Ricoh GR IV vu de trois quarts

Certains appareils finissent rangés au fond d’un sac, d’autres restent sur vous toute la journée sans même que vous y pensiez. Le Ricoh GR IV appartient clairement à la seconde famille. Annoncé en août 2025 et commercialisé en septembre 2025 au prix de 1 349 €, il prend la relève du GR III, lancé en 2019 et dont la production s’est arrêtée à l’été 2025.

La recette ne change pas : un compact expert de niveau semi-pro, équipé d’un capteur APS-C qui passe à 25,7 Mpx et d’un objectif fixe de 18,3 mm ouvrant à f/2,8, soit un équivalent 28 mm. Pas de monture, donc pas d’objectifs interchangeables : le seul complément optique prévu est le convertisseur grand-angle GW-4 (équivalent 21 mm), monté grâce à l’adaptateur GA-3. Côté look, Ricoh reste sobre : un boîtier noir, des arêtes franches, une finition grainée et aucune fioriture rétro. Avec 262 g sur la balance, il se loge dans la poche d’un blouson.

Face à lui, le Fujifilm X100VI fait figure de rival naturel, plus cher et nettement plus encombrant. Les Leica Q3 et Sony RX1R III, deux compacts plein format, visent un public prêt à dépenser plusieurs fois le prix du Ricoh.

Dans ce test, je vous aide à déterminer si ce compact a sa place dans votre pratique photo. Si vous n’avez pas encore arrêté votre choix sur un type d’appareil ou que vous hésitez entre plusieurs options, commencez par consulter notre guide quel appareil photo choisir avant de plonger dans ce test.

Ricoh GR IV vu de trois quarts

Caractéristiques techniques du Ricoh GR IV

Voici les caractéristiques techniques de cet appareil photo Ricoh GR IV :

  • Nom : Ricoh GR IV
  • Prix de lancement : 1 349 €
  • Date de sortie : septembre 2025 (annonce en août 2025)
  • Taille de capteur : APS-C (23,3 x 15,5 mm), CMOS rétroéclairé
  • Définition du capteur : 25,7 Mpx (6192 x 4128 px)
  • Processeur : GR ENGINE 7
  • Plage de sensibilité ISO native : 100-204 800 ISO
  • Visée : aucun viseur, cadrage sur l’écran uniquement
  • Écran : LCD de 3 pouces (format 3:2), environ 1,04 million de points, tactile, fixe
  • Monture d’objectif : aucune, objectif fixe de 18,3 mm à f/2,8 (28 mm en équivalent plein format), formule à 7 éléments dont 3 asphériques, répartis en 5 groupes ; convertisseur grand-angle GW-4 utilisable avec l’adaptateur GA-3
  • Rafale : environ 4 i/s, mise au point et exposition réajustées à chaque vue, mémoire tampon d’une dizaine d’images ; aucune cadence spécifique annoncée en obturation électronique
  • Stabilisation : oui, capteur stabilisé 5 axes, jusqu’à 6 IL selon Ricoh
  • Obturation : obturateur central mécanique de 30 s à 1/4000 s (1/2500 s au plus à pleine ouverture) ; obturateur électronique jusqu’à 1/16 000 s depuis le firmware 1.11 de février 2026 ; poses longues jusqu’à 20 minutes
  • Stockage : environ 53 Go de mémoire intégrée + 1 emplacement microSD (UHS-I)
  • Vidéo : Full HD (1920 x 1080) à 60, 30 et 24 i/s, 25 minutes maximum par séquence
  • Connectique : 1 port USB-C (recharge, transfert de données, sortie vidéo DisplayPort), griffe flash, Wi-Fi 6 et Bluetooth 5.3 ; ni prise micro, ni prise casque
  • Dimensions : 109,4 mm x 61,1 mm x 32,7 mm
  • Poids : 262 g batterie et carte incluses (228 g boîtier nu)
  • Tropicalisation : non ; boîtier en alliage de magnésium
  • Batterie : Ricoh DB-120
  • Autonomie : environ 250 vues (norme CIPA)

Prise en main et ergonomie du boîtier

Compacité et construction

Commençons par ce qui fait la réputation de la série : le gabarit. Avec à peine plus de 6 cm de haut, moins de 3,3 cm d’épaisseur et 262 g batterie et carte comprises, le GR IV fait partie des très rares appareils à loger un capteur APS-C dans un format de poche. Ricoh a même grappillé quelques dixièmes de millimètre en hauteur et en épaisseur face à son prédécesseur. Pour situer, il pèse à peu près la moitié d’un Fujifilm X100VI.

