Sony RX10 V vu de trois quarts avant, avec son zoom Zeiss Vario-Sonnar 24-600 mm

Des phoques au loin sur un banc de sable, puis les dunes à perte de vue, le tout sans ouvrir le sac : voilà le pari du Sony RX10 V, aussi appelé RX10 Mark V. Son zoom intégré, un x25, couvre l’équivalent d’un 24-600 mm en 24×36.

Un bridge ? C’est un appareil à objectif fixe doté d’un très grand zoom, à mi-chemin entre le compact et l’hybride : pas de monture, donc, et aucun objectif à changer. Annoncé en 2026, ce bridge haut de gamme se rapproche des hybrides Alpha de Sony : poignée profonde, construction tropicalisée, processeur épaulé par une puce d’intelligence artificielle, autofocus et rafale de dernière génération, vidéo 4K enfin moderne. Il garde en revanche le cœur du RX10 IV, sorti près de neuf ans plus tôt, en septembre 2017 : le capteur 1 pouce empilé de 20 Mpx et l’objectif 24-600 mm f/2,4-4.

Vendu 2500 €, il s’adresse aux photographes experts qui veulent la portée d’un super-téléobjectif sans transporter un sac d’objectifs. Les rivaux directs se font rares : le Nikon Coolpix P1000 se contente d’un capteur bien plus petit pour aller plus loin en focale, et l’alternative la plus sérieuse reste un hybride associé à un télézoom.

Cet article vise à vous aider à déterminer si ce boîtier colle à votre pratique. Si vous n’avez pas encore arrêté votre choix sur un type d’appareil ou que vous hésitez entre plusieurs options, commencez par consulter notre guide quel appareil photo choisir avant de plonger dans ce test.

Sony RX10 V vu de trois quarts avant, avec son zoom Zeiss Vario-Sonnar 24-600 mm

Caractéristiques techniques du Sony RX10 V

Voici les caractéristiques techniques de cet appareil photo Sony RX10 V :

  • Nom : Sony RX10 V (également appelé RX10 Mark V)
  • Prix de lancement : 2500 €
  • Date de sortie : 2026
  • Taille de capteur : 1 pouce (type 1), CMOS Exmor RS empilé, repris du RX10 IV
  • Définition du capteur : 20 Mégapixels
  • Processeur : Bionz XR, associé à une puce dédiée à l’intelligence artificielle (et non le Bionz XR2 de l’A7 V)
  • Plage de sensibilité ISO native : non communiquée
  • Visée : électronique, 3,69 millions de points, dalle de 0,5 pouce, rafraîchissement de 60 ou 120 Hz
  • Écran : format 3:2, 1,62 million de points, inclinable (sans articulation latérale) ; diagonale et commande tactile non communiquées
  • Monture d’objectif : aucune, objectif intégré non interchangeable : zoom stabilisé 24-600 mm f/2,4-4 en équivalent 24×36 (x25), rapport de grossissement maximal de 0,49x
  • Rafale : jusqu’à 30 i/s en obturation électronique (cadences de 5, 10, 15 ou 30 i/s), 10 i/s en obturation mécanique ; mémoire tampon de 162 RAW ou 546 JPEG ; pas de pré-capture
  • Stabilisation : oui, optique (dans l’objectif) ; gain non communiqué ; mode Actif en vidéo (cadre légèrement resserré)
  • Obturation : obturateur mécanique central jusqu’au 1/2000 s (ouverture imposée à f/8 au-delà du 1/1000 s), obturateur électronique jusqu’au 1/16 000 s
  • Stockage : 1 emplacement SD UHS-II, sous l’appareil, voisin de la batterie
  • Vidéo : 4K jusqu’à 60p sans recadrage, 4K 120p avec un recadrage d’environ 30 % (50p et 100p en mode PAL) ; 4:2:2 10 bits ; S-Log3 (à partir de 1000 ISO), S-Cinetone, jusqu’à 16 LUT ; time-lapse assemblé dans l’appareil ; diffusion en direct en 4K ; ralentis à 480 et 960 i/s supprimés
  • Connectique : USB-C 10 Gb/s (USB 3.2 Gen 2), prise multi pour télécommande filaire Sony ; Wi-Fi 5 GHz ; autres prises non détaillées
  • Dimensions : non communiquées
  • Poids : environ 1,1 kg
  • Tropicalisation : oui, protection contre la poussière et l’humidité ; norme et matériau du boîtier non communiqués
  • Batterie : NP-FZ100
  • Autonomie : 630 images à l’écran, 570 au viseur (norme CIPA)

