Cet article est la transcription de ma vidéo de réponse à Nath Sakura, publiée sur YouTube le 18 octobre 2026 (ci-dessous). Le texte suit la vidéo ; seules les hésitations de l’oral ont été retirées.
J’y ai intégré directement les sources, au moment où j’en parle. Quand je cite Nath Sakura, sa vidéo est intégrée depuis sa chaîne et démarre au moment exact de la citation, avec la transcription mot pour mot juste en dessous (sur fond gris). Mes propres vidéos sont citées sur fond orangé, les grands photographes sur fond bleu, et les encadrés gris donnent les références, les vérifications et les captures d’écran.
Le dossier complet est aussi disponible sur la page des sources.
Introduction : pourquoi cette réponse
Il y a quelque temps, une youtubeuse a fait une vidéo sur moi.
Je n’avais pas envie de faire cette vidéo de réponse, mais après mûre réflexion, je pense que c’est la meilleure solution pour rester aligné avec mes valeurs, qui ne sont évidemment pas négociables. Cette vidéo n’est pas vraiment adressée à Nath Sakura puisque, comme on le verra, elle ne m’écoute de toute façon pas quand je parle, et j’ai perdu tout intérêt pour l’avis qu’elle pourrait avoir. Elle est faite d’abord pour moi, parce que j’avais besoin de sortir tout ça, et puis aussi pour les gens avec un esprit critique qui sont intéressés par la vérité.
Donc préparez-vous, il y a beaucoup à dire, mais je pense qu’à la fin, vous serez à la fois plus armés pour trier l’information que vous recevez sur Internet, et que vous aurez aussi gagné en connaissances photo.
Pour résumer : Nath Sakura a complètement déformé mes propos, a complètement passé sous silence qu’on avait communiqué en privé, et a factuellement tort, ce que je vais vous prouver avec une démonstration scientifique, et non une simple photo statique sur un écran qui ne prouve absolument rien.
Je vais commencer par vous rappeler très rapidement le contexte, et vous résumer pourquoi une réponse publique m’a paru nécessaire, si vous n’avez pas suivi tout ça. Ensuite, on va bien rentrer dans le détail de ce que je dis dans ma vidéo et de ce que je lui avais écrit, pour montrer que non seulement elle prend la posture de quelqu’un dans le débat d’idées alors qu’elle est constamment dans l’attaque personnelle puante, mais qu’en plus, elle a techniquement tort, de manière démontrable et définitive. Comme ça, on va enfin clore ce débat et être tranquilles avec ça.
Et un détail important tout de suite : je vous mets un lien en description avec une page qui regroupe l’intégralité de mes arguments, les captures d’écran, les liens, les timecodes des citations, etc. Bref, toutes les sources nécessaires.
Cette page est ici. Dans cet article, les mêmes sources sont intégrées directement au fil du texte.
Pour éviter de tout mélanger, je vais distinguer cinq questions : pourquoi je réponds, ce que j’ai réellement dit, ce qu’elle m’attribue, comment elle soutient sa position, et ce que l’expérience permet de conclure. Le dossier complet sur la réception et les conséquences viendra après l’analyse des faits.
Le contexte : chronologie des faits
Donc, reprenons ce qui s’est passé par ordre chronologique. Ici, je vous fais juste un bref résumé pour que vous ayez la chronologie globale si vous n’avez pas suivi, et je reviendrai ensuite en détail sur chaque partie, parce que c’est important d’avoir l’intégralité des faits pour juger. Tant pis si la vidéo est longue, je préfère ça plutôt que d’oublier les éléments qui ne m’arrangeraient pas. Et puis, vous connaissez peut-être la loi de Brandolini : il est très rapide de dire n’importe quoi, mais ça prend beaucoup plus longtemps pour réfuter ce n’importe quoi.
Le 8 février 2026, je publie une vidéo sur la chaîne intitulée « Histogramme en photographie : le guide complet ». Vidéo enregistrée par Clément, qui s’occupe d’une partie de la création de contenu sur Apprendre.Photo, mais bien sûr validée par mes soins.
Dans les jours qui suivent, je reçois trois ou quatre commentaires de personnes qui m’insultent à mots plus ou moins couverts, me traitant d’incompétent parce que l’histogramme, ça ne peut pas servir à exposer les photos correctement, tous citant le contenu de Nath Sakura comme source de leurs affirmations. Précision utile dès maintenant : tous ces commentaires tombant clairement sous le coup des délits d’injure et/ou de diffamation, je les supprime et je bannis les auteurs, à la fois pour des raisons légales, et puis parce que je ne vais quand même pas me laisser insulter sur ma propre chaîne, il ne faut pas déconner.
Ces commentaires ayant été supprimés, YouTube ne permet plus de les afficher. J’en parlais à chaud dans ma vidéo du 22 février :
Et sur cette vidéo, on a eu trois commentaires différents qui émettaient la même critique que je peux résumer en gros à « l’histogramme c’est celui du JPEG pas du RAW, donc on ne peut pas s’en servir pour faire l’exposition de l’image correctement, ça ne sert à rien ». Deux de ces commentaires étaient franchement insultants, […] et donc ils ont viré direct, évidemment, il ne faut quand même pas déconner. […] Les deux premiers ont cité comme source de leur explication une vidéo de Nath-Sakura.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 1:56
Comme je l’expliquais précédemment, je connaissais Nath Sakura de réputation sans avoir regardé son contenu, et généralement, quand plusieurs délinquants (parce que c’est le nom qu’on donne aux gens qui commettent des délits) viennent du même endroit, ça ne sent pas très bon. Je m’attendais donc à trouver du mauvais contenu, et j’ai été, à l’époque, plutôt agréablement surpris de ce que j’ai vu sur le moment, qui n’était évidemment pas l’intégralité du contenu de Nath Sakura, juste un échantillon que j’ai regardé pour me faire un avis.
Le 22 février donc, je publie une vidéo qui revient sur ces commentaires, et je rentre clairement dans le lard de ces gens, c’est parfaitement assumé : je n’ai aucun respect pour les random inconnus qui viennent m’insulter, et je n’en aurai jamais. J’ai par contre été très clair sur le fait que je ne l’attaquais pas, elle, et on va y revenir.
YouTube permet maintenant de tester trois titres et trois miniatures, et donc vous l’avez peut-être vue passer sous des noms différents, que je vous affiche à l’écran. Il y a des gens qui m’ont reproché d’avoir changé le titre, mais je ne l’ai pas changé : j’en ai testé trois, il se trouve que les gens ont davantage cliqué sur celui-là, et donc YouTube l’a sélectionné automatiquement comme le gagnant.

Ce que vous ne savez sans doute pas, par contre, puisque ce ne sont pas des infos publiques, c’est que sous cette vidéo, j’ai eu quelques commentaires, trois ou quatre de mémoire, qui tombaient clairement sous le coup de l’injure et/ou de la diffamation envers elle. Je l’ai dit : pas de délinquants dans les commentaires, donc hop, bannis à vie. J’aurais bien aimé avoir le même respect de sa part, mais bon, on va y revenir.
Peut-être un peu plus surprenant pour vous au regard de sa vidéo récente, Nathalie m’a contacté le 24 février sur Instagram pour me proposer d’échanger sur le sujet, et même de faire quelque chose ensemble qui serait profitable à nos deux audiences. Son premier message se termine même par « amitiés ». J’en conclus donc qu’à ce moment-là, après avoir vu la vidéo, elle ne considère pas non plus que c’était une attaque personnelle envers elle, à moins d’une grande hypocrisie, mais je n’ai en tout cas aucune raison de le penser à ce moment-là.
S’en sont suivis de longs échanges sur Instagram jusqu’au 3 mars. Je précise que je ne rends rien de tout ça public, évidemment, parce que c’est illégal de publier des échanges privés sans l’accord des parties. Si Nathalie est d’accord, par contre, je n’ai aucun souci à en publier l’intégralité. On s’était en gros accordés sur le fait de d’abord faire des vidéos où on teste scientifiquement nos deux méthodes d’exposition l’une face à l’autre, avant éventuellement de faire un débat.
