Si vous vous intéressez depuis quelque temps à la photo, vos proches vous ont peut-être déjà étiqueté comme « le photographe ».  Dans ce cas, félicitations ! C’est à vous qu’on confie le cadrage des photos de famille, et vous êtes même le photographe commis d’office lors des voyages entre amis.

Que voulez-vous, c’est ce qui arrive quand on lit le blog à haute dose et qu’on progresse vite : vous vous êtes mis tout seul dans ce pétrin 🙂

Bref, il va falloir vous habituer aux remarques du type : « je n’ai pas pris mon appareil car [insérer votre prénom ici] a le sien ». C’est de très bon augure : un signe objectif que vos photos plaisent aux gens.

Préparez-vous car un beau jour, un proche va venir vous voir et prononcer cette phrase apparemment banale : « dis, je n’ai pas encore de photographe pour mon mariage, ça te dirait toi qui fait de jolies photos ? »

Je voudrais m’arrêter un instant sur ce qu’implique cette demande, qui – réjouissante au premier abord – est réellement lourde de conséquences !

Pour tout vous dire, étant aussi photographe de mariage en plus d’aider Laurent sur le blog, j’étais bien embêté quand mon propre frère m’a posé cette question fatidique il y a six ans, à l’époque où je n’étais pas professionnel.

Explicitons déjà cette demande : un couple vous demande de photographier un événement important et unique dans leur vie. Ils partagent avec vous leur confiance pour immortaliser leur union, ce qui implique une grande responsabilité. Ils partageront les photos de ce moment avec leurs proches, et les regarderont régulièrement pendant de longues années.

Disons que vous avez UN PEU une obligation de résultat 🙂 Bien sûr, on ne vous demande pas de trouver des cadrages de génie à chaque photo, mais :

  • vous devez réussir certaines photos clés (comme la sortie d’église par exemple)
  • vous devez produire des photos d’une qualité suffisante pour qu’elles restituent au mieux l’ambiance de cette journée si particulière (sinon autant demander aux invités d’envoyer leurs photos en fin de mariage, hein :D)
Vous êtes notamment attendus sur cette photo !Clément Belleudy)
  • il est essentiel de capturer l’amour authentique et les émotions sincères des mariés, en évitant les clichés posés ou artificiels, pour refléter la complicité et la tendresse de cette journée unique.

Dans cet article, je voudrais m’adresser d’abord à ceux qui seront comme moi à l’époque, sollicités par leurs proches pour photographier leur union alors qu’ils n’ont jamais photographié de mariage. Et tant mieux si certains d’entre vous auront le coup de foudre par la suite, et décident à terme de se professionnaliser.

Note : J’anticipe les commentaires en m’adressant aux photographe mariage qui me liraient. Déjà : bonjour ! Et rassurez-vous, je ne vais pas encourager les amateurs à vous piquer votre travail, mais au contraire les sensibiliser à cette expertise qui demande de l’expérience et ne s’improvise pas. La réussite dans ce domaine s’obtient grâce à l’expérience acquise au fil des mariages et à la maîtrise des situations variées. Pour les aider à faire le meilleur choix en toute connaissance de cause. Je tenais à être très transparent là-dessus ; reprenons !

Photo de mariage : définir votre rôle, proche ou prestataire ?

Vous êtes donc un proche des mariés. La question est toute simple : « ce jour-là, serez-vous présent en tant que proche ou bien en tant que prestataire ? ». Détaillons ensemble ces deux cas de figure.

Casquette “proche”

Vous mettez votre casquette de proche : les mariés ne peuvent attendre de vous ni une infaillibilité absolue sur les photos, ni un niveau de prestation digne d’un professionnel (quand bien même vous pourriez fournir ce niveau de prestation). Pourquoi ? Tout simplement parce que vous allez profiter du moment présent pour papoter avec les invités, savourer quelques délicieux petits fours et siroter des coupes de champagne. Pendant ces temps conviviaux, la vie continue autour de vous et des photos vont inévitablement vous échapper. C’est mécanique, c’est mathématique !

Casquette “prestataire” (même si vous êtes un proche)

Vous êtes là uniquement pour les photos. Dans ce cas, il est préférable d’agir d’emblée comme un pro : avoir un statut de type auto-entrepreneur, faire un contrat avec vos mariés, facturer dans les prix du marché, et avoir quelques mariages au compteur (faits en suivant le premier cas de figure). Et évidemment, avoir un matériel qualitatif et fiable (j’y reviens plus tard), car vous vous engagez sur un résultat.


