Mais qu’est-ce que vous faites là ?

(Précision : ceci est un article invité plein de bonnes questions écrit par Thomas Hammoudi, c’est donc lui qui s’exprime dans cet article 😉 )

Introduction

Comme qui dirait, il n’y a de bons remèdes que ceux que l’on ose s’appliquer à soi-même, je vais donc commencer par répondre à ma propre question : qu’est-ce que je fais là ?

Je m’appelle Thomas Hammoudi, j’ai 27 ans, je suis un photographe basé à Rouen, j’ai ouvert un blog pour accompagner ma pratique. Je l’ai commencé dans l’esprit du sens originel que porte le mot : web-log, soit, pour les moins anglophones de la foule : un journal en ligne. Mais un journal de quoi ? Quand j’ai commencé la photographie, j’ai fait les choses dans l’ordre, j’ai commencé par lire de nombreux ouvrages sur le sujet (tous sont dans ma bibliographie) et par construire mon propre raisonnement et l’analyse de ce que pouvait être ce champ artistique. Et ma tête ayant un espace de stockage limité en idées, j’ai commencé à rédiger ce blog pour garder une trace, et y faire de la place pour y mettre la suite. Mon blog, c’est un peu l’équivalent d’Aurillac sur la carte de France… Du coup, quand Laurent l’a découvert,  l’a apprécié, et a décidé de me laisser carte blanche pour un article ici, je n’ai pas pu résister. 🙂

Je vais jouer la transparence avec vous (ce qui va devenir de plus en plus rare en cette année d’élection présidentielle, profitez-en !). Comme je viens de vous l’expliquer, mon blog est une sorte de « carnet de voyage », et j’aurais eu l’impression d’en arracher une page en écrivant un article complet (comme je les conçois) sur apprendre-la-photo. Finalement, je me suis dit qu’avec un peu d’audace, on pourrait rendre les choses tout aussi intéressantes ; ainsi, ma contribution au blog de Laurent, c’est simplement cette question :

Qu’est-ce que vous faites là ?

PS : je vais sans doute vous bousculer un peu plus que Laurent ne le fait, mais il n’y a aucune mauvaise intention. « Qu’est-ce que tu fais là ? » ça doit être la phrase que je dis le plus à ma chatte, et elle s’en porte très bien. Sur ces douces paroles, démarrons.

Miha - T. Hammoudi

Voyez comme elle a l’air perturbée…

Et là vous vous dites : « Quoi ? Tout ça pour ça ?! C’est facile… Je suis là pour… »

« Apprendre la photo »

Alors, ça paraît tellement évident que ça donne l’impression d’enfoncer des portes ouvertes à la vitesse d’Usain Bolt. Donc on va tout de suite couper court à cette possible piste, pour la simple et bonne raison que l’on apprend les choses parce que l’on a un but. Par exemple, vous n’avez pas passé le permis pour le plaisir de maîtriser une voiture (personne ne supporterait l’apprentissage désuet et rébarbatif du Code de la route juste pour ça). Vous l’avez fait parce que vous en aviez besoin pour travailler, voyager, ou autre.

Et soyons honnêtes, comme le disait Laurent dans cette vidéo, dans la technique photographique, il n’y a rien de vraiment très compliqué à maîtriser. Là où d’autres disciplines artistiques demandent plusieurs années de pratique avant de produire un résultat satisfaisant (essayez de danser un ballet…), la technique photographique s’apprend en quelques mois. Depuis ses débuts elle ne se résume qu’à trois paramètres, dont tous les autres découlent : ouverture, vitesse d’obturation et sensibilité ISO. En comprenant ces bases et en pratiquant un peu, vous pouvez arriver rapidement à des résultats très corrects, techniquement.

Il n’y a donc aucun intérêt à apprendre la photo (sous-entendu « apprendre la technique photo ») si vous n’avez pas une idée de quoi en faire. Du coup, si vous êtes là pour ça, vous comptez en faire quoi, de ces connaissances ?

« Faire de belles images »

Alors, pour la faire courte, il n’est pas possible d’avoir pour but de faire de belles images, du moins, ce n’est pas une position défendable logiquement. Bon, là ça va se corser un peu, et comme chaque chose qui se corse, on va faire appel à un allemand, j’ai nommé : Emmanuel Kant (« Manu » pour les intimes).

Comme je le dis dans cet article, il n’y a pas d’intérêt à chercher le beau dans l’art, du moins dans son acception générale =  ce qui plaît à la masse. Principalement parce que la notion « communément » admise de ce qui est beau se périme avec le temps, et que cela reviendrait donc à courir après lui. De plus, définir la beauté est un exercice périlleux, comme le dit Rothko. La beauté est une exaltation provoquée par un (ou plusieurs) stimulus, exaltation composée d’une sensation (« c’est beau« ), d’un sentiment (la joie/tristesse/mélancolie, etc.), et d’une approbation intellectuelle (« cette œuvre est bien composée« ) dans son état le plus haut. Sachant que l’on peut trouver le fait de devenir parents, comme un coucher de soleil, beau, que le spectre des stimuli provoqués par ces événements est extrêmement large, définir le beau s’avère complexe.

Emmanuel Kant , dit « German Swaggy Boy »

Emmanuel Kant , dit « German Swaggy Boy »

Kant, énonce 4 principes dans sa Critique de la faculté de juger, et c’est la deuxième qui va nous intéresser aujourd’hui. Il déclare :

Est beau ce qui plaît universellement et sans concept.

Kant.

La dernière partie de la phrase étant sans doute la plus importante : on ne peut conceptualiser le beau. C’est-à-dire que l’on ne peut pas expliquer ce que l’on trouve beau dans quelque chose ; pour reprendre nos exemples : il n’est pas pas possible d’expliquer ce que l’on trouve beau dans un coucher de soleil, d’en faire un concept, et de retrouver exactement le même dans la naissance d’un enfant, ou une ballade de Chopin. Enfin, quand je dis que ça n’est pas possible, disons juste que si vous y arrivez, pensez à prévenir la communauté philosophique, elle en sera très heureuse.