Le dernier message de la conversation est envoyé par Nathalie le 3 mars : elle m’envoie la vidéo qu’elle utilise pour enseigner cette méthode d’exposition. Je voulais être bien sûr d’appliquer exactement ce qu’elle préconise dans mon test, par honnêteté intellectuelle.
Ensuite, j’ai cessé de répondre, parce que je voulais d’abord regarder la vidéo avant de lui répondre, bien sûr, et je n’ai simplement pas eu le temps : je faisais un défi en direct trois semaines plus tard, dans le cadre de l’ouverture des portes de ma formation Devenez un Photographe Accompli, ce qui représente énormément de travail. Non pas que j’aie à me justifier, parce que je fais ce que je veux de mon temps, mais comme ça, vous avez l’information complète.
Et dans les mois qui suivent, ma vie perso a été franchement perturbée. C’était globalement, on peut le dire, la merde, puisque mon chien a failli mourir d’une péritonite (je vous rassure, le boubou est totalement rétabli maintenant). Puis je me suis fait agresser par un mec dont le chien détaché avait attaqué le mien. Oui, vous avez bien entendu : il m’a tapé dessus au lieu de s’excuser comme une personne normale. Et oui, j’ai aussi fait une déchirure de la rétine, prise à temps heureusement, mais ça peut être grave, d’autant plus pour un photographe. Autrement dit, j’avais, comment dire ça poliment, un peu autre chose à foutre que de débattre de la meilleure méthode d’exposition.
Donc j’ai évidemment accumulé du retard dans mon travail, que j’ai pu reprendre cet été (et aussi profiter que mon bébé chien soit toujours vivant pour toucher de l’herbe), et je pensais remettre cette collaboration sur le tapis vers l’automne. Alors, j’admets que j’aurais pu envoyer un message pour dire que je ne l’oubliais pas, mais ça m’est un peu sorti de la tête, ce qu’on peut comprendre, je pense. Ça s’appelle l’empathie : comprendre l’autre. La problématique de l’exposition en photo, ça ne constitue pas le centre de ma vie.
Mais quelle ne fut pas ma surprise qu’en plein mois d’août, le 6 août pour être exact, Nath Sakura décide de publier une vidéo intitulée « Les “experts” photo et l’envol de la faux-tographie », qui est une réponse à ma vidéo de février. Enfin, plus exactement, à ce qu’elle a bien voulu retenir de ma vidéo de février, mais je vais y revenir.
![Page YouTube de sa vidéo affichant le titre « Les "experts" photo et l'envol de la faux-tographie [#NSF 372] ».](https://apprendre-la-photo.fr/wp-content/uploads/2026/10/titre-video-nsf-372-20-aout-2026-scaled.jpg)
Les deux autres titres testés étaient « “Impossible à utiliser” ? Vraiment ? » et « Le niveau des “experts” photo devient inquiétant ». Elle a depuis changé le titre pour « Obtenir une exposition parfaite en photo-reportage ». Évidemment, c’est moins incriminant, et ça permet de ne pas assumer ses attaques personnelles, mais on verra que c’est habituel, et que ça ne trompe personne.
Voici un onglet qui était ouvert chez moi depuis la réunion avec mon avocate, avec le titre de l’époque. Je vais faire défiler la page, au cas où elle essaierait de prétendre que ce n’était pas le titre. Et effectivement, depuis, elle a changé le titre pour ça, parce que c’est sûr que ça fait tout de suite un petit peu moins mauvais genre. On voit les vues qui étaient enregistrées à l’époque, 23 406, et ici, les 25 117 d’aujourd’hui, au moment où j’enregistre, le 8 septembre.
Note : le titre affiché de sa vidéo a varié au fil des relevés (YouTube permet de tester plusieurs titres). Depuis au moins le 8 septembre 2026, elle s’intitule « Mesurer efficacement la lumière en street photographie [#NSF 372] », et c’est toujours le cas le 20 octobre 2026. Sa description commence toujours par : « Mesurer la lumière précisément serait “impossible” en extérieur. C’est du moins ce qu’affirment certains formateurs sur Internet. »
| Date du relevé | Titre affiché | Trace |
|---|---|---|
| 6 août 2026, 21 h 16 | « “Impossible à utiliser” ? Vraiment ? [#NSF 372] » | Métadonnées de la vidéo relevées et archivées le jour même |
| 7 août 2026 (deux relevés) | « “Impossible à utiliser” ? Vraiment ? [#NSF 372] » | Idem |
| 10 août 2026 | « Le niveau des “experts” photo devient inquiétant [#NSF 372] » | Idem |
| 20 août 2026 | « Les “experts” photo et l’envol de la faux-tographie [#NSF 372] » | Idem, et capture plus haut |
| 8 septembre 2026 | « Mesurer efficacement la lumière en street photographie [#NSF 372] » | Archive Wayback Machine |
| 5 octobre 2026 | idem | Archive Wayback Machine |
| 20 octobre 2026 | idem | Relevé du jour (API publique YouTube) |
Entre-temps, je n’ai reçu absolument aucun message de sa part pour me relancer, pour savoir si j’étais toujours intéressé par une collab, et tout ça. Alors, qu’on soit clair : rien ne l’obligeait, dans l’absolu, à le faire. Juste, vu que nos échanges étaient assez cordiaux, il me semble que ce n’était pas méga difficile de me demander si j’étais toujours intéressé.
Dans ses commentaires, elle se prévaut du droit de réponse.
Pour le reste l’attaque “ad hominem” a d’abord été faite par cette personne sur sa chaine. Moi je m’étais bien gardée de parler de lui. Il m’a citée, a prétendu que ce que j’expliquais était impossible : cette vidéo constitue donc un droit de réponse. Forme normale dans un pays de liberté d’expression.
Nath-Sakura · réponse en commentaire sous sa vidéo · lien direct
C’est un peu étonnant, parce qu’étant donné qu’elle est ancienne journaliste, comme elle le répète constamment, comme si c’était une profession dotée d’une intégrité particulière, elle devrait mieux connaître les limites légales du droit de réponse. Déjà, les commentaires de ma vidéo étant ouverts, le droit de réponse, c’est là que ça se passe. Mais surtout, « droit de réponse », ça ne veut pas dire « droit de dire absolument n’importe quoi et de dénigrer quelqu’un ». Mais on va y revenir aussi.
Pourquoi je réponds publiquement
Maintenant que la chronologie globale est posée, je vais simplement résumer pourquoi j’ai finalement décidé de répondre publiquement, et de ne pas juste laisser tomber. Je vous détaillerai les conséquences plus loin dans la vidéo, mais je voudrais quand même résumer rapidement pourquoi je ne l’ignore tout simplement pas, pour que vous compreniez pourquoi je fais cette vidéo.
Sa vidéo a été vue plus de 23 000 fois, et elle a suscité plus de 400 commentaires : ses propos à mon encontre ont donc été largement diffusés.
| Date | Vues | Commentaires | Source |
|---|---|---|---|
| 6 août 2026 (soir de la publication) | 1 928 | 88 | Métadonnées archivées |
| 1er septembre 2026 | 23 572 | 437 | Métadonnées archivées |
| 5 octobre 2026 | 30 454 | 473 | Relevé du jour (API publique YouTube) |
| 20 octobre 2026 | 32 717 | 486 | Relevé du jour (API publique YouTube) |
Après sa publication, j’ai reçu chez moi une série de commentaires insultants. Pour plusieurs d’entre eux, les mêmes comptes avaient commenté sous sa vidéo, ou reprenaient directement ses formulations : ils sont donc une conséquence directe de sa vidéo, ce n’est pas un hasard.
