Tourner une interview le matin, suivre un match de handball à pleine cadence l’après-midi : le Panasonic Lumix S1 II a été pensé pour ces journées à double casquette. Ce grand écart, il le doit à son capteur de 24 Mpx dit semi-empilé, lu bien plus vite qu’un capteur classique.
Présenté en mai 2025, deux mois après le Lumix S1R II, cet hybride plein format (24×36) haut de gamme succède au Lumix S1 de 2019 et s’adresse aux photographes experts, aux professionnels et aux vidéastes. Il reprend le boîtier massif du S1R II et du plus abordable S1 II E, adopte la monture L, partagée notamment avec Sigma, et coûte 3499 € boîtier nu. Face à lui : le Nikon Z6 III, seul autre plein format à capteur semi-empilé lors de sa sortie, mais aussi le Sony A7 IV et le Canon EOS R6 Mark II.
Cet article vise à vous aider à déterminer si ce boîtier colle à votre pratique. Si vous n’avez pas encore arrêté votre choix sur un type d’appareil ou que vous hésitez entre plusieurs options, commencez par consulter notre guide quel appareil photo choisir avant de plonger dans ce test.

Caractéristiques techniques du Panasonic Lumix S1 II
Voici les caractéristiques techniques de cet appareil photo Panasonic Lumix S1 II :
- Nom : Panasonic Lumix S1 II
- Prix de lancement : 3499 € (boîtier nu)
- Date de sortie : annoncé en mai 2025
- Taille de capteur : Full-Frame (24×36), CMOS BSI semi-empilé, sans filtre passe-bas ; dynamique annoncée de 15 stops
- Définition du capteur : 24 Mégapixels (24,1 Mpx précisément) ; 96 Mpx (12 000 x 8000 px) en mode haute résolution, utilisable à main levée
- Processeur : non communiqué
- Plage de sensibilité ISO native : de 100 à 51 200 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO), double ISO natif à 800 et 8000 ISO (vers 640 et 5000 ISO en vidéo)
- Visée : électronique OLED, 5,76 Mpts, grossissement 0,78x, rafraîchissement 120 Hz (en photo), dégagement oculaire de 21 mm, couverture de 100 %
- Écran : 3 pouces, 1,84 Mpts, tactile, orientable et inclinable (double articulation)
- Monture d’objectif : L (alliance L-Mount)
- Rafale : 10 i/s en obturation mécanique ; en obturation électronique, 60 i/s en RAW 14 bits et 70 i/s en RAW 12 bits avec suivi AF et sans coupure de la visée, plus une cadence de 30 i/s ajoutée par le firmware 1.3 ; mémoire tampon d’environ 185 images, soit environ 2,6 s à 70 i/s ; pré-capture de 0,5 à 1,5 s
- Stabilisation : oui, capteur stabilisé sur 5 axes, jusqu’à 8 stops ; mode numérique sans recadrage (cropless) en vidéo
- Obturation : de 60 s à 1/8000 s en mécanique, de 60 s à 1/16 000 s en électronique ; rideau en carbone refermé devant le capteur à l’extinction
- Stockage : 2 emplacements, 1 CFexpress Type B + 1 SD UHS-II ; enregistrement possible sur SSD externe via l’USB-C
- Vidéo : Open Gate (3:2, capteur entier) en 6K 30p et 5,1K 60p ; 5,9K 30p en 16:9 ; 4K jusqu’à 60p sans recadrage et jusqu’à 120p (léger recadrage possible, de l’ordre de 1,24x) ; Full HD jusqu’à 240 i/s ; ProRes RAW interne en 5,8K 30p, Apple ProRes, All-Intra, Long GOP ; anamorphique 4,8K et 3,3K jusqu’à 60p, format 2,4:1 ; V-Log, V-Gamut, Cinelike A2, HLG, LUT en temps réel ; ARRI LogC3 annoncé en option payante (199 €) ; son 32 bits flottant avec le module XLR
- Connectique : USB-C 3.2 Gen 2 (10 Gb/s), HDMI Type A (pleine taille), prise micro et prise casque (jack 3,5 mm), prise télécommande (jack 2,5 mm) ; Wi-Fi 5 et Bluetooth 5.0 Low Energy
- Dimensions : 134,3 x 102,3 x 91,8 mm
- Poids : 800 g (avec batterie et carte mémoire)
- Tropicalisation : oui, fonctionnement annoncé de -10 °C à 40 °C
- Batterie : DMW-BLK22 (2200 mAh), celle des Lumix S5 II
- Autonomie : environ 360 images à l’écran, 310 à 320 images au viseur (norme CIPA) ; jusqu’à 1000 images en mode économie d’énergie
Prise en main et ergonomie du boîtier
Gabarit, poids et construction
Au moment de remplir votre sac, c’est l’ensemble qui compte. Le boîtier seul affiche 800 g, batterie et carte comprises, soit environ 200 g de moins que le premier S1, et il a perdu près de 15 mm en largeur. Montez un zoom lumineux et le tout dépasse largement le kilo : pour une longue randonnée, une focale fixe compacte allégera nettement votre sac.