Si vous êtes prestataire, adieu les conversations, les coquilles Saint-Jacques, les bons vins : vous êtes désormais constamment en chasse photographique pour saisir des moments spontanés ! (© Clément Belleudy)

Pour le mariage de mon frère à l’époque, j’ai choisi d’endosser le premier rôle. Je lui ai expliqué que la pression était trop grande, que je ne voulais pas faire mes premières armes sur son propre mariage, et que je voulais profiter du moment. Imaginez que je loupe une photo clé ? Je lui ai donc suggéré de faire appel à un photographe professionnel dont il aime le style et qui, lui, aura l’expérience. Et je me suis contenté de prendre des photos lors du cocktail, totalement détendu, quand le photographe officiel était parti.

Je trouve cette formule vraiment idéale pour apprendre : vous faites des photos « bonus », sans mettre en péril les photos d’un mariage. Ensuite, en regardant les photos officielles, vous pourrez voir comment les moments clés ont été photographiés et vous en inspirer.

Oui, car dites-vous bien que si un photographe professionnel de mariage fera sûrement de meilleures photos que vous, ce n’est pas parce qu’il est meilleur photographe que vous, mais qu’il a l’expérience du mariage. Il sait où se placer en sortie d’église, il sait par cœur les moments clés à capter absolument. Et un savoir-faire, ça s’apprend.

Je trouve qu’il est important d’être très clair avec vous-même et avec les mariés sur ces questions, et de résister à la tentation d’accepter dans la précipitation pour « faire plaisir », sans mesurer les vrais enjeux.

Et même si mes deux catégories de rôles peuvent paraître rigides, j’assume ! Car en mélangeant les genres du type : « je suis l’ami photographe officiel et je te fais un prix très bas tout en promettant des photos de qualité », tout le monde risque d’être frustré :

  • Vous d’abord, car vous n’avez au bout du compte ni la tranquillité d’esprit du proche (vous devez rester attentif pour les photos : exit les discussions avec vos cousins adorés), ni le statut du prestataire (vous êtes payé au lance-pierre pour un travail énorme, et vous n’osez même pas penser au temps cumulé de post-traitement qui vous attend !)
  • les mariés ensuite, car ils attendent au final à des photos dignes d’un photographe de mariage pro (même s’ils ne vous l’ont pas dit explicitement) sans en payer le prix. C’est ce qu’on appelle vouloir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Si vous fournissez des photos moyennes où ratez quelques instants clés (c’est normal au début), ils risquent d’être frustrés mais de ne pas vous le dire car vous êtes un proche. Et une petite rancœur, ce n’est jamais très sain !

Voyez-vous comment le piège peut se refermer sur vous sans même que vous vous en rendiez compte. Heureusement, maintenant que je vous ai fait peur, ça ne peut plus vous arriver 🙂

Planifier la journée : logistique sans stress pour de belles photos de mariage

Maintenant que votre rôle est clairement défini, passons à la suite.

Anticipez un maximum la logistique

Appelez les mariés très en avance (quelques jours ou semaines avant) pour reprendre avec eux le déroulé de la journée en détail. Cela vous permettra d’identifier où vous devez être et à quel moment (la préparation de la mariée, les photos de groupe).

Vous pouvez par exemple créer un Google Doc partagé dans lequel les mariés vous partageront leur planning qui se précisera au fil du temps.

Planifiez en amont les photos de groupe du mariage

C’est un point très important. Rien de plus pénible pour les invités qu’une session photo de groupe qui s’éternise au détriment du vin d’honneur, car on cherche Tata Odile qui est introuvable. Donc : demandez au mariés de vous faire la liste des photos de groupe qu’ils veulent ABSOLUMENT, et prévenez les invités à l’avance du créneau photo de groupe pour qu’ils restent à portée de voix. Je vous garantis qu’en procédant ainsi, les photos de groupe seront bouclées en 20 minutes maximum.