Les captures de ces commentaires sont plus bas, dans la partie « Les messages arrivés chez moi ».
Et ces réactions ont eu des conséquences concrètes sur moi en termes de santé mentale. J’ai demandé un avis juridique, puis, après évaluation de mes options, j’ai choisi de répondre publiquement et complètement, plutôt que de laisser sa version complètement déconnectée de la réalité s’installer dans la tête des gens. Contrairement à elle, par contre, je ne tomberai pas dans le dénigrement, et je resterai aussi factuel que possible. Je ne vous promets pas de ne pas avoir d’émotion, parce que, spoiler alert, je suis un être humain, mais je préciserai bien quand je donne une opinion et quand je donne des faits.
Voilà rapidement pourquoi cette vidéo existe, je reviendrai sur les détails plus tard. Maintenant, revenons à la question centrale : qu’est-ce que je soutenais réellement dans ma vidéo ?
Ce que je soutenais réellement
Dans ma vidéo de février, que je vous mets en lien pour que vous puissiez juger par vous-même si vous voulez la regarder en entier, je suis très clair sur plusieurs choses.
La première, c’est que je ne cible pas sa personne et que je ne remets pas en cause ses compétences. Quand je parle d’une idée répandue en photographie, je ne cite jamais les personnes directement, parce que je m’attaque aux idées, pas aux gens. Par exemple, dans une assez ancienne vidéo qui s’appelait « Le mode manuel, ça ne sert à rien », de manière assez provocatrice (c’était évidemment volontaire), je m’attaquais à une idée, parce que plein de gens disaient ça, donc je ne citais le nom de personne. Ça ne sert à rien de citer le nom des gens, ça ne sert à rien de s’attaquer aux gens, parce que les gens peuvent changer d’idée, alors qu’une idée éclatée reste éclatée.
Premièrement, quand je râle contre quelque chose, je râle toujours contre une idée, et pas contre une personne. Pour deux raisons, tout d’abord une idée éclatée, ça reste une idée éclatée, quoi qu’il arrive, tandis qu’une personne peut changer d’avis. […] Donc, généralement, je ne cite pas la personne.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 0:15
Et c’est là que je veux en venir. Cette méthode fonctionne sans doute. Je pense qu’on n’a pas trop de doute sur les capacités de Nat à exposer correctement une photo. Ça va, on n’a pas de doute sur son niveau technique.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 11:11
Ici, j’ai cité Nath Sakura nommément, tout simplement parce que les gens l’avaient citée systématiquement dans les commentaires, et aussi parce que c’est, à ma connaissance, la seule sur le YouTube francophone à parler de cette technique d’exposition. Donc en parler sans la citer, ce serait un peu hypocrite, et ce n’est pas trop le style de la maison.
Alors, justement, je vous disais au début, je ne cite pas des gens, mais là je me permets de citer son nom, parce que, d’une part, de toute façon, c’est un sujet très spécifique, beaucoup de gens vont deviner, donc ça sert à rien de faire semblant, de pas dire le nom pour me couvrir ou je sais pas quoi, mais surtout parce que c’est un coup de gueule qui n’est pas contre elle. Vous allez voir que c’est plutôt l’inverse, mais laissez-moi développer.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 2:35
Je ciblais surtout, dans cette vidéo, les gens qui ont une vie assez pathétique pour venir harceler des créateurs de contenu en leur expliquant leur boulot, sur la base d’un truc qu’ils n’ont pas très bien compris.
Et donc, quand les deux premières personnes qui citent son nom en commentaire sont 1 franchement insultantes et 2 recrachent en réalité très mal ce qu’elle a dit, ce que j’ai compris ensuite, ça ne donne pas exactement une bonne première impression.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 3:32
Autre chose qui était très claire : j’appelle explicitement à ne pas aller la harceler.
Alors, juste avant de partir, n’allez pas poster des commentaires haineux chez Nat. Je ne vois pas ce qui pourrait provoquer ça dans ce que je dis, mais on ne sait jamais. […] calmez-vous, il n’y a pas de guerre, ceci n’est pas un drama YouTube […] donc il y a absolument zéro raison d’aller l’emmerder, surtout qu’on est quand même globalement d’accord sur notre détestation des tests d’appareils photo en permanence et sur l’importance de s’intéresser aux grands photographes.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 22:35
Et j’ai prévenu Nathalie de la publication de la vidéo par email, dans la semaine qui a précédé, avec même un lien pour la regarder en avance.

Autre chose très claire : mon avis général sur le fond technique, c’est-à-dire la méthode d’exposition qu’elle préconise versus celle que je préconise, qui est l’exposition à droite, tient en deux points. Tout d’abord, la différence n’est, à mon avis, pas discernable. Mais évidemment, ça se teste : j’aurais été prêt à admettre que j’avais tort si on avait fait un test à l’aveugle pour voir s’il y a une augmentation de la qualité de l’image (on verra aujourd’hui pourquoi ce n’est pas nécessaire). Deuxièmement, même si la différence était discernable, la méthode est pour moi trop complexe à mettre en place pour les débutants, qui sont ma principale cible, et donc l’exposition à droite avec l’histogramme a le meilleur ratio simplicité/résultat.
Mon point, c’était que l’éventuel gain, qui n’est toujours pas prouvé, ne vaut pas le coût en termes de photos ratées parce qu’on trifouille ses réglages, et de plaisir perdu parce qu’on fait des choses qui ne sont pas vraiment ce qu’on a envie de faire, c’est-à-dire photographier. À aucun moment, je ne prétends que la méthode ne fonctionne pas.
Ensuite, admettons que vous fassiez autre chose que du studio et que vous réussissiez à appliquer cette méthode. Le gain que vous allez avoir quand vous réussissez, c’est de mieux exploiter la dynamique de votre capteur. Par contre, est-ce que la différence va se voir à l’œil nu ? Franchement, non. Par contre, les pertes que vous allez avoir, c’est toutes les photos que vous allez rater parce que vous avez mal estimé la réflectance d’un truc, ou que la lumière a changé, ou je ne sais pas trop quoi. Toutes les photos que vous allez rater parce qu’un bon moment vous échappe, pendant que vous estimez la réflectance d’un truc. Et la prise de tête à la prise de vue est probablement pour beaucoup d’entre vous la perte de plaisir parce que vous n’avez strictement aucune envie de faire des calculs complexe à chaque photo que vous prenez, ou en tout cas un minima à chaque fois que la lumière change. Donc le bilan final est clairement négatif. Le ratio effort-bénéfice est très mauvais.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 11:32
Ce que j’admets, par contre, c’est que je me suis exprimé de manière imprécise sur deux points.
Dans le second cas, il faut connaître la réflectance de tout ce qui vous entoure, ce qui est globalement impossible. Donc admettons que ça suffise de connaître par cœur les réflectances de quelque chose de précis. Ça reste quand même infiniment plus long, et c’est certainement pas un truc qu’on peut appliquer dans toutes les situations, en dehors du studio.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 10:54
Pour être plus clair, je dis ici plusieurs choses. Le mot « tout », pris isolément, est évidemment une hyperbole. La phrase suivante montre immédiatement que mon vrai point, c’est le nombre de références qu’un amateur devrait apprendre et retenir, et le coût pratique que ça représente. Je maintiens que cet effort de mémorisation est disproportionné pour l’essentiel des amateurs, qui pratiquent de manière irrégulière. Je dis ensuite de manière très claire (mais encore faut-il m’écouter) que même s’il était suffisant de connaître les réflectances de quelques choses précises, ça reste quand même beaucoup plus long que ma méthode à moi.