En échange, vous obtenez une construction de baroudeur, dont l’assemblage inspire confiance. Tropicalisé, le boîtier est prévu pour fonctionner entre -10 et 40 °C : un reportage sous la bruine ou un tournage dans la neige ne vous feront pas reculer, à condition que l’objectif soit lui aussi protégé. Autre bonne idée héritée du S1R II : à l’extinction, un rideau en carbone vient se placer devant le capteur. Vous changez d’optique sur une plage venteuse ? Les poussières trouvent porte close.
Tenue en main et équilibre
La poignée, large et profonde, assure une prise ferme malgré le poids. Pour un usage polyvalent, l’objectif le plus cohérent est le Lumix S 24-60 mm f/2.8 (999 €), dévoilé à ses côtés : sa plage de focales couvre l’essentiel du reportage, du grand-angle au petit téléobjectif, et l’ensemble garde un bon équilibre. Avec un gros télézoom, en revanche, le centre de gravité file vers l’avant : soutenez l’objectif de la main gauche plutôt que de tout faire reposer sur la poignée.
Commandes : la photo et la vidéo chacune chez soi
Vos réglages photo et vidéo vivent désormais séparément, jusqu’aux mémoires C1 à C5 : réglez 1/500 s pour vos photos et 1/50 s pour vos vidéos, et chacun vous attendra intact au retour. On passe d’un univers à l’autre avec un sélecteur à trois positions sur le capot (photo, vidéo et S&Q, pour les ralentis et accélérés), pratique si vous alternez les deux au cours d’une même séance.

En tournage, deux témoins d’enregistrement (tally), à l’avant et à l’arrière, signalent à tous que la caméra tourne, et pour qu’aucun réglage ne bouge à votre insu, les molettes se verrouillent et un levier peut bloquer les commandes. Les anciens du S1 devront en revanche se passer du petit écran de contrôle du capot : il faut désormais vérifier ses réglages dans le viseur ou sur l’écran arrière.
Quelques réserves, enfin. La molette dioptrique tourne un peu trop facilement, au point de se dérégler quand on sort l’appareil du sac : jetez-y un œil avant de viser. Si le second bouton vidéo, en façade, ne répond pas, pas d’inquiétude : une mise à jour l’a mis en sommeil pour éviter les prises lancées par erreur, et vous pouvez le réactiver. Côté menus, l’arborescence reste dense, même si la séparation des réglages photo et vidéo rend le quotidien plus simple. La griffe flash, elle, n’est pas multi-accessoire : dommage pour qui aime brancher son micro directement sur le boîtier, sans câble.
Viseur et écran
Suivre un oiseau en vol ou un enfant qui court, c’est d’abord une affaire de visée. En obturation électronique, le viseur reste allumé pendant toute la rafale, sans écran noir entre deux vues : vous gardez le sujet dans l’œil du premier au dernier déclenchement. Attention toutefois, cette visée embellit un peu la réalité : vérifiez l’histogramme avant de crier victoire !

Pour vous filmer, déployez l’écran sur le côté et retournez-le vers vous ; pour photographier au ras du sol ou au-dessus d’une foule, inclinez-le simplement sans quitter l’axe de l’objectif. Tactile, cet écran à double articulation se montre un rien moins grand et moins défini que la dalle du premier S1, qui se contentait toutefois de s’incliner.
Connectique, stockage et autonomie
Côté prises, l’essentiel d’un tournage est là : un HDMI pleine taille, plus robuste qu’un micro-HDMI quand un câble pend au boîtier, une entrée micro et une sortie casque séparées pour surveiller le son, et un USB-C rapide (10 Gb/s) pour décharger vos cartes.