Portez une attention particulière aux adresses des lieux et au temps de transport

Vérifiez scupuleusement les adresses de la mairie, du lieu de réception etc. Vous n’allez pas tout gâcher en vous trompant d’église dans le même village 🙂

Si le mariage a lieu loin de chez vous, arrivez la veille, prévoyez un logement confortable où vous pourrez bien dormir (votre maman dirait pareil !) Et pensez bien aux détails logistiques : être véhiculé est indispensable pour ne pas dépendre de Tata Jeannine pour vous conduire d’un lieu à l’autre (qui en est à son troisième cocktail d’ailleurs 🙂 ) Demandez aux mariés où vous garer sans déranger dans les différents lieux, etc. Ce sont des détails qui paraissent anodins mais qui peuvent générer du stress, et vous n’en avez pas besoin !

Matériel photo de mariage : boîtiers, objectifs, accessoires indispensables

Prenez absolument un appareil Sony A7, tout le reste c’est de la m… Au revoir 😀

Je plaisante évidemment, et voici les conseils non exhaustifs que je peux vous donner :

  • le plus important : prenez un appareil que vous connaissez par cœur. Un mariage est le pire moment pour découvrir un boîtier. Imaginez-vous en train de fouiller dans les menus « mais comment diable augmenter les ISO » alors que les mariés sont en train d’échanger leurs vœux devant vous. Vous en pouvez pas leur dire “pouvez vous juste refaire, je n’ai aps eu le temps”. Bref, vous m’avez compris, prenez un appareil qui est déjà le prolongement de votre main (et de votre œil) !
  • pour les objectifs, il y a plusieurs écoles.  Comme pour le boîtier, je vous conseille de prendre des objectifs avec lesquels vous avez déjà beaucoup shooté. L’avantage de bien connaître chaque objectif, c’est que vous savez instinctivement mieux composer avec, et vous avez déjà des habitudes inconscientes vis-à-vis d’une situation photo donnée (ce sont des réflexes subconscients). Ainsi, vous maximisez votre taux de photos exploitables.

    Je vous donne un exemple : j’aime bien mon fidèle 50mm pour faire des portraits, il me permet de rester assez proche de mon sujet. À f/4, je sais que la profondeur de champ est suffisante pour avoir tous les visages nets (ce qui n’est pas le cas à f/1.8 quand vous êtes trop proche, car la zone de netteté est très étroite). Autre exemple : je sais qu’à 16mm sur mon grand angle, j’évite de placer un visage en périphérie sous peine d’affreusement le déformer !

J’ai un faible pour l’ultra-grand angle qui permet de s’approcher, de jouer avec les lignes et de rendre la composition plus immersive !

Vous pouvez vous contenter d’un seul objectif équivalent 24-70mm f/2.8, ou faire comme moi avec deux focales fixes : un équivalent 24mm et un 50mm f/1.4. L’autre duo très courant de focales fixesest le 35mm et le 85mm.

Il n’y a pas de loi sur le sujet 🙂 Je vous conseille quand même de vous limiter à deux objectifs max pour rester réactif !

  • faut-il deux boîtiers ? Pas forcément si vous êtes là comme un proche, car vous n’avez pas d’obligation de résultat. Mais la plupart des professionnels préfèrent, pour réduire la charge mentale (imaginez un instant que votre appareil se casse/est volé, vous êtes condamné à faire le mariage avec votre smartphone. Brrrr j’en ai des frissons !) Et aussi pour être plus réactif en n‘ayant pas à changer d’objectif. Personnellement j’aime bien avoir le 50mm sur un premier boîtier et le 24mm sur un autre. J’utilise un élégant harnais en cuir de la marque Brionkey (super marque d’ailleurs !). Autre détail : pensez à bien régler la date et l’heure sur les deux boîtiers. Vous me remercierez quand elles s’afficheront automatiquement par heure de capture sur votre ordinateur !
Harnais de portage appareils photo Cotton Carrier

Si vous voulez porter deux boitiers ET ressembler à un membre du GIGN, il y a ce harnais COTTON CARRIER. Je préfère un look plus discret 
  • pensez à la location pour avoir un second boîtier ! J’ai déjà loué des modèles haut de gamme pour une vingtaine d’euros la journée. Et si c’est un modèle de la même marque que votre appareil principal, l’ergonomie peut être presque exactement la même. Vous pouvez aussi acheter deux appareils identiques d’occasion, pour limiter les frais.
  • Faut-il un flash ? Effectivement, la question se pose, car même avec des objectifs lumineux et un boîtier qui monte à 6400 ISO, vous pouvez manquer de lumière par moments (typiquement en intérieur, en Bretagne, un jour de tempête !) Vous savez sûrement que le flash direct, en plus d’être peu discret, peut gâcher la lumière ambiante de la scène ou donner un beau look « yaourt » à la peau de vos invités 😀
    Si vous vous y connaissez en flash, je vous conseille plutôt de le réserver au dancefloor, en mode TTL. Et puis comme la danse se prolongera jusqu’au bout de la nuit, vous aurez davantage le droit d’expérimenter que lors de l’échange des alliances ! Utilisez si possible un diffuseur pour parfois l’utiliser en direct sans avoir d’ombres trop dures.