Et donc, le deuxième point :
Donc, à un moment, que font les grands photographes ? Est-ce que vraiment ils exposent comme ça ? En numérique, je parle, ou en argentique, si on n’avait pas de cellules, probablement que c’est le genre de choses où il fallait peut-être un petit peu se débrouiller. Mais, encore une fois, vous photographiez pour la plupart d’entre vous, pas avec des argentiques sans cellules. Donc, quand on parle des outils modernes qu’on a, est-ce que ces photographes font encore ça ? Juste aucun. Et encore une fois, je parle en dehors du boulot de studio. Mais ce n’est pas votre pratique, généralement.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 12:41
Ici, ce que je voulais dire, c’est que je parlais des photographes contemporains travaillant en numérique, pas de Cartier-Bresson il y a des décennies. Je reconnais que ce périmètre n’était pas formulé assez clairement. Mais même avec ce périmètre, « juste aucun », ça reste une exagération : évidemment, je ne peux pas exclure qu’un photographe contemporain utilise cette méthode, puisque je ne suis pas dans leur tête. Ce que j’aurais dû dire, c’est : « Cette méthode n’est manifestement ni une norme universelle chez les grands photographes contemporains, ni une condition nécessaire pour produire un travail majeur. »
Mais de toute façon, elle connaissait très bien les détails de ma position avant de publier sa vidéo, puisque je lui avais écrit noir sur blanc que mes recherches montraient aussi bien des photographes utilisant une méthode proche de la sienne que d’autres qui travaillent carrément en mode Programme, ce qu’elle s’est bien gardée de vous dire. Mais encore faut-il m’écouter.
Donc tout ça, vous le savez déjà si vous aviez vu cette vidéo, et sinon, vous pouvez la voir ou la revoir pour juger sur pièce. Mais ce qui est intéressant, c’est que ma position n’était pas seulement accessible en réécoutant ma vidéo : je la lui ai ensuite formulée noir sur blanc. Mais encore faut-il m’écouter.
Ce que je lui avais précisé par écrit
Comme je l’ai dit, je ne peux pas vous transmettre l’intégralité de notre conversation. Par contre, je peux vous montrer ce que moi j’ai dit, puisque ce sont mes propres messages. Je ne vais pas vous les lire en intégralité pour ne pas être trop long, mais vous pourrez les retrouver sur la page avec toutes les sources. Dedans, je dis clairement plusieurs choses.
Tout d’abord, je réexplique ma thèse, qui est que : 1) la différence ne sera pas visible à l’œil nu, 2) même si c’est le cas, ça ne vaut pas le coût, et 3) c’est rebutant pour le débutant, et je ne veux pas les décourager.

Je dis aussi clairement que je promeus l’histogramme, parce que c’est pour moi le moyen le plus simple et intuitif de résoudre un problème très courant chez les débutants, qui est de rater son exposition, et que j’enseigne régulièrement qu’on a le droit de cramer ses photos.
Je dis aussi qu’en faisant des recherches sur les pratiques des photographes, je suis tombé sur un peu de tout : à la fois des photographes qui font plutôt comme elle, et d’autres qui shootent en mode Programme.

Texte intégral de mes messages Instagram (25 février au 2 mars 2026)
25/02/2026 à 17:42
Ok je comprends bien !
Je pense qu’on n’est pas SI loin sur nos principes.
Par exemple, très tôt sur mon blog, j’avais lu tout et son contraire sur l’effet de la focale sur la perspective, et j’ai donc expérimenté moi-même pour voir ce qui était vrai et pouvoir le transmettre.
Je pense que le différend est surtout de placer le curseur à un endroit différent.
Ce qui entraîne mon désaccord sur la question de l’histogramme c’est plusieurs choses :
1. Je pense sincèrement que dans la majorité des situations rencontrées par mon audience, ça ne fera pas une différence assez grande pour être vue à l’oeil nu (ça tu pourrais me prouver le contraire en me montrant qu’on voit la différence sans savoir quelle technique a été utilisée pour 2 versions de la même photo)
2. Je pense que même si c’est le cas, ça ne vaut pas les coûts potentiels dans la majorité des situations.
Notamment si ça ralentit le photographe dans une scène fugace.
Mon message Instagram
25/02/2026 à 17:42
3. Je pense que ça peut trop rebuter le débutant, et mon approche est plutôt de leur donner des quick wins pour les encourager à continuer.
Si un jour ils deviennent assez pro pour avoir besoin des notions plus avancées que tu enseignes, je pense qu’ils sauront désapprendre s’il le faut.
Mais dans la grande majorité des cas, ce sont des amateurs qui veulent faire des jolies photos en vacances ou du spectacle de leurs enfants.
Et j’ai pas envie qu’ils abandonnent parce qu’ils n’y arrivent pas assez vite.
Pour la plupart c’est un loisir auquel ils ne peuvent pas accorder autant de temps qu’ils voudraient, et ils ont déjà du mal à pratiquer assez pour retenir les concepts de base.
Mais je sais aussi qu’un tout petit pourcentage va se tourner vers une pratique artistique, et je pense que plus il y a d’artistes mieux c’est.
Et j’ai pas envie d’en perdre ne serait-ce qu’un au passage parce qu’iel ce sera découragé face à un terme qui fait peur, ou parce qu’iel a “pas la bosse des maths”
Mon message Instagram
25/02/2026 à 19:30
Je pense qu’il y a quand même un désaccord technique : je suis convaincu qu’il vaut mieux perdre un peu du potentiel de son capteur pour y gagner une assurance que ce ne sera jamais cramé + de la réactivité à la prise de vue. Encore une fois, je demande un test à l’aveugle, je suis persuadé que la différence ne se voit pas.
Mais je pense en effet que le désaccord principal est philosophique.
Tout simplement parce que je ne pense pas que la limite principale des photographes soit la technique. A partir du moment où ils ont appris à faire une photo nette, (suffisamment) bien exposée, et à maîtriser quelques notions de base, ce qui les limite le plus souvent, c’est tout ce qui vient après.
Je le vois parce que j’enseigne à des débutants depuis longtemps : même une fois les réflexes techniques acquis pour juste ne pas rater complètement leurs photos, ce qui les limite c’est surtout qu’ils ne savent pas regarder.
Mon message Instagram
25/02/2026 à 19:30
Pas regarder une scène pour savoir ce qu’ils veulent en faire, ce qu’ils veulent montrer exactement, comment ça se traduit dans la grammaire photographique.
Pas regarder une image pour savoir comment en équilibrer les tonalités et les teintes.
Je ne parle même pas de construire un travail cohérent sur le long terme.
Et je préfère largement des photographes qui comprennent ça, plutôt que de maîtriser des notions de photométrie mais de n’avoir rien à dire (je ne dis pas que ça empêche d’avoir un truc à dire hein, je dis que ça me semble moins prioritaire).
Parce qu’au final, quand des travaux d’artistes photographes me touchent, à absolument aucun moment le fait d’avoir exposé avec l’histogramme ou avec la méthode que tu préconises ne compte.
D’ailleurs, je serais bien curieux de savoir quel artiste photographe contemporain expose comme ça aujourd’hui.
Mon message Instagram
25/02/2026 à 19:31
J’en connais même qui photographient en mode auto (ça me trigger complètement hein 😂), et qui pourtant ont des travaux intéressants.
Et à la fin, moi je veux juste voir, produire et aider d’autres à produire de la photographie que j’aime et qui me fait quelque chose à l’âme. Et je n’ai jamais été ému par une netteté parfaite ou une dynamique exploitée à 100%.
D’ailleurs je t’avoue que ça m’intrigue un peu, car un discours pointu techniquement comme le tien vient systématiquement de gens qui ne s’intéressent pas à l’art photographique.
Depuis bientôt 16 ans que je suis sur le web, à chaque fois que j’ai vu des gens s’arc-bouter sur un point technique, c’étaient des gens qui n’avaient aucune culture photo, et encore moins un travail intéressant (par contre c’était bien net oui ^^).
Mon message Instagram
25/02/2026 à 19:31
Donc ça m’intrigue, parce que tu es un peu l’exception. J’imagine que si tu parles des artistes photographes c’est que ça provoque une émotion chez toi. Est-ce que tu penses que ça a un rapport avec leur technique d’exposition ?
