l’auteur vont apprendre un… – après, il y a des gens qu’on connaît déjà – vont apprendre à se connaître. Et se dire : bon, voilà, on va travailler comme ça le récit, parce qu’il ne faut pas penser qu’un livre c’est un portfolio. Surtout pas. Et ça, c’est une des plus courantes erreurs des photographes.
C’est-à-dire qu’un livre qui n’a pas de début ni de fin, c’est un mauvais livre. Il faut que tu sois emmené comme dans une œuvre littéraire. Il faut que tu commences par quelque chose et que tu finisses ailleurs.
Tu n’es pas dans quelque chose qui est un book pour présenter ton travail. La traduction de book, c’est livre, mais ce n’est absolument pas la même chose.
C’est l’élaboration du récit, à mon avis, où l’éditeur a sa place prépondérante, parce qu’il est le premier lecteur.
Donc c’est lui qui décale le photographe de son propre travail. C’est lui qui permet au photographe de sortir de quelque chose qui est extrêmement courant dans la photographie, de sortir du contexte dans lequel le photographe a fait les images.

Laurent : Parce que nous on sait ce qu’il y avait autour du cadre, mais personne ne le sait.

Éric : Voilà, exactement. Il est le seul à savoir. Le photographe est le seul à le savoir et, malheureusement, il a l’impression que c’est visible pour tous.
Et des fois, les mots ne sont pas toujours faciles à trouver, hein, pour qu’un photographe comprenne qu’on ne voit pas ce qu’il dit.
Mais c’est ça qu’il faut réussir à lui faire saisir.
Et du coup, là, tu montes le récit avec lui. En général, tu dégages d’abord les images qui sont superflues, tu restes sur un corps moyen d’une centaine de photos, 100-120 photos, et suivant après l’intérêt de la trame que tu cherches à susciter, tu vas plus ou moins agréger de photographies sur ce fil directeur, et tu vois bien si c’est quelque chose qui tourne en 40 photos ou si c’est quelque chose qui tourne en 85 – un court ou un moyen métrage –, et… Moi je travaille beaucoup avec les photographes en faisant des tirages papier.

Laurent : Tu les bouges sur une table.

Éric : C’est beaucoup mieux que d’être sur l’écran, parce que sur l’écran, tu n’as aucune visibilité de l’ensemble, tandis qu’en tirage papier, tu crées ton chemin de fer assez vite, finalement, et assez bien.

Thomas : C’est marrant l’expression « chemin de fer », ils l’utilisent aussi Pauline et Chris pour…

Laurent : Oui, ils font ce qu’ils appellent – je ne sais pas si c’est eux qui ont nommé ça ou si c’est un terme courant –, ils appellent ça un « monstre ».

Éric : Oui, on peut faire un monstre

Laurent : Ils ont un cahier, ils collent dedans et ils voient comment ça fonctionne. Et puis ça évolue avec le temps aussi.

Éric : Exactement. Et ça c’est pas mal, parce que, déjà, tu crées un format.

Laurent : J’imagine que les auteurs arrivent déjà avec une petite idée, enfin, peut-être que ça dépend s’ils ont une expérience dans les livres ou pas, mais ils arrivent peut-être avec une petite idée, et que des fois il faut les sortir de…

Éric : Là aussi, il y a tous les registres. Tu as le gars qui est absolument sûr que c’est ça. Et des fois il a raison.
Jérémie Lenoir, par exemple, est vraiment très précis dans ce qu’il souhaite.
Naoya aussi, mais Naoya est beaucoup plus souple pour changer ensemble les choses.
Voilà, chacun est dans un registre particulier de, comment dire, de lâcher-prise ou d’acceptation.

Thomas : Du coup, ce que je retiens de ça, c’est que quand les photographes arrivent, leur travail n’est pas nécessairement figé, terminé. C’est-à-dire que ce n’est pas : OK, ton projet, tu as fait une expo, ton projet est carré on en fait un livre. Il y a vraiment la moitié du chemin encore à faire.