La première partie de la phrase, résumée grossièrement (elle se comprend mieux quand on lit les 3 autres), dit juste que le beau plaît universellement, du moins, tend vers cela. Et, qu’ainsi, quelque chose qui ne plaît qu’à vous ne peut être beau.

Ramené à nos préoccupations photographiques, cela signifie donc, pour enfoncer le clou tel Ponce Pilate, que vous ne pouvez pas dire « Je veux produire de belles images », cela restera un vœu pieux, car vous chercheriez à appliquer un concept qui n’existe pas. Et c’est même totalement logique : si on avait la recette du beau, ça fait longtemps qu’on l’appliquerait à tort et à travers. Nous avons seulement celle, plus ou moins fiable, de ce qui plaît, mais c’est une autre affaire…

Mais pas de panique, de nombreux photographes s’en sortent très bien sans cette quête impossible. Comme William Eggleston, un pilier de la photographie contemporaine. Il s’intéresse au banal, qu’il photographie sans cesse depuis les années 60 autour de Memphis. C’est l’un des pionniers de la photographie en couleurs dans le monde de l’art. Et aussi un dandy assez particulier.

Photographie – W. Eggleston

P.S. : si vous voulez un topo complet sur le sujet, tout est dans cet article. Et quand je dis complet, c’est complet.

« Photographier des souvenirs »

Vous commencez à comprendre comment ça marche, et vous devriez déjà voir l’anguille sous la roche. De façon générale, les notions de souvenir et de réalité sont assez peu fiables, et pour la première, je vous renvoie à Bruce qui explique ça bien mieux que je ne pourrais le faire.

Concernant la réalité (dans les arts et particulièrement dans la photographie), sa compréhension a été l’occasion d’une production philosophique des plus conséquentes. Il serait totalement illusoire d’imaginer la résumer ou d’en conclure quelque chose dans le format d’un article, tant le champ est vaste et complexe. Il s’agit d’un sujet dont l’intérêt intellectuel n’égale que l’ampleur. Du coup, afin de rester concret et efficace, tout en titillant la question de la réalité en photographie, on va faire l’inverse, et prendre le parti d’y réfléchir d’un point de vue scientifique. Sortez les blouses blanches, on y va.

P.S. : encore une fois, ce n’est qu’un aperçu, un article complet sur le sujet est à paraître sur le blog.

Ce que capture l’appareil

Votre appareil ne capture qu’une frange de ce que l’on considère comme la réalité. Imaginons que vous êtes en train de photographier une scène, disons, au hasard, une montagne.

Photographie – R. Axelsson

Là, c’est enfin l’heure des mathématiques : imaginons que vous ayez un objectif 11 mm, monté sur un capteur APS-C (vous êtes riche, mais pas trop). Avec cet objectif, vous avec un angle de 104° en largeur, et environ 70° en hauteur (le capteur du format étant 3:2, la hauteur est « moins large »). Du coup, dans un monde qui, lui, n’a pas de limites, vous capturez horizontalement 29% de la scène, et 19% de la scène verticalement (si vous photographiez dans le sens « paysage »). Autant dire que c’est quand même pas beaucoup, sachant que là on a un grand-angle, donc avec un 70 mm, les proportions deviennent ridicules.

Donc, vous découpez le monde à la hache avec votre appareil, mais c’est encore pire si l’on considère cela d’un point de vue temporel : on enregistre l’image en général entre 1/1000e de secondes et 30 secondes. Comparée à l’écoulement infini du temps, la notion de capture de la réalité tombe en chute libre. Même si c’est le propre de la photographie de choisir un instant dans le flux du temps, il faut garder à l’esprit que celui-ci est tellement infime qu’il peut difficilement représenter la « réalité ».

Le cas de l’ingénieur japonais

Toute la joyeuse équipe réunie après la fabrication d’une pomme goût saumon.

L’ingénieur japonais, c’est sans doute la personne que l’on oublie le plus dans tous les débats techniques, et pourtant, il a décidé de tout. On aurait pu prendre un Allemand, mais comme personne n’a les moyens de se payer un Leica, le Japon ça sera très bien.

L’ingénieur japonais, c’est celui qui a conçu les produits que vous utilisez pour faire de la photographie (de l’appareil à l’objectif, en passant par le logiciel de développement/retouche) et son travail n’est pas neutre, loin de là. Il prend plein de décisions, pour répondre à un cahier des charges industriel, et aussi à votre besoin (un peu). Il décide de plein de choses, trop pour les énumérer, mais dont voici un petit florilège :

  • Tout le fonctionnement de votre capteur : sa dynamique (où il peut aller du plus clair au plus sombre), ses couleurs, son nombre de pixels, le nombre de photosites qu’il contient et comment ils sont répartis. Cela a un impact de premier ordre, le capteur étant le premier élément qui permet de passer d’un monde analogique (la lumière est continue) à un monde numérique (la lumière est découpée en valeurs d’un signal numérique, discontinu par définition). Si vous changez ces paramètres, votre capteur capte le monde un peu différemment.
  • La conception de votre objectif : son angle, les détails qu’il va pouvoir reproduire, le contraste, la quantité de lumière qu’il peut envoyer au capteur…
  • Le logiciel interne de votre boîtier : là c’est complètement la fête. Et ça commence même largement avant que la photo ne soit prise : C’est quoi une bonne exposition ? Il est où le sujet ? Je fais la mise au point sur quoi ? C’est net réglé comme ça ? Vraiment net ? ISO 800 et f/2.8 c’est bien ? Ou je mets ISO 1600 et f/4 ? (Bon, allez, on fait ça…) Toute la partie automatisée du boîtier est conçue par l’ingénieur japonais, mais aussi le traitement des images (si vous shootez en JPEG, sinon c’est fait dans…).
  • Le logiciel de post-traitement : cela peut aussi être fait dans le boîtier, mais si vous le faites sur votre logiciel de retouche, le principe est le même. La première partie de ce traitement consiste à vous fournir une image JPEG de visualisation à partir du RAW, et chaque ingénieur a sa recette. On prend les données du fichier RAW et on les  interprète : tel pixel donne telle valeur… « Moi, je dis bleu clair ! » / « Non, c’est bleu vert ! » J’exagère un peu, mais comparez le travail effectué par deux logiciels différents, vous pourrez le constater vous-même. Ensuite, tous les algorithmes derrière les traitements fonctionnent sur le même principe : balance des blancs, contraste, exposition, correction des défauts de l’objectif. Tous visent une cible (jamais exactement définie de la même manière) avec une façon propre d’y arriver.