Prise en main et ergonomie du boîtier

Gabarit, poids et construction

Premier constat au moment de préparer votre sac : le RX10 V se porte en bandoulière, pas dans une poche de veste. Comptez environ 1,1 kg, objectif compris : c’est le tribut à payer pour un super-téléobjectif toujours monté. Pour les longues marches, misez sur une courroie large et confortable.

Sony RX10 V vu de face, avec sa poignée profonde et l'objectif Zeiss de 72 mm de diamètre

Redessiné, le boîtier adopte les codes des hybrides Alpha actuels. Pluie fine, embruns, poussière d’un chemin de terre : il y fait face grâce à sa tropicalisation, Sony annonçant une protection contre la poussière et l’humidité. Un vrai progrès pour un appareil qui vit dehors ; aucune norme d’étanchéité n’étant précisée, considérez-le toutefois comme résistant, pas comme étanche.

Tenue en main et équilibre

Si vous avez déjà eu un Sony A9 III entre les mains, la poignée vous paraîtra familière : profonde et bien marquée, elle reprend le dessin de celle de ce boîtier d’action. Son volume a une raison d’être très concrète, loger la batterie NP-FZ100, et un bénéfice immédiat : une prise ferme, qui sécurise l’appareil quand vous le portez d’une seule main entre deux photos.

Pas de casse-tête d’équilibre ici : impossible de changer d’objectif, et le 24-600 mm intégré, conçu avec le boîtier, reste la seule combinaison possible. Le bon réflexe, surtout en position téléobjectif : laissez la main gauche soutenir le fût de l’objectif, là où tombent naturellement les bagues, et gardez la droite pour la poignée et le déclencheur.

Sony RX10 V vu de profil, zoom entièrement déployé en position 600 mm

Viseur et écran

Vous comptez vous filmer face caméra ? Prévoyez un complice derrière l’appareil : l’écran du RX10 V ne se retourne pas vers l’avant. Il se contente toujours de s’incliner vers le haut ou vers le bas, ce qui aide à viser au ras du sol ou par-dessus une foule tant que l’appareil reste à l’horizontale ; tourné en cadrage vertical, il ne vous sert plus à rien. Pour un boîtier qui affiche désormais de vraies ambitions vidéo, c’est le principal accroc de son ergonomie.

Petite consolation : vos images occupent maintenant toute la dalle, passée au format 3:2 comme elles, et sa définition grimpe à 1,62 Mpts.

Pour suivre un sujet qui file, passez le viseur en 120 Hz : le mouvement y gagne en fluidité. Le reste de la fiche suit : 3,69 Mpts au lieu de 2,36, sur une dalle agrandie à 0,5 pouce.

Commandes : l’école Alpha

Sur le fût de l’objectif, ne négligez pas le limiteur de distance de mise au point : en interdisant à l’autofocus d’explorer les distances inutiles, il l’empêche de partir chercher l’horizon quand votre sujet est à deux pas, et inversement. Il voisine avec un sélecteur AF/MF, un bouton personnalisable et deux bagues, mise au point et diaphragme, inchangés depuis le Mark IV.

Le zoom, motorisé, se commande par un levier placé autour du déclencheur. Ne comptez pas sur lui pour un recadrage éclair : il parcourt sa plage sans précipitation. Pour déclencher à distance, misez sur la prise multi et une télécommande filaire Sony, car le filetage pour déclencheur souple a disparu.

Sony RX10 V vu de dessus avec son levier de zoom autour du déclencheur, ses touches C1 et C2, sa molette des modes et son interrupteur

Les deux ajouts qui comptent le plus tombent sous le pouce droit : le bouton AF-ON et le joystick, sur lesquels je reviens plus bas. Le bouton d’enregistrement vidéo, figé sur le Mark IV, accepte en outre une autre fonction. Sur le capot, en revanche, l’afficheur d’informations a disparu : vos réglages se consultent dans le viseur ou sur l’écran.