Éric : Oui, au moins. Et en plus, comme notre ligne éditoriale n’est pas que la photo seulement, c’est aussi l’alliance texte et images, il faut aussi s’interroger avec le photographe – c’est pour ça aussi que ça prend quand même neuf mois dans tout ce cheminement – à quel écrivain, quel sociologue, quel philosophe, quelle personne on va demander d’écrire sur les photographies. Ou ce n’est même pas sur les photographies, c’est d’écrire un texte en résonnance avec le travail photo.

Quelquefois, ça peut même être des expériences comme on a fait avec Charles Delcourt et Dominique Fabre, où finalement c’est 50 % de texte 50 % de photos, et c’est un livre qu’ils ont cheminé ensemble sur la petite ceinture de Paris, ça s’appelle Le Grand Détour. Et finalement, ils étaient en randonnée en permanence ensemble sur cette friche SNCF. Et ce livre s’est fait au fur et à mesure, c’est une sorte de carnet de route.


Voilà, il y a tous, là aussi, tous les tandems possibles de photographes et d’écrivains.
Quelquefois, le photographe écrit lui-même son texte. Naoya, par exemple, à chaque fois écrit son texte.
Jérémie, dans Dust, s’est résolu à écrire son texte, parce qu’on ne voyait plus à qui demander. Pour qu’il puisse s’accorder avec les images de Jérémie, parce que… Enfin, c’est ça aussi qui est intéressant, c’est quand tu as vraiment une œuvre unique face à toi.
Jérémie Lenoir, tu as beau regarder tout autour du monde, il n’y a pas quelqu’un qui fait des images équivalentes. Donc forcément, ça réclame un autre champ d’expression.
Et finalement, on ne trouve pas toujours quelqu’un qui va être à même d’écrire en rapport avec les images. Donc là, pour le coup, c’est Jérémie qui l’a fait.
Sur Nord, c’est le philosophe Bruce Bégout qui a travaillé sur les images de Jérémie.
Voilà, et quelquefois on essaie aussi d’avoir un ou deux écrivains. Enfin, je vais tenter de plus en plus, je pense, de croiser plusieurs… textes, pas forcément de même taille, sur un livre.

Laurent : J’ai une question en tête. Pour revenir sur le côté chemin de fer, je me demandais si…, à quel point il est, j’allais dire conscient. Un chemin de fer, on pourrait « rationnellement » presque écrire : bon, dans la première partie du livre on va mettre des images de ça, et ensuite plutôt de ça, et on va « transitionner » sur ça. Ou est-ce qu’il est plutôt intuitif – enfin, j’imagine qu’il y a un peu une part des deux, mais est-ce qu’on le définit ou au final est-ce que c’est juste : on met des images à côté, ça fonctionne et si ça fonctionne on ne va pas forcément comprendre pourquoi, peu importe ?

Éric : Moi j’essaie depuis longtemps de déterminer quelle est cette continuité. Qui s’inscrit après dans un livre. Je ne regarde pas que les miens, je regarde aussi ceux des autres, etc.
Je pense qu’en photographie, il y a très souvent deux codes qui jouent : c’est la logique et l’analogique. C’est-à-dire, la logique c’est de l’ordre de la réalité, l’analogie c’est de l’ordre du rêve.
Et finalement, ça fonctionne, un récit photographique, quand les deux s’emboîtent. C’est-à-dire quand tu vas progresser de plus en plus doucement comme dans une sorte de ouate rêvée au fur et à mesure des images. Et naturellement, une image va entraîner la suivante, parce qu’il y aura des correspondances très fines entre les formes, entre les couleurs, entre les volumes, dans la thématique, etc.
Et puis, et puis… ça représente quand même toujours quelque chose. Le réel, l’existant, la vie.
Et du coup, petit à petit, ton intelligence se met aussi en action. Donc je trouve que la perception d’un lecteur, c’est cette cohésion, difficile à obtenir, entre le rêve et l’intelligence. Il faut que les gens soient dans le plaisir de regarder le livre et que ça leur apprenne, que ça leur fasse connaître quelque chose qu’ils n’auraient pas vu. Un peu comme un super film. Quand tu sors du livre, tu as un peu bougé ton esprit. Tu te dis : oui, tiens, je n’aurais pas imaginé ça.
C’est ça l’intérêt.
Si on peut regarder Karnaval Jacmel, le livre de Corentin Fohlen.