Le stockage réserve une belle surprise : le boîtier sait copier une carte vers un SSD sans ordinateur. Au soir d’une journée de voyage, votre sauvegarde est faite, même si le portable est resté à la maison. Côté cartes, une fente CFexpress Type B, taillée pour les gros débits, cohabite avec une fente SD UHS-II : réglez-les en miroir lors d’un mariage, à la suite pour un long tournage.
Premier accessoire à prévoir : une batterie de rechange, voire deux pour un mariage. La DMW-BLK22, partagée avec les Lumix S5 II (pratique si vous en avez déjà), n’obtient qu’un peu plus de 300 vues au viseur selon la norme CIPA, à peine davantage à l’écran, et l’autonomie réelle varie beaucoup selon l’usage. Pour recharger, vous avez le choix entre le chargeur externe USB-C livré dans la boîte et le port USB-C du boîtier, qui peut toutefois rester inerte face à une batterie totalement vide. Quant au mode économie d’énergie, il promet jusqu’à 1000 vues, mais au prix d’une mise en veille au bout d’une seconde : une fausse bonne idée dès que vous enchaînez les prises de vue.
Réactivité de l’appareil
Sur le papier, le Lumix S1 II a tout d’un sprinteur. Dans la pratique, sa vitesse brute demande un peu de méthode, et c’est le firmware 1.3 qui l’a rendue vraiment confortable.
Autofocus
Placez votre sujet jusque dans les coins du cadre : avec 779 collimateurs, l’autofocus hybride du S1 II, qui associe détection de phase et mesure du contraste, le suit presque partout. Sur des sujets rapides, les images floues se font rares, à un niveau qui approche celui de Nikon.

Face aux meilleurs autofocus de Sony, Canon et Nikon, le S1 II perd toutefois le fil un peu plus tôt sur les sujets difficiles. Le progrès est net depuis les premiers Lumix plein format, mais le suivi faiblit encore quand un sujet imprévisible rencontre la cadence maximale. Si vous photographiez du sport, les réglages qui suivent comptent donc double.
Le boîtier reconnaît les personnes et les animaux (regard, visage ou silhouette) ainsi que cinq familles de véhicules, de la voiture à l’avion. Nouveauté, le réglage sports urbains cible les disciplines aux trajectoires imprévisibles, comme le skate, le BMX ou la danse de rue ; il vise d’abord la zone où le mouvement est le plus vif. Sur un terrain de sport collectif, suivre la silhouette des joueurs, ou activer ce réglage, réduit nettement les ratés par rapport à la détection de l’œil, pourtant plus précise sur le papier. Cette dernière peut aussi tarder à accrocher un oiseau.

Et en basse lumière ? La fiche technique annonce une mise au point possible jusqu’à -6 IL, une promesse qui reste à vérifier sur le terrain.
Rafale et mémoire tampon
L’obturateur mécanique plafonne à 10 i/s, avec un bref écran noir entre deux vues, et l’exposition reste alors verrouillée sur la première image ; pour qu’elle suive les variations de lumière, il faut accepter un rythme un peu plus lent. En obturation électronique, le tempo change d’échelle : 60 i/s en RAW 14 bits, 70 i/s en RAW 12 bits, autofocus continu compris, et sans que le viseur s’éteigne.
Le prix de cette vitesse se paie au moment de vider la mémoire tampon : l’opération traîne, quelle que soit la carte, alors que quelques secondes de rafale à pleine cadence suffisent à la remplir. Et comme le boîtier ne propose aucun RAW compressé, chaque vue y entre avec son poids maximal. Au lancement, rien ne s’intercalait entre 10 et 60 ou 70 i/s ; le firmware 1.3 a ajouté un palier intermédiaire de 30 i/s, qui repousse nettement la saturation.
Mon conseil : faites de ce palier votre réglage par défaut en sport comme en photo animalière, et gardez la cadence maximale pour les instants décisifs et brefs, un départ de course ou un saut. Même logique pour la pré-capture, qui conserve de 0,5 à 1,5 s d’images antérieures à la pression complète du déclencheur : activez-la quand l’action est imminente, car elle puise elle aussi dans la mémoire tampon.