Après je comprends ton attachement à la précision hein, je pense que c’est plutôt louable d’une manière générale. La société est gangrénée par l’inverse de ça, et je passe ma vie à corriger les gens sur des trucs tout le temps.
On a peut-être juste des objectifs différents. Je préfère que le plus de gens possibles se fassent plaisir en photo, et que 0.1% d’entre eux en viennent à vraiment s’exprimer avec.
Et tu préfères peut-être être précise à tout prix, ce que je peux comprendre aussi.
Tu penses que c’est ça le coeur du différend ?
(Je réfléchis en écrivant)
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25/02/2026 à 23:12
Je suis d’accord que la technique peut “enable”, mais juste je ne pense pas qu’on ait généralement besoin d’aller aussi loin.
Quand je parle de temps de pose à mes élèves, la première chose dont je leur parle c’est comment figer un sujet rapide (parce que c’est ce qu’ils demandent). La deuxième, c’est les infinies manières de l’utiliser pour créer du flou.
Et je leur répète encore et encore que la technique est au service de leur intention. S’ils ne savent pas comment régler leur appareil c’est le plus souvent qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent comme résultat final (souvent parce c’est dur pour eux d’imaginer une image dans leur tête).
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25/02/2026 à 23:13
Mais au final, pour moi ça se résume à une chose : il y a de nombreux artistes qui n’exposent pas comme tu le préconises (et auxquels ça ne viendrait même pas à l’idée d’étudier la photométrie jusqu’à ce niveau), et qui produisent quand même des oeuvres intéressantes.
A partir de là, leur simple existence suffit à prouver que c’est optionnel.
Que toi tu préfères, je l’entends. Chacun sait ce qui l’aide dans sa pratique.
Mais je ne pense pas que ce soit universel.
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25/02/2026 à 23:17
https://www.australianphotography.com/profiles/qanda-martin-parr
D’ailleurs, Parr disait lui-même ici :
“In analog photography, 30, 40 years ago, you had to really learn how to make the right exposure, get the light meter out, set it to the correct everything. The only thing that’s going to hold you back now is the content of your pictures. Are they engaging, do they have personality, have they got a vision? All the things that people get worried about and intimidated by technically have gone.
The only thing that counts now is the quality of the story and the quality of the images that you’re taking. The technical thing is taken care of and that’s exciting.”
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26/02/2026 à 11:33
Je pense qu’on boucle un peu, donc je vais essayer de reformuler ce qui me chiffonne 😄
Sur le biais des survivants : je comprends l’idée, mais je pense que ça ne répond pas vraiment à ce que je dis. Mon point n’est pas “des artistes réussissent sans photométrie, donc elle est inutile”. C’est plutôt que quand tu dis que tous les grands artistes maîtrisent profondément la technique photométrique… c’est difficile à vérifier. C’est possible, mais c’est une intuition plus qu’un fait établi.
Pour Martin Parr par exemple — et je t’invite vraiment à lire l’interview en question — il ne parle pas que pour lui après 40 ans. Au contraire, le contexte de la question parle des photographes qui se lancent maintenant. Il dit que la seule chose qui compte maintenant c’est la qualité de l’histoire et de l’image, et que la technique est prise en charge par la machine. C’est pas un regard nostalgique sur sa carrière, c’est un constat sur l’état actuel de la photo.
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26/02/2026 à 11:34
Et au-delà de lui, je pose sincèrement la question : quels grands photographes de rue, de reportage, de street parlent de réflectance et de photométrie incidente ? Pas en studio — en conditions réelles, changeantes, imprévisibles. C’est une vraie question, pas rhétorique.
Je comprends tout à fait que tu prennes plaisir et fierté à obtenir tes résultats directement à la prise de vue, sans retouche. Et c’est impressionnant. Mais c’est UNE pratique de la photo — la tienne, en studio, en lumière maîtrisée. La photographie c’est infiniment plus large.
Et je pense qu’il y a parfois une confusion entre les critères de la photo pro de studio (où on shoote d’abord pour le client) et ceux de la photo artistique au sens large (où on shoote d’abord pour soi, avec des contraintes très différentes).
Le fait que tu aies + de clients car tu maîtrises mieux, ça fait parfaitement sens, mais pour des amateurs (qui sont ma cible), c’est pas très important.
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26/02/2026 à 11:35
Cela dit, je pense qu’on a trouvé le fond du désaccord, et qu’on ne convergera probablement pas sur ce point.
Je ne sais pas trop quoi en faire pour nos audiences cela dit, notre conversation a un peu éclairci ça pour toi ?
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26/02/2026 à 12:41
Encore une fois tu parles plutôt de photographes pros que d’artistes (je pense que c’est sans doute la racine de pas mal du désaccord en vrai).
Mais je ne dis pas que je ne passe pas par les bases techniques, au contraire. C’est même la première chose que j’enseigne.
Mais mon parti pris est d’abord d’éviter aux débutants leurs plus gros écueils. Les choses où eux-mêmes voient bien que c’est pas bon. Globalement trois choses : leurs photos sont floues (sans le vouloir), ils foirent souvent l’expo de manière irrattrapable, et ils galèrent en basse lumière.
Simplement j’estime que l’histogramme (ou même l’avertissement hautes lumières, qui est juste un autre moyen de voir), est un moyen suffisamment bon et visuellement intuitif pour leur éviter les plus grosses erreurs d’exposition.
(d’ailleurs à ce stade, beaucoup shootent en JPEG malgré mes protestations hein)
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26/02/2026 à 12:41
Evidemment, je ne leur dis pas d’en être esclave hein. Juste que s’ils ne veulent rien cramer dans l’image, c’est une manière simple de vérifier.
Généralement dans mon enseignement j’ai toujours le cas général de qu’ils veulent faire à la base (souvent quelque chose de “basique”), et en contrepoint une manière de retourner le même principe de manière plus créative.
Utiliser l’histogramme pour éviter de cramer les blancs VS un exemple où on a cramé les blancs exprès parce que de toute façon il n’y avait rien à y voir.
Utiliser la vitesse d’obturation pour figer le mouvement d’un sujet rapide VS plusieurs moyens créatifs d’utiliser le flou de mouvement.
En gros je pars de leurs galères techniques (leur première frustration) pour commencer à les amener vers les aspects plus créatifs.
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26/02/2026 à 12:41
Et ensuite, une fois qu’ils ont une maîtrise plus solide, on part sur des aspects que je relie plus à la composition : les effets de son placement par rapport au sujet et à la lumière, la focale, le cadre, les lignes et les formes, le contraste, etc.
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27/02/2026 à 16:30
On peut être les deux à la fois selon le contexte. Beaucoup d’artistes faisaient/font du travail de commande pour vivre, jusqu’à parfois n’avoir aucun rapport avec leur pratique artistique (je me souviendrais toujours de Sabine Weiss qui m’avait dit photographier les morts avec leur famille, une autre époque !)
Je me base sur la clef de lecture de Jean-Christophe Béchet dans Petite philosophie pratique de la prise de vue photographique :
– pour le photographe amateur, c’est le sujet qui prime (bien représenter)
– pour le photographe artiste, c’est lui même qui prime (bien s’exprimer)
– pour le photographe pro, c’est le client qui prime (logique, c’est lui qui paye)
Evidemment ça ne veut pas dire que les autres ne rentrent pas en ligne de compte, juste que la priorité n’est pas la même.
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27/02/2026 à 16:31
Le dernier article de Dina Litovsky est intéressant sur le sujet d’ailleurs :
https://dinalitovsky.substack.com/p/what-does-a-photographer-owe-the
On sent qu’il y a une tension entre respecter son sujet, et faire les photos qui sont souhaitées par son client (le magazine).
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27/02/2026 à 16:31
Mais donc ce que je veux dire, c’est que l’excellence technique se comprend quand il s’agit des exigences d’une industrie et que le client paye pour ça.