Thomas : Alors, juste, pour le montrer au lecteur, la couverture est légèrement irisée ? métallisée. C’est du plus bel effet. J’aime beaucoup.

Laurent : Et encore, ça passe moins bien en vidéo qu’en main.

Thomas : Le papier est noir, en plus, je ne sais pas si vous voyez, le papier est noir à l’extérieur, c’est vraiment pas courant comme objet. Ça détonne.
Fais-nous rêver.

Éric : Et ce que je voulais dire, c’est que ce livre-là, le travail sur le chemin de fer n’a pas été qu’un travail de succession d’images. Parce qu’en fait, l’idée de la graphiste, – et que j’avais acceptée, et que Corentin a acceptée dans un deuxième temps, parce que ça n’a pas été si facile pour qu’il se l’approprie –, c’était de faire courir avec une teinte Pantone un texte d’un écrivain haïtien, René Depestre, qui était un poème d’adolescence qu’il avait écrit sur ce carnaval de Jacmel, lorsqu’il avait 16 ans et qu’il habitait à Jacmel.
C’était une coïncidence, parce que c’est l’écrivain haïtien qui est reconnu comme étant le père de tous les écrivains actuels de cette génération de poètes-écrivains haïtiens.
Et on avait décidé ça, de vraiment coupler-mélanger ces images extraordinaires qui font remonter du fond des âges tout ce qui couve sous la société haïtienne, avec ce formidable texte, mis en page avec, comment dire, beaucoup d’innovation typographique.
Voilà. Ce que je voulais dire par là, en citant cet exemple, c’est que ça dépasse le simple fait de faire un chemin de fer, d’images.
L’idéal, c’est quand tu as vraiment un truc à trois, graphiste, photographe et éditeur.
Après, l’écrivain c’est délicat, parce qu’il n’a peut-être pas une place aussi forte, ou très rarement, en tout cas je ne l’ai jamais vécu, sur la conception d’un livre.
En général il envoie son texte et on l’intègre.
Ça pourrait se faire, qu’un écrivain soit beaucoup plus participant, mais je n’ai pas encore rencontré la personne qui était dans cette demande.

Où sont fabriqués les livres ?

Thomas : Alors, une question un peu personnelle et une plus générale. Un peu personnelle : est-ce que tu as des papiers ou des choses que tu préfères, des matières que tu aimes plus, etc. ?
Et du coup, la question qui va avec, c’est : où est-ce que sont faits ces livres et comment tu trouves les personnes qui vont te le fabriquer correctement, comme toi tu veux ?

Éric : Ça, c’est pas facile. Ça, j’ai été surpris que ce soit si complexe de trouver des imprimeurs qui ont envie de parler papier.

Laurent : Ça paraît surprenant, c’est quand même leur métier, quoi.

Éric : Dans mon esprit, c’était normal, ça faisait partie du métier d’imprimeur de parler papier. Et puis finalement, je me suis très vite rendu compte que non, les imprimeurs sont pris, ce n’est pas leur faute, dans une nécessité, la plupart du temps en tout cas, de rentabilité qui fait qu’il faut produire produire produire, et que la plupart des imprimeurs préfèrent se caler sur un papier ou deux papiers ou trois ou dix papiers, plutôt que de faire des découvertes qui les amèneraient à faire une étude, à se pencher sur un nouveau truc qui serait facturé à personne et que, etc.
Il n’y a pas toujours des cellules de recherche et d’innovation.

Thomas : En fait, c’est l’art qui rencontre l’industrie, un peu.

Éric : Oui, exactement.

Laurent : Il y a la réalité économique derrière.

