De l’éthique de la photo en voyage

En partant en voyage, on est souvent amenés à photographier des gens dans beaucoup de situations différentes, et il y a quelques questions plus éthiques à se poser. Et au-delà de ça, ça influencera directement la qualité de vos portraits : voyons donc quelle attitude adopter en voyage.

Fabrice photo de profil photo en voyageCeci est un article invité de Fabrice, qui a réalisé plusieurs voyages au long cours. Il est cette fois-ci en Amérique du Sud pour plus d’un an. Il raconte ses voyages sur son blog Instinct Voyageur. Un blog qui lui permet de financer sa passion. Vous y trouverez interviews, réflexions, conseils pratiques et bons plans. Il y offre aussi Le Manifeste du Voyageur, un ouvrage de réflexions sur les voyages et la vie nomade. Je lui laisse donc la place pour cet article !

Comme beaucoup, je suis arrivé à la photo par le voyage. C’est un moyen qui permet de capturer, de ramener des fragments de voyage avec soi. La photo permet de figer dans le temps des moments, des rencontres.

Cela dit, il y a une éthique de la photo en voyage. Un comportement, des limites à respecter. Qui n’a pas vu parfois des voyageurs les dépasser, prendre des photos volées sans la permission des concernés, se comporter comme s’ils étaient dans un safari ? Tout au long de mes voyages, j’en ai vu des vertes et des pas mûres, mon sentiment hésitant entre la honte et la colère.

Une question de respect

Cambodge Cardamones photo de voyage femmeLa base c’est de demander la permission. Mais pas forcément explicitement.

Il m’arrive souvent par exemple de faire mine de prendre une scène en photo, en levant mon appareil et en lançant un regard interrogateur avec un sourire. Vous saurez d’après le regard si vous pouvez continuer. Question de feeling et d’intuition. Parfois, cela passe, Parfois non. Il n’y a pas forcément besoin de mot.

Vous essuyez un refus ? Ce n’est pas grave, cela fait partie du jeu. Et puis entre nous, vous obtiendrez très souvent un accord.

 

Le problème pour celui qui demande c’est que parfois, la personne va prendre une pause pas très naturelle. J’aime beaucoup les scènes de rues à la Willy Ronis par exemple. Les images prises sur le vif. Or, c’est difficilement possible si vous demandez la permission.

Je fais sans doute moins de ce type de photo en voyage. Il m’arrive tout de même d’en faire, selon les circonstances. Si les personnes en ont conscience, je m’approche alors d’eux pour leur parler avec le sourire. Et bien sûr je leur montre la photo. Il est rare que la personne soit contre, au pire je l’efface, ce qui ne m’est quasiment jamais arrivé. Tout est vraiment une question encore une fois de feeling, de circonstances et d’environnement.

 

En tout cas, profitez des avantages que confère le numérique pour montrer le résultat ! C’est toujours le moment d’un échange sympa ! Il peut arriver que l’on vous demande d’envoyer un tirage papier après un portait. Si vous acceptez, n’oubliez surtout pas au retour de le faire !

Des différences culturelles

Il existe des différences selon les peuples vis-à-vis de la photo. En Inde et en Asie généralement, les populations n’ont guère de problème vis-à-vis de la photo. Parfois, elles sont même demandeuses ! Et d’ailleurs, vous serez surpris dans certains coins d’Asie d’être la cible des photographes locaux. Une bonne expérience inversée 🙂

A l’opposé, en Afrique Noire, il est parfois difficile de faire de la photo, et notamment des portraits. Je me rappelle au Mali avoir terminé au poste de police car un Malien pensait que je l’avais pris en photo. Or, il était simplement en arrière plan au loin… Une attitude extrême davantage motivée par l’espoir de tirer de l’argent du touriste de passage…

En Amérique du Sud où je suis à présent, l’attitude semble se situer entre les deux précédentes.

Discrétion

photo de voyage enfant vallée du gangeC’est un élément important de la bonne conduite du photographe voyageur. De plus, c’est aussi un élément de sa sécurité. Vous réduirez ainsi vos chances d’être volé.

Surtout, le contact avec la population locale sera plus agréable et naturel. Evitez les gros sacs photos que l’on repère deux kilomètres à la longue. Et pitié, évitez d’arpenter les rues avec votre gros reflex autour du cou ! Une exception cependant pour les sites très touristiques comme les monuments.