Le châssis en alliage de magnésium associe légèreté et rigidité, et sa finition grainée offre une bonne accroche sous les doigts. L’assemblage est soigné, sans fausse note à ce niveau de prix. Visuellement, seul un œil averti fera la différence avec le GR III : Ricoh n’a pas touché au design, et la discrétion du boîtier reste un vrai atout pour photographier sans se faire remarquer.

Ricoh GR IV vu de face, objectif 18,3 mm rentré

Tenue en main et équilibre

Le GR IV se manie sans problème d’une seule main. Sa poignée, un peu plus marquée que celle du GR III, offre une meilleure prise, et la molette avant dépasse davantage de la façade, ce qui la rend plus facile à tourner du bout de l’index. Au dos, le repose-pouce a cédé un peu de surface au nouveau basculeur +/-, un détail qui pourrait gêner les grandes mains.

Question équilibre, rien à régler : l’objectif est intégré et rentre dans le boîtier à l’extinction, si bien que l’appareil garde un profil plat et bien réparti. Pour aller plus large, Ricoh propose le convertisseur GW-4 (équivalent 21 mm), qui se fixe via l’adaptateur GA-3. Il élargit le champ, mais ajoute du volume à l’avant et vous fait perdre le côté “poche” : je le réserverais aux sorties paysage ou architecture où vous savez en avoir besoin. Ce même adaptateur accepte aussi des filtres de 49 mm.

Commandes, écran et connectique

L’arrière du boîtier a été réorganisé. À la place du levier ADJ du GR III, on trouve désormais une véritable molette arrière, et la bague rotative qui entourait la croix directionnelle disparaît au profit d’une croix classique. Nouveau venu, le basculeur +/- placé juste au-dessus du bouton de lecture sert par défaut à corriger l’exposition ; vous pouvez aussi lui confier les ISO ou le recadrage. Si vous aimiez la bague du GR III, prévoyez un petit temps d’adaptation. En échange, vous gagnez un accès direct à un réglage supplémentaire, ce qui me paraît une bonne affaire. En mode P, la fonction Program Auto Ex ajoute de la souplesse : tourner la molette avant fait basculer en priorité ouverture, tourner la molette arrière en priorité vitesse.

Dos du Ricoh GR IV avec son écran tactile de 3 pouces, sa molette arrière et sa croix directionnelle

Le barillet des modes accueille une nouvelle position Sn, pour Snap. Le principe, très apprécié des photographes de rue, repose sur la mise au point par zone : vous choisissez à l’avance une distance (par exemple 2 m), et l’appareil règle l’exposition en privilégiant une profondeur de champ suffisante pour que tout soit net autour de cette distance. Vous déclenchez alors sans attendre l’autofocus. Avec la fonction Full Press Snap, un appui franc sur le déclencheur force cette distance, même dans les autres modes. Petit défi pour vous entraîner : pendant une semaine, laissez la distance Snap sur 2 m et essayez de vous placer pile à cette distance de vos sujets avant de déclencher. Le coup d’œil vient plus vite qu’on ne le croit.

Ricoh GR IV vu de dessus avec son barillet des modes et son déclencheur

Les menus restent austères et peuvent dérouter si vous débutez. Bonne nouvelle : presque tous les boutons se personnalisent, et une fois votre configuration en place, vous n’aurez plus guère besoin d’y retourner. La vidéo, elle, se lance depuis un bouton situé sur le côté gauche du boîtier.

L’écran arrière (3 pouces, tactile) reste fixe, avec la même définition qu’auparavant (environ 1,04 million de points). Ricoh a supprimé la lame d’air entre la dalle et le verre trempé pour limiter les reflets, et ajouté un réglage automatique de la luminosité pour l’extérieur. La finesse d’affichage reste cependant modeste : pour juger la netteté d’une photo, attendez de la voir sur un ordinateur ou un smartphone récent. J’aurais aimé un écran inclinable, bien pratique pour cadrer à hauteur de hanche en toute discrétion. Et toujours aucun viseur : en plein soleil, il faudra parfois plisser les yeux.

