Brisez les règles : l’exemple de la composition

Si vous vous intéressez de près à la photo, vous avez certainement déjà entendu parler des règles de composition. Vous savez, ces règles qui vous ont permis de réaliser vos premières photos équilibrées et harmonieuses dont vous étiez si fier !

Ceci est un article invité de Fabien du blog Astuces Photo. Vous trouverez sur son blog de nombreux conseils pour débuter la photo ou vous perfectionner. En ce moment il offre à ses lecteurs son guide 12 points clés pour réussir vos photos.

Si ces règles sont vraiment très utiles quand on débute la photo, il arrive un moment où vous allez vous sentir limité pour exprimer pleinement votre créativité. C’est pourquoi je suis convaincu (et je ne suis pas le seul ;-)) que vous avez tout intérêt à enfreindre certaines règles de temps en temps.

C’est ce que je vous propose que nous fassions ensemble dans cet article, à travers 5 cas concrets.

1- Centrez votre sujet

La règle des tiers est un principe de composition très populaire, aussi bien utilisé par les photographes occasionnels que confirmés. C’est d’ailleurs probablement grâce à la règle des tiers que vous avez appris à composer vos premières images… Il faut dire qu’elle est particulièrement efficace et simple à mettre en œuvre. Pour ceux qui auraient raté le train, voici un bref rappel. Imaginons que le cadre est traversé aux tiers par deux lignes horizontales et deux lignes verticales. La règle des tiers recommande de placer les éléments intéressants le long de ces lignes de tiers ou à leurs points d’intersection.

Et si vous décidiez au contraire de centrer votre sujet et de jouer à fond la carte de la symétrie ? Cela peut vous paraitre étrange car vous avez souvent lu ou entendu que mettre son sujet au centre de l’image, c’est mal ! C’est en partie vrai : si vous centrez systématiquement vos sujets, vos photos vont cruellement manquer de dynamisme et le spectateur va rapidement s’ennuyer.

Pourtant, de nombreux éléments (naturels ou artificiels) présentent une symétrie et peuvent être à la base de photos saisissantes. Le choix du sujet est un paramètre déterminant pour la réussite de ce type de photo. Privilégiez donc les éléments ou les scènes avec une symétrie bien marquée. Au moment de cadrer ne faites pas les choses à moitié : alignez les éléments symétriques avec soin. L’œil humain a la faculté de déceler le moindre petit déséquilibre et considèrera tout écart comme une anomalie.

photo bâtiment composition centrée symétrieLes bâtiments, les monuments et plus généralement la photo d’architecture se prêtent bien aux compositions centrées. Mais la liste des sujets potentiels est longue. Si vous voulez voir quelques exemples de ce qu’il est possible de faire, je vous invite à lire mon article, compositions centrées : maîtrisez la symétrie.

2- Osez des portraits sans tête

photo portrait sans tête enfant herbePour réaliser un portrait, il semble tout à fait naturel de photographier le visage du modèle. On considère d’ailleurs que les yeux représentent la partie la plus importante et qu’il faut donc faire la mise au point à cet endroit là. Le succès d’un portrait repose donc beaucoup sur les expressions du visage et l’émotion que transmet le modèle.

A partir de là, imagineriez-vous photographier quelqu’un sans inclure son visage dans le cadre ? Et bien, c’est ce que je vous propose de faire en réalisant des portraits sans tête. Alors bien entendu je ne parle pas de décapiter votre sujet : je décline toute responsabilité si vous aviez un accès de folie soudain en lisant cet article 😉 Non, je parle ici de cadrer de telle sorte que la tête de votre sujet n’apparaisse pas sur l’image.

Un portrait sans tête n’est généralement pas attendu : c’est un bon moyen d’interpeller le spectateur, de l’amener à se poser des questions. L’attention se porte moins sur le sujet, l’environnement occupe une place plus importante et peut avoir un rôle narratif. En ne montrant pas le visage de votre modèle vous pouvez aussi mettre l’accent sur un élément secondaire (un vêtement, un accessoire, un tatouage, etc.).

3- Cadrez large

Savez-vous quelle est l’une des principales faiblesses du photographe débutant ? Et bien je vous le donne en mille : il cadre trop large ! Le sujet se retrouve alors perdu dans l’image, entouré d’éléments plus ou moins intéressants. C’est pourquoi on recommande généralement de bien remplir le cadre avec son sujet pour réaliser des photos fortes.