Personnellement, j’essaye le plus possible de me promener l’appareil dans le sac à dos. Vous pouvez ainsi nouer plus facilement le contact avec les gens qui vous entourent. Engagez la conversation, souriez, et si vous pensez que vous pouvez faire une bonne image, là vous pouvez sortir votre appareil et demandez au modèle sa permission. De plus, dans ce cas, la photo ne peut être que meilleure !

Bien sûr, cette démarche demande du temps et du contact. Mais c’est là que vous ferez les meilleures photos. Avec en prime le souvenir de belles rencontres. Ce qui donnera encore davantage de valeur ajoutée et d’émotions à votre photo.

La question du misérabilisme

Prendre des photos de favelas, de mendiants ou s’abstenir ? Une question sujette à débat. Je pense que ce qui est le plus important, c’est la démarche et l’état d’esprit. S’il s’agit de prendre de telles photos brutes, sans contexte, sans légende, sans réflexions, sans mise en perspective, cela peut en effet être plus que discutable.

Dans le cas contraire, pourquoi pas. De plus, pourquoi ne vouloir montrer qu’un côté de la réalité d’un pays ? Pour moi, ce n’est pas la peine d’être journaliste pour cela. Le plus important, c’est d’avoir cet esprit là.

Ne jamais payer pour une photo

Village Nord du Laos photo de voyage enfant Il y a parfois deux écoles sur ce sujet. Pour ma part, je n’ai jamais payé pour une photo. Même si parfois, j’ai été tenté devant la possibilité de réaliser un beau portrait.

Mais voilà, la démarche n’est pas bonne. Tout d’abord, ce n’est pas l’esprit de tout photographe humaniste. Une photo ne se monnaye pas. Ensuite, si cela arrive, le modèle prend souvent une pause non naturelle. Surtout, vous encouragez cette démarche. D’autres en pâtiront après vous. Et puis, cela peut avoir un impact sur la vie locale : des enfants peuvent ainsi préférer servir de modèle que d’aller à l’école…

Non, ne payez jamais pour une photo. Résistez !

Une histoire indienne

Je terminerais sur une petite histoire. Nous sommes dans la ville d’Udaipur, dans le Rajasthan en Inde. Je suis assis sur les marches d’un temple hindou et j’observe cette vie indienne qui est un spectacle permanent.

Je remarque deux photographes occidentaux. La cinquantaine, leur approche est quelque peu différente. L’un est armé de deux reflexs avec gros objectifs qui pendent à son cou. Sa femme trotte derrière avec le reste du matériel. Il prend une foule de photos en utilisant seulement le gros objectif. Ses cibles sont des femmes indiennes, des passants. Il fait tout de loin sans engager le contact, avant ou après. Aucun sourire, aucune parole.

L’approche du deuxième est différente. Il est plus discret avec son reflex à la main. Surtout, il demande la permission avant de prendre un portrait. Il sourit, montre le résultat, plaisante un moment avec ses modèles. Il cherche le contact. Je me sens bien plus proche de lui.

En rentrant, je suis tombé sur son nom sur PhotoShelter : un grand nom de la photo de voyage : Art Wolfe.

Vous aurez compris qui avait la bonne approche…
 
Et n’oubliez pas de partager l’article ! 🙂
 

 
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42 commentaires

  • Très bon article qui contribue à diversifier le contenu du blog, toujours de manière utile et agréable.

    Pour les voyageurs qui souhaiteraient effectuer des petits tirages papiers, de la même manière que les polaroids, sachez qu’il existe des imprimantes de poches disponibles sur Amazon à cette adresse. Seul inconvénient, l’autonomie est limitée à 10 tirages par jour.

    30 juin 2011
    • Tu as raison d’en parler, c’est une excellente chose que de l’avoir en voyage: peu encombrant et pas très cher à l’achat.

      Et là tu donnes de suite la photo, dans certains cas, cela doit être magique! Je recommande vraiment d’en avoir un sur soit!

      30 juin 2011
      • T’en as acheté une finalement ?

        1 juillet 2011
        • Et bien, ici en Colombie, j’ai pas encore trouvé…Bon, peut-être dans la capitale…Ou alors, il faudrait que je la commande sur Amazone.com.

          2 juillet 2011
  • Bravo belle article, qui donne envie de voyager, et de faire de belles photos.