Dos du Sony RX10 V avec son viseur, sa touche AF-ON, son joystick et sa molette arrière

Photo et vidéo cohabitent enfin sans se marcher dessus. Un sélecteur photo / vidéo / S&Q (pour les ralentis et accélérés) bascule l’appareil d’un mode à l’autre, et chaque mode conserve ses propres réglages. Les menus sont ceux des Alpha récents : si vous possédez un hybride de la gamme, un réglage appris dessus se retrouve au même endroit sur le RX10 V, et la molette des modes PASM comme les deux molettes de commande répondent présent.

Autonomie, connectique et stockage

Selon la norme CIPA, une charge tient désormais 630 vues à l’écran (570 au viseur), contre environ 400 pour le Mark IV. Le mérite en revient à la NP-FZ100, la batterie de nombreux hybrides Alpha, qui remplace la NP-FW50. La batterie de secours redevient une précaution plutôt qu’une obligation, sauf si vous filmez beaucoup ou abusez de la rafale ; et si votre hybride Sony l’utilise déjà, vos batteries passeront d’un appareil à l’autre.

Côté échanges, l’USB-C passe à 10 Gb/s (USB 3.2 Gen 2) : vos fichiers rejoignent vite l’ordinateur, la batterie se recharge par le même câble, et vos visioconférences gagnent une webcam de luxe. L’appareil sait aussi diffuser en direct en 4K, et le Wi-Fi 5 GHz accélère les transferts sans fil.

Le stockage, lui, se limite à une seule fente SD UHS-II, logée sous l’appareil, voisine de la batterie. Deux conséquences pratiques : aucune copie de secours simultanée sur une seconde carte, donc sauvegardez vos images chaque soir en voyage ; et sur trépied, le plateau de fixation risque de gêner l’ouverture de la trappe.

Réactivité de l’appareil

Photographier un sujet en mouvement, c’est enchaîner trois gestes : trouver le point, le garder, déclencher au bon instant. Le RX10 V progresse nettement sur les deux premiers et sa rafale gagne en cadence comme en endurance ; il lui manque en revanche un outil précieux pour le troisième. Seuls le zoom motorisé et la mise sous tension restent lents.

Autofocus

Premier réglage à envisager : la mise au point au pouce. Le bouton AF-ON, nouveau venu, lui offre enfin une commande dédiée (c’est le back-button focus des anglophones) : l’autofocus ne dépend plus du déclencheur, et vous pouvez composer, déclencher puis recadrer sans qu’il se relance à chaque pression. Le joystick, absent du Mark IV, déplace la zone active sans quitter le viseur, et une zone XL s’ajoute aux tailles existantes. Et si votre cadrage l’exige, placez le sujet loin du centre : avec 575 collimateurs répartis sur 70,6 % de l’image, contre 315 auparavant, l’autofocus le suit plus près des bords.

Le changement le plus profond ne se voit pas. Épaulé par une puce d’intelligence artificielle, l’autofocus sait désormais à quoi il a affaire. Le plus simple : laissez le réglage automatique choisir la catégorie de sujet à votre place, bien pratique quand un écureuil succède à un randonneur dans le même cadre. Vous pouvez aussi l’imposer : véhicules (avions, trains, voitures), insectes, oiseaux ou animaux. Les oiseaux bénéficient d’une reconnaissance de l’œil, de la tête et du corps ; chez l’humain, l’appareil va au-delà du regard et du visage grâce à une estimation de la posture, qui l’aide à garder une personne en ligne de mire quand elle se détourne. Nouveau lui aussi, le suivi en temps réel accompagne dans l’image n’importe quel sujet que vous désignez.

Deux footballeurs à l'entraînement, l'un reprenant le ballon de volée devant un filet
591 mm (équivalent 24×36), f/4, 1/5000 s, 400 ISO (©Sony)

Tout se joue sur l’arrière-plan. Un sujet bien découpé sur un fond dégagé est saisi rapidement puis tenu sans relâche, et la détection du visage et de l’œil humain se montre d’une grande fiabilité. Dans un décor touffu, le comportement devient inégal : l’autofocus peut garder un sujet vif même quand des éléments passent devant lui, mais aussi tarder à reconnaître un sujet minuscule au loin, ou le lâcher par moments. Mon conseil : dès que le sujet se fond dans son environnement, réduisez la zone de mise au point au lieu de laisser la détection automatique chercher seule, et réservez celle-ci aux sujets bien isolés.