Côté connectique, Ricoh s’en tient à l’essentiel : un port USB-C qui gère la recharge, le transfert et même une sortie vidéo DisplayPort, plus une griffe flash compatible avec le minuscule flash GF-2. Aucune prise micro ou casque n’est prévue. Le Wi-Fi et le Bluetooth assurent la liaison avec l’application GR WORLD.

Le stockage fait un bond : la mémoire intégrée passe à 53 Go, contre 2 Go sur le GR III, de quoi photographier plusieurs jours d’affilée sans carte. Le lecteur SD cède la place à un emplacement microSD, plus petit et moins pratique à manipuler dehors. La batterie DB-120, plus grosse, apporte davantage d’endurance, mais elle n’est pas compatible avec les DB-110 du GR III : si vous changez de modèle, vos batteries de rechange resteront au placard.

Flanc du Ricoh GR IV avec la trappe de la carte microSD

Enfin, ne comptez sur aucune tropicalisation : sous la pluie ou sur une plage venteuse, gardez l’appareil à l’abri. Ricoh a toutefois ajouté un revêtement antistatique au filtre qui protège le capteur, en complément du nettoyage par ultrasons, sans doute pour limiter les poussières qui se déposaient parfois sur le capteur du GR III. Il faudra un peu de recul pour juger de son efficacité. Reste à voir comment ce petit boîtier se comporte quand il faut réagir vite.

Réactivité de l’appareil

Sur le plan de la réactivité, le GR IV progresse sans changer de catégorie. Il démarre en 0,6 s selon Ricoh, l’écran reste noir moins longtemps entre deux déclenchements qu’avec le GR III, et en mode Snap la photo part sans délai. Dès que le sujet bouge vite, en revanche, ses limites réapparaissent.

Autofocus

Le GR IV s’appuie sur un autofocus hybride : la détection de phase, intégrée au capteur, indique dans quel sens déplacer la mise au point, puis la détection de contraste affine le réglage. Il sait aussi repérer les visages et les yeux.

Par bonne lumière, la mise au point gagne en vitesse et en fiabilité face au GR III, et le repérage des visages fait son travail tant que la personne reste immobile ou se déplace lentement. Le suivi d’un sujet rapide reste le point faible : l’appareil décroche facilement et ne rivalise pas avec les hybrides récents. Quand la lumière baisse ou que la scène est chargée, la mise au point devient moins fiable et demande parfois plusieurs tentatives.

Pigeon posé sur le parapet en béton d'un pont, immeubles colorés en arrière-plan
f/3,5, 1/1250 s, 200 ISO, rendu Film négatif (©Ricoh / Mina Daimon)

Mon conseil : utilisez le GR IV comme il a été conçu. Pour les scènes vivantes, préréglez la distance avec le mode Snap ; pour les sujets posés, laissez faire l’autofocus. Le limiteur de mise au point (plage proche ou lointaine) évite aussi à l’objectif de parcourir toute sa course pour rien.

Rafale et mémoire tampon

Disons-le franchement : l’action n’est pas le terrain de jeu du GR IV. Sa rafale plafonne à environ 4 images par seconde, avec mise au point et exposition recalculées entre les vues. La mémoire tampon, cet espace où l’appareil stocke temporairement les images avant de les écrire, sature au bout d’une dizaine de vues, puis la cadence ralentit le temps que l’enregistrement se termine.

Quant à l’obturation électronique, ajoutée au GR IV par le firmware 1.11 de février 2026, Ricoh ne communique aucune cadence spécifique : elle sert avant tout à monter jusqu’au 1/16 000 s quand la lumière abonde. Elle peut aussi déformer les sujets rapides (effet “rolling shutter”, qui fait pencher les lignes verticales en mouvement), une raison de plus de ne pas compter sur elle pour le sport.

Pour un enfant qui saute dans une flaque ou un passant qui traverse votre cadre, quelques images suffisent. Pour un match de foot, mieux vaut un autre outil.

Stabilisation

C’est l’une des nouveautés majeures : le capteur stabilisé passe de 3 à 5 axes, pour un gain annoncé de 6 IL. Un IL (ou “stop”) correspond à un doublement du temps de pose : six IL représentent donc, en théorie, une pose 64 fois plus longue sans flou de bougé.