Et si vous faisiez d’un cadrage large une force plutôt qu’une faiblesse ? En fait, tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Cadrer large n’est pas forcément mauvais en soi mais il faut que ce soit fait à bon escient. Le principal intérêt de ce type de cadrage est de replacer le sujet dans son contexte. Le cadrage large est par exemple souvent utilisé en photo animalière pour resituer l’environnement naturel dans lequel évolue l’animal.

photo lion cadrage large paysageAvant d’appuyer sur le déclencheur prenez le temps nécessaire pour bien analyser ce que vous avez sous vos yeux. Vous devez vous demander si tel ou tel élément présent dans le cadre apporte quelque chose à la composition ou a plutôt tendance à la desservir. Avec l’expérience vous arriverez rapidement à voir si une scène se prête à un cadrage large ou non.

4- Pivotez l’appareil photo

photo fleur bleue ligne directriceLorsque vous prenez des photos vous faites bien attention à positionner votre appareil à l’horizontale ou à la verticale. Ce souci d’horizontalité (ou de verticalité) est tellement important que la plupart des logiciels de retouche proposent une fonctionnalité permettant de redresser une photo penchée. Prendre des photos « droites » semble donc être la norme et c’est ce que nous attendons d’une photo réussie.

Une fois encore, il peut être intéressant de prendre cette règle à contre-pied. Avez-vous déjà essayé de pivoter votre appareil photo pour trouver une meilleure composition ? En procédant ainsi, vous allez jouer avec les lignes directrices et apporter du dynamisme à vos photos. Observez bien l’image ci-contre : la ligne diagonale formée par la tige de la fleur permet de renforcer la composition.

Cette technique fonctionne également pour les portraits, qu’il s’agisse de portraits de famille ou de portraits plus officiels. Les photographes institutionnels en sont notamment friands pour illustrer le dynamisme d’une entreprise et de ses collaborateurs. En photo de paysage, cette technique est moins courante car nous percevons immédiatement un horizon bancal comme un défaut. Mais cela ne doit pas vous empêcher de l’essayer ! Dans ce cas, allez-y franchement pour que l’on sache qu’il s’agit d’un choix délibéré et non d’un manque de précision à la prise de vue.

5- Utilisez l’espace négatif

Le sujet est l’élément de base d’une photo. Même si vous n’y pensez pas systématiquement au moment d’appuyer sur le déclencheur, le sujet occupe bien souvent tout l’esprit du photographe. Vous prenez soin de le positionner correctement dans le cadre pour qu’il soit bien mis en valeur, vous faites la mise au point sur lui et vous ajustez la profondeur de champ en conséquence, etc.

Et si vous vous détourniez quelques instants du sujet pour donner un peu plus d’importance à ce qu’il y a autour ? On parle d’espace négatif pour caractériser la partie vide d’une photo. Même s’il peut sembler paradoxal de s’intéresser à cette zone de l’image c’est un bon moyen d’apporter de l’originalité à vos photos.

photo espace négatif paysageContrairement à ce que l’on pourrait penser, la présence d’une grande zone vide permet de renforcer le sujet. Pour cela, faites en sorte que l’espace négatif soit suffisamment neutre et uniforme. L’espace négatif est en effet d’autant plus efficace qu’il n’entre pas en conflit avec le sujet.

Les compositions utilisant l’espace négatif sont minimalistes et ont généralement un fort impact sur le spectateur. En photo de paysage, cette technique peut être utilisée pour donner une impression d’immensité. Imaginez par exemple un bateau entouré par une vaste étendue d’eau ou un ciel « écrasant » une petite bande de terre que vous auriez laissée en bas du cadre.

 

Vous avez maintenant quelques cartes en main pour varier vos compositions photo et pourquoi pas devenir un meilleur photographe ! Si vous êtes sages je vous proposerai prochainement un article dans le même esprit mais cette fois-ci nous nous intéresserons à l’exposition.

Et vous, vous avez déjà essayé de briser les règles de composition ? Avez-vous été satisfait du résultat ? Dites-nous tout en laissant un commentaire !
 

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55 commentaires
  1. Merci pour cet article ! La photo sans tête fait débat apparemment, pourtant c’est très utile pour mettre en avant une activité effectivement (et faire en sorte d’avoir des sujets qui ne soient pas reconnaissables). Bonne idée aussi l’utilisation de l’espace négatif !

  2. Chers Laurent et Fabien,

    Voilà quelques semaines que je suis, plus ou moins régulièrement, le blog de Laurent, et j’avais envie de réagir à cet article.