Éric : Eh oui, donc… Surtout dans des domaines où tu vois les coûts d’une machine, c’est des dizaines de millions d’euros, donc… tu fais attention à la rentabiliser, ta machine.
Donc, ça, c’est pas facile. Parce qu’on s’est confrontés, souvent, quand on n’avait pas encore fait – maintenant on est à 35 livres, donc ça commence à peser, les gens se disent : ah oui, ce serait peut-être bien qu’on travaille avec Light Motiv, donc ils font plus attention.
Quand tu en es à ton dixième livre, ben tu cherches, quoi. Tu cherches le partenaire, tu cherches avec qui tu vas vraiment travailler, en technicocommercial, c’est-à-dire quelqu’un qui va être aussi bien capable de te faire le devis et de te proposer des solutions. Et ce n’est pas si évident.
Alors, bon, tu as quelques imprimeurs en France qui se sont spécialisés, en Belgique, en Italie, en Espagne, au Portugal, mais il faut les connaître bien pour acquérir une relation équilibrée et de confiance.
C’est rarement la première fois où tout s’établit. C’est sur le temps que ça se travaille et que, petit à petit, ils te montrent leurs trucs un peu plus secrets.

Thomas : L’arrière-boutique.

Éric : Voilà, c’est ça.

Laurent : Est-ce que tu as dû changer d’imprimeur ?

Éric : Malheureusement, pendant longtemps j’ai changé d’imprimeur. Parce que chaque histoire se finissait mal, en général.
Donc au bout de la troisième ou quatrième impression, il y avait une sorte de laisser-aller, et puis c’était moins bien fini. Et là je me disais : ben non, ça ne va pas. Parce qu’une constante des imprimeurs, malheureusement – je ne vais pas me faire que des amis –, c’est qu’ils ne reconnaissent pas leurs torts.

Thomas : Reconnaître ses torts, c’est refaire. Donc ça a un coût démentiel.

Éric : C’est la plupart du temps. Ils ne veulent pas repartir sur un truc qui serait à perte pour eux, donc, grosso modo, tu n’as guère de solutions même quand tu vois quelque chose de vraiment mal fini. Le problème, souvent, en France, ça va, on reconnaît l’erreur. Parce que c’est en France, parce que juridiquement il peut y avoir des suites. Mais si ça se passe dans un pays étranger, là ils savent bien qu’ils sont abrités par la frontière et que ça va être vachement compliqué d’aller faire une suite juridique dans une langue étrangère.
Donc tu cèdes. C’est ça la difficulté.
Mais donc, les imprimeurs, ça a été un travail de repérage progressif, pour me dire : voilà, j’ai envie de travailler avec untel ou untel. Il y a, je ne sais pas, cinq ou six imprimeurs avec qui je suis en contact, et qui sur tel ou tel dossier me paraissent le mieux adaptés.
Je ne peux pas dire à chaque fois : je vais aller chez cet imprimeur-là.
Mais suivant le papier, effectivement, suivant les machines qu’ils ont – parce que petit à petit, il faut apprendre les machines –, suivant le type d’encre qu’ils veulent bien utiliser – parce qu’elles sont beaucoup plus chères, ça, tu le sais au bout d’un moment. Voilà, suivant la finition : est-ce que c’est fini chez eux, en termes de façonnage ? Ou est-ce que c’est fait par un sous-traitant ?

Thomas : C’est quoi la finition ?

Éric : Le façonnage, la reliure.

Thomas : Ça, c’est la finition ?

Éric : Oui. La reliure, le façonnage. Souvent c’est fait par un sous-traitant, dont tu ne connais pas l’existence. Donc tu ne vas pas assister au, ce qu’on appelle le bon à tirer chez le façonneur. En tout cas, jamais on ne me l’a proposé. Et c’est souvent là qu’il y a des problèmes.
Parce que, tu vois, c’est quand même complexe, un façonnage. Il faut tout recréer, recoller, assembler les cahiers, placer le tranche-fil. Tu as plein de choses qui doivent être nickel, au final. Tu vois, il faut que ça reste à la perpendiculaire.
Au final, il faut que tout soit parfait. Et ce n’est pas toujours le cas.
Et là, tu n’as guère de recours, parce qu’ils disent : non, c’est le sous-traitant. Et ça se perd dans les limbes de la chaîne de production.

Thomas : Et du coup, ma première partie de ma question : tes préférences ? Est-ce qu’il y a des papiers sur lesquels tu préfères travailler, des matières, des finitions ?

