Retouche d’un léopard dans Lightroom – Kenya 2018 – 4/4

Pour clore cette série sur le Kenya, je partage avec vous les étapes du traitement sous Lightroom d’une de mes meilleures photos de cette année, certainement ma préférée. 🙂



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Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle vidéo sur Apprendre la Photo. Aujourd’hui je voulais partager avec vous le traitement d’une de mes meilleures photos du Kenya, je pense que c’est ma préférée de toutes celles que j’ai faites cette année, pour clore cette série.

Alors, je voulais vous partager un peu le traitement pour vous montrer qu’on peut partir d’un très bon matériel, mais qu’on peut l’améliorer à son goût avec quelques retouches. Là, c’est une retouche qui est assez “avancée”, enfin elle n’est pas si avancée, mais on va dire que j’ai beaucoup tâtonné, donc on va voir ensemble ce que j’ai fait avec l’historique de mes modifications dans Lightroom, puisque j’avais déjà retouché sur place un petit peu, donc c’était plus simple de vous montrer mon historique sans forcément vous montrer quand je mets tel ou tel filtre.

Le cadrage

Donc la photo était comme ça au départ. Alors, évidemment, le cadrage n’était pas idéal pour moi, donc ce que j’ai voulu faire, c’était d’abord trouver un cadrage qui fonctionnait, comme on peut voir ici, j’ai testé plusieurs cadrages, et d’abord j’ai recadré en 16/9 avant de bouger un petit peu pour décaler Figlet, cette jeune léoparde qui descendait de son arbre.

Alors, pourquoi le cadrage n’est pas au top au départ ? Simplement parce que j’ai dû réagir un peu dans l’urgence, donc forcément, le cadrage n’est pas complètement comme je voudrais, mais il n’est pas trop mal, donc on peut quand même largement en faire quelque chose. Ça n’aurait pas été le cas si j’avais complètement planté le cadrage, mais en l’occurrence ce n’était pas le cas, donc j’ai pu recadrer comme je le voulais.

La première chose que je fais, c’est ça, parce qu’évidemment, c’est le truc qui me saute le plus aux yeux et puis je peux recadrer immédiatement sans que ça influence forcément le reste du développement.

Le contraste

Donc, ensuite, je me mets à faire des réglages plus généraux sur l’image pour commencer.

La première chose que je vois, c’est qu’elle manque un petit peu de contraste à mon goût, parce que c’était le matin assez tôt, il y avait une belle lumière qui vient de la droite de l’image, comme vous pouvez le voir et qui est vraiment sympa, c’est une lumière qui est vraiment une lumière du matin, assez chaude, assez contrastée et je voulais rajouter un peu de contraste.

La première chose que je fais, c’est de rajouter un peu de contraste ; donc là, ça marche bien niveau contraste. Ça crée un vert en arrière-plan qui est trop saturé pour moi, mais on va y venir juste après.

L’exposition

Et ensuite, je trouve l’image un petit peu sombre. Si on regarde l’histogramme à ce moment-là, on a un histogramme manifestement un peu sombre, donc j’augmente légèrement l’exposition. Et du coup je remets un petit peu de contraste pour aider ça.

Et je vais également légèrement réchauffer l’image pour que ce soit plus une lumière du matin.

Alors, là, c’est trop saturé à mon goût, mais on va y venir. Je le vois, je sais que je vais le faire après.

Attirer l’œil

Là, il y a une autre chose qui me frappe, c’est que je voudrais mettre un peu plus en avant la partie ici qui est au niveau du visage et de l’avant du corps de Figlet, parce qu’il est bien éclairé et je voudrais faire quelque chose pour cet endroit-là.

Donc en fait, ce que je fais, c’est que je vais ajouter un filtre radial qui va se placer, vous allez le voir, qui va se placer ici.
Si je regarde où est placé le filtre radial, il se place à peu près sur l’avant de l’animal. Et dans ce filtre radial, en fait, je vais principalement mettre de la clarté et de la netteté pour rajouter un peu d’attention sur l’endroit où il faut regarder dans l’image, c’est-à-dire son visage.

Si on fait un avant/après, vous voyez, si je fais un avant/après, on a rajouté un peu d’attention dessus, mais ça reste assez discret.

Là, je tâtonne un petit peu, mais j’arrive à peu près à ce qui me satisfait sur ce filtre, avec un réglage de la clarté et de la netteté.

Le travail de l’arrière-plan

Et ensuite, eh bien, la chose qui me saute aux yeux et que je ne peux plus ignorer à ce moment-là, c’est vraiment le vert des feuilles à l’arrière-plan qui est beaucoup trop vif pour moi.