Et c’était pareil en argentique, pour le boîtier, comme pour la pellicule. Elle ne pouvait capter que certaines couleurs, et chaque marque avait son rendu (pour notre plus grand bien). Ce qu’il faut retenir, c’est que vous dépendez, pour capturer vos images, de choix industriels antérieurs. Il y a rien de mal là-dedans, il faut juste en avoir conscience : vous capturez un bout de la réalité (si tant est qu’elle existe) avec un produit sur lequel vous n’avez pas totalement la main. Cette capture, passage de l’analogique au digital, étant en partie le fait de décisions antérieures…

Donc pour résumer, notre mémoire est bancale, nos appareils imparfaits et loin d’être neutres, et par-dessus cela nous rajoutons nos choix. Vous pensiez photographier des souvenirs et la réalité ? Vraiment ? Et maintenant ?

Pour conclure cette partie, prenons l’exemple d’Hiroshi Sugimoto (杉本博司 pour les Japonais), un photographe japonais partageant actuellement son temps entre Tokyo et New York. Il est réputé pour son excellente technique photographique, centrée sur l’utilisation du format 8×10 pouces et des expositions extrêmement longues. Les aspects conceptuels et philosophiques de son travail sont tout aussi appréciés. Il est connu principalement pour ses séries sur les cinémas (Theaters, où le temps d’exposition est le temps du film, tels des « portraits de film ») ou celle de poses longues de l’océan au format carré, les Seascapes. Et c’est là que ça coince, il était là, présent (beaucoup plus longtemps qu’on ne l’est pour prendre des portraits, par exemple) quand il a pris ces photographies, mais s’agit-il de souvenirs ? Je vous laisse méditer.

Un des Theaters d’H. Sugimoto

Un des Seascapes d’H. Sugimoto

« Pour le plaisir »

Hum, pourquoi pas. Mais, l’éventail de plaisirs possibles est extrêmement large, pourquoi avoir choisi d’acquérir un matériel coûteux, de consacrer des heures à apprendre à s’en servir, autant à se cultiver, et le triple du tout à pratiquer, alors que d’autres plaisirs sont beaucoup plus immédiats ? Je pense que l’on sera tous d’accord pour dire que le rapport entre investissement fourni et plaisir reçu est très peu intéressant en photographie, surtout quand on compare cela à une bonne bière en terrasse ou à la lecture d’un bon roman (7 €, 7 heures de lecture !).

Donc, pourquoi vous être embêtés à faire ça si vous recherchez le plaisir ?

Conclusion

Vous en avez d’autres ? Non ? Vraiment ? Bon on s’arrête là, alors ? Très bien. Alors, après avoir lu tout ça, qu’est-ce que vous pouvez répondre à cette question : Qu’est-ce que vous faites là ?

Désormais, on se retrouve un peu dans la position de Socrate lorsqu’il énonça : « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ». Et croyez-moi, il n’y a pas meilleur endroit pour progresser, meilleur départ pour commencer son « voyage photographique ». Pour illustrer l’idée, on va employer une image de la mythologie judéo-chrétienne qui tombe assez à propos : celle de Moïse et du peuple hébreu qui traversent la mer (on aurait pu prendre la carrière de Florent Pagny, ça marche tout aussi bien).

Yihah ! C’est marée basse !

Au prix d’une aventure à la fois palpitante, riche de rebondissements et de paraboles religieuses, Moïse libère son peuple du joug des Égyptiens. Puis, fuyant lesdits Égyptiens, il traverse la mer (que Dieu, tombant à pic, a au préalable ouverte pour lui, malin) et se retrouve dans le désert. Et là, lui et son peuple, ne trouvant pas la Terre promise, vont errer 40 ans dans le désert. Oui, comme c’est la Bible, c’est toujours 40 ans, ni plus ni moins, la religion est affaire de précision. Au début, le peuple se plaint (comprenez bien que le désert, niveau coolitude on a vu mieux) et se fait petit à petit à sa condition, pour finalement trouver la fameuse Terre promise. Au passage, Moïse meurt juste avant d’y arriver, Dieu ayant apparemment un sens très personnel de l’ironie. En quoi ça nous intéresse ? Eh bien, dans tout changement de paradigme, de façon de faire, de réfléchir, il y a toujours un périple comme celui-là. Vous savez que vous avez de la route à faire, mais le chemin reste obscur, sinueux, et pas forcément le plus rapide. Mais si vous êtes tenaces, vous finirez tant bien que mal par y arriver.

Qu’est-ce que vous faites là ?

En réalité, il y a une réponse très simple à cette question, une réponse qui vaut bien tout le temps qu’on consacre à cette passion, toutes les heures à lire le boîtier de notre appareil, à se battre avec la technique, l’histoire, la composition. Une raison qui fait que même si on galère parfois, le peu de plaisir que l’on récupère vaut tout le reste. Je suis sûr que vous la trouverez tout seuls. Quoi qu’il en soit, vous êtes entre de bonnes mains, Laurent vous donnera un coup de main au pire.