Dans la réalité, le gain est tangible mais un peu en deçà de la promesse. Votre posture et la nature de la scène pèsent lourd dans le résultat : coudes serrés contre le corps ou épaule appuyée contre un mur, vous pouvez descendre à des vitesses qui réclameraient habituellement un trépied, alors que debout et sans appui, le taux de réussite baisse. Gardez aussi en tête que la stabilisation ne fige pas un sujet qui bouge : un passant photographié au 1/8 s restera flou, même si le décor est net. Son principal intérêt consiste à rattraper en partie l’ouverture modeste de l’objectif quand la lumière décline. Les meilleurs hybrides du marché font mieux, mais pour un boîtier de cette taille, le progrès face au GR III est net.

Terrasse nocturne éclairée par des guirlandes lumineuses suspendues entre les arbres
1/10 s à main levée, f/2,8, 200 ISO, rendu Cinéma (jaune) (©Ricoh / Robert Adachi)

Le filtre ND intégré de 2 IL, avec son mode automatique, complète l’ensemble pour ralentir la vitesse en plein jour (un filé d’eau, par exemple), mais son effet reste limité. Pour des poses vraiment longues sous un soleil franc, mieux vaut visser un filtre plus dense sur l’adaptateur GA-3.

Qualité d’image du Ricoh GR IV

Si vous achetez un GR, c’est d’abord pour ses images. Sur ce terrain, le GR IV progresse par petites touches : une définition à peine supérieure, un objectif nettement plus homogène et un traitement d’image affiné.

Capteur, définition et piqué

Le capteur APS-C rétroéclairé compte 25,7 Mpx et livre des images de 6192 pixels de large sur 4128 de haut, enregistrées en RAW DNG 14 bits ou en JPEG. Face aux 6000 x 4000 pixels de son prédécesseur, le gain de résolution reste anecdotique (environ 3 % sur la largeur) et ne se verra pas sur un tirage. Ricoh ne précise pas l’origine de ce capteur, mais sa définition est très proche de celle du Pentax K-3 III et du Sony A6700. Comptez une trentaine de mégaoctets par fichier RAW. Comme sur le GR III, le capteur se passe de filtre passe-bas pour gagner en netteté ; si un tissu ou une façade très régulière provoque du moiré, la stabilisation peut simuler ce filtre.

Le vrai progrès vient de l’optique. L’objectif redessiné (7 éléments dont 3 asphériques, répartis en 5 groupes) délivre des images très nettes à pleine ouverture (f/2,8), et surtout homogènes jusque dans les angles, là où le GR III perdait du terrain. Au centre, l’écart avec l’ancien modèle se remarque beaucoup moins. Une légère perte de piqué apparaît vers f/8, puis la diffraction (un phénomène optique qui adoucit l’image quand on ferme beaucoup le diaphragme) prend le dessus : je vous conseille de ne fermer à f/11 ou f/16 que si vous avez besoin de profondeur de champ. Petit bonus, en macro, la mise au point descend à 6 cm, de quoi saisir une fleur ou le détail d’un plat sans accessoire.

Plage en contre-jour sous un ciel nuageux, silhouette d'un baigneur dans les vagues
f/11, 1/160 s, 100 ISO, rendu Film positif (©Ricoh / Mina Daimon)

Au rayon des défauts optiques, on relève peu d’aberrations chromatiques. Le vignetage et une déformation en barillet marquée, eux, sautent aux yeux sur les fichiers non corrigés. Les JPEG les rectifient automatiquement, et Lightroom propose un profil dédié qu’il faut penser à activer.

L’appareil offre aussi deux recadrages qui simulent des focales de 35 mm et 50 mm. Pratique, à un détail près : les fichiers ne font alors plus que 16 Mpx, puis 8,2 Mpx, et le RAW lui-même est recadré. Une fois la photo prise, pas moyen de revenir au champ du 28 mm lors du traitement, alors que le Fujifilm X100VI, le Leica Q3 ou le Sony RX1R III conservent le fichier complet. Recadrer après coup reste faisable avec 25,7 Mpx, mais la marge est moins confortable qu’avec les 40 Mpx du Fujifilm.