Mais quand il s’agit d’une pratique artistique, tout ce qui compte c’est que le photographe arrive à accomplir sa vision.
Pour toi ça nécessite une certaine virtuosité technique, mais pour d’autres photographes c’est pas indispensable, voire un obstacle.
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27/02/2026 à 16:31
Entre temps j’ai fait des recherches pour voir ce que disent les photographes, pour savoir si j’avais tort ou raison.
Et j’ai trouvé… un peu de tout !
On a James Nachtwey, Alex Webb, Don McCullin, Fan Ho qui shootaient au posemètre.
Michael Kenna utilise le posemètre la nuit (pour des poses de… 10 à 12h, en effet il faut pas se planter ^^) mais la mesure TTL le jour.
Et on a Martin Parr, Daido Moriyama, Anders Petersen qui shootent carrément en mode Programme !
Entre les deux, on a une approche plus proche de la mienne. On trouve des photos de Steve McCurry, Joe McNally dont on trouve des photos qui sont en mode priorité ouverture, ou David Turnley et Bruce Percy qui le recommandent ouvertement.
Bref, je pense vraiment qu’il y a plein de vécus différents, et je doute sincèrement de l’universalité de l’utilité d’exposer comme ça.
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27/02/2026 à 16:31
Pour conclure, voici ce que je te propose niveau contenu. A mon avis, comme il y a deux questions, c’est pas mal de faire ça en 2 fois :
1. Est-ce que nos 2 méthodes d’exposition font une différence dans la pratique ?
Je ne sais pas si tu as déjà une vidéo où tu le montres, mais si c’est pas le cas, ce serait intéressant de faire un format un peu comme tu avais fait avec le flash pro vs la lumière de smartphone pour voir si on voit la différence sans savoir quelle méthode a été utilisée.
On pourrait aussi chacun faire l’expérience dans nos pratiques photo respectives d’ailleurs.
(Il faudrait que je m’assure de bien utiliser ta méthode pour que l’expérience vaille quelque chose bien sûr)
2. La partie plus philosophique sur nos approches de l’enseignement (qui semble plus adaptée à un format discussion selon moi).
Qu’est-ce que tu en penses ?
P.S. : Pour info, on est d’accord que ta méthode est un genre de modernisation du Zone System (pour simplifier hein) ?
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02/03/2026 à 19:04
Hello !
Pour ma méthode :
– priorité vitesse ou ouverture selon ce qui est important dans la scène en question (si les deux sont importants, mode manuel avec ISOs auto)
– ISO auto, et si c’est possible sur le boîtier avec une vitesse minimale.
– mode de mesure évaluative, car de toute façon je regarde l’histogramme et j’applique une correction d’exposition si nécessaire
– pour rester proche de ce que possèdent la majorité de nos audiences, n’importe quel reflex ou hybride avec un capteur entre le micro 4/3 et le Full Frame me semble adapté. Perso je ferai l’expérience au Sony A7 IV et au Ricoh GR III qui sont mes deux boîtiers de prédilection
– Pour ce qui est de l’ouverture photométrique de l’objectif, je ne connais honnêtement pas celle des miens, mais de toute façon si je procède avec la mesure spot de l’appareil on est d’accord que ça ne change rien ?
– Je pense qu’il faut rester raisonnable sur la durée de vidéo, probablement 15 voire 20 minutes
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02/03/2026 à 19:04
Sinon, je ne suis pas sûr d’avoir compris ta division vidéo 1/vidéo 2.
Je voyais plutôt un test des deux méthodes sur plusieurs scènes (3 scènes devraient suffire je pense, pour ne pas faire trop long), dans la même vidéo.
Donc plutôt une vidéo chacun, où on fait les deux méthodes sur 3 scènes, et où on compare le rendu.
Sur la méthode de test, d’accord au global sauf sur un point : l’export identique.
Le souci c’est que si on prend la même scène avec nos deux méthodes, très probablement on ne va pas tomber pile sur la même exposition.
Il me semble que les deux méthodes impliquent un passage sur le logiciel, ce qui peut inclure ou non une modification de l’exposition (enfin peut-être pas pour toi, mais moi ça fait partie intégrante du process en tout cas).
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02/03/2026 à 19:04
Donc ce que je peux te proposer, c’est qu’en traitant les deux versions de la même scène, on applique les mêmes réglages partout, à part le curseur exposition, qu’on applique de manière relative.
Donc si photo A a été exposée de +1 stop à la prise de vue que photo B, photo B aura un réglage d’exposition dans le logiciel de +1 par rapport à photo A.
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02/03/2026 à 19:05
Sur ta méthode : je t’avoue qu’elle paraît beaucoup plus complexe que ce que ton audience semble avoir compris (c’est peut-être pas de ta faute hein, je n’ai pas vu tout ton contenu bien sûr).
Je dis juste que j’avais plutôt l’impression de quelque chose qui n’impliquait pas de se balader avec une charte de gris dans la rue, mais plutôt de se baser sur la réflectance connue de quelques éléments classiques de l’environnement.
Après dans l’absolu c’est toi qui choisis comment tu veux que ta méthode soit présentée, mais si ça implique d’utiliser une charte de gris et de faire des calculs avec des logarithmes, je t’avoue que pour une grosse partie du public ça va immédiatement leur filer des boutons.
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02/03/2026 à 19:05
Dans une démarche d’honnêteté intellectuelle, je me dois au moins de te prévenir qu’il vaudrait sans doute mieux présenter une version la plus simple possible de ta méthode si on veut pouvoir discuter ensuite de “est-ce que c’est applicable dans la vraie vie ?”
Sinon on met un gros effort à évaluer si ça fait une différence, pour ensuite avoir 99% de l’audience qui se dit “oui mais jamais je ferai ça dans la vraie vie”, donc c’est un peu inutile, à part pour l’intérêt intellectuel.
En gros il faut que ce soit a minima applicable dans une scène un peu dynamique en préparant son exposition avant quoi.
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Ce que ces messages prouvent, c’est qu’avant sa vidéo d’août, elle avait reçu une formulation détaillée de ma position, et de nombreux éclaircissements. Mais encore faut-il m’écouter.
Petit guide d’autodéfense intellectuelle : ce qu’elle me fait dire
Comparons maintenant cette position à celle qu’elle m’attribue. Après cette longue intro, qui était bien nécessaire pour que vous ayez l’intégralité du contexte, je voudrais consacrer la première partie de cette vidéo à la forme, avant d’enchaîner sur l’argument technique, où je vous montre en fait que ça ne marche pas du tout.
Il y a plein de méthodes faciles quand il y a des arguments auxquels on ne peut pas répondre. Ça peut être juste faire semblant qu’ils n’existent pas, les sortir de leur contexte pour leur faire dire un truc différent (si possible le plus débile possible, et le plus facile à contredire), ou carrément les inventer. Je regroupe ces trois techniques sous le même chapeau, parce que c’est grosso modo la même chose : vous prenez un tout petit bout de ma vidéo, sans aucun contexte autour, parfois même un morceau de phrase, et ensuite, vous pouvez passer cinq minutes à dire que c’est faux.
L’homme de paille, c’est une technique qui consiste à prétendre que quelqu’un a dit quelque chose qu’il n’a en réalité pas dit, et à argumenter en réponse à ça. C’est très pratique : comme ça, on répond à ce qu’on veut, et pas à ce qui est dit. C’est ce que j’appelle prendre les gens, donc vous, pour des cons.
Exemple 1 : « impossible à utiliser en extérieur »
Nath Sakura commence dès le début de sa vidéo, puisqu’elle dit (je cite, et moi, je cite complètement ; et je vais la citer plutôt qu’insérer son extrait, parce que je n’ai pas envie qu’elle fasse une réclamation de droit d’auteur sur ma vidéo, on ne sait jamais) :
Un youtubeur a récemment expliqué en me citant dans sa vidéo, je crois désormais que c’est une habitude, et ce avec beaucoup d’assurance, que mesurer la lumière par réflectance était une méthode, je cite, « impossible à utiliser en extérieur ».