Éric : C’est toujours évolutif. C’est-à-dire que, vraiment, je pense que j’essaie beaucoup de choses. Là, sur la table, on voit des choses différentes. On voit des couvertures avec un papier rembordé ; le papier est brut, il peut être soit gaufré un petit peu comme ça pour inscrire à l’intérieur, ici avec une encre argentée, le titre et le nom de l’auteur.


Là c’est simplement imprimé dessus, avec une fenêtre en découpe dans laquelle on vient ensuite placer une photographie supplémentaire.


Là c’est simplement une reliure pelliculée mate.


Là, bien sûr, il y avait eu cette découverte d’un imprimeur au nord de la Belgique, qui était capable de faire ça. C’est le seul imprimeur, apparemment, en Europe de l’Ouest, qui sait faire ça.


Dust, c’est un papier non couché, dont je parlais tout à l’heure. À l’intérieur et sur la couverture, c’est le même papier. C’est rare, ça, qu’on utilise le même papier. Et donc, on voit bien en feuilletant l’ouvrage qu’on est sur quelque chose de très tactile, qui essaie de reproduire le mieux possible l’impression et la confusion peinture qu’il y a sur les images de Jérémie Lenoir, que ce soit en ça que les gens adorent dans les photos de Jérémie, qu’ils ne sachent plus dire si c’est une image abstraite peinte ou… quoi ? De toute façon, ils ne savent pas ce que c’est.

Laurent : S’il n’y avait pas des livres photo autour, ils n’auraient pas l’indice.

Éric : Donc c’est vrai que c’est évolutif, Thomas, pour te répondre plus précisément, plus complètement. Parce que, aussi, les techniques évoluent. Donc, tu vois ce que je te disais, sur le papier non couché, il y a cinq ans, je ne m’y serais pas risqué. Maintenant j’avance sur le papier non couché, jusqu’à faire un livre de paysages, La Ligne d’eau, sur papier non couché. Ce qui est encore assez rare. Je n’en connais pas beaucoup de livres de paysages faits là-dessus.
Parce que ça crée quand même une sorte de surprise. On ne s’attend pas à voir des images de paysages comme ça avec ce rendu-là.

Thomas : C’est vrai que c’est très mat, en fait. J’aime beaucoup.

Éric : Voilà, ça crée quelque chose de différent.

Thomas : Il n’y a aucun reflet.

Éric : Mais c’est comme tout. Je veux dire, on obtient une autre brillance que la brillance habituelle sur un papier couché.
Après, quand on retourne sur un papier couché, tu te dis : eh oui, non, c’est quand même méchamment brillant un papier couché. Même si c’est imprimé sur une surface mate.
Donc tu te dis : ben oui, tout ça, c’est juste des codes, des normes, des acceptations d’ensemble de l’éditeur, du lecteur. On s’habitue à recevoir la photographie dans tel ou tel type de support.

Laurent : Et puis on peut supposer que si ça devient possible techniquement maintenant, ça va se répandre, et que du coup dans vingt ans on se dira : tiens, sans doute ce bouquin vient de 2020 et après parce qu’avant on n’en faisait pas trop.

Éric : Tout à fait. Tout ça évolue.

Laurent : Ça peut même faire changer la norme, et après presque, dans vingt ans on va redécouvrir le papier couché.

Thomas : J’avais entendu, tu vas me dire ce que tu en penses, je ne me souviens plus de la citation exacte, mais je crois que c’était dans l’émission Regardez voir de Brigitte Patient. J’avais entendu qu’ils disaient qu’on ne vendait jamais autant de livre photo que maintenant, mais qu’il n’y avait jamais eu autant d’éditeurs. Que le marché s’était vraiment fragmenté, qu’il y a beaucoup plus de petits éditeurs. Est-ce que c’est quelque chose que tu ressens ? Est-ce que tu sens plus de compétition ? Est-ce que tu aimes bien ça, parce que c’est très divers ? C’est quoi ton ressenti sur ça ?