Reste le rolling shutter. En obturation électronique, le capteur est lu ligne par ligne ; si cette lecture traîne, un sujet rapide a le temps de bouger entre la première et la dernière ligne, et il apparaît penché ou tordu. Bonne nouvelle : la lecture accélérée du S1 II atténue nettement ce défaut face aux Lumix à capteur classique (S5 IIX, S1 II E) et au S1R II, et ce résultat reste stable d’un mode vidéo à l’autre. Le phénomène ne disparaît pas pour autant : un sujet très rapide peut encore se tordre, et pour une hélice ou un swing de golf, l’obturateur mécanique reste plus sûr.
Stabilisation
Une ruelle à la nuit tombée, l’intérieur d’une église : avec une focale standard, ces scènes deviennent possibles sans trépied, à condition de bien vous caler et de presser le déclencheur sans à-coup. Le capteur flotte sur 5 axes ; en pratique, son efficacité reste en deçà des 8 stops promis par la marque, mais le gain atteint tout de même plusieurs IL à main levée. Seule limite : la stabilisation fige vos mains, pas les passants.
Vous filmez en marchant ? Le mode numérique qui ne rogne pas l’image (cropless), apparu sur le S1R II, s’ajoute à la stabilisation du capteur, avec un rendu qui peut rappeler celui d’un stabilisateur motorisé tenu à la main. Pour du vlog ou un plan de suivi improvisé, l’atout est considérable.
Qualité d’image du Panasonic Lumix S1 II
Ne vous arrêtez pas à ses 24 Mpx : la définition est sage, mais ce capteur a plus d’un tour dans son sac, en photo comme en vidéo.
Un 24 Mpx d’un genre nouveau
Qu’est-ce qu’un capteur semi-empilé ? Un compromis. Dans un capteur classique, l’électronique de lecture partage le même plan que les photosites ; dans un capteur entièrement empilé, elle est superposée à toute leur surface, avec beaucoup de mémoire rapide. Le semi-empilé, lui, se situe entre les deux : une partie seulement des circuits, dont les convertisseurs, est superposée, avec un peu de mémoire en renfort. La lecture gagne énormément en vitesse, pour un coût bien moindre. Le Nikon Z6 III utilise-t-il le même ? Ils sont parfois présentés comme identiques, mais les mesures en vidéo révèlent des écarts sensibles de dynamique et de vitesse de lecture : retenez surtout qu’ils appartiennent à la même famille.
Côté définition, 24 Mpx suffisent largement pour resserrer un cadrage ou redresser un horizon sans vider l’image de sa substance. Pour isoler un oiseau lointain ou tirer en très grand format, en revanche, la marge devient courte : le S1R II et son capteur haute définition seront plus à l’aise. Pour tous les autres, des fichiers de 24 Mpx ont un avantage souvent oublié : ils sont légers et rapides à traiter.

Des couleurs prêtes à partager
Si vous partagez vos photos sans les retoucher, bonne nouvelle : les JPEG du S1 II sont réussis dès la sortie du boîtier. Envie d’un rendu plus personnel ? Les LUT, ces tables de correspondance venues de la vidéo, appliquent une ambiance complète (couleurs, contraste, tonalité) à vos photos dès la prise de vue. Avec l’application Lumix Lab, vous en téléchargez ou en créez sur mesure, puis vous les chargez dans le boîtier. Les styles intégrés complètent la palette, dont un noir et blanc estampillé Leica.


Montée en ISO
Commençons par le plafond : au-delà de 25 600 ISO, chaque cran se paie cher en bruit, et ces réglages sont à garder pour les urgences. Jusqu’à 6400 ISO, en revanche, montez sans arrière-pensée, JPEG compris. Entre ces deux repères, tout dépend de votre tolérance au grain et de la taille de vos tirages : un concert ou un match en salle restent jouables.


En vidéo, attention : les deux paliers natifs ne sont pas forcément ceux de la fiche technique. Mesurés en vidéo, ils se situent vers 640 et 5000 ISO, et en franchissant le second, le bruit recule nettement sans que la dynamique en pâtisse : quand la lumière baisse, sautez donc directement à ce palier plutôt que de stagner juste en dessous. Quand la sensibilité grimpe, les couleurs restent aussi plus stables que sur le Nikon Z6 III. Le firmware 1.3, enfin, a amélioré l’affichage de ce double ISO.
Dynamique et latitude de retouche
Combien d’IL pourrez-vous rattraper au développement ? Les 15 stops annoncés restent à confirmer en photo, sur les fichiers RAW. Dans le doute, exposez pour protéger les hautes lumières : c’est la règle la plus sûre, quel que soit le capteur.