    30 juin 2011
  • Bien qu’en accord avec l’article, je suis gêné par son titre. Il y a avant tout une éthique de la vie, faut-il la fractionner à des domaines spécifiques ? Celui qui respecte son voisin à 10 m de chez lui sera aussi celui qui sourit et demande la permission au plus pauvre des pauvres à l’étranger. Il est parfois trop facile de s’acheter une bonne conscience loin de chez soi et de tout oublier en rentrant. Le respect de l’autre est un acte permanent et devoir en faire un sujet spécifique pour ceux qui partent loin de chez eux est édifiant sur notre société.

    30 juin 2011
    • Tu as raison Christian, le respect de l’autre est un acte permanent et pas seulement en voyage. Même si parfois, il peut arriver que certains l’oublient à l’autre bout du monde.

      Bon, pour le titre, il fallait bien en donner un pour que l’article se démarque.

      30 juin 2011
    • Je pense que même si l’éthique est évidente, il est utile d’en parler dans ce contexte particulier, notamment pour rappeler certaines les différences culturelles. Par exemple, le fait de payer ou non pour une photo n’est pas forcément évident pour tout le monde, et pourtant c’est une question purement éthique 😉

  • Je suis allé en Afrique du Sud l’année dernière et la tendance photographique est tout de même bien différente de celle que tu énonces à propos du Mali. Lorsque je me baladais dans les rues de Soweto, les enfants et les passants me demandaient de les prendre en photo, le simple fait d’apparaître sur un appareil les rendant fou de joie.

    30 juin 2011
    • Je ne connais que l’Afrique de l’Ouest et du nord.
      Mais voilà une bonne nouvelle pour l’Afrique du Sud.

      D’ailleurs, les enfants sont toujours demandeurs n’importe où dans le monde. Je parlais plus des adultes à vrai dire.

      30 juin 2011
  • Salut Fabrice,

    Pour ma part j’avais pas réellement de stratégie pour prendre les personnes en photos, je le faisais plutôt discrétos mais je retiens ta technique de montrer l’appareil avec le sourir et l’air questionnant 🙂

    Un beau billet.

    30 juin 2011
    • Merci Antoine!
      Oui, c’est une bonne attitude. Si la personne est ok, elle te fera un sourire en retour, ce qui déjà le moment sympa:-)
      Ou elle fera mine que cela lui est égale.

      En plus, je pense que cela permet de se concentrer davantage sur les conditions pour faire une belle photo. Tu n’as pas le « stress » de la prendre discrétos.

      Mais comme je le disais, cela dépend des circonstances et du type de photo!

      30 juin 2011
    • Je confirme que cette technique marche bien de façon universelle, et pas seulement en voyage. Quand vous êtes dans une situation où vous voulez prendre une photo d’un inconnu, c’est sans doute la meilleure façon de procéder.

      Par exemple, j’ai croisé un musicien extraordinaire dans les rues de Lille il y a quelques temps, et j’ai fait ça pour lui demander implicitement l’autorisation de le photographier. J’aurais pu faire sans, mais ça a présenté l’avantage d’être plus à l’aise avec lui, de pouvoir me rapprocher plus et d’avoir une discussion sympa. Résultat, je lui ai envoyé les photos qu’il a publiées sur sa page Facebook 😉

  • Super article…avec Fabrice,que de bons conseils,merci Laurent .

    1 juillet 2011
  • J’adore faire des portraits, mais je n’en ai pas essayé beaucoup à l’étranger et ayant déjà eu un petit problème avec des marocains pour avoir « regardé bizarrement leur mosquée », j’avoue que j’ai beaucoup de mal à entrer en relation avec les autochtones des pays du Maghreb…

    Par contre, je confirme qu’en Afrique noire, tous notamment les enfants adorent être pris en photo et font la plupart du temps de magnifiques sourires!