Éric : Moi, j’ai peut-être pas l’avis de l’ensemble des éditeurs photo. Mon expérience personnelle, elle est plus optimiste, sans doute, que la moyenne des éditeurs photo.
Moi, je pense qu’effectivement le public est en train de changer. Le public des ouvrages photographiques est en train de changer. Je le vois dans les salons, les festivals sur lesquels on vend nos livres. Il se rajeunit beaucoup.

Avant, c’était plutôt des collectionneurs. L’ouvrage photo était une manière chic de présenter la photographie. Et on avait affaire à un public de collectionneurs qui était vraiment très qualitatif, qui espérait obtenir quelque chose qui dans vingt ans aurait une cote et pourrait accompagner sa vie, même s’il n’avait pas l’envie de les revendre, mais en tout cas l’envie de se dire : ah oui, j’ai acquis quelque chose qui a une certaine valeur.

Maintenant, il y a de plus en plus de livres, comment dire, de toutes natures. Tu as vraiment une échelle de prix beaucoup plus large ; ça va environ de 10 à 70 €. Et je trouve que l’offre, même si elle est encore, pour les jeunes, extrêmement difficile à atteindre, parce qu’un étudiant en photographie en école d’art, il ne va pas mettre 25 ou 30 € sur trois livres par mois.
Mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’on voit ce public, alors que je trouve qu’on le voyait peu avant. Donc il y a une curiosité qui s’est multipliée sur la photographie de façon générale, c’est sûr. Et donc sur l’édition photographique.

Parce que, pourquoi les éditeurs sont suivis ? Parce que, peut-être parce que, encore plus que les galeristes, ils sont accessibles facilement, et ils présentent, dans le flot monstrueux d’images qui nous envahissent, un choix.
Ils disent : voilà, on sort du flot ce rocher-là. C’est un livre, et on vous dit : voilà, on a sélectionné ça, on montre ce travail. Donc c’est que déjà il y a eu derrière toute une histoire qui a fait qu’on a décidé que c’était nécessaire de faire ce livre.
Donc je crois que ça oriente un peu l’apprentissage, la réflexion, dans cette envie en ce moment très étendue de connaître la photo, de connaître l’image.
Voilà, moi je suis assez optimiste, en fait, sur le devenir de l’édition photographique.

Sur le nombre d’éditeurs photo, c’est pas tant le nombre d’éditeurs photo, parce que, grosso modo, c’est assez stable, en France en tout cas. En tant qu’éditeur photo, je ne sais pas, on a vite fait le tour quand même. Tu en as entre trente et quarante. Mais c’est beaucoup d’autoédition. C’est ça qui est différent ; c’est pas des éditeurs photo, c’est des auteurs qui se disent : je vais faire mon livre. Alors pas toujours pour les mauvaises raisons, c’est-à-dire pas toujours parce qu’il n’y a aucun éditeur qui en veut – ça, c’est vraiment la mauvaise raison –, mais parce qu’ils ont envie de pousser le plus loin possible avec un ami qui est graphiste, et ils connaissent un imprimeur, et ils ont envie de faire le truc tous ensemble.

Et du coup, ça donne une impression de pléthore d’offres, effectivement. Parce que, finalement, ça, si tu as 10 000 €, tu le fais.
Même moi, ça dépend du nombre d’exemplaires que tu tires ; pour 5 à 6 000 €, tu peux faire un livre.
Donc c’est vrai que, après, dans les salons, les festivals, tu vois beaucoup de jeunes gens qui font leur premier livre photo comme ça.
Quelquefois, d’ailleurs, ça devient une forme répétitive, parce qu’ils vont en faire deux, trois en autoédition, quatre. Mais c’est toujours leur livre. Après, de temps en temps, ça devient un éditeur.

Un des meilleurs éditeurs actuels, qui est à la fois quelqu’un que j’adore et dont les livres sont parmi les plus beaux internationaux, c’est Vasantha Yogananthan avec la maison d’édition Chose Commune.
Chose Commune, ça a démarré avec un livre de Vasantha. Et ensuite ils se sont ouverts et progressivement c’est devenu une très très belle maison d’édition.