Gros plan sur la tête d'un héron au plumage fauve et au bec bleuté, l'œil net sur fond sombre
600 mm (équivalent 24×36), f/4, 1/1000 s, 160 ISO (©Sony)

Autre point sensible : la mise au point pendant un changement de focale. Le Mark IV décrochait ; le V peut garder le sujet net pendant que vous zoomez, sans que ce soit garanti. Dans le doute, procédez en deux temps : réglez d’abord la focale, puis relancez la mise au point d’une pression sur AF-ON.

Quand la lumière baisse, le suivi perd en constance, et plus encore en vidéo. Pour lui faciliter la tâche, restez au plus près du grand-angle, là où l’objectif ouvre à f/2,4, et placez la zone de mise au point sur une partie contrastée du sujet.

Rafale et mémoire tampon

En obturation électronique, le RX10 V monte jusqu’à 30 i/s, avec des cadences intermédiaires de 5, 10 et 15 i/s ; l’obturateur mécanique, lui, plafonne à 10 i/s. Grâce à la lecture rapide du capteur empilé, la visée reste active pendant la rafale, sans écran noir entre deux vues, et les sujets rapides se déforment peu.

Trois flamants roses en vol, alignés dans un ciel bleu
566 mm (équivalent 24×36), f/4, 1/8000 s, 400 ISO (©Sony)

Dix secondes de rafale en JPEG à pleine cadence, ce sont 300 photos à trier le soir. D’où l’intérêt de la fonction de boost, que vous pouvez confier à un bouton : réglez une cadence modérée par défaut, et ne passez à 30 i/s que pendant l’instant décisif, le temps d’une pression. Agrandie, la mémoire tampon encaisse un peu plus de cinq secondes de rafale à 30 i/s en RAW (162 fichiers), et plus de dix-huit secondes en JPEG, avant que l’appareil ne ralentisse.

Imaginez déclencher une fraction de seconde après l’instant décisif, et le capturer malgré tout : c’est ce que permet la pré-capture, grande absente du RX10 V. Sur les boîtiers qui en sont dotés, l’appareil enregistre en continu tant que le déclencheur reste enfoncé à mi-course, puis conserve les images qui précèdent la pression complète. Ici, tout repose donc sur vos réflexes. Pour compenser, anticipez : lancez la rafale un instant avant l’action attendue et laissez-la tourner, la mémoire tampon a de la réserve.

Quel obturateur pour quelle situation ? Pour l’action, l’électronique s’impose : 30 i/s, des vitesses jusqu’au 1/16 000 s et toutes les ouvertures. Pour un portrait au flash, basculez sur le mécanique : de type central, logé dans l’objectif, il synchronise un flash externe jusqu’à des vitesses élevées, de quoi éclaircir un visage à contre-jour en plein soleil. Un flash externe, car le petit modèle intégré du Mark IV n’a pas survécu à la refonte ; et le mécanique, car l’électronique ne synchronise pas le flash. Gardez seulement en tête son plafond, le 1/2000 s, et f/8, imposé au-delà du 1/1000 s. Pour une retouche poussée, enfin, le mécanique garde un dernier atout, la compression sans perte des RAW, détaillée plus bas.

Skateur en plein saut au-dessus d'une butte de béton, sur fond de ciel bleu
39 mm (équivalent 24×36), f/3,2, 1/2500 s, 200 ISO (©Sony)

Stabilisation

À 600 mm, le moindre tremblement prend des allures de séisme dans le viseur. L’objectif du RX10 V est stabilisé optiquement : l’image se calme pendant la visée, et vous pouvez ralentir l’obturation sur un sujet immobile.