    1 juillet 2011
    • Le Maghreb n’est pas la région la plus aisée pour les portraits. Surtout les régions très touristiques…

      1 juillet 2011
  • il m’est arrivé un soir de faire des photos en ville, en pause sur trépied. alors que je prenais une façade niçoise un type qui marchait de l’autre côté traverse la rue et me demande pourquoi je le prends en photo, et ajoute « qu’il est interdit de faire des photos dans la rue ». j’essaie de rester patient (devant la bêtise, j’ai du mal…), d’autant que l’objectif est clairement orienté vers le haut du bâtiment, lui demande si, à tout hasard, il a déjà vu une photo (interdite, donc) de la tour eiffel. « c’est vrai, mais peu importe, c’est interdit ».

    une situation semblable s’est à nouveau produite dans la même soirée, et, avec beaucoup de regrets, j’ai décidé d’imprimer l’article de loi relatif à la photo en extérieur, et j’en ai toujours deux ou trois copies dans la sacoche, au cas où…

    1 juillet 2011
    • Merci pour ce commentaire interessant, qui montre qu’en France, il y a pas mal de c…Comme toi, j’aurais eu du mal à être patient devant cette bêtise. Il faut se promener avec soi avec tout un arsenal de copie de lois maintenant, enfin c’est un autre débat…

      1 juillet 2011
  • Communiquer est la clé du voyage, même en matière de photographie… Voler une photo n’est jamais très payant parce qu’on obtient rarement le regard du sujet. Dommage…

    Par contre si je refuse totalement de payer pour une photo il m’est arrivé de transgresser une fois : au fin fond de la Chine j’ai laissé un peu de monnaie pour remercier une famille qui s’était laissée photographier pendant un bon moment et qui m’avait offert du thé.

    Mais ailleurs, quelques mois plus tard un autre photographe m’a fait réfléchir. Lorsque je me suis étonnée qu’il accepte de payer pour une photo (un pro) il m’a répondu « je vais toucher de l’argent quand j’aurai vendu cette photo alors je ne vois pas pourquoi je n’en donnerais pas d’abord un peu avant pour pouvoir la prendre ! ».

    Je pense qu’il faut avoir une éthique, celle du respect de l’autre. Il ne faut pas prendre les hommes pour des animaux. Par contre il faut savoir aussi adapter parfois son éthique aux circonstances…

  • Néanmoins attention, normalement on ne peut pas vendre une photo d’un bien immobilier (ou oeuvre d’art, animal domestique, etc…) si on n’a pas obtenu l’autorisation signée de son propriétaire auparavant (et c’est valable pour les pays étrangers également). Je parle de « vendre » bien sûr, pour une photo à but non commercial (photo de vacances, etc…) normalement ça ne s’applique pas. Mais à vérifier…

  • Effectivement Marie-Ange, il y a des cas où donner un peu semble assez normal. Il y a une différence entre une famille vraiment gentille qui va jusqu’à t’offrir du thé, et des gamins qui pourraient préférer se laisser prendre en photo que d’aller à l’école 🙂

    Par ailleurs, j’espère que cette loi ne s’applique pas aux photos de vacances, parce qu’il ne faut quand même pas déconner. (et puis dans ce cas 95% des photos de mon dernier voyage sont illégales :P)

  • Malheureusement il n’y a pas qu’en Asie que les enfants apprennent à gagner de l’argent facile en se faisant prendre en photo… Je pense à l’Egypte notamment, où même les policiers réclament « five dollars » pour être pris en photo à cheval devant les pyramides.

    Tes photos de vacances de biens privés ne sont pas illégales tant que tu ne les vends pas. Dès que tu passes en mode « vente de photos » pro, tu dois normalement fournir une autorisation de prise de vue pour chaque bien qui ressemble à une propriété privée, même pour les animaux domestiques. C’est un peu fou, mais c’est ainsi et c’est encore plus strict lorsqu’il s’agit de personnes et ça c’est normal, sauf si les personnes font partie d’une foule ou sont en groupe dans un lieu public (bien se renseigner).

    On trouve sur le web des modèles d’autorisations de publication (= de vente). D’ailleurs les banques d’images sérieuses te demandent toujours une copie de l’autorisation signée. Imagine que quelqu’un s’amuse à photographier la fenêtre de ta chambre avec ta silhouette, et la mette en vente sur n’importe quel site… 😉

    • Pour ce qui est du droit à l’image, c’est effectivement tout à fait normal. Cela dit, si on photographiait juste ma silhouette (en ombre chinoise par exemple) et que je n’étais pas reconnaissable, je ne verrai pas d’inconvénient à ce que la photo soit mise en vente 😉

      Mais c’est un peu fou de devoir demander une autorisation pour chaque bien. Je viens d’imaginer un cas comique : imaginons qu’on photographie un objet de sa propriété, puis qu’on le revende. A-t-on encore le droit d’exploiter la photo sans avoir obtenu d’autorisation de l’acheteur à la revente ?
      (oui, j’aime les questions de droit complexes :P)