Soyez à fond dans le moment mais tenez sur la durée  

Le jour J, vous serez hyper-concentré pour ne rater aucun moment. Je vous conseille de déclencher par petite rafales, car plus il y a de personnes sur une photo, plus la probabilité est grande d’en avoir une qui ferme les yeux ou une autre qui fait une tête bizarre 🙂

Si vous avez un hybride, vous avez la chance de pouvoir déclencher silencieusement !

Tout au long de la journée, essayez de vous mettre dans les bottes des mariés : quelles photos leur feront plaisir ? Probablement celles qui montrent des émotions sur les visages, et des portraits des proches qui étaient présent ce jour-là. Chassez ces moments-là.

Ce que je veux dire, c’est que vous aurez plus de chance qu’ils aiment vos photos si votre approche est davantage centrée sur leurs besoins que sur les vôtres (autrement dit, vous êtes plus dans une démarche de photographe commercial que de photographe auteur : regardez cette vidéo de Laurent qui précise bien ma pensée).

Bref, si vous tentez des cadrages audacieux, que vous avez une démarche photographique inhabituelle, pas sûrs que les mariés s’extasient dessus. Et même bien souvent, vos images préférées du mariage seront différentes des leurs. Dites-vous que vous êtes là davantage pour des photos souvenir, que pour construire un projet photo 🙂

Certaines photos sont « vues et revues » certes, il n’empêche qu’elles feront plaisir aux mariés (© Clément Belleudy)

Vous allez donc devoir maintenir votre attention pendant de longues heures et sans surprise, ça va vous pomper pas mal d’énergie. Soyez conscient que vous avez besoin de tenir sur la durée : buvez régulièrement (de l’eau, quoiqu’une seule coupe de champagne peut vous rendre plus créatif 😀) et profitez des temps morts pour vous restaurer.

Capturer les émotions : portraits et moments forts

Comme je vous disais plus haut, les mariés sont souvent demandeurs de portraits avec leurs proches. Ce sont des photos assez bateau à faire, mais encore faut-il les faire 🙂 Le cocktail est un moment souvent bien adapté car les gens ne mangent pas et plus facile de figer des expressions chaleureuses :

  • En cas de grand soleil en extérieur, faites attention aux ombres disgracieuses sur les visages. Solution : placez les sujets en contre-jour
  • S’il n’y a pas assez de lumière et que vous devez ouvrir beaucoup, faites attention à bien vous reculer pour ne pas avoir certains visages flous. Je me suis déjà fait piéger à 50mm f/1.8 !
Quand le soleil est au zénith, les ombres dures sur le visage de vos sujets – comme ici – seront très compliquées à récupérer en post-traitement. Placez-les plutôt en contre-jour : oui c’est contre-intuitif ! (Licence CC BY-SA 2.0 – Caomai)
Cherchez un endroit à l’ombre (ou en contre-jour), c’est mieux non ? (© Clément Belleudy)

Photo de groupe de mariage : organisation, cadrage et astuces

Réfléchissez comment bien faire cette fameuse photo de groupe. Elle fait partie des photos clés. L’objectif est que tous les visages des invités soient visibles et nets. Ce n’est pas gagné quand tout le monde se met devant vous en troupeau !

  • Si vous ne pouvez pas vous surélever, deux solutions : placez les invités sur des marches d’escalier (c’est facile à la mairie), ou bien demandez aux plus jeunes de se mettre devant accroupis pour étager les visages en mode « photo de classe » 🙂 Dans ce cas, ne vous rapprochez pas trop du groupe pour minimiser les effets de perspective (sinon les gens devant auront une taille beaucoup plus grande par rapport aux gens derrière)
Photo de groupe
La bonne vieille technique de la photo de classe 😀
Licence CC BY-NC 2.0 – StreetsofWashington
  • si vous ne pouvez pas vous surélever, et que vous avez un élément de décor intéressant, vous pouvez essayer de vous reculer pour l’inclure dans la photo, ça donnera du contexte (évidemment, à ne pas faire si l’élément de décor est une salle polyvalente moche ^^)
  • Si vous pouvez vous surélever (terrasse, balcon), shootez en plongée les invités, ça fait toujours son petit effet !