    Je suis globalement d’accord avec Henz pour dire que les photos présentées ici ont peu d’intérêt, y compris à titre d’exemple, car l’intérêt d’une photo centrée ou d’un portrait avec la tête coupée est de faire ressortir le sujet, ou un élément du sujet, ce qui n’est pas le cas sur ces images.

    Plus généralement, aborder son sujet sous un angle technique ne permet pas, à mon sens, d’aller bien loin. La technique photo est à la fois quelque chose d’ultra-rudimentaire (faire des images est à la portée de n’importe qui) et en même temps hyper vaste, comme en témoigne le contenu de vos blogs.

    Or la technique photo est un piège : c’est facile à comprendre et à maîtriser, il y a toujours quelque chose à apprendre, à perfectionner, et on fait toujours des photos plus jolies. Cela a quelque chose de rassurant.
    Mais le plus important, en photo, est d’avoir quelque chose à raconter, et d’être capable de le faire transparaître dans ses images. C’est beaucoup plus difficile que d’apprendre la technique, car je pense qu’il n’y a pas de méthode claire, c’est davantage un état d’esprit, être capable de se poser des questions et d’avoir une réflexion sur le sens de l’image.
    L’essentiel est d’avoir un sujet, et la démarche qui suit consiste grosso modo à avancer dans le brouillard. Il faut shooter, shooter et shooter encore, sans cesser de s’impliquer dans son sujet. La seule question qui vaille vraiment est de comment faire ressortir son sujet sur l’image, et surtout, de la manière qui permettra de traduire la façon dont on souhaite le traiter.
    Si la technique prend trop de place, on finit vite par tourner en rond, par se regarder photographier, et les images qu’on produit ne sont plus qu’un catalogue de techniques différentes, qui sont mises en avant au détriment du message des images.

    Il est facile et tentant de se laisser happer par la technique quand on shoote, parce que cela permet de rester en terrain balisé. Mais cela a un côté néfaste au propos que l’on souhaite construire avec ses images.
    J’ai lu le présent article samedi dernier, le matin ; l’après-midi je suis allé prendre l’avion. J’ai fait des photos à l’aéroport, car je travaille en ce moment sur un projet autour des gens que j’y rencontre. Je me suis senti « pollué » mentalement par ce que j’avais lu, non pas que ce qu’a écrit Fabien est faux ou mauvais, mais parce que ce rappel de la technique photo que j’avais encore en tête rajoutait une barrière entre mon sujet et moi.

    Je sais que vos blogs s’adressent à des débutants, et que connaître les rudiments de la technique photo est important – je suis passé par là moi aussi – mais en photo le sujet est le plus important, en réalité, et en particulier le sujet sous le regard du photographe ; bien loin devant l’utilisation de telle ou telle technique de prise de vue.
    Les questions à se poser sont « Quel est mon sujet ? Pourquoi suis-je attiré par ce sujet ? Qu’est-ce qui, dans mon histoire personnelle, me pousse vers ce sujet ? Quelle est ma position, mon point de vue là-dessus ? Qu’est-ce que je veux montrer ? » et pas « quelle technique utiliser ? ».

    La photo est une construction de notre propre représentation du monde qui nous entoure, et la technique, si elle permet d’être moins limité au moment de la prise de vue, ne doit pas avoir davantage de place dans ce genre de démarche.

    1. Bonjour Manu,

      Merci d’avoir laissé ce message constructif pour nous expliquer ta vision de la photo. L’article t’a amené à te poser des questions (et à trouver tes réponses) et quelque part je suis satisfait car c’était l’un des objectifs.

      Tu as raison, mon blog s’adresse en priorité à un public débutant (je ne parlerais pas à la place de Laurent, je le laisse rebondir s’il le souhaite). Parmi les messages que je reçois, 9 questions sur 10 tournent autour de la technique photo. Pas tant qu’il s’agisse d’une fin en soi, mais parce que c’est la première chose qui limite le photographe débutant. La majorité de mes lecteurs sont donc en demande de conseils techniques simples pour réussir leurs photos.

      Je pense que tu as déjà dépassé ce stade et qu’à présent tu es capable d’exprimer ce que tu ressens grâce à ton appareil photo. C’est à mon avis ce qui explique pourquoi la technique occupe une place moins importante dans ton esprit. Tu as acquis de l’expérience et tu peux maintenant te concentrer davantage sur ton intention photographique.