En vidéo, la plage dynamique compte parmi les plus généreuses des hybrides et distance nettement celle du Z6 III. Le mode Dynamic Boost y ajoute encore un peu de marge, sans dégrader l’image, mais il impose la 4K 25p, relève la sensibilité de base à 1000 ISO et renonce au double ISO.
Le pixel-shift à main levée
Le mode haute résolution a ses exigences : un sujet parfaitement immobile, car même corrigés, feuillages, vagues ou passants brouillent l’assemblage, et un peu de patience pendant le calcul. En échange, il livre sans trépied des fichiers de 96 Mpx, de quoi tirer en grand un monument, un paysage sans vent ou une œuvre à reproduire.
La vidéo, son vrai terrain de jeu
Si vous ne filmez jamais, une bonne partie du prix vous échappera : c’est ici que se concentrent les innovations du S1 II.
Vous publiez à la fois sur YouTube et sur les réseaux sociaux ? Le mode Open Gate capte l’image sur le capteur entier, au ratio 3:2, en 6K 30p ou, première chez Panasonic, en 5,1K 60p : d’une même prise, vous tirez une version horizontale et une version verticale, repères de cadrage à l’appui. Pour une diffusion classique, la 4K jusqu’à 60p exploite toute la largeur du capteur, sans le moindre recadrage, à partir d’une lecture 6K qui garantit une image très fine.
Les ralentis ont leurs propres règles. En 4K 120p, prévoyez un possible léger recadrage, de l’ordre de 1,24x. Avant le firmware 1.3, ce mode offrait déjà la détection de phase, mais un simple suivi de motif, sans identification des sujets ; cette version y a depuis activé le suivi AF, sans précision sur la détection des sujets. En Full HD 240 i/s, une seconde d’action s’étire sur dix secondes une fois ralentie en 24p, mais la mise au point repose alors sur la seule détection de contraste, ce qui limite ce mode aux sujets immobiles : sinon, faites le point à la main.
Pour la post-production, rien à envier aux caméras dédiées : ProRes RAW interne en 5,8K 30p, Apple ProRes, All-Intra ou Long GOP. Profils V-Log/V-Gamut et Cinelike A2, LUT en temps réel, oscilloscope (waveform) et fausses couleurs complètent l’arsenal, et le profil ARRI LogC3, qui imite la colorimétrie des caméras de cinéma ARRI, est annoncé en option payante. Les objectifs anamorphiques sont pris en charge, avec une image désanamorphosée à l’écran ; à défaut, le format 2,4:1, cousin du CinemaScope, donne un look panoramique par simple recadrage.
Pour filmer sur un SSD, branchez-le sur le port USB-C, puis activez l’enregistrement externe dans les menus : le boîtier ne bascule pas de lui-même. Aucune poignée additionnelle n’est nécessaire, et c’est bienvenu avec le ProRes RAW, qui engloutit plus d’une dizaine de gigaoctets par minute.
Sur un tournage professionnel, deux atouts rares font la différence : le son en 32 bits à virgule flottante (avec le module XLR), qui pardonne un niveau d’enregistrement mal réglé, et la synchronisation du timecode en Bluetooth avec l’Atomos UltraSync Blue. L’application Lumix Flow affiche l’image sur votre téléphone, de quoi se passer d’un moniteur additionnel. Côté chauffe, un ventilateur logé près du viseur fait son office : sur de longues prises, seules la 4K 120p et le mode Open Gate en 5,1K 50p peuvent finir par s’interrompre, tandis que le mode Open Gate en 6K et la 4K 25p ou 50p ne posent aucun problème.
Ce qui vous fera pencher vers Panasonic plutôt que vers le Nikon Z6 III ? Pas la qualité d’image, équivalente sur les deux boîtiers, mais la maturité de l’écosystème V-Log, LUT comprises ; les couleurs, elles, relèvent du goût de chacun.
Points forts et points faibles