Tables rondes turquoise d'une terrasse vide sur un trottoir
Recadrage 35 mm (fichier de 16 Mpx), f/6,3, 1/800 s, 200 ISO (©Ricoh / Mina Daimon)

Couleurs et rendus JPEG

Pour les couleurs, on retrouve la patte maison : un rendu naturel, sans saturation excessive. Le nouveau moteur de traitement GR ENGINE 7 affine le grain du bruit et préserve mieux les dégradés dans les zones très claires, une évolution plus perceptible que la petite hausse de résolution.

Si vous aimez les JPEG prêts à partager, vous trouverez quatorze rendus prédéfinis, dont deux nouveaux modes Cinéma (jaune ou vert), ainsi qu’un effet de grain dont vous dosez la force. Les rendus noir et blanc, en particulier, ont beaucoup de caractère. Attention toutefois : Lightroom ignore cinq de ces rendus (Ton HDR, Traitement croisé, Rétro, Bleach Bypass et Hi-Contraste N&B), qui restent donc réservés aux JPEG. En enregistrant en RAW + JPEG, vous gardez à la fois le rendu choisi et un fichier brut à retravailler.

Vitrine de pâtisserie garnie de gâteaux et de tartelettes, étiquettes de prix en japonais
Rendu Cinéma (jaune), f/2,8, 1/100 s, 100 ISO (©Ricoh / Robert Adachi)
Gros plan sur un bouton floral rose et blanc devant un feuillage vert flou
Rendu Traitement croisé, recadrage 50 mm (8,2 Mpx), f/4, 1/1250 s, 200 ISO (©Ricoh / Mina Daimon)

Montée en ISO

La sensibilité grimpe jusqu’à 204 800 ISO, en partant de 100 ISO. Jusqu’à 800 ISO, rien à signaler. Vers 1600 ISO, un léger grain apparaît sur les parties sombres, et 3200 ISO marque une dégradation plus visible mais encore maîtrisée. Au palier de 6400 ISO, le grain ne passe plus inaperçu, sans empêcher de publier vos images en ligne ou de les imprimer en petit format. La vraie cassure intervient avec le passage aux 12 800 ISO : l’écart avec le palier précédent est si brutal qu’on croirait à une sensibilité poussée artificiellement. Plus haut, le bruit chromatique s’en mêle, et les valeurs extrêmes servent surtout à garnir la fiche technique.

Rangée de tabourets de bar alignés dans une ruelle sombre, la nuit
3200 ISO, f/2,8, 1/60 s (©Ricoh / Mina Daimon)
Rideau métallique devant une enseigne peinte à la main et le numéro 455, en noir et blanc contrasté
12 800 ISO, f/2,8, 1/30 s, rendu Noir et blanc contrasté (©Ricoh / Mina Daimon)

En pratique, je vous conseille de plafonner l’ISO auto vers 6400 ISO, une limite que le GR IV permet de définir dans ses réglages.

Dynamique et latitude d’exposition

Le capteur laisse une belle marge de manœuvre au développement. Dans les ombres, vous pouvez éclaircir une image sous-exposée de deux IL sans dégradation notable ; en poussant plus loin, le bruit apparaît, puis les couleurs commencent à dériver. Les hautes lumières se rattrapent encore mieux : une photo surexposée d’un peu plus de deux IL retrouve un aspect très proche d’une exposition correcte, couleurs comprises. Seule limite, une zone totalement brûlée, comme un ciel blanc, ne retrouvera aucun détail.

Couloir en béton traversé par une lumière rasante qui dessine les ombres de range-vélos
f/2,8, 1/500 s, 200 ISO, rendu Cinéma (jaune) (©Ricoh / Robert Adachi)

Pour les scènes très contrastées, essayez la mesure pondérée sur les hautes lumières : elle protège les zones claires et vous laisse déboucher les ombres ensuite. Si vous débutez en post-traitement, c’est un bon réflexe à prendre.