Maintenant que vous avez bien tout le monde dans le cadre :

  • Fermez suffisamment votre diaphragme pour que tout le monde soit net !
  • Faites des rafales à chaque fois. Pour avoir la photo ou tatie Jeannine et oncle Jean-Michel ont tous les deux les yeux ouverts et vous regardent en même temps 🙂
  • N’hésitez pas à faire deux photos : l’officielle (les gens sont souriant normaux) et l’officieuse (les gens font n’importe quoi !) Ça fera plaisir aux mariés.

Enfin, vous pouvez demander aux mariés d’initier le mouvement pour faire cette photo de groupe. Ensuite, parlez suffisamment fort aux invités, avec le sourire mais avec assurance, comme si vous faisiez de la direction d’acteurs !

Sauvegarder vos images : stratégie 3-2-1 et bonnes pratiques

Certains photographes de mariages ne jurent que par les appareils à double slot de carte SD. Mais certains appareils milieux de gamme n’ont parfois qu’un seul slot, alors comment faire ?

Il est vrai que si vous n’avez qu’un seul slot, vous photos restent particulièrement vulnérables tant qu’elles n’existent que sur ce morceau de plastique ! Trois conseils à ce niveau :

  • Prenez avec vous un ordinateur portable et un disque dur externe, sauvegardez vos cartes SD pleines dès la fin du mariage, avant de repartir du lieu. Au moins, vous avez déjà deux copies de vos photos et vous pouvez souffler un peu.
  • Faite une troisième copie des photos sur un support différent le plus vite possible une fois chez vous, avant d’aller chez vous. Enfin, placez chacune des copies dans des endroits séparés.

Juste pour vous montrer, je garde mes cartes SD sur moi dans ce petit étui accroché à mon passant de ceinture. Comme ça, même si vous vous perdez vous-même, vos photos survivront ^^

Étui de rangement pour cartes SD
L’étui que l’utilise pour ranger mes cartes SD. Et je l’attache à un passant pour qu’il ne me fausse pas compagnie. Pour du rigide, regardez les étuis chez PELI

Et je ne suis pas le seul paranoïaque, j’ai déjà entendu des photographes anglo-saxons dire :

« Your data does not exist as long as you don’t have three copies”, c’est à dire « vos données n’existent pas tant que vous n’avez pas trois copies »  

Et continuez à être paranoïaque en faisant vos sauvegardes une fois rentré chez vous.

Livrer les photos : délai, sélection et partage

A la fin du mariage, ne vous précipitez pas pour livrer les photos. Pour ma part, un délai de de 2 à 3 semaines ne me choque pas du tout. Trois avantages :

  • vous reposer ! Si vous avez mis du cœur à l’ouvrage, vous serez fatigué physiquement et psychologiquement en fin de mariage. Il est important de laisser la tension redescendre et la motivation remonter avant de toucher aux photos. Rien de pire que de faire le post-traitement sous la contrainte : d’ailleurs, ça se verra !
  • mettre de la distance émotionnelle avec vos images. Vous l’avez peut-être déjà vécu : vouloir garder absolument une photo car on a mis plus d’effort à la faire. Vous serez plus objectif à l’editing (comprenez « tri ») en laissant un peu de temps passer
  • laisser les mariés vraiment désirer les photos, il n’en seront que plus contents !

Ne livrez que vos meilleures photos

“vous serez jugé sur vos pires photos” : voilà un conseil que vous avez sans doute déjà entendu !

Essayez de ne pas livrer trop de photos, au risque de diluer l’intérêt. Pour une journée, je trouve que 1000 photos est beaucoup trop, difficile de maintenir son attention pour les regarder toutes en une fois !

Pour faire un bon editing, essayez de penser plus en termes d’expérience globale, que de « belles photos individuelles ». Si vous voulez, vous pouvez voir votre sélection comme un reportage de cette journée : en la parcourant, les gens auront l’impression de revivre cette journée en accéléré. Ainsi, chaque photo a son importance.