Un rappel utile : à main levée, la règle classique veut que la vitesse ne descende pas sous l’inverse de la focale, soit 1/600 s au téléobjectif maximal. La stabilisation repousse cette limite pour un paysage ou un monument, mais elle ne fige pas un animal qui bouge : pour lui, seule une vitesse rapide fonctionne. Quand la lumière baisse, elle devient en revanche votre meilleure alliée pour contenir la sensibilité : sur un sujet statique, ralentissez plutôt que de pousser les ISO, et calez-vous contre un appui dès que possible.

En vidéo, la stabilisation Active resserre légèrement le cadre pour lisser davantage vos plans tournés en marchant. Le progrès est réel face au Mark IV, dont la 4K tremblait facilement à main levée.

Qualité d’image du Sony RX10 V

Capteur et optique étant ceux du Mark IV, les fichiers du RX10 V restent très proches de ceux de son aîné. La bonne question est donc ce que vous attendez d’un capteur 1 pouce : pour l’écran, le partage et des tirages de taille raisonnable, il a de quoi satisfaire ; face à un grand capteur, il restera en retrait. Le reste se joue dans le traitement, les formats de fichiers et vos propres réglages.

Un objectif qui n’a pas besoin d’être fermé

Commençons par ce que vous ne verrez guère : des liserés colorés le long des contours contrastés (les aberrations chromatiques), ou un voile laiteux quand une source lumineuse vive entre dans le cadre (le flare). Le 24-600 mm tient ces défauts à distance, et sa netteté se maintient des bords de l’image jusqu’au téléobjectif maximal.

Le Puente Nuevo de Ronda enjambant une gorge rocheuse, maisons blanches au sommet des falaises
24 mm (équivalent 24×36), f/2,4, 1/2000 s, 100 ISO (©Sony)

Le diaphragme, lui, demande de perdre un réflexe. Sur un petit capteur, fermer n’a rien de la recette gagnante qu’elle peut être en 24×36, à cause de la diffraction : en traversant une ouverture très étroite, la lumière s’étale, et ce flou se voit d’autant plus tôt que les photosites sont petits. Au-delà de f/8, chaque cran retire du piqué au lieu d’en ajouter. Et puisque l’objectif livre déjà une image nette dès la pleine ouverture, à toutes les focales, travaillez ouvert ou presque, sans arrière-pensée.

Avec 20 Mpx, la définition reste sage : composez au plus juste à la prise de vue plutôt que de compter sur un recadrage serré. Au téléobjectif, c’est d’autant plus facile que la focale fait déjà ce travail. Côté flou d’arrière-plan, un petit capteur donne, à cadrage égal, davantage de profondeur de champ qu’un 24×36 : au grand-angle, n’attendez pas de fondu crémeux. À 600 mm, en revanche, la longue focale suffit à détacher nettement un sujet de son décor.

Deux flamants roses face à face dans l'eau, cous entrelacés
600 mm (équivalent 24×36), f/4, 1/2000 s, 100 ISO (©Sony)

En proxiphotographie, le rapport de grossissement annoncé atteint 0,49x, soit un sujet reproduit à environ la moitié de sa grandeur nature : de quoi vous approcher franchement d’un insecte posé ou du détail d’un objet, avec un piqué préservé.

Papillon aux ailes veinées de noir posé sur une petite fleur blanche, fond vert flou
600 mm (équivalent 24×36), f/4,5, 1/320 s, 200 ISO, correction -0,3 IL (©Sony)

Couleurs, JPEG et formats

Tout dépend de votre façon de travailler. Vous développez vos RAW ? Profitez de la compression sans perte, une nouveauté qui allège les fichiers sans sacrifier la moindre information, mais réservée à l’obturation mécanique : avec l’obturateur électronique, seule une compression avec pertes est proposée. Si vous retouchez beaucoup, ce détail pèse dans le choix de l’obturateur.

Vous partagez plutôt vos images telles qu’elles sortent de l’appareil ? C’est là que le RX10 V progresse le plus. La colorimétrie suit les dernières évolutions de la marque, et les Creative Looks, des rendus prêts à l’emploi qui jouent sur le contraste, la saturation et la tonalité, donnent une identité à vos photos dès la prise de vue. Les JPEG profitent aussi d’un lissage du bruit plus efficace, et l’outil qui y rééquilibre ombres et hautes lumières propose 8 crans d’intensité, contre 5 auparavant. Enfin, vous pouvez opter pour le HEIF plutôt que pour le JPEG : ce format plus récent allège les fichiers à qualité comparable.