Points forts et points faibles

Ricoh GR IV, compact expert à capteur APS-C et objectif 28 mm
Points forts :
  • Un capteur APS-C dans un boîtier de poche : vous l’emportez partout, donc vous photographiez davantage.
  • Un objectif bien plus homogène : des images nettes jusque dans les angles dès l’ouverture maximale, idéal pour l’architecture ou les compositions décentrées.
  • Une excellente tenue des hautes lumières : moins de ciels perdus et une vraie marge de correction au développement.
  • Un capteur stabilisé 5 axes : des vitesses lentes à main levée pour les scènes sombres et statiques.
  • 53 Go de mémoire embarquée : une journée de photo, voire plusieurs, sans carte.
  • Le mode Sn et la fonction Full Press Snap : un déclenchement instantané en photo urbaine, sans dépendre de l’autofocus.
  • Un démarrage en 0,6 s : l’appareil est prêt avant que la scène ne vous échappe.
  • Une mise au point macro à 6 cm : des gros plans sans accessoire.
  • Des rendus JPEG soignés, surtout en noir et blanc : des images prêtes à partager sans retouche.
  • Un filtre ND de 2 IL et un obturateur électronique jusqu’au 1/16 000 s : f/2,8 reste utilisable en plein soleil.
Points faibles :
  • Aucun viseur, et un écran fixe à la définition modeste : le cadrage devient délicat en plein soleil, la netteté se vérifie mal sur place et la visée à hauteur de hanche se fait à l’aveugle.
  • Un autofocus limité sur les sujets rapides et en basse lumière : vous raterez des instants si vous comptez sur le suivi, d’où l’intérêt de maîtriser le mode Snap.
  • Une cadence de 4 images par seconde et une mémoire tampon vite pleine : le sport, les animaux et les enfants très remuants sont hors de portée.
  • Une vidéo plafonnée en Full HD, avec un autofocus peu fluide : à réserver aux souvenirs occasionnels.
  • Une autonomie modeste : une batterie de rechange s’impose pour une journée chargée, et celles du GR III ne sont pas compatibles.
  • Un emplacement microSD : des cartes minuscules, faciles à égarer et moins courantes dans les sacs photo.
  • Une montée en ISO qui s’effondre passé 12 800 ISO : au-delà de 6400 ISO, mieux vaut ne pas insister.
  • Pas de tropicalisation : prudence sous la pluie, dans le sable ou la poussière.
  • Des recadrages en 35 mm et 50 mm gravés dans le RAW : aucun retour au 28 mm possible lors du traitement.
  • Un prix qui grimpe : 1 349 € contre 899 € au lancement du GR III, pour des évolutions mesurées.

Comparaison du Ricoh GR IV avec les appareils concurrents

Voyons maintenant comment le Ricoh GR IV se positionne sur le marché. Vous pouvez aussi lire notre comparatif des meilleurs appareils photo, régulièrement mis à jour, pour voir si le Ricoh GR IV y figure (évidemment, s’il n’y est pas, ce n’est pas qu’il est mauvais).

  • Ricoh GR III (2019, 899 € au lancement) : même concept et même format, avec 24 Mpx, une stabilisation 3 axes, 2 Go de mémoire intégrée et un lecteur SD. Son objectif est moins homogène dans les angles et sa batterie s’épuise plus vite. Sa production a cessé à l’été 2025 : vous le trouverez surtout d’occasion, une option intéressante si votre budget est serré. Si vous en possédez déjà un, le passage au GR IV se justifie surtout par l’objectif retravaillé et la stabilisation.
Ricoh GR IV et Ricoh GR III vus de face (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Ricoh GR III côte à côte (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Ricoh GR III (©Camerasize)
  • Fujifilm X100VI (février 2024, 1 799 € au lancement) : capteur APS-C 40 Mpx, objectif 23 mm f/2 (équivalent 35 mm), viseur hybride optique et électronique, stabilisation 5 axes et filtre ND de 4 IL. Plus lumineux d’un IL, mieux équipé en vidéo et plus confortable pour cadrer, il est aussi environ deux fois plus lourd et ne rentre dans aucune poche de pantalon. Ses recadrages conservent le RAW complet. C’est le choix logique si vous voulez un viseur et une focale plus polyvalente, et que l’encombrement ne vous gêne pas.
Ricoh GR IV et Fujifilm X100VI vus de face (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Fujifilm X100VI côte à côte (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Fujifilm X100VI (©Camerasize)
  • Leica Q3 (2023, 5 950 € au lancement) : capteur plein format de 60 Mpx, objectif Summilux 28 mm f/1,7, viseur électronique, écran inclinable et vidéo 8K. Le rendu et la finition jouent dans une autre catégorie, tout comme le prix, plus de quatre fois celui du GR IV, et le gabarit, bien plus imposant. Ses recadrages numériques laissent le RAW intact.
Ricoh GR IV et Leica Q3 vus de face (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Leica Q3 côte à côte (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Leica Q3 (©Camerasize)
  • Sony RX1R III (juillet 2025, 4 900 € au lancement) : capteur plein format de 61 Mpx, objectif Zeiss Sonnar 35 mm f/2, viseur électronique et autofocus avec reconnaissance des sujets par intelligence artificielle. Ses recadrages 50 et 70 mm restent réversibles au développement. En revanche, il n’a pas de stabilisation, son écran est fixe comme celui du GR IV, il pèse près du double et coûte plus de trois fois plus cher.
Ricoh GR IV et Sony RX1R III vus de face (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Sony RX1R III côte à côte (comparaison de taille)
Ricoh GR IV et Sony RX1R III (©Camerasize)
  • Les autres versions du GR IV et le futur GR IVx : Ricoh décline son compact. Le GR IV HDF remplace le filtre ND par un filtre de diffusion qui adoucit les hautes lumières en les entourant d’un léger halo, et le GR IV Monochrome reçoit un capteur dédié au noir et blanc. Surtout, Ricoh a annoncé en août 2026 le développement du GR IVx, équipé d’un objectif équivalent 40 mm, avec une sortie prévue à partir de l’hiver 2026. Si vous préférez un cadrage plus serré, patienter peut valoir le coup.