Et du coup, je vais pouvoir jouer là-dessus dans Lightroom grâce à la partie TSL, qu’on voit ici à droite, qui est Teinte, Saturation, Luminance.
Alors, il faut savoir qu’une couleur a trois composantes :
sa teinte, c’est : est-ce qu’elle va être, par exemple, plus rouge ou plus orange ?
sa saturation, c’est : est-ce qu’elle va être plus rouge vif ou plus rouge pâle ? Ou orange vif orange pâle, ou bleu vif bleu pâle.
sa luminance, ça va être à quel point elle va être sombre ou lumineuse.

Là, je vais jouer sur les trois composantes des verts dans Lightroom, grâce aux curseurs qu’on a là. Et vous voyez que je vais d’abord diminuer la saturation du vert, parce que son principal défaut, c’est qu’il est trop saturé, pour moi. Il y en a qui peuvent aimer, mais en tout cas, moi, ce n’est pas mon cas.
Donc, je vais diminuer la saturation du vert. Vous voyez que déjà ça change beaucoup et que j’ai une image qui est plus équilibrée.

Mais ensuite, ça me semble encore trop vert, donc je vais mettre la teinte verte un peu plus vers les jaunes, je vais la faire pencher un peu vers les jaunes. Là, on voit vraiment les curseurs qui bougent ici. Ça me permet d’avoir quelque chose qui est déjà juste moins dans les tons verts.

Et puis je vais également assombrir un petit peu les verts, histoire qu’ils prennent moins de place à l’œil.

Et là on voit que l’avant/après, juste en ayant bougé ces trois curseurs, j’ai énormément amélioré le rendu de l’image, puisque je n’ai pas touché au rendu sur le léopard, mais j’ai pu beaucoup diminuer la prégnance de l’arrière-plan qui était un peu trop… “in your face”, on ne voyait que ça. Donc j’ai pu le diminuer grâce à ça.

Ensuite, à ce stade, je suis beaucoup plus content de mon image que ce que j’avais au départ. Parce que si je reprends, ne serait-ce qu’après mon premier recadrage, de là à là, on voit que j’ai beaucoup amélioré le rendu et on a vraiment une image qui me satisfait beaucoup plus.

Améliorer le focus sur le sujet de l’image

Mais il y a encore un ou deux trucs qui me chiffonnent, et notamment, je trouve qu’il faudrait ramener l’œil un petit peu sur l’animal, puisque c’est quand même le sujet de l’image.

Donc j’ai décidé de mettre un filtre gradué à gauche de l’image qui va être là pour assombrir cette partie.

En gros, je vais assombrir cette partie, je vais également enlever un peu de netteté et même de clarté – je vais faire de la clarté négative. Tant que ça reste discret, ça marche bien.

Et si là on regarde ce que j’ai fait, si vous regardez le avant/après, là j’ai mis un filtre à gauche, et du coup c’est plus sombre, mais aussi un peu plus flou, et ça va permettre de ramener l’attention sur le léopard.

Pourquoi ? Parce que l’œil est attiré par ce qui est net plutôt que par ce qui est flou, et par ce qui est lumineux plutôt que par ce qui est sombre. Donc, forcément, là je vais ramener l’œil sur lui.

Je vais également faire un petit peu pareil à droite de l’image, mais de manière un peu plus discrète, parce que là, je vais simplement, uniquement, mettre un peu moins de netteté à cet endroit-là.
Voilà, vous voyez que c’est juste un petit peu plus flou.

Je n’ai pas voulu enlever d’exposition, pourquoi ? Parce que si j’assombris cette partie-là alors que la lumière vient de là, c’est pas du tout naturel et du coup la retouche se voit. Tandis qu’à gauche, si j’assombrissais, c’était pas grave parce que c’était déjà une zone qui était plus ombragée.

Donc, tout ce qu’on fait, c’est assombrir une zone déjà un peu plus sombre que le reste, donc on reste en fait dans la lumière naturelle d’une image.
Le plus souvent, quand une retouche va se voir, c’est parce que vous allez contre la lumière naturelle de l’image, et donc ça va devenir évident.

Le fignolage

Donc, à ce stade, je pourrais tout à fait m’arrêter là, mais je fignole un peu, parce que c’est vraiment une photo que j’aime beaucoup que je vais sans doute imprimer, donc j’ai envie de fignoler un petit peu.

Et il y a une chose dans l’image qui ne se voit pas assez à mon goût, c’est le vert émeraude des yeux du léopard. Parce que, il faut savoir que moi je l’ai vu en vrai, je l’ai vu même de très près, et un léopard a des yeux qui sont vraiment d’une espèce de vert émeraude un peu pâle, et du coup j’ai fait simplement un petit pinceau de retouche sur les yeux.