Cœur d'une fleur aux pétales crème mouchetés de rouge, en gros plan
600 mm (équivalent 24×36), f/4, 1/1000 s, 100 ISO (©Sony)

Montée en ISO

Comme sur tout zoom à ouverture glissante, f/2,4 n’est disponible qu’au grand-angle ; au téléobjectif, vous plafonnez à f/4. Ajoutez un capteur 1 pouce, qui reçoit bien moins de lumière qu’un grand capteur, et vous comprendrez pourquoi la sensibilité grimpe vite dès que le jour décline.

Un bon réglage de départ : l’ISO automatique plafonné à 3200 ISO. L’appareil gère alors seul la sensibilité dans une plage raisonnable, et c’est vous qui décidez, au cas par cas, de monter plus haut, quitte à passer ensuite par un logiciel de débruitage. Soignez aussi l’exposition : un fichier sous-exposé puis éclairci au développement fait remonter le grain. Pour rester sous ce plafond, jouez sur les autres leviers : la stabilisation pour ralentir l’obturation sur un sujet statique, le grand-angle pour profiter de f/2,4.

Dynamique et marge de retouche

Règle d’or avec ce capteur : protégez les hautes lumières. Sa plage dynamique, nettement plus courte que celle d’un plein format, suffit à la grande majorité des scènes. Face à un contraste extrême, ciel éclatant et ombres denses dans le même cadre, il faudra en revanche sacrifier un côté ou l’autre.

Combien d’IL pourrez-vous rattraper au développement ? Moins qu’avec un grand capteur, assurément. Exposez pour préserver le ciel, éclaircissez les ombres avec mesure et, pour un paysage très contrasté, multipliez les expositions pour les fusionner ensuite. En JPEG, l’outil de rééquilibrage des ombres et des hautes lumières, plus finement dosable, vous épargne une partie de ce travail.

Et en vidéo ?

C’est ici que le bond est le plus spectaculaire, et la première décision vous appartient : étalonner ou non. Sans retouche, le profil S-Cinetone livre directement des couleurs soignées. Pour un étalonnage poussé, le S-Log3 (à partir de 1000 ISO), qui succède au S-Log2 du Mark IV, s’appuie sur un enregistrement en 4:2:2 10 bits, et jusqu’à 16 LUT personnalisées aident à prévisualiser le rendu final.

Un ralenti qui garde le son ? Filmez en 4K 120p, puis ralentissez au montage : ce mode enregistre l’audio comme n’importe quelle prise, quitte à accepter un recadrage d’environ 30 %. Pour le reste, la 4K monte jusqu’à 60p sans recadrage, là où le Mark IV s’arrêtait à 30p. Les amateurs de ralentis extrêmes perdent en revanche les modes à 480 et 960 i/s.

La stabilisation Active, le time-lapse assemblé dans l’appareil, la diffusion en direct, la fonction webcam et un sabot ouvert à l’écosystème d’accessoires de Sony complètent un équipement de caméra moderne. Le rolling shutter, qui fait pencher les lignes verticales lors d’un mouvement rapide, se fait discret, et les remarques faites plus haut sur l’autofocus valent aussi en vidéo. Quant au zoom, il se montre fluide pendant une prise, et sa lenteur devient presque un atout pour resserrer le cadre en douceur.