      • Moi non plus, cela me dérangerait pas pour l’ombre. D’ailleurs, même si c’était un portrait, je ne crois pas qu’il me viendrait à l’esprit de demander de l’argent…

        Une autorisation pour de la pierre ou un poisson rouge, ca devient n’importe quoi tout de même. Et ce n’est pas prêt de s’arranger, bien au contraire…

        Sinon, bonne question pour la propriété:-)

        2 juillet 2011
  • I agree that photographers should ask permission before they take pictures of anybody, which paparazzi often forgets that simple gesture. As for the Indian story, I like the second approach because he asked permission and smiles to his models.

    2 juillet 2011
  • J’aurais une remarque concernant ce conseil :
    « Evitez les gros sacs photos que l’on repère deux kilomètres à la longue. Et pitié, évitez d’arpenter les rues avec votre gros reflex autour du cou ! »

    En voyage, j’ai plutôt tendance à me déplacer beaucoup dans une journée et donc de ne pas repasser par mon point de chute au cour de la journée.
    Du coup, j’embarque tout dans mon sac (l’appareil plus 2 ou 3 objectifs, des batteries, quelques filtres et parfois de quoi grignoter et boire, selon le cas).
    Alors effectivement, ce n’est pas très discret et bien souvent, pour ne pas avoir à basculer mon sac dans tout les sens pour sortir l’appareil, je le garde autour du cou.

    En étant blanc dans un pays asiatique, on manque déjà bien souvent de discrétion 🙂 alors …
    Je ne pense pas que cela rende le contact difficile (encore que comme tu le dis cela doit dépendre aussi de la culture), même si ça peut parfois faire gros touriste (dans le sens péjoratif du terme), l’important reste pour moi le respect.

    Ne pas prendre sa photo et s’enfuir.
    Montrer à notre modèle d’un instant le résultat.
    Prendre le temps de faire sa connaissance, de connaitre son pays, sa culture.
    Je pense que c’est l’approche plus que ce à quoi on ressemble qui est important.

    Et pour ce qui est de « Et d’ailleurs, vous serez surpris dans certains coins d’Asie d’être la cible des photographes locaux. Une bonne expérience inversée « .
    Je confirme que l’expérience est surprenante, elle en arrive parfois même à être agaçante lorsqu’on vous arête trop souvent pour prendre une photo ou qu’il faille prendre la pose avec chaque membre d’une famille qu’on ne fait que croiser.
    On se dit effectivement que s’ils avaient pris la peine de nous parler un peu avant et tenté de faire connaissance, ça serait bien mieux passé.

    Bref, en tout cas merci pour cet article qui rappelle un peu quelques règles de savoir vivre. 😉

    4 juillet 2011
    • C’est vrai que si tu as du matos, difficile de pas avoir un gros sac…

      Perso, j’ai un fastpack et celui-ci possède un système excellent: une ouverture laterale. Tu as juste à faire glisser le sac sur le côté, ouvrire et prendre l’appareil, très pratique!
      Je le montre en vidéo ici:
      http://www.instinct-voyageur.fr/mon-sac-a-dos-photo-le-lowepro-fastpack-250/

      6 juillet 2011
      • J’ai également un Fastpack (je ne sais plus précisément lequel), et je dois dire que le système d’ouverture latérale est très pratique. Mais le sac n’est reste pas moins imposant. 🙂

        Sur le même principe, j’ai également un slingshot, sauf que c’est à une seule lanière (donc le poids est sur une épaule) et plutôt fait pour les petites balades d’une demi journée tout au plus.

        8 juillet 2011
  • Bonjour Fabrice et Laurent. 🙂

    Pour moi, l’étique est quelque chose de très important.
    En voyage, où que ce soit, il convient de se rappeler que nous sommes pas dans notre salon et qu’il y a des gens, des êtres humains à respecter.

    Pour ce qui est de donner de l’argent pour des photos. C’est clair : il ne le faut pas, pour toutes les raisons que tu as évoqué.

    Quand à se balader avec un gros appareil photo cela dépend du lieu où tu te trouves. En plein centre de Tokyo ou Singapour, je ne pense pas que cela pose problème. Maintenant, étaler ses richesses dans un bidon-ville, je trouve cela plutôt indécent.
    Ensuite, si le but est avant tout d’établir un contact avec la population, l’appareil peut être un frein (y compris en occident d’ailleurs). Et mieux vaut les aborder sans, et faire connaissance ainsi.