Est-ce l’appareil de vos rêves ?

Le GR IV assume de ne pas tout faire, et c’est justement ce qui le rend attachant. Il conserve les ingrédients qui ont bâti la réputation de la série, à savoir un capteur APS-C dans un format de poche, un 28 mm qui incite à se rapprocher de son sujet et une discrétion précieuse en ville. Il corrige aussi plusieurs reproches adressés au GR III : objectif plus homogène, stabilisation 5 axes, 53 Go de mémoire embarquée, autonomie en hausse et démarrage plus vif.

Ricoh GR IV glissé dans la poche d'un pantalon
©Ricoh

Ses limites, en revanche, n’ont guère bougé : pas de viseur, écran fixe, autofocus à la traîne sur les sujets rapides, rafale lente, vidéo Full HD et absence de tropicalisation. À 1 349 €, la hausse de prix se ressent d’autant plus que les progrès restent mesurés.

Ce compact est fait pour vous si vous aimez photographier la rue, voyager avec un sac léger ou raconter votre quotidien en images, avec un appareil toujours sur vous et bien plus capable qu’un smartphone. Il fera aussi un excellent second boîtier pour un photographe déjà équipé d’un hybride. Si vous débutez, la focale fixe est une formidable école de composition : vous apprendrez à bouger vos pieds plutôt qu’à tourner une bague de zoom, à condition d’accepter des menus un peu austères au départ. En revanche, passez votre chemin si vous photographiez du sport, des animaux ou si la vidéo compte pour vous. Et si vous possédez déjà un GR III, le changement ne se justifie que si le piqué dans les angles ou la stabilisation vous manquent vraiment ; les amateurs de 40 mm, eux, ont tout intérêt à attendre le GR IVx.

Photographe cadrant une vue urbaine sur l'écran arrière du Ricoh GR IV tenu d'une main
©Ricoh

Notre guide quel appareil photo choisir peut aussi vous aider à trancher si vous hésitez encore entre plusieurs familles d’appareils.

Vous avez un Ricoh GR IV ? Partagez votre expérience en commentaire : ce qui vous a plu, ce qui vous agace au quotidien, les réglages que vous utilisez le plus. Vos retours aideront d’autres photographes à faire le bon choix.

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Questions fréquemment posées

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Photographe professionnel et formateur basé à Grenoble, je pratique la photographie depuis plus de 10 ans, principalement en montagne et dans les milieux outdoor : randonnée, escalade, alpinisme, parapente. Je suis également photographe de mariage en Isère et dans les Alpes (clembelleudy.com), et je propose du coaching photo personnalisé. Avec Laurent et l'équipe Apprendre.Photo depuis 2020, j'écris des articles pédagogiques et co-crée des formations sur la photo de nuit, la photographie de mouvement et la pose longue.
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