Points forts et points faibles

Sony RX10 V vu de trois quarts arrière, écran incliné vers le bas
Points forts :
  • Un 24-600 mm toujours en place : du grand-angle au super-téléobjectif sans changer d’objectif, et sans jamais exposer le capteur à la poussière.
  • Une optique sans défaut marquant : peu de liserés colorés ou de voiles, une netteté qui tient jusqu’aux bords et dès la pleine ouverture ; vous travaillez ouvert et contenez les ISO.
  • Un autofocus de dernière génération : personnes, animaux, oiseaux, insectes et véhicules reconnus, suivi en temps réel, 575 collimateurs ; un sujet bien détaché est suivi avec assurance.
  • 30 i/s sans coupure de la visée : une rafale plus rapide et plus endurante que sur le Mark IV, avec un boost à la demande pour ne pas crouler sous les fichiers.
  • Une ergonomie d’hybride Alpha : poignée profonde, AF-ON, joystick, sélecteur photo/vidéo et menus actuels ; les habitués de la marque gagnent du temps dès le premier jour.
  • Un viseur et un écran modernisés : 3,69 Mpts et 120 Hz dans l’œil, un écran au format du capteur.
  • Une autonomie en forte hausse : 630 vues selon la norme CIPA grâce à la NP-FZ100, une batterie partagée avec de nombreux hybrides Sony.
  • Un boîtier paré pour les intempéries : une météo capricieuse ne vous renvoie plus à la maison.
  • Une vidéo enfin moderne : 4K 60p sans recadrage, 4K 120p, 10 bits 4:2:2, S-Log3, S-Cinetone et LUT, plus la webcam et la diffusion en direct.
  • Un obturateur central : en mode mécanique, un flash externe se synchronise jusqu’aux vitesses élevées, idéal pour éclaircir un portrait en plein jour.
Points faibles :
  • Pas de pré-capture : tout repose sur vos réflexes, et une action soudaine vous échappera plus souvent.
  • Capteur et objectif inchangés : la qualité d’image reste très proche de celle du Mark IV ; si vous en possédez un, le gain se situe ailleurs.
  • Une sensibilité vite limitée : passé quelques milliers d’ISO, le bruit s’impose, et l’ouverture de f/4 au téléobjectif n’arrange rien quand la lumière baisse.
  • Un écran seulement inclinable : impossible de le tourner vers vous pour une vidéo face caméra, et il ne sert plus en cadrage vertical.
  • Un autofocus inégal dans les cas difficiles : sujet minuscule au loin ou noyé dans un décor touffu, mise au point pendant le zoom ; mieux vaut garder la main sur les réglages de zone.
  • Un obturateur mécanique contraignant : 10 i/s, 1/2000 s au maximum et f/8 imposé au-delà du 1/1000 s ; l’électronique, elle, prive du flash et des RAW sans perte.
  • Ni flash intégré ni afficheur sur le capot : un flash externe devient indispensable pour éclaircir un sujet.
  • Un appareil lourd et encombrant : environ 1,1 kg, à porter en bandoulière plutôt que dans une poche.
  • Un zoom motorisé et un démarrage lents : un handicap quand il faut recadrer ou dégainer dans l’urgence.
  • Un unique emplacement SD, sous l’appareil : pas de sauvegarde simultanée, et un accès qui peut être gêné sur trépied.
  • Un prix élevé : 2500 €, un investissement conséquent pour un capteur 1 pouce.

Comparaison du Sony RX10 V avec les appareils concurrents

Voyons maintenant comment le Sony RX10 V se positionne sur le marché. Vous pouvez aussi lire notre comparatif des meilleurs appareils photo, régulièrement mis à jour, pour voir si le Sony RX10 V y figure (évidemment, s’il n’y est pas, ce n’est pas qu’il est mauvais).