    Entre prendre des photos en mitraillant de loin et approcher les mains dans les poches pour discuter, je me sens plus proche… des deux en fait. Les 2 ont les intérêts, j’adore le contact les gens et les échanges (même sans comprendre la langue locale), mais je trouve que quelques photos « volées », discrètement (j’insiste sur ce mot) peuvent avoir leur charme. Il est, sans doute, plus intéressant, moins choquant pour la population locale, et plus correct « de voler » ces images après avoir fait connaissance et avoir demandé si les photos ne les dérangent pas.

    Amicalement

    4 juillet 2011
    • On est d’accord Rémi:-)
      Oui, dans les grandes villes occidentales ou occidentalisés, cela pose pas de problème!

      6 juillet 2011
  • La taille du matériel est un vrai casse-tête. J’ai souvent remarqué que les gens se poussaient pour me laisser prendre une photo lorsque je monte mon 24-70 de 82mm de diamètre alors qu’avec un 35mm fixe personne ne fait vraiment attention à moi. Du coup je n’ai pris que ce petit objectif pour voyager en Amérique du Sud.

    Tu remarquera par ailleurs que certains locaux on fait du rôle de modèle une véritable entreprise. Ne soit pas étonné de voir à Cuzco (Pérou) des enfants te demander si tu veux les prendre en photo avec leur bébé lama. Certains lieux et certains regards sont en revanche trop lourds pour oser prendre des photos. Je pense par exemple aux mineurs de la mine de Potosi (Bolivie) qui travaillent 8h par jour à la lumière de leur lampe frontale, parfois dans des galeries où tu ne peux aller qu’à quatre patte et qui, souvent, n’ont pas encore l’âge légal pour travailler.

    Bonne chance dans ton voyage et n’oublie pas le Sud-Lipez et le désert d’Atacama (photos en lien pour te convaincre).

    7 juillet 2011
  • En ce qui me concerne j’ai un sac LowePro avec ouverture latérale qui me permet de basculer le sac sur ma hanche pour attraper l’appareil photo sans être obligée de le déposer à terre. Pratique, et multi-alvéoles pour y ranger 4 objectifs + 2 boîtiers. Sauf qu’il est parfait pour le transport avion (j’y glisse aussi le MacBook et quelques bricoles de survie en cas d’égarement du bagage en soute) mais impossible à promener dès que je suis sur place (trop volumineux). Donc j’emporte toujours en plus un simple sac à dos de toile, imperméabilisée (ou dite telle), bien plus discret, et j’y place un boîtier avec deux objectifs minimum dans leur étui + un paréo qui peut servir à tout mais sert surtout à éviter les chocs entre les objectifs et l’appareil. Quand je veux rester discrète, je n’ai qu’un sac à dos sans marque sur le dos. Mais je peux sortir l’appareil sans problème, une femme provoque souvent moins de suspicion (sauf en territoires musulmans où il faut être prudente pour ne pas offusquer) et plus de curiosité qu’un homme avec pourtant le même matériel.

    😉

    • Je crois qu’on a le même sac Marie-Ange, hyper pratique!
      C’est vrai qu’il est assez gros, mais l’avantage c’est que l’on peut aussi y glisser un laptop.
      A noter que vous pouvez enlever la marque ou la masquer.

      Oui+1 pour les femmes!

      10 juillet 2011
  • Je suis tombé d’accord avec toi Fabrice, et avec beaucoup de commentaires, pour aller vers plus de respect.
    Reste malheureusement qu’il n’est facile pour tout le monde d’aller au contact d’inconnus : cela dépendra beaucoup de la personnalité du photographe.

    La lecture de ce fil m’a rappelé cet article d’un blog photo :
    http://www.melina-barrals.fr/article-critique-du-livre-conseils-d-un-photographe-voyageur-37898960.html

    Il s’agit d’une critique du livre d’Olivier Föllmi intitulé : « Conseils d’un photographe voyageur ». C’est pile dans le thème de notre discussion, et un livre dont je vous recommande également vivement la lecture. Même si je trouve parfois que Olivier Föllmi idéalise un peu la situation (il s’agit tout de même d’un pro qui se déplace avec gros matos et assistants) et donne dans un certain « lyrisme ».