Thomas : C’est marrant, je ne connais pas. J’étais persuadé que tu allais dire Xavier Barral ou…

Laurent : Pareil, j’attendais. C’est bien, on apprend quelque chose.

Thomas : On va aller regarder ça sur Google, dès qu’on va rentrer.

Les nouveautés à venir chez Light Motiv

Laurent : Du coup, pour finir, qu’est-ce qui arrive chez Light Motiv ?

Thomas : De l’exclu et du rêve.

Éric : Là, sur la table, il y a notre prochain livre, Les Enfermés, qui paraît le 2 juillet. Donc je ne sais pas quand la vidéo sera présentée. Le 2 juillet, c’est bientôt.

Laurent : Sans doute un peu après.

Éric : C’est donc ce travail qui est le bilan de l’action d’Adeline Hazan, qui était contrôleur général des lieux de privation de liberté, et qui arrête aussi sa mission au 1er juillet.
C’est un livre composé de témoignages, d’extraits de rapports effectués en urgence pour dire aux centres pénitentiaires ou hôpitaux psychiatriques : vous devez absolument changer ça. Combinés avec les photographies de Jean-Christophe Hanché qui, pendant trois ans, a été en mission avec le contrôleur dans les différents lieux de privation de liberté.
C’est un ouvrage qu’on a voulu inscrit dans l’édition photographique, alors que la commande n’était pas forcément exactement ça au départ.
Ça reste un livre de photographe et d’édition.

Thomas : Combien d’exemplaires ?

Éric : Là, c’est 1 600 exemplaires.

Thomas : Dépêchez-vous.

Éric : C’est un livre, tu vois, et comme souvent c’est ce qu’on recherche, qui ne s’adresse pas seulement à un public d’amateurs de photos. Évidemment, ça s’adresse à tous les gens qui ont, d’une façon ou d’une autre, à travailler ou à étudier avec les lieux de privation de liberté, que ce soit les prisons, les hôpitaux psychiatriques, ou les centres de rétention administrative.
Donc, ça, c’est le 2 juillet.

À la rentrée, on sort deux ouvrages de Frédéric Cornu, le même jour.
On sort un ouvrage sur les paysages qui va être assorti à l’exposition qu’il y aura à l’Institut pour la photographie, à Lille. C’est pour ça que la préface est faite par Anne Lacoste, qui est la directrice de l’Institut. Et simultanément, et vraiment, comment dire, c’est inattendu, parce que ce n’était pas prévu, il y a une autre exposition de Frédéric sur des portraits hallucinants, fantastiques, en noir et blanc, extraordinaires. Moi je pense que c’est une date dans l’histoire du portrait. Une exposition qui va se faire à l’Espace 36 à Saint-Omer. Et du coup on fait aussi un livre pour cette expo.
Donc du coup on a vraiment 2 facettes qui paraissent complètement différentes : le portraitiste en noir et blanc sur fond noir, images de personnages entourés d’un drap noir, tu ne vois que le portrait qui apparaît, comme s’il venait de la nuit des temps ; et les images de paysages plus ou moins désertés par la vie, enfin il n’y a quasi personne. Si on regarde l’ouvrage, il n’y a pas une seule voiture, par exemple, sur le tracé du canal Seine-Nord.
Et c’est vrai que ces deux ouvrages qui paraissent totalement dissemblables sont incroyablement complémentaires.
C’est quelque part normal que ça vienne du même regard.
Donc on sort les deux ensemble, le 10 septembre.

Et puis, le livre qui sera LE livre de Noël, parce qu’on suit quand même le calendrier de sorties.

Thomas : Vous savez quoi m’offrir.