Et si vous n’y arrivez vraiment pas, ou que vous y arrivez, mais que vous voulez plus, vous savez où me trouver. 🙂

Des bisous chez vous, et prenez des photos.

Et n’oubliez pas de partager l’article ! 🙂

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58 commentaires

  • On sort de ce qu’on voit d’habitude sur le net avec cet article. Et ça fait un bien fou. MERCI !

    15 septembre 2016
  • une belle découverte faite il y a quelques temps que ce Thomas 🙂

    15 septembre 2016
  • Tout est dit ici ! Merci pour l’ingénieur japonais, c’est ce que je me tue à expliquer à toute personne qui me dit que LR c’est tricher !

    15 septembre 2016
  • Quel article! belle initiative de Laurent, ça change et ça fait du bien! aux plaisirs de te lire Thomas

    15 septembre 2016
  • Merci..c’est génial ton article.

    15 septembre 2016
  • Un article de fond fort intéressant, merci.
    Une remarque toutefois: « Je pense que l’on sera tous d’accord pour dire que le rapport entre investissement fourni / et plaisir reçu est très peu intéressant en photographie »
    Le plaisir est justement dans l’investissement que requiert l’apprentissage, de même qu’en matère de voyage, le chemin est souvent plus intéressant que la destination (enfin à condition de ne pas prendre l’avion !)
    Bon, moi je dis ça, je dis rien.
    D’ailleurs, qu’est ce que fais là ?
    Allez hop, je sors…

    15 septembre 2016
    • Oui je suis d’accord. Je parlais du plaisir issu de la pratique, je n’avais pas pensé à celui issu de l’apprentissage. Encore faut-il que celui-ci ait un but, et là, on revient au début…

      Bonne journée !

      15 septembre 2016
  • Hey Thomas ! Top ton article. Tu as fait quoi comme études ? Philo ? Histoire de l’art / des religions ? Ou tu as juste ingurgité des centaines de bouquins ?

    15 septembre 2016
    • Hello Xavier !

      C’est un peu de tout ça en fait. J’ai une licence d’histoire (filière patrimoine) et un master patrimoine. Ensuite j’ai fais le master « Nouvelles technologies appliquées à l’histoire » de l’Ecole nationale des chartes.
      Du coup mes études m’ont principalement donné de la méthode (écriture, synthèse, etc.) et des connaissances techniques (que j’utilise pour gérer le blog, je fais tout seul).

      Pour le reste, j’ai avalé tous les bouquins de la bibliographie ! (thomashammoudi.com/bibliographie). Ça m’a pris 2 ans environ, je note les idées que je trouve intéressantes, et ça donne des articles.

      Bonne journée !

      15 septembre 2016
  • He bien en voilà un article qui interpelle. Bravo Thomas pour ces réflexions (pertinentes) et du coup je mets le lien vers ton blog en mémoire et vais m’y plonger (dans le blog) sous peu (cela fera partie de l’apprentissage car on a toujours quelque chose à apprendre).
    Et merci à Laurent de cette heureuse initiative

    15 septembre 2016
  • Bonjour Thomas
    Mon point de vue ! La photographie n’est pas une représentation de la réalité mais bien une interprétation artiste de ce que nous voyons, nous ressentons.
    Cela laisse alors tout loisir à laisser s’exprimer ma créativité, mon imaginaire et MA réalité…
    Seule la photo vouée à l’information devrait transmettre la réalité des faits. Et là encore, défi photographique et humain bien compliqué car il s’agit de la transmission d’une information par la seule réalité d’un photographe à un moment donné.
    Avec 20% de techniques photos et 80 % de créativité faire de la photo peut devenir un plaisir. Prise de vue ou post traitement, plus de tricherie puisqu’il s’agit d’un interprétation individuelle !
    Ainsi en cassant les codes, nous devenons des photographes heureux et sans complexes.
    Tout est question de point de vue. La méthode que je partage favorise le développement de son potentiel créatif pour réaliser des photos qui sortent du lot et se libérez de la technique. Le seul moyen de « proclamer la photographie » comme étant un moyen d’expression et un loisir. Je partage longuement cet art de vivre sur le Blog Apprendre la photo de voyage.
    Merci d’avoir exprimé ton point de vue et pousser chacun d’entre nous à se poser les bonnes questions.
    Mais les bonnes questions sont elles universelles ? 😉
    A bientôt
    Marie-Ange

    15 septembre 2016
    • Bonjour Marie-Ange,

      Merci d’avoir pris le temps de répondre et d’apporter ta pierre à l’édifice 🙂
      Je pense que nous partageons grosso-modo le même point de vue, même si nous l’exprimons différemment.

      Et je dirai… oui ! Les bonnes questions sont universelles. Pour prendre la plus grande d’entre elles, quand Einstein s’est demandé comment fonctionnait l’univers (enfin, pas sûr qu’il l’ait formulé ainsi), et qu’il a abouti à la théorie de la relativité, c’était une « bonne question », dont la portée et la réponse sont, intrinsèquement, universelles.

      Bonne continuation !