Points forts :
- Capteur semi-empilé à lecture rapide : rafales sans coupure du viseur et rolling shutter très atténué, en photo comme en vidéo.
- Cadence maximale de 70 i/s avec autofocus continu, et un palier de 30 i/s depuis le firmware 1.3 : de quoi saisir l’instant décisif en sport ou en animalier, pré-capture comprise.
- Vidéo de très haut niveau : Open Gate en 6K et en 5,1K 60p, 4K 60p sans recadrage, ProRes RAW interne, enregistrement sur SSD et ventilation active pour les longues prises.
- Outils de tournage professionnels : son 32 bits flottant, timecode en Bluetooth, LUT, waveform, anamorphique et copie des cartes vers un SSD sans ordinateur.
- Stabilisation très efficace : des poses lentes à main levée en photo, et un mode vidéo sans recadrage pour filmer en marchant.
- Construction robuste et tropicalisée : un boîtier prêt pour la pluie et le froid, avec un rideau en carbone qui protège le capteur à chaque changement d’objectif.
- Ergonomie pensée pour l’hybride : sélecteur photo/vidéo à réglages séparés, écran à double articulation, viseur de 5,76 Mpts.
- Couleurs flatteuses dès le JPEG : un rendu prêt à partager, personnalisable avec les LUT de Lumix Lab.
- Bonne tenue en haute sensibilité : des fichiers exploitables tard dans la soirée, et deux sensibilités natives efficaces en vidéo.
- Fichiers de 96 Mpx sans trépied : de quoi préparer de grands tirages de sujets immobiles.
Points faibles :
- Prix élevé : à 3499 € nu, il compte parmi les plein format de 24 Mpx les plus chers et coûte nettement plus qu’un Nikon Z6 III de même technologie ; sans usage vidéo, vous payez des fonctions inutiles.
- Mémoire tampon vite saturée et lente à se vider : à pleine cadence, la rafale s’interrompt au bout de quelques secondes, et l’absence de RAW compressé n’arrange rien ; une action longue peut vous échapper.
- Autofocus un cran sous les références : sur les sujets erratiques et pendant les longues rafales, Sony, Canon et Nikon gardent un léger avantage ; il faut adapter le mode de détection à chaque sujet.
- Autonomie modeste : un peu plus de 300 vues au viseur selon la norme CIPA ; une batterie de rechange est indispensable pour une journée chargée.
- Poids conséquent : 800 g pour le boîtier seul, un total qui grimpe vite une fois le zoom monté ; une bonne courroie s’impose pour les longues journées.
- 24 Mpx seulement : une marge de recadrage limitée pour l’animalier lointain ou les très grands tirages.
- Petits défauts d’ergonomie : menus touffus, molette dioptrique qui se dérègle facilement, pas de griffe multi-accessoire.
- Ralentis Full HD 240 i/s en AF par contraste : peu adaptés aux sujets en mouvement, sauf à faire le point à la main.
- ARRI LogC3 payant : 199 € de plus pour profiter de ce profil.
Comparaison du Panasonic Lumix S1 II avec les appareils concurrents
Voyons maintenant comment le Panasonic Lumix S1 II se positionne sur le marché. Vous pouvez aussi lire notre comparatif des meilleurs appareils photo, régulièrement mis à jour, pour voir si le Panasonic Lumix S1 II y figure (évidemment, s’il n’y est pas, ce n’est pas qu’il est mauvais).
- Nikon Z6 III (été 2024) : le rival le plus direct, pionnier des capteurs 24 Mpx semi-empilés, nettement moins cher et un peu plus endurant selon la norme CIPA. Il garde un autofocus un peu plus vif et tire un meilleur parti de sa rafale ; en Full HD 240p, il conserve la détection de phase et l’identification des sujets, là où le Lumix se contente du contraste. Le S1 II réplique surtout par la vidéo : Open Gate, anamorphique et format 2,4:1 côté formats, SSD et son 32 bits flottant côté enregistrement. Son boîtier ajoute un ventilateur, un écran à double articulation et un rideau protecteur, et sa stabilisation a la réputation d’être plus efficace. Si la photo prime pour vous, le Z6 III reste le choix le plus raisonnable.