    8 juillet 2011
    • J’aime bien l’extrait, très « pauvreté heureuse » et mythe du bon autochtone quand même…
      Il faut aussi préciser un truc sur Föllmi, c’est que c’est un « vieux ». Quand il parcourait le monde seul avec son appareil, ils n’étaient pas nombreux à faire des portraits au Zanskar. Mais depuis les années 70, la donne a un peu changée…

      8 juillet 2011
    • Oui, ce n’est pas facile c’est vrai d’aller vers les autres pour un portrait. Cela dépend de chacun.

      J’ai lu ce livre que j’avais bien apprécié.

      10 juillet 2011
  • Il m’a fallu un peu de temps (mais j’étais ailleurs, au sens propre du terme !) pour comprendre pourquoi cet article résonnait en moi tout particulièrement : j’ai déjà raconté une anecdote vécue en tant que photographe et je l’ai publié sur mon blog de voyages en mars 2008. Pour ceux que cela intéresserait… :
    http://www.unmondeailleurs.net/photographe-ou-predateur/

    Depuis je me suis rendue en bien d’autres endroits dans des contextes difficiles ou très particuliers sur le plan humain (Malawi, Bornéo, Namibie,…). J’ai toujours retenu la leçon et même si je refuse obstinément de payer pour prendre la photo d’un enfant quémandeur en Egypte (je ne photographie pas dans ce cas), désormais j’établis TOUJOURS un contact avant de prendre la photo : c’est nettement plus enrichissant sur le plan humain, et parfois j’emporte un souvenir en image.

  • Merci pour cet article ! Etant plutôt timide, j’ai souvent hésité entre « voler » l’image grâce à un téléobjectif ou demander gentiment, mais la plupart du temps, je me suis contenter de renoncer à prendre la photo. J’ai d’ailleurs abandonner la photo en partie à cause de ça pendant quelques années… Je me rend bien compte grâce à vos témoignages qu’il aurait été bien plus enrichissant de lutter contre ma timidité et d’établir le contact avec la personne que je voulais photographier… Ça me sert de leçon maintenant que je me remet à la photo… Même si lutter contre cette timidité s’annonce encore difficile…

    Juste le plaisir de vous raconter une petite anecdote (j’en ai très peu alors quand j’en ai l’occasion d’en sortir… 😉 ) :

    Je n’ai pas beaucoup voyagé mais à l’age de 16 ans, j’ai eu l’occasion d’aller voir de la famille au Maroc. Un jour, je me suis retrouvé dans la vieille ville de Rabat avec mon fidèle Praktica BC1 de l’époque, équipé du 70-210 à pompe autour du cou. Cet objectif est déjà long mais en plus, avec un zoom à pompe, il a tendance à s’allonger tout seul… Pas très discret quoi 😉
    Un peu tête en l’air, je me suis longtemps demandé pourquoi un marocain m’avais regardé d’une façon tellement agressive… En tous cas, je sentais bien que je ne devais pas le prendre en photo 😛
    Quelques jours plus tard, je suis au bord de la route, en face de l’entré du Mausolée de Mohamed V. Une grande berline s’arrête et deux MIB en sortent : l’un d’eux vient droit sur moi en courant et me prie gentiment mais fermement de rentrer mon appareil dans mon sac. Je su plus tard que l’occupante de la berline était une personnalité royale.

    Tout ça pour dire que j’ai appris à mes dépends qu’il vaut mieux garder l’appareil au chaud dans certains endroits 😉 Je me demande ce qu’il serait arrivé dans les mêmes circonstances mais avec l’age que j’ai aujourd’hui…

    Après vous avoir lu, ma conclusion serait qu’il me semble qu’un photographe se doit d’apprendre à connaître un minimum son sujet avant de sortir son appareil.

    12 octobre 2011
  • J’ai toujours eu du mal à prendre des photos de personnes. Surtout à l’époque où je vivais à l’étranger (Asie du Sud-Est) où je trouvais ça gênant de prendre en photo des personnes que je côtoyais tous les jours dans la rue.

    Par ailleurs je crois que mon meilleur souvenir de road trip photo dans la région fut quand une jeune Birmane m’a pris en photo à Rangoun alors qu’il pleuvait comme jamais et qu’il n’y avait pas un seul touriste occidental à un km à la ronde. Un formidable souvenir

    6 février 2015