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 0:00
Et elle insère ensuite l’extrait où je dis : « il faut connaître la réflectance de tout ce qui vous entoure, ce qui est globalement impossible. Donc admettons que ça suffise de connaître par cœur les réflectances de quelque chose de précis. Ça reste quand même infiniment plus long, et c’est certainement pas un truc qu’on peut appliquer dans toutes les situations, en dehors du studio. » Elle enchaîne ensuite en disant :
Alors déjà, dire que personne ne fait ça, c’est méconnaître toute l’histoire de la photographie depuis un siècle et demi. Et dire qu’en studio on le ferait, c’est encore plus débile. Attendu qu’en studio on ne mesure pas la réflectance, on mesure, et c’est infiniment plus simple, la lumière incidente. On mesure donc l’éclairement. Alors ça les amis, pour ceux qui ne sont pas au fait de la photographie, c’est le b.a.-ba de ce qu’on apprenait naguère en CAP de photographie.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 0:48
Pas de chance, parce que quand on est honnête intellectuellement, et qu’on écoute l’intégralité de l’extrait, mon discours est légèrement différent :
Si j’essaie de résumer grossièrement ce que propose Nath-Sakura comme méthode d’exposition, il faut soit mesurer la lumière incidente, donc celle qui arrive sur votre sujet grâce à un posemètre, soit mesurer la lumière qui est réfléchie sur le sujet, ce que fait votre appareil en général, en prenant en compte sa réflectance. En gros, la réflectance, c’est à quel point le sujet reflète la lumière. Un truc noir, ça a une petite réflectance. Un truc blanc, ça a une grosse réflectance. Et ensuite, par rapport à ça, on va déterminer son exposition.
Dans quel cas c’est réellement applicable ? Dans le premier cas, avec le posemètre, il faut pouvoir mesurer avec un posemètre la lumière incidente sur votre sujet. Donc on parle à minima d’une situation statique dans une lumière qui n’est pas changeante, donc pas une météo et des passages nuageux, mais généralement, disons-le, on va simplement parler d’une situation en studio, en lumière contrôlée.
Dans le second cas, il faut connaître la réflectance de tout ce qui vous entoure, ce qui est globalement impossible. Donc admettons que ça suffise de connaître par cœur les réflectances de quelque chose de précis. Ça reste quand même infiniment plus long, et c’est certainement pas un truc qu’on peut appliquer dans toutes les situations, en dehors du studio.
Et c’est là que je veux en venir. Cette méthode fonctionne sans doute. Je pense qu’on n’a pas trop de doute sur les capacités de Nat à exposer correctement une photo.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 10:09
Mais encore faut-il m’écouter. Comme vous le voyez (et là, c’est quand même assez factuel, il y a littéralement l’extrait de ma vidéo qui le dit), je dis bien que pour appliquer sa méthode, il faut soit mesurer la lumière incidente, soit mesurer la lumière sur un sujet dont on connaît la réflectance. Je connais donc parfaitement le principe de mesure de la lumière incidente, merci ; je possède même un posemètre, tout arrive.
Et je ne prétends pas non plus que la méthode serait impossible à utiliser en extérieur, puisque je dis littéralement : « Cette méthode fonctionne sans doute. » Donc voilà. Mais encore faut-il m’écouter.
Vérification : la formule « impossible à utiliser en extérieur » n’apparaît nulle part dans ma vidéo. Le mot « impossible » n’y figure qu’une fois, à 10:58, dans la phrase citée ci-dessus. Le mot « extérieur » n’y figure qu’une fois, à 18:01, dans un tout autre contexte. Vérifié sur la transcription intégrale de ma vidéo et sur les sous-titres automatiques de YouTube.
Exemple 2 : « la lumière naturelle serait changeante en permanence »
Surtout que c’est loin d’être le seul moment dans la vidéo où elle fait ça. Il y a d’autres passages, par exemple quand elle dit :
parce que ce que dit le youtubeur d’Apprendre Photo vient de cette idée incroyable selon laquelle la lumière naturelle serait je cite changeante en permanence
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 5:48
Puis elle insère cet extrait :
la perte de plaisir parce que vous n’avez strictement aucune envie de faire des calculs complexe à chaque photo que vous prenez, ou en tout cas un minima à chaque fois que la lumière change.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 11:59
Vous noterez déjà que je ne dis pas qu’elle change en permanence. C’est quand même un petit peu culotté de dire « je cite » juste avant de mettre un extrait où, littéralement, je ne dis pas ça. Mais encore faut-il m’écouter.
Vérification : l’expression « changeante en permanence » n’existe pas dans ma vidéo. Le mot « changeante » n’y apparaît qu’une fois, à 10:43, dans « une lumière qui n’est pas changeante ». L’expression « en permanence » n’y apparaît qu’une fois, à 23:00, à propos des tests d’appareils photo.
Ce que je dis très clairement, et sans aucune ambiguïté, c’est qu’il faut refaire sa mesure quand la lumière change, ce qui me semble évident. Je pense que je n’ai pas besoin d’expliquer ça à une personne au CV long comme le bras comme Nath Sakura. S’il y a plus ou moins de lumière, il faut exposer différemment : ce n’est pas exactement une breaking news.
Elle rajoute ensuite :
Mais dans la vraie vie, en situation de reportage, la lumière naturelle est au contraire extrêmement stable. Et c’est même précisément pour ça qu’existe la règle du Sunny 16, la règle du f/16, comme vous connaissez en français. Une règle utilisée depuis des générations de photographes, tellement évidente, pertinente et scientifiquement inattaquable que les laboratoires Kodak l’avaient imprimée sur les boîtes de toutes leurs pellicules. Et cette méthode fonctionne justement parce que la lumière du soleil est totalement, complètement, absolument prévisible et stable.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 6:27
Alors oui, effectivement, argument imbattable : quand la lumière ne change pas, elle ne change pas. J’avais besoin que la grande Nath Sakura me l’explique, parce que je n’avais pas compris. Bien sûr que parfois, la lumière est stable. Et alors ? On juge une méthode sur sa facilité à être appliquée dans toutes les situations, pas uniquement dans le cas idéal qui nous arrange.
Alors, je sais qu’elle a grandi en Catalogne et qu’elle habite Montpellier, des endroits qu’on peut qualifier d’ensoleillés, mais je ne pense pas pour autant qu’elle ignore le concept révolutionnaire de passages nuageux. Effectivement, j’ai un avantage injuste sur elle, parce que j’habite Lille, et que je vois donc davantage de nuages. Cela dit, les données météo m’indiquent que le dernier jour de passages nuageux à Montpellier, c’était le 4 août, soit deux jours avant la publication de sa vidéo. Je vous jure que ce n’est pas une blague : j’ai regardé, je m’attendais à plus longtemps. Non, non, c’est vraiment juste deux jours avant. J’ai trouvé ça vraiment drôle.
Sources : sa biographie officielle indique qu’elle est née à Gérone, en Catalogne, et qu’elle exerce au Studio B612, à Montpellier (nath-sakura.net/bio). Météo : observations de la station Météo-France de Montpellier-Fréjorgues, jour par jour, sur Infoclimat (tableau ci-dessous ; la nébulosité est en octas, 8/8 correspondant à un ciel entièrement couvert).
| Jour | Ensoleillement | Nuages relevés | Données |
|---|---|---|---|
| 31 juillet 2026 | 4 h 47 | 7 à 8/8 presque toute la journée | Infoclimat |
| 1er août | 13 h 42 | aucun | Infoclimat |
| 2 août | 12 h 22 | 6 à 8/8 à partir de 19 h | Infoclimat |
| 3 août | 8 h 39 | 6 à 8/8 la nuit, le matin et de 17 h à 21 h | Infoclimat |
| 4 août | 8 h 08 | 6 à 8/8 jusqu’à 10 h, puis 8/8 à 19 h | Infoclimat |
| 5 août | 13 h 16 | aucun | Infoclimat |
| 6 août (publication de sa vidéo) | 13 h 16 | aucun | Infoclimat |
Et est-ce que je dois parler du fait que le soleil éclaire moins tôt le matin et tard le soir, ou est-ce que ça va aller ? Je ne sais pas, vu qu’on semble vivre sur des planètes différentes, c’est peut-être utile. Peut-être qu’au Montpellieristan, le soleil ne se couche pas ? No lo sé.