- Panasonic Lumix S1R II (mars 2025, 3599 €) : même boîtier, mêmes commandes, pour 100 € de plus. Son capteur haute définition vise les photographes de paysage, de studio ou d’architecture, et il filme jusqu’en 8K. En contrepartie, sa lecture plus lente accentue le rolling shutter, sa rafale plafonne à 40 i/s, sa 4K 120p repose sur la détection de contraste, et certains enregistrements y réclament une poignée dont le S1 II se passe. En vidéo, le S1 II délivre aussi une image plus propre à haute sensibilité, ce qui est cohérent avec ses photosites plus grands.
- Panasonic Lumix S1 II E (2799 €) : le « E » signifie Essential. Toujours le même boîtier, mais avec le capteur classique du S5 IIX et ses caractéristiques, associé au nouvel autofocus. Vous renoncez à la lecture rapide, donc aux 70 i/s, au mode Open Gate en 60p et à une bonne partie de la résistance au rolling shutter, mais vous économisez 700 €.
- Panasonic Lumix S5 IIX : l’hybride vidéo de la génération précédente compte aussi 24 Mpx, mais son capteur conventionnel déforme bien davantage les sujets rapides, et le S1 II se manie nettement plus agréablement. Si vous possédez un S5 II, vos batteries DMW-BLK22 resteront utiles.


- Sony A7 IV : nettement plus léger (environ 660 g) et plus endurant (520 vues au viseur selon la norme CIPA), il coûte moins cher et profite de l’immense parc d’objectifs de Sony. Son autofocus fait partie des références. Le Lumix le devance par sa lecture accélérée et sa panoplie vidéo.


- Canon EOS R6 Mark II : moins cher que le S1 II, il profite de l’autofocus de Canon, l’une des références du marché. Le Lumix le dépasse en revanche par sa lecture accélérée et l’étendue de ses outils vidéo.


- Nikon Z5 II : bien moins cher, ce plein format récent est l’alternative économique à considérer si la vidéo avancée ne vous concerne pas.


- Panasonic Lumix S1 (2019, 2499 €) : le prédécesseur dépassait le kilo, se contentait d’un autofocus par détection de contraste et d’une vidéo 4K 60p, mais offrait un écran de contrôle sur le capot. Le S1 II le surclasse en vitesse, en autofocus et en vidéo, pour 1000 € de plus.


Est-ce l’appareil de vos rêves ?
À mes yeux, le Lumix S1 II ressemble à un couteau suisse de luxe : tout y est, à condition d’en avoir l’usage. Vous profitez d’un capteur à lecture rapide qui accélère tout, d’une cadence vertigineuse de 70 i/s, d’une stabilisation de premier ordre, de couleurs séduisantes, d’une construction tropicalisée à toute épreuve et, surtout, d’une panoplie vidéo rarement réunie dans un hybride.
En face, la facture grimpe (3499 €), la mémoire tampon s’essouffle vite, l’autofocus reste un cran derrière les meilleurs sur l’action imprévisible, l’autonomie impose une batterie de rechange, et le boîtier pèse son poids. Le firmware 1.3 a déjà corrigé une partie du tir (palier de 30 i/s, suivi AF en 4K 120p) : Panasonic continue de faire évoluer son boîtier.
À qui s’adresse-t-il ? D’abord aux créateurs de contenu et vidéastes indépendants, du vlog au documentaire, qui veulent un outil de tournage complet (Open Gate, ProRes RAW, son 32 bits) sans renoncer à la photo, surtout s’ils possèdent déjà des optiques en monture L. Ensuite aux vidéastes de mariage et d’événementiel, séduits par la stabilisation et la sécurité de l’enregistrement (double carte, sauvegarde sur SSD). Enfin aux photographes hybrides qui pratiquent le reportage, le portrait ou le voyage et veulent un seul boîtier robuste pour tout faire. Si la vidéo ne vous intéresse pas, un Nikon Z6 III ou un S1 II E vous en donneront davantage pour votre argent ; et pour le sport de haut niveau, les références de Sony, Canon ou Nikon restent plus sûres.


Pour le situer face aux autres modèles du moment, jetez un œil à notre comparatif des meilleurs appareils photo. Et si vous hésitez encore sur le type d’appareil qui vous convient, notre guide quel appareil photo choisir peut aussi vous aider à trancher.
Et vous, utilisez-vous déjà un Lumix S1 II ? Racontez-moi en commentaire ce qui vous a séduit et ce qui vous a agacé : votre retour aidera d’autres photographes à faire le bon choix !
Où trouver cet appareil ?
- Panasonic Lumix S1 II sur Amazon
- Panasonic Lumix S1 II sur Missnumérique
- Panasonic Lumix S1 II sur Digit-Photo
Questions fréquemment posées
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