      15 septembre 2016
  • Bonsoir,

    Moi, je ce que je fais ici c’est les trois à la fois ou séparément. Faire de belles photos (au moins pour moi), prendre du plaisir et garder des souvenirs. Et pour rejoindre Freddec, j’ai pris du plaisir en apprenant, en découvrant d’autres possibilités. Et aujourd’hui je prends un grand, grand plaisir quand mon œil découvre la prochaine photo que je vais faire. Comme je le disais dans un de mes premiers articles, j’aime ce que m’a apporté la photo dans ma perception de ce qui m’entourait ; je vois plus, différemment. En fait, je ne me suis jamais vraiment posé la question du pourquoi (ou du pour quoi), j’ai essayé et ça m’a plu.
    Cordialement

    15 septembre 2016
  • Salut, et bravo pour l’article.
    Moi ce que je fais là, c’est apprendre à connaître assez mon appareil pour pour être libre et pouvoir prendre les photos que je souhaite.
    Moi mon truc, c’est les gens, leurs expressions et leur naturel. Ça a commencé à la naissance de ma fille pour changer des photos basiques. Ça s’est élargi, jusqu’à des tentatives de photo animalières. Mais on reste dans l’instantané, la captation d’instants.

    Au final, la réalité, la beauté m’importent peu. Ce ne sont pas des critères qui me motivent. J’essaie de figer ce que je perçois des gens.

    Voilà pour mon humble pierre de débutant.

    Bravo (et merci au quotidien Laurent!)

    15 septembre 2016
  • Ce que je fais la?
    C’est une excellent question,
    Je dirais que j’ai passé un bon moment à lire cet article et que ton approche des choses est très intéressante, qu’est ce que je fais quand je prends des images puis que j’en tire des photos, je dirais que j’essaie de sublimer quelque chose ou quelqu’un qui me plait, et que je prends plaisir à l’action de le faire, au contact particulier qui se fait, une photo nette droite et bien composée ne suffit pas, faut il encore avoir pu ressentir une émotion en la prenant et parfois la retranscrire.

    15 septembre 2016
  • Super je me suis régalé, et si je suis là c’est que cela me plait de faire de la photos et je ne regarde pas le rapport entre investissement fourni / et plaisir reçu car dans la vie on ne ferait pas grand chose si on ne regardait que le coté pécunier.
    @++
    Christian

    16 septembre 2016
  • Le Plaisir reçu n’est pas celui qu’on prend. Celui-ci est proportionnel au temps qu’on y passe.

    7€ pour 7h d’un bouquin sur la photo est un bon rendement non ?

    Un autre philosophe (je ne sais plus qui) disait :
    « La recherche est le seul travail de l’homme » : je prend du plaisir à apprendre la photo tout simplement.

    16 septembre 2016
    • J’adore apprendre aussi 🙂 Je comprends cette approche.
      Mais on boucle sur le premier point de l’article… 😉

      16 septembre 2016
  • Bonjour,

    Merci à Laurent de nous avoir fait découvrir Thomas.

    Et merci à Thomas pour cet article que je n’ai pas lâché avant le point final.

    je cours de ce pas sur ton blog Thomas, en espérant me régaler autant que je viens de le faire.

    16 septembre 2016
    • Super si ça t’a plu !
      Y’en a pas mal à paraître sur le blog, dont la suite de celui-ci (sur la réalité dans la photographie).

      Et… si tu ne te régales pas autant, n’hésite pas à m’écrire, je verrai ce que je peux faire ! 🙂

      16 septembre 2016
  • Bonjour, ​
    Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions.

    Fucius… Confucius

    Bon, la blague sur le nom, ça ne fait rire que moi…

    Qu’est-ce que je fais là ?
    Ben…
    Je suis curieuse de nature, j’aime la photo et je suis animatrice multimédia.
    Voilà pourquoi je suis là : pour moi et pour apprendre encore plus simplement à mes petites pommes !
    Je leur dis souvent qu’est-ce qu’une belle photo ? J’ai pas la réponse parce qu’il y en a autant que de personnes présentes dans la pièce…
    Qu’est-ce que je fais là ?
    Dire que j’ai adoré l’article et que ça me donne encore plus envie d’aller plus loin en photo…

    16 septembre 2016
    • Des petites pommes !
      ça va me rappeler mes années de médiateur culturel… Joli but !

      16 septembre 2016
  • Un bon moment de lecture, une vidéo bien perturbante et dans le même ton qui fait du bien ! Merci à toi et merci à Laurent pour la découverte ! Je m’en vais découvrir ta page, toi quoi… Ou du moins une frange de ta réalité !

    16 septembre 2016
    • Haha, découvrir ma frange de réalité, c’est pas mal ça !

      Hésite pas à fouiller ePenser aussi, c’est une mine d’or !

      16 septembre 2016
  • « Qu’est ce que je fais là ? », Je ma la pose souvent cette question et ça n’est pas avec ton article que j’aurai les réponses. Je n’y ai pas appris grand chose sauf qu’il ne faut pas faire du beau, non pas que je ne le savais pas mais parce que tu l’expliques peut être mieux que d’autres. On sait aussi depuis longtemps que la photo ne capture pas la réalité, on sait que ce que l’on capture dépend de la façon dont on manipule cette machine photographique et de comment elle fonctionne (ça nous ramène à l’ingénieur japonais). J’ai quand même appris que tu sais manier les mots et faire de belles phrases, mais ça n’est pas ça qui apporte des réponses à la question. Ton article a au moins le mérite de me faire poser d’autres questions et c’est peut être bien au fond car c’est ce qui permet d’avancer.

    16 septembre 2016
    • o_0

      Je ne sais dans quel sens prendre tout ça haha.
      Je ne dis pas qu’il ne « faut » pas faire du beau, mais qu’on ne « peut » pas objectivement. Libre à chacun de tenter après !

      Pour la réalité, ce n’est qu’un bout d’un article plus général et nuancer à paraître (courant octobre).

      Enfin, si tu te poses des questions, et que tu avances, tout roule !