  • Sony RX10 IV (septembre 2017) : le prédécesseur partage exactement le même capteur et le même objectif, donc une qualité d’image très proche. Le V le surclasse partout ailleurs : autofocus à détection de sujets et suivi en temps réel, 30 i/s au lieu de 24, mémoire tampon plus profonde, viseur et écran plus fins, batterie bien plus endurante, protection renforcée et 4K 60p sans recadrage. Le Mark IV garde quelques atouts : un flash intégré, un afficheur sur le capot, des ralentis jusqu’à 960 i/s et une poignée moins volumineuse. Retiré du catalogue, il se trouve surtout d’occasion.
Sony RX10 V et Sony RX10 IV vus de face (comparaison de taille)
Sony RX10 V et Sony RX10 IV côte à côte (comparaison de taille)
Sony RX10 V et Sony RX10 IV (©Camerasize)
  • Nikon Coolpix P1000 : avec un capteur bien plus petit, ce bridge Nikon mise tout sur la portée et pousse le zoom bien au-delà des 600 mm du Sony. À réserver à ceux pour qui chaque millimètre de focale compte davantage que la propreté des images, surtout quand la lumière baisse.
Sony RX10 V et Nikon Coolpix P1000 vus de face (comparaison de taille)
Sony RX10 V et Nikon Coolpix P1000 côte à côte (comparaison de taille)
Sony RX10 V et Nikon Coolpix P1000 (©Camerasize)
  • OM System OM-1 : vous êtes prêt à transporter plusieurs objectifs ? Cet hybride micro 4/3, associé à un télézoom, vous donnera des images plus propres grâce à un capteur plus grand, et la liberté de choisir chaque optique. Vous troquez en revanche la simplicité du bridge contre des changements d’objectif, parfois au moment même où l’action démarre.
Sony RX10 V et OM System OM-1 (boîtier nu) vus de face (comparaison de taille)
Sony RX10 V et OM System OM-1 (boîtier nu) côte à côte (comparaison de taille)
Sony RX10 V et OM System OM-1, boîtier nu (©Camerasize)
  • Sony A7 IV avec un télézoom 200-600 mm : même génération de processeur, mais un grand capteur qui change la donne en faible lumière et pour le flou d’arrière-plan. Le revers se mesure dans le sac : un boîtier, un télézoom imposant, plus un second objectif pour le grand-angle, soit trois achats au lieu d’un.

Est-ce l’appareil de vos rêves ?

À mes yeux, la vraie force du RX10 V tient moins à sa fiche technique qu’à ce qu’il vous épargne : changer d’objectif au mauvais moment. Vous profitez d’un 24-600 mm exploitable sans fermer le diaphragme, d’un autofocus moderne qui reconnaît une large palette de sujets, d’une rafale de 30 i/s sans coupure de la visée, d’une ergonomie d’hybride Alpha, d’une autonomie enfin à la hauteur et d’une vidéo 4K 60p digne de ce nom, le tout dans un boîtier protégé contre les intempéries.

Photographe visant au téléobjectif avec le Sony RX10 V dans un parc arboré
©Sony

En face, le capteur et l’objectif n’ont pas changé, et la faible lumière reste son point sensible. L’absence de pré-capture surprend sur un appareil aussi tourné vers l’action, l’écran ne fait que s’incliner, l’autofocus reste irrégulier dans les situations délicates, et il faut accepter 1,1 kg et 2500 €.

Commençons par ceux qui passeront leur chemin : si vous photographiez surtout en intérieur, la nuit, ou en quête d’un flou d’arrière-plan prononcé, un hybride à grand capteur vous servira mieux ; et si vous traquez l’instant imprévisible, l’absence de pré-capture pèsera lourd. Pour les autres, le RX10 V a de solides arguments. Le voyageur qui veut tout couvrir sans changer d’objectif, des ruelles d’une capitale aux grands espaces, y trouvera un compagnon unique. Le naturaliste du dimanche s’approchera des animaux sans investir dans un boîtier et un télézoom séparés. Le possesseur d’un hybride Alpha gagnera un second appareil aux menus familiers. Et l’amateur de vidéo appréciera de passer du grand-angle au 600 mm sans quitter sa prise.

Mains tenant le Sony RX10 V au ras de l'eau, au bord d'un étang
©Sony

Pour situer le RX10 V face aux autres modèles du moment, jetez un œil à notre comparatif des meilleurs appareils photo. Et si vous hésitez encore entre un bridge et un hybride, notre guide quel appareil photo choisir peut aussi vous aider à trancher.

Et vous, avez-vous adopté le RX10 V ? Racontez-moi en commentaire ce qui vous a plu et ce qui vous a déçu : votre retour aidera d’autres photographes à faire le bon choix !

Où trouver cet appareil ?

Questions fréquemment posées

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Photographe professionnel et formateur basé à Grenoble, je pratique la photographie depuis plus de 10 ans, principalement en montagne et dans les milieux outdoor : randonnée, escalade, alpinisme, parapente. Je suis également photographe de mariage en Isère et dans les Alpes (clembelleudy.com), et je propose du coaching photo personnalisé. Avec Laurent et l'équipe Apprendre.Photo depuis 2020, j'écris des articles pédagogiques et co-crée des formations sur la photo de nuit, la photographie de mouvement et la pose longue.
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