Et même si cette photo d’un détail de décoration n’est pas exceptionnelle en soi, peut-être faut-il l’inclure, car en montrant la décoration de la table, elle contribue à raconter l’histoire du mariage

Photo de détail du mariage

Un mot sur le post-traitement de vos photos de mariage

Sur mes première saisons, je passais au moins deux fois le temps de la prestation en post-traitement. Si ça vous est déjà arrivé, sachez que c’est normal, et que vous allez progresser. Quelques conseils pour être efficace :

  • travaillez par sessions courtes car votre oeil fatigue vite. Par exemple post-traitez 20min, puis allez faire un tour, puis revenez. Il se pourrait que vous vous disiez “mais la colorimétrie c’est n’importe quoi !
  • soyez soigneux, mais pas obsessionnel. Sublimez vos photos au maximum, mais dites-vous que chaque post-traitement n’a pas de fin officielle, donc si vous passez 10h de plus pour peaufiner des détails que les mariés ne verront pas (passer le curseur de saturation des bleus de -11 à -19), il faut peut-être renoncer 😉
  • une fois que vous aurez quelques milliers de photos traitées avec un style cohérent, utilisez les outils de retouche photo IA, pour vous assister dans votre post-traitement. Il ne s’agit pas de plaquer un vulgaire preset, mais de laisser toute la partie besogneuse des ajustements à un automatisme pour vous focaliser sur votre intention et les détails. Si ça vous intéresse, regardez notre article sur la retouche photo assistée par intelligence artificielle.

Livrez vos photos correctement sur une galerie en ligne

Quand votre sélection sera enfin prête, il est temps d’envoyer aux mariés !

Vous pouvez utiliser WeTransfer ou service similaire, mais la durée de vie du lien est souvent limitée à 7j dans la version gratuite. A coup sûr, quelqu’un va vous redemander le lien après expiration 🙂

Je vous suggère plutôt Pic-Time ou Pixieset, un outil gratuit qui vous permet d’envoyer le lien d’une galerie en ligne aux mariés : ils pourront d’abord définir certaines photos comme privées, pour qu’elles n’apparaissent pas dans la galerie destinée aux invités. Vous enverrez ensuite un lien à tout le monde.

Exemple de galerie photo en ligne
Cliquez sur l’œil barré et hop la photo disparaît de la galerie pour les invités !

Voyez-vous, la mariée n’a pas forcément envie que ses collègues de travail voient toutes les photos de sa préparation !

Donnez envie aux mariés de faire des tirages

On dit souvent que la différence entre bon et excellent est dans les détails.

Alors pourquoi ne pas faire imprimer quelques-unes des photos en format carte postale sur papier RC (à peine 1€/photo en général) et les envoyer aux mariés ?

C’est un bon moyen de leur donner envie d’imprimer leurs photos, ou même de faire un livre. Sinon, croyez-moi, il y a un fort risque qu’ils remettent à plus tard.

Evidemment, vous pouvez leur proposer un livre que vous confectionnerez vous-même. Un conseil dans ce cas : avant d’imprimer, envoyez-leur la maquette en PDF. Il se peut que vous ayez mis sur une page la photo d’un invité éclairé par une belle lumière, car cette photo vous plaît avec votre oeil de photographe. Mais eux, ils préfèreront peut-être plutôt une photo d’eux, qui sera moins belle esthétiquement, mais sera plus émotionnelle à leurs yeux. Pensez-y !

Et surtout, faites-vous plaisir en photographiant !

Pour conclure, je reprends le credo du blog, car là est le plus important. AMUSEZ-VOUS ! Si vous êtes content d’être là, que vous prenez du plaisir à faire des photos, et même que vous versez votre larmichette (sait-on jamais), je vous garantis que ces émotions seront perceptibles sur les images.

J’espère que cet article vous aidera à mieux vous préparer pour vous faire plaisir sur le terrain. Si vous avez un retour d’expérience à partager ou besoin d’une explication complémentaire, laissez-donc un commentaire, ça en aidera plus d’un 🙂 Maintenant, à vous de trouver le savant dosage entre préparation, concentration et fun !

Clément Belleudy
Je connais Laurent depuis le tout début d’Apprendre.Photo. Depuis 2020, je lui prête main forte sur la création de contenu, et comme apprendre est plus efficace en s’amusant, j’ai à cœur de créer des contenus pédagogiques et plaisants à lire, sans jamais trop se prendre au sérieux !
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