      Au delà de ça, je pense qu’il faut aussi garder à l’esprit que l’implication et les motivations de chacun sont diverses. Certains veulent juste arriver à photographier correctement les moments forts de la vie quotidienne ou des vacances. D’autres veulent délivrer un message et/ou exposer leur vision du monde à travers leurs photos. Au delà de ces deux exemples volontairement simplistes, il y a tout un tas de raisons possibles qui nous poussent à faire de la photo. A chacun de faire son propre chemin 😉

      1. Bonjour Fabien,
        je n’ai pas vraiment l’habitude d’intervenir sur un sujet, je consulte plutôt les sites pour y trouver de bonnes réponses aux débutants qui m’interrogent. La technique m’ennuie parce qu’elle fait tellement partie de moi que je ne rends plus compte des difficultés auxquelles sont confrontés les débutants. Lorsque j’ai parcouru le sujet, j’ai été tenté de donner une réponse sensiblement la même que Manu. Au final, j’ai rédigé un long article pour mon site (qui ne devrait paraître que dans quelques temps, toute publication passe par un comité de lecture). Ce n’est donc pas à proprement parler, une réponse au sujet, mais en tant qu’enseignant, je ne peux pas accepter la chose tel que. L’art est une discipline difficile d’accès, ce n’est pas rendre service à un débutant que lui dire qu’il peut transgresser les règles, voire se lancer dans n’importe quoi. Il faut apprendre aussi aux autres à faire la différence entre un Picasso et un dessin d’un enfant de 5 ans.

        Je pense que si vous vous permettez de conseiller, vous êtes bien au stade de faire ce genre de distinction, si ce n’est en peinture, au moins en photo. Il faut apporter au débutant, ce qu’il demande, et ce qu’il est capable de percevoir, il ne sert à rien d’anticiper ses compétences. Parle-t-on littérature comparée ou équation en CP? Non, on apprend à lire et écrire les mots et les nombres.

        Le débat a aussi son utilité ici, il permet au débutant de voir que s’il peut s’affranchir de certaines règles, il doit le faire avec prudence. Il y a beaucoup d’autres questions intéressantes que vous avez soulevées mais je ne voudrais pas être trop long.

        Merci en tout cas de faire la promotion de la photographie.
        Si vous êtes randonneur, vous savez sans doute qu’un chemin balisé est quand même rassurant 😉

        1. Bonjour Martin,

          Je vois rejoins quand vous dites que ce n’est pas rendre service au débutant de lui dire de transgresser les règles. Après 3 années d’existence et plus de 200 articles publiés sur apprendre-la-photo.fr, j’ai pensé (peut-être à tort) que le lectorat était suffisamment « mature » pour ce genre d’article. Mais pour quelqu’un qui a débuté la photo depuis peu et qui tombe sur ce blog, je le conçois, cela peut être assez déroutant.

          Après, si vous lisez bien l’introduction j’avance prudemment et je dis de le faire avec parcimonie. De plus, certains points évoqués dans l’article sont quand même plutôt « soft » et je suis loin de prôner l’anarchie ;-).

          En tout cas je lirai bien volontiers votre article sur le sujet avec votre approche d’enseignant. Mes parents sont tous les deux instits et je dois dire que j’ai entendu parler de pédagogie pendant toute ma jeunesse 😉

          1. Bonjour Fabien et Martin,

            Merci Fabien pour ta réponse, et merci Martin pour ton commentaire très instructif. Je suis moi aussi intéressé pour lire l’article que tu as écrit.

            Et désolé pour ma faible réactivité : je suis en vacances et il n’y a pas de wifi partout où je passe…

            Tu as raison Fabien de rappeler que ton public est constitué de débutants. Je ne suis pas enseignant et ne m’aventurerais pas à te donner des conseils en pédagogie. Cependant, et pour rebondir sur le commentaire de Martin, je me permets d’insister sur l’utilisation de la technique en photo.

            Je pense qu’un choix artistique peut difficilement être gratuit (j’imagine que c’est ce que Martin avait en tête quand il a parlé de la différence entre un Picasso et un dessin d’enfant de 5 ans).
            L’utilisation de telle ou telle technique, en photo, est un choix en soi. Par conséquent, je crois que plus on utilise la technique (y compris en détournant des règles, comme mentionné dans ton article), plus il est important de faire passer un message, d’avoir un sujet. Autrement, l’image risque de tomber à plat.