      🙂

      16 septembre 2016
      • Pourquoi je fais des photos ?….
        J’avoue qu’avant cet article, je ne m’étais jamais posé la question. Je suis créative, j’ai fait du dessin, de la peinture, maintenant je prends des photos. Oui, mais pourquoi ?…
        Il y a plein de réponses.
        Peut-être pour laisser une trace éphémère de qui je suis, être présente au monde à ma façon, faire simplement plaisir en offrant une image à mes proches, partager et commenter des images, avoir un projet photo et me mettre au travail pour le faire s’épanouir, faire des rencontres, me remettre en question…
        Certains mettent toute une vie à construire un bateau, à écrire un roman, à planter un jardin. Moi, en ce moment, la pratique de la photo me fournit des matériaux pour me construire.
        J’ai eu beaucoup de plaisir et de curiosité à lire cet article passionnant, merci.

        19 septembre 2016
  • Article super canon. Ça fais rire et prendre conscience de notre « utilisation » de la photo.
    J’adore

    19 septembre 2016
  • Ce que je fais là ? … je pense que je cherche à savoir pourquoi je n’arrive pas à retranscrire le monde tel que je le vois dans mes photos. Chaque fois que je prend une photo, il est (très) rare que j’y retrouve ce que « j’ai vu ». Problème de technique ? …

    Oui nous somme tous là pour faire de belles photos mais, « belles » pour qui ? … Je trouve que ton article se porte beaucoup sur l’universalité alors que prendre une photo est avant tout personnel (quelque chose nous à tapé dans l’œil). Ensuite, libre à nous de la partager (et récolter des félicitations), mais c’est avant tout à nous même que nous voulons faire plaisir non ? … C’est le principe même de l’Art : l’artiste suit son inspiration et libre à son public d’aimer ou non.
    Quant à dire que LR c’est tricher (comme je l’ai lu dans les commentaires), combien de photos retouchées trouvons nous magnifiques ? … justement par leur côté irréel … Personnellement, j’aime jouer avec LR pour, justement, donner un ton « hors réalité » à certaines de mes photos.

    Ce que je fais là ? … je suis à la recherche de nouveau jeux. Lorsque je tombe sur une astuce sur comment faire ceci ou cela, je saute sur mon appareil, cours dehors et m’empresse d’essayer avec la joie d’un enfant à qui on a offert un nouveau jouet. Ca ne marche pas toujours, mais quel plaisir d’avoir joué tout de même !

    Pour ce qui est de l’investissement, sans vouloir jouer les rabat-joie, la photo que j’ai prise et qui m’a le plus « touché » est un simple contre-jour que j’ai pris sans vraiment le vouloir quand je faisais des tests avec mon vieux (tout neuf à l’époque) bridge bon marché… je n’ai jamais retrouvé cette sensation de « belle surprise » même avec mon canon 6D actuel …

    Bref, je pense que nous sommes là parce que nous sommes exigent avec nous même et que nous voulons augmenter nos capacités dans notre plaisir de saisir un instantané du temps … un instantané de notre vision de la réalité

    19 septembre 2016
    • Quand je disais que « LR c’était tricher » c’était ironique 🙂

      Bonne continuation pour le reste !

      Ps : pour la partie sur le beau, ce n’est qu’un abrégé de celle présente dans cet article : thomashammoudi.com/la-demarche-photographique/ qui traite le sujet de l’universalité que tu mentionnes.

      20 septembre 2016
  • Cher Monsieur, vous m’avez offert un moment de plaisir intense! Enfin une « philosophie de la photo » dans un texte agréable à lire, et, cerise sur le gâteau, pas la moindre faute d’orthographe ou de grammaire, ceci est bien normal de la part d’un Chartiste, mais si rare…
    J’ai imprimé tout le document afin de pouvoir le relire.
    Je vous remercie.

    19 septembre 2016
    • Un plaisir intense, carrément ! Et imprimé en plus, manquerait plus que le cadre… haha.
      Pour l’orthographe, j’utilise la solution la plus simple du monde : je me fais relire. Il y a une autre personne qui travaille dans l’ombre pour s’assurer que tout est propre avant publication.

      Bonne journée !

      20 septembre 2016
  • Excellent ! J’adore l’humour de Thomas (TH pour les intimes) et, bonne nouvelle, je ne sais plus du tout ce que je fais là. Mais comme disait l’autre, j’y suis, j’y reste et avec enthousiasme !

    21 septembre 2016
    • Haha, pour les intimes, c’est juste Thomas en fait, et l’autre, c’est Mac Mahon (non non, je n’ai pas du tout un problème avec la précision haha).

      Ravi que ça t’ai plu ! Bonne journée !

      21 septembre 2016
  • Eh oui! La photo c’est bien plus qu’une photo qu’un petit clic comme ça avec un smartphone… Ou un Leica. Cest un art. C’est à dire un art de vivre. Merci de l’avoir rappelé,et bravo pour ton article!

    23 septembre 2016
  • Bonjour,

    Je suis assez partagé sur cet article. A la première lecture, je l’ai trouvé intéressant même si je trouve certaines affirmations un peu faciles. Par exemple, la notion de beauté fait effectivement couler beaucoup d’encre (et de pixels, soyons modernes ! )chez nos amis philosophes mais, ramener à nos considérations bassement photographiques, je suis en droit d’apprendre la technique (et plus) pour faire des « belles » photos… de mon point de vue. Je n’ai pas nécessairement à rechercher une beauté universelle et éternelle. Si je trouve quelque chose de beau (même si je ne serais pas en mesure de conceptualiser pourquoi), je peux ressentir l’envie de photographier ladite chose et de « rendre justice » à cette beauté (ou de tenter de la communiquer) entre autres par la technique apprise ici (et là !). Si j’y parviens, j’aurai une « belle » photo (pour moi, voire, soyons fous, aux yeux d’autres personnes).