Éric : Oui, c’est pour offrir. C’est un livre, on va dire, plus « détendant », mais en même temps qui correspond aussi à notre ligne éditoriale et, quelque part, à nos choix politiques. C’est un livre de Charles Delcourt sur l’île d’Eigg ; vous avez peut-être entendu parler de tout ce gros travail de Charles, qui avait été sélectionné à La Gacilly, dans 6Mois il y avait eu un très beau portfolio, dans plein d’autres journaux.
C’est donc un travail à la fois de photographe et je dirais presque de visiteur, d’ami, sur une île qui a été rachetée par ses habitants, au large de l’Écosse. Cent habitants qui possèdent leur propre île, et qui du coup sont en autonomie énergétique et ne dépendent de personne.
C’est très étonnant, le système de gouvernance n’est même pas celui d’une commune. Ils s’organisent, ils ont racheté l’île au lord qui la possédait, donc ils s’organisent totalement. Ils vivent du tourisme, de l’élevage, et chacun peut avoir un autre métier. Évidemment, avec le numérique tu peux avoir plein de métiers à la maison.
Et donc, c’est un peu cette, comment dire, communauté, mais surtout cette vie différente, un peu parallèle à la nôtre, un peu comme une sorte d’alternative utopique possible, après tout, qui est présentée dans cet ouvrage avec beaucoup de fantaisie et de joie de vivre et de paysages absolument magnifiques.
Ça, c’est vraiment l’ouvrage de la fin de l’année, ça s’appelle  Isle of Eigg, l’île d’Eigg.
Voilà, c’est les quatre ouvrages qui sont en ce moment dans les tuyaux.
Après, visibilité 2021, il y aura un livre d’Olivia Lavergne, et puis après, je cherche. J’ai encore la faculté d’envisager les prochains.

Laurent : OK, super. C’était prévu qu’on fasse des vidéos à l’Institut pour la photographie pour le montage, mais comme ça a été reporté à septembre, pour des raisons évidentes, du coup il y aura peut-être…, on verra. On verra de quoi je parle à ce moment-là, mais pourquoi pas une vidéo sur le montage de cette expo-là, ce serait intéressant.

Éric : Oui, complètement, et en plus, c’est Marion Ambrozy qui la monte.

Laurent : On va faire deux épisodes.

Éric : Tu es en territoire connu.

Laurent : À mon avis, on va faire tourner les mêmes personnes, c’est plus simple.
Et puis ça peut être intéressant de voir le rapport entre expo et livre.

Éric : Oui, complètement.

Laurent : On part d’une même œuvre et on la présente dans deux formats très différents. Ça pourrait être intéressant.

Éric : Tout à fait. Forcément, ça va présenter un travail de façon différente. C’est pas du tout la même organisation. L’exposition, évidemment, le degré de lecture n’est pas du tout le même que page à page.
Donc, voilà, il faut l’organiser autrement.

Laurent : Merci beaucoup de nous avoir accueillis. C’était passionnant. J’ai appris plein de trucs.
C’est cool quand j’apprends plein de trucs et en même temps que vous vous regardez la vidéo. C’est vraiment génial.
Et puis je vous mets les liens en description vers le site de Light Motiv, vers Terrils – il n’y a pas que Terrils. Il me tient beaucoup à cœur.

Éric : Tu peux montrer la couverture, peut-être.

Laurent : Oui… tu peux le prendre pour moi, j’ai le bras long, mais pas à ce point-là.
Terrils, qui est ici. Achetez-le. Achetez les autres aussi, mais…

Éric : Tu vois, ça, Terrils, on n’en a pas parlé, mais c’était l’expérience de ne pas mettre le titre en couverture. Ni le titre ni l’auteur.
Je voulais la couverture qui soit la plus épurée possible.

Laurent : Et d’ailleurs, moi je n’y pense pas parce que je sais ce que c’est qu’un terril, mais quand on ne connaît pas, ça doit être un peu mystérieux, finalement, ce truc au loin. Ça a l’air un peu petit pour être une montagne, un peu grand pour être une colline, mais c’est quand même un peu pointu.

Thomas : Ça fait mont Fuji, un peu.

Laurent : C’est ça, oui, je pense que ce n’est pas un hasard si c’est représenté comme ça.
OK. Eh bien, merci pour tout. Je vous mets tous les liens en description, et puis n’hésitez pas à poser vos questions, etc. Et puis on se retrouve très bientôt dans une prochaine vidéo, et d’ici là je vous dis à bientôt, et bonnes photos !

Thomas : Et achetez des livres !

Éric : Oui, très bonne idée, merci !

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