J’ai pas mal tâtonné, je vais vous passer tous les tâtonnements que j’ai faits, il y a quand même pas mal de petits réglages différents, mais en gros, ce que j’ai fait, c’est d’utiliser le préréglage de pinceau de retouche de Lightroom qui s’appelle “renforcement de l’iris”, et ensuite j’ai juste pas mis la saturation, parce que de base il y a la saturation, mais quand je mettais la saturation, c’était un peu trop.
Donc j’y suis allé par tâtonnements, et j’ai fini par trouver ce que je voulais.

Vous voyez que si on regarde l’avant/après, c’est quand même assez discret, puisqu’on passe à ça. C’est un peu plus saturé, un peu plus vert, mais quand on regarde, ce n’est pas non plus… ça ne devient pas fluo, donc ça reste assez naturel pour ce que je voulais faire.

Et ensuite, il y a d’autres petits détails qui ne me vont pas, je trouve que les couleurs, ça ne me va toujours pas assez, donc je vais utiliser un léger virage partiel, simplement pour réchauffer un peu les hautes lumières – donc plutôt sont pelage, etc. – et refroidir un peu les ombres – c’est-à-dire plutôt l’arrière-plan.

J’utilise juste un petit virage partiel avec des hautes lumières un peu chaudes et des ombres un peu froides. Rien d’incroyable là-dessus.
Voilà, j’ai fait juste quelques petits tests, et vous allez voir que ça change légèrement les choses.

J’ai également, du coup, réchauffé globalement l’image un petit peu après pour compenser le petit refroidissement qu’il y avait eu avec mon virage partiel.
Et puis j’ai tâtonné un petit peu, et puis voilà, je suis arrivé à un résultat en termes de couleurs qui me plaisait bien.

Le détail qui tue

Et donc, là, je m’étais arrêté là, j’avais exporté la photo, je l’avais envoyée à une ou deux personnes en avant-première, et il y en a une qui m’a dit “mais, qu’est-ce qu’il tient dans sa bouche ? Une feuille ?”, et je me suis rendu compte que la petite partie de la branche juste en dessous de sa bouche, là, effectivement, quand on regardait mal et au premier abord, ça pouvait juste donner l’impression de quelque chose qu’il tenait dans la bouche.

Et comme ça m’embêtait un peu que ce soit le cas, en fait c’est juste la branche derrière qui est éclairée par la lumière et, du coup, contraste pas mal, eh bien, j’ai juste fait un petit pinceau de retouche qui était exactement là-dessus, vraiment juste sur la partie de la branche où j’ai peint à cet endroit-là.

Et ensuite j’ai fait quelques petits réglages différents, notamment j’ai diminué l’exposition, la clarté, la saturation, la netteté, donc vraiment tout ce qu’il faut pour enlever l’attention dessus.
Je l’ai rendu un peu plus flou et juste moins saturé, moins lumineux , histoire que l’attention n’aille pas dessus.

Et puis ça a donné, à la fin, quelque chose comme ceci, où j’ai caché cette branche derrière et effectivement, ça rend la photo un peu meilleure, parce que du coup on se concentre mieux sur le visage parce qu’il n’y a pas cette espèce de truc orange qui contraste juste en dessous.

Attendre et revenir pour améliorer

Et donc, ensuite, voilà mon traitement était terminé. Simplement, je suis revenu quelques jours plus tard sur la photo, parce que c’est important quand on fait des retouches sur une image, surtout si elle est importante et surtout si les retouches sont relativement avancées, qu’on a fait pas mal de choses, c’est important de laisser poser un peu et de revenir dessus plus tard pour se dire “OK, est-ce que ça marche ou pas ?”

Eh bien, là, j’ai regardé quelques jours plus tard, et je me suis dit “tiens, le cadrage ne me va pas tant que ça”, et je suis arrivé sur un recadrage un petit peu différent, où j’ai un tout petit peu zoomé, mais aussi décalé l’image vers la droite du cadre, de manière à avoir une composition qui me semblait un peu plus équilibrée et là, voilà, c’est mon traitement final.

 

Voilà, j’espère que cette vidéo vous a plu et vous aidera dans vos traitements photo, que vous comprendrez un peu mieux pourquoi je fais telle ou telle chose. Il y a toujours une raison derrière un réglage ou un autre dans Lightroom.
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Voilà, je vous dis à plus dans la prochaine vidéo, et d’ici là, à bientôt, et bonnes photos !

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