            Je te donne un exemple : là où je travaille, il y a un endroit prévu pour des expositions photo des employés qui désirent exposer leur travail. L’exposition en cours, ce sont des images d’éclaboussures, genre ça : http://www.wallfizz.com/art-design/eau/fond-1283.php
            En tant que telle, ce genre d’image n’apporte rien : il en existe des milliers sur internet (j’ai juste tapé « goutte d’eau » dans google et je suis tombé sur un site de fonds d’écran, c’est dire…).
            Là où les images de mon collègue pourraient sortir de l’ordinaire, c’est que sur certaines, il y a des formes qui apparaissent, comme des champignons, des parapluies ouverts ou même des petits personnages. Mais en lisant le texte qui accompagne les photos (et qui ne parle que de temps de pose, de focale, de flash et d’ouverture) et en regardant la série dans son ensemble, on voit bien que ce n’est pas quelque chose de recherché.
            En définitive, mon collègue avait un véritable univers à portée de main, mais il n’a pas creusé et n’est pas allé suffisamment loin pour présenter un travail réellement cohérent qui apporte quelque chose. Il s’est arrêté à l’aspect technique et a produit quelque chose de superficiel.

            Donc pour moi, à partir d’un certain niveau de technique, l’intention photographique doit précéder l’aspect technique de la prise de vue. Sinon, comme je l’ai dit, les images qu’on fait sont un catalogue.
            C’est là où je rejoins Martin qui dit qu’il n’est pas nécessairement souhaitable d’aller trop loin techniquement avec des débutants.

            Au contraire d’une composition très travaillée, il faut aussi se rappeler que des images très simples peuvent être extrêmement fortes, comme les portraits de Richard Avedon ou la série « la Terre vue du ciel ». Sur ces exemples, la composition est souvent (surtout dans le cas d’Avedon) réduite au minimum, et c’est pour cela que ce sont des images qui touchent le spectateur.
            Mais plus on cherche à faire des images simples, plus c’est compliqué…

  3. Pour relancer le débat – et répéter que cette photo de gamin décapité est ratée malgré la noble tentative qui a précédé le déclenchement 😉 – voici un lien qu’un ami photographe a partagé avec moi au sujet des coupes non-conventionnelles : http://michaelsweetphotography.com/
    L’une ou l’autre coupe est choquante, mais au moins, là, ce qui est mis en avant sur l’image est clairement compréhensible 🙂

  4. Super article qui m’encourage à ne pas suivre systématiquement les règles !
    Débutant en photographie, une de mes plus belles photos, a été la cible de « cadrage à revoir, on ne voit pas toute la cascade » !!!
    Vrai ! En m’approchant par un sentier longeant la rivière, je me suis arrêté devant ce spectacle de végétation qui laissait découvrir la cascade à partir de sa mi-hauteur. J’ai voulu montrer ce que moi auteur voyait et souhaitait montrer, et non ce que bcp aurait souhaité, la cascade de face dans toute sa hauteur et splendeur.
    Avant de critiquer, un cadrage, si nous essayons tous de nous mettre à la place de son auteur !!! Nous ne venons heureusement pas tous du même moule !

    1. Si j’ai un conseil a te donner Franck, c’est de te conformer le plus possible aux règles pour apprendre, petit à petit, au fur et à mesure que tu les acquières (c’est à dire qu’elles feront partie de tes habitudes, tu n’auras plus à y penser) il sera possible de t’en libérer, c’est le propre du génie humain qu’on appelle souvent la créativité. Je te souhaite d’en arriver là.
      Faire n’importe quoi, ça peut donner quelque chose de très joli, mais uniquement par hasard. C’est sans intérêt, ce qui est vraiment satisfaisant, c’est réussir du 1er coup ou presque à réaliser ce que l’on a dans la tête. La photo, ce n’est pas appuyer sur des boutons au hasard des circonstances, ça ce construit avec de la technique en premier lieu et de l’art ensuite, comme toutes les disciplines artistiques.

  5. Beaucoup trop de blabla à mon gout. Il y a de quoi dégouter les débutants qui ne savent probablement plus à quel saint se vouer.
    Voilà la seule vraie règle : « Keep Shooting » – Bryan Peterson, donc « Sortez et shootez » et apprenez à partir de vos erreurs.
    Sachant que les premières 10 000 photos seront les plus pourries, comme disait jadis Cartier-Bresson, ne perdez plus de temps sur des forums à vous prendre le chou.

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