    Autre exemple, les souvenirs. On a toute une explication sur la notion de réalité et l’incapacité de l’appareil à « capturer » la réalité. Mais est-ce bien ce que l’on recherche ? Un souvenir n’est pas non plus la réalité, c’est une perception sensitive (et émotionnelle ?) d’un instant avec l’interprétation que l’on en fait. Il est forcément parcellaire (comme le capteur, nos sens ne perçoivent pas tout et on oublie… même nos souvenirs !), biaisé (analyse de ce que l’on perçoit, humeur…). Là encore, c’est la technique (et le reste, j’insiste) que me permettra de faire d’une photo une « photo souvenir », c’est à dire, ma perception et mes émotions à un instant t (qui peut être plus court ou plus long que la vitesse d’obturation, qu’importe) en présence d’une scène donnée.

    Bon, tout ça, c’est du détail car in fine, si je ne suis pas trop à côté de la plaque, la raison d’être de cet article, c’est bien de s’interroger sur notre pratique photo et là-dessus c’est clairement un succès.

    Cependant, il m’a aussi donné envie d’aller voir le blog de l’auteur (c’est sûrement une de ses autres raisons d’être !). Et c’est là que, j’en suis désolé, les choses se gâtent un peu à mon sens. En lisant plusieurs articles du blog, j’ai eu la désagréable impression d’être en présence d’un discours au final élitiste où la photo n’a de sens que si elle est artistique au sens le plus pur du terme (même si j’ai aucune idée de ce que cela peut vouloir dire !). Le billet « et j’ai quitté les internets » est, à mes yeux, assez édifiant. Je suis peut-être sensible mais je l’ai trouvé inutilement méchant envers d’autres photographes jugés, par l’auteur, peu inspirés et originaux.

    Certes, on voit beaucoup de clichés « clichés » sur internet mais :
    1. est-ce que, sous prétexte d’une certaine banalité (« fond d’écran »), il devrait m’être interdit de publier une photo de coucher de soleil que je trouve belle et que j’ai pris plaisir à faire ?
    2. est-il envisageable que cette photo que je trouve banale cache une démarche artistique qui m’aurait échappé ? (la photo « fond d’écran » de P. ZIKA est pour moi pleine d’émotions : temps qui passe, solitude, humilité face à la nature et aux éléments…)
    3.Faire du « mainstream » implique-t-il nécessairement que je suis dans une démarche systématique visant à obtenir le plus de « likes » ou d’abonnés possibles ?
    4. est-il possible que certaines de mes photos prises avec ce que je considère comme une véritable démarche artistique semblent banales aux yeux de certaines personnes ?

    Avoir un œil critique c’est bien, trouver son identité photographique c’est encore mieux. Les deux impliquent une réelle réflexion sur son travail et celui des autres. En revanche, il me semble que ni l’un ni l’autre ne nécessite de dénigrer le travail des autres qu’on est, bien entendu, en droit d’apprécier et de critiquer.

    Du coup, même cet article que j’appréciais se trouve gâché par ce type de propos que je trouve un peu déplacés à l’heure où la photo (notre passion avant même d’être un art, non ?) n’a jamais été aussi accessible.

    Après, je suis finalement peut-être bien à côté de la plaque !

    Bonne continuation.

    28 septembre 2016
    • Hello Anthony !

      Tout d’abord merci de m’avoir lu avec autant d’attention (idem pour mon Blog) et d’y avoir répondu, ça a dû te prendre un sacré temps, j’apprécie !

      Bon pour poser les choses : J’ai simplifié quelques idées, et coupé beaucoup dans cet article. Le public visé est plutôt débutant, donc ceci explique cela. Et oui, le but était de faire réfléchir un peu les lecteurs sur leur pratique de la photographie. Et il semblerait que ça ait marché.

      Pour le beau tu as raison, c’est dans la 4e affirmation de Kant (proche de la 2e que je cite). On veut partager ce que l’on trouve beau, il tend à être universel (« ce que je trouve beau, les autres devraient le trouver beau ») ce que je dis c’est plus que l’on ne peut pas se lever un beau matin et décider de faire du « beau ». Mais tout est là : thomashammoudi.com/la-demarche-photographique/

      Concernant la réalité dans la photographie, je le dis dans le billet, ce n’est qu’un bout d’un article à venir, que je ne vais pas refaire ici. Les réponses aux points que tu soulèves seront dedans.

      Mon blog n’a absolument rien d’élitiste, sauf si être élisites c’est prôner l’usage de son propre cerveau, mais ça me paraît être une évidence. Je ne prône pas une photographie « pure » ou n’importe quel autre concept sans sens, mais d’être soi même et de constuire une démarche qui nous ressemble.
      Bruce Gilden de Magnum Photos a répondu à des questions d’internautes sur Street Shootr récemment. Et celle-ci résume totalement ce que je défends :

       » Si vous aviez un conseil à donner à quelqu’un débutant la photographie de rue, ça serait lequel, et pourquoi ?
      Bruce Gilden : Ça serait de suivre ce que vous avez dans les tripes, okay ? Et vous ne pouvez être que vous même. Je ne pourrais jamais être quelqu’un d’autre que ce que je suis et vous ne pourrez jamais être quelqu’un d’autre que qui vous êtes. Et peu importe ce que l’on vous dit, à moins que vous ayez un talent pour tous les champs de la photographie, ou de la photographie de rue, vous savez… écoutez votre coeur. Mais vous devez être honnêtes avec vous même. C’est sans doute la partie la plus difficile ».

      C’est ça que je reproche à la photographie couché de soleil et compagnie : comment être soi même quand on fait tous la même chose ? Quand on suit tous les mêmes lubies ? ça n’a aucun intérêt à mes yeux.

      Et il faut arrêter de jouer les fragiles du web 2.0, il n’y a rien de « méchant » quand je critique, pas plus que je suis « gentil » quand j’apprécie. Mon blog est déjà personnel, et n’a pas vocation à être une machine à préserver les égos, pas plus qu’elle ne les détruit. J’ai des idées, je les présentes, j’argumente, et je prends des exemples et des contre-exemples pour cela. C’est basique, l’argumentation a toujours marché comme ça.
      T’es pas le premier à me le dire, mais ce qui ennuie les gens au fond, c’est qu’ils se retrouvent dans ce que je critique.
      Je veux dire, j’aurais pû prendre pour exemple Doisneau en disant que je déteste son travail etc. Mais personne n’aurait tiqué, parce qu’étant une « icône » de la culture, comme Star Wars ou Pokémon, il est admis que l’on puisse avoir son avis dessus, sans que ça ne froisse personne. En revanche, quand on touche au héros du web là…

      « En revanche, il me semble que ni l’un ni l’autre ne nécessite de dénigrer le travail des autres qu’on est, bien entendu, en droit d’apprécier et de critiquer. »Bah… voilà ce que je fais, je critique 🙂 D’ailleurs, faire le contraire serait infantilisant. A partir du moment où tu mets ton travail sur le web, tu acceptes implicitement qu’il puisse être critiqué, en bien ou en mal. Libre à chacun de venir me contredire, j’adore ça.

      Pour ta liste :

      1/ Non, publie ce que tu veux toujours. Mais est-ce que ça te représente vraiment ?
      2/ yep, c’est possible. Dans ce cas dis-le, je suis toujours ravi d’échanger.
      3/ Non, mais ça cache à minima un manque de réflexion/introspection.
      4/ Oui, ça serait même bon signe ! Haha, va voir William Eggleston, c’est le roi de ça.

      « Du coup, même cet article que j’appréciais se trouve gâché par ce type de propos que je trouve un peu déplacés à l’heure où la photo (notre passion avant même d’être un art, non ?) n’a jamais été aussi accessible. »

      -> ça je ne comprends pas du tout. C’est cool que la photo soit populaire, ça n’empêche juste pas de réfléchir dessus.

      (Pfiouuu, ma plus longue réponse à un commentaire GG !)

      28 septembre 2016
      • Merci de ta (longue !) réponse.

        Disons que, pour faire court (!), si tes propos me parlent (et que j’y adhère en grande partie), j’ai plus de mal avec le ton employé sur ton blog. C’est probablement ce qui me donne l’impression – sûrement fausse – que la limite entre critique et dénigrement a été franchie.

        Juste pour clarifier, quand je parlais de l’accessibilité de la photographie, bien entendu, ce n’est absolument pas une raison valable pour ne pas réfléchir dessus (de toute façon, aucune raison ne peut être valable pour arrêter de penser, non ?). En revanche, je crois qu’il ne faut pas perdre de vue que dans ce « merveilleux » monde qu’est Internet, n’importe qui peut tomber sur ton blog. Du coup, la forme de ton propos peut, je pense, blesser le débutant qui se trouverait en phase d’apprentissage technique et dont la « belle » photo du coucher de soleil n’est peut être qu’un jalon avant de passer à la recherche de son identité photographique. Lui dire sans ménagement que (je caricature un peu) « cela ne présente aucun intérêt et qu’il devrait tout de suite se poser la question de son identité photographique », c’est prendre le risque qu’il brûle certaines étapes pourtant importantes. On n’enseigne pas la philosophie au CP et la lecture/écriture en terminale !^^

        Bon, je n’ai pas vraiment réussi à faire court mais, je vais me soigner, promis !

        Encore merci pour tes articles et ta réponse et, comme le dirait le propriétaire de ce blog :  » à bientôt, et bonnes photos » !

        29 septembre 2016
        • Pour le ton, faut faire un peu le tour. Certains articles sont un peu acides (celui sur les portfolio et les internets), c’est volontaire, c’est un ton que j’aime bien (c’est 2/35 articles…). Mais la plupart sont très cools (thomashammoudi.com/mettre-la-photographie-en-musique/).

          Pour le débutant je suis d’accord, mais ce n’est pas à eux que je m’adresse. Comme je le disais au début de l’article de Laurent, c’est aussi un journal de bord, donc ça suit forcément mon avancement à moi. Le public est en général moyen / avancé pour s’intéresser à ce genre de sujets. Après y’en qui sont plus accessibles, genre la biblio ou la filmographie, ça c’est bon pour tout le monde.

          Bonne journée 🙂

          29 septembre 2016
  • Je m’inscris en faux sur un point : j’ai passé le permis moto uniquement pour le plaisir de chevaucher une Harley ! Et c’est une autre affaire que le permis voiture
    La photo est un art… On cherche peut-être juste l’inspiration ?

    26 octobre 2016
  • Bon aller, 2-3 réflexions que m’inspirent cet article…

    Le plaisir : le plaisir procuré par la photographie est selon moi « autour de la photographie »… Certes ce n’est pas de tenir un gros bout de plastique et de métal devant son nez qui est génial…
    Mais chaque photographe dans sa pratique connaîtra grâce à elle une foule de moments géniaux ! Le paysagiste verra des levers ou couchers de soleil magnifiques, l’animalier des moments de vie sauvage extraordinaires, le portraitiste nouera des relations riches avec ses modèles… En fait la photo n’est qu’un prétexte !
    Ca me rappelle mon grand-père, vieux garde-chasse, qui revenait le plus souvent bredouille et disait « Ah ! J’ai vu un lièvre ! Il était trop beau, j’ai pas eu le coeur à le tirer… »… La chasse n’était finalement qu’un prétexte pour arpenter et admirer la campagne ;o)

    26 octobre 2016
    • « La chasse n’était finalement qu’un prétexte pour arpenter et admirer la campagne »

      Carrément :O

  • Merci pour Hiroshi Sugimoto 🙂

    C’est le genre de découverte que je voudrai faire plus souvent, il sort vraiment du lot !

    9 novembre 2016
    • Tu m’étonnes, un sacré photographe, un de mes préférés !

      Regarde ses autres projets, c’est très intéressant.

      15 novembre 2016