Exemple 3 : l’histogramme serait forcément consulté après la photo
Et enfin, dernière petite citation, elle nous dit aussi :
ce que je vous explique c’est infiniment plus rapide et surtout infiniment plus précis qu’attendre que l’histogramme jpeg dont je vous ai dit qu’il était erroné vous explique après coup après que vous ayez fait la photo que vous l’avez raté parce qu’en fait la méthode que je vous explique une fois qu’on s’est entraîné un petit peu on se rend compte que d’abord c’est très précis et surtout c’est moins sot [mot peu audible] qu’attendre que l’histogramme jpeg vous explique après coup après que vous ayez fait votre photo que vous l’avez raté parce qu’en réalité les gens qui prétendent vous apprendre à la photo c’est ça qu’ils vous proposent ils vous proposent de regarder l’histogramme de vous débrouiller pour que ce soit pas trop calé à droite alors qu’en réalité c’est plutôt une bonne idée de caler à droite et ensuite de valider après coup que la photo est réussie en termes d’exposition. […] Moi, je vous explique comment s’assurer scientifiquement qu’elle est juste en amont.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 14:56
Encore une fois, pas du tout ce que je dis. Mais encore faut-il m’écouter. Et encore une fois, je ne sais pas comment c’est possible d’en arriver à cette conclusion si on a à la fois écouté ma vidéo et sincèrement cherché à retranscrire mes propos fidèlement.
Premièrement, je ne dis pas que l’histogramme ne doit pas trop être calé à droite. Au contraire, je dis l’inverse : je dis qu’il doit être calé à droite le plus possible, sans cramer les blancs. C’est genre le principe de l’exposition à droite. Je ne nie d’ailleurs pas non plus que l’histogramme décrit le JPEG.
Oui, l’histogramme représente le JPEG, comme d’ailleurs on l’avait dit dans la vidéo, et donc si vous photographiez en RAW, ce qui n’est pas le cas de tout le monde bien que je me tue à le dire depuis longtemps, même si c’est un peu cramé, vous allez pouvoir récupérer des informations. Donc techniquement, en exposant à droite comme on le dit dans la vidéo, donc en évitant tout juste de cramer les hautes lumières, ça ne va pas complètement maximiser l’info captée par le capteur.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 9:47
Mais comme je lui avais précisé de manière très claire dans nos échanges (encore faut-il m’écouter), d’une part, beaucoup de photographes font du JPEG, et d’autre part, ça ne veut pas dire que, parce que ça décrit le JPEG, ce serait insuffisant. Si l’amélioration hypothétique qui exploiterait tout le RAW n’est pas visible dans la pratique, l’argument tombe complètement à l’eau. Mais ça, ça vient dans la deuxième partie de la vidéo.
Et deuxièmement, je ne savais déjà pas que le Sud était trop ensoleillé pour connaître l’existence des nuages, mais apparemment, vous n’avez pas encore reçu les hybrides par chez vous ? Est-ce que vous avez l’eau courante ? Parce que sur un hybride actuel, l’histogramme peut être affiché avant le déclenchement, et c’est également possible sur un reflex en visée par l’écran. Et ce n’est pas comme si les hybrides se vendaient peu : je vous mets les chiffres de marché dans la page des sources factuelles, histoire de ne pas faire trop long. Mais on va dire que normalement, a priori, tout le monde aujourd’hui a touché un hybride, et la majorité des gens en utilisent un.
Sources : l’histogramme s’affiche en temps réel avant le déclenchement, sur l’écran et dans le viseur, d’après les notices officielles du Sony α1, du Nikon Z fc et du Canon EOS R5 Mark II. En 2025, les hybrides représentaient 6 311 054 des 7 001 965 appareils à objectifs interchangeables expédiés, soit environ 90 %, selon la CIPA, l’association japonaise des fabricants (résultats annuels 2025).
Alors ça m’étonne fortement qu’une photographe avec le CV de Nath Sakura ne soit pas au courant de cette possibilité. Peut-être juste qu’elle n’a jamais utilisé un hybride ?
![« Bien choisir l'obturateur de son boitier photo hybride » [#NSF 332], sur sa chaîne (youtube.com/watch?v=i65kQruL-NI).](https://apprendre-la-photo.fr/wp-content/uploads/2026/10/nath-sakura-video-obturateur-hybride.jpg)
![« 10 bonnes raisons de ne pas choisir un appareil photo hybride » [#NSF 370], sur sa chaîne (youtube.com/watch?v=9QN5ylDjJ8Q). Voir aussi « La visée électronique des boîtiers photo](https://apprendre-la-photo.fr/wp-content/uploads/2026/10/nath-sakura-video-raisons-hybride.jpg)
Ah, bah non, c’est pas ça alors. Du coup, je ne vois pas trop pourquoi. Donnez-moi vos hypothèses en commentaire, ça m’intéresse de résoudre ce mystère : s’il y a des gens parmi vous qui sont super bons au Cluedo, vous pouvez peut-être m’aider.
Exemple 4 : la mesure intégrée au boîtier
Et donc, ça peut même aller jusqu’à complètement m’inventer une pensée, même pas déformer un truc, juste l’inventer complètement, comme quand elle dit :
Alors qu’en réalité, votre appareil photo mesure déjà la lumière par réflectance. C’est le cas depuis 1936. Et aujourd’hui, en 2026, quand vous utilisez la cellule interne de votre boîtier, vous utilisez justement une mesure de lumière réfléchie. Le boîtier mesure automatiquement la lumière renvoyée par la scène. Vous n’avez même pas besoin de réfléchir. Donc expliquer que la mesure par réflectance serait inapplicable en extérieur, c’est littéralement expliquer que tous les appareils photo modernes sont inutilisables dehors. C’est audacieux.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 3:11
Donc là, elle prétend dans le plus grand des calmes que je ne connais pas le concept de mesure de la lumière intégrée à l’appareil, ce qui est quand même assez cocasse. Je vois deux possibilités, en gros.
Soit elle n’a pas fait de recherche sur mon site pour voir si j’en parlais, ce qui aurait pris 30 secondes, et lui aurait permis de savoir que, surprise, en faisant de la photo depuis 16 ans, je suis au courant du concept révolutionnaire de mesure de la lumière dans l’appareil. Oui, je sais que c’est par réflectance : par quoi d’autre ?
Sources : mes articles sur la mesure intégrée, publiés bien avant sa vidéo : « Quel mode de mesure de l’exposition choisir ? », publié le 7 août 2014, et « La mémorisation d’exposition : cas pratique », publié le 28 juillet 2018. Mon passage de février cité à l’exemple 1 décrit d’ailleurs la mesure réfléchie comme « ce que fait votre appareil en général ».
Soit elle sait très bien que je suis au courant, et elle choisit délibérément de me faire passer pour plus con que je ne suis. On a compris, Nathalie, tout le monde est plus con que toi, mais là, c’est un petit peu gros. Je rappelle qu’on avait échangé par messages privés et qu’on avait parlé de mesure. Mais encore faut-il m’écouter.
Ce qu’on peut conclure sur ses intentions
Je suis resté le plus factuel possible jusqu’ici. Je ne fais que reprendre des citations exactes de mes propos et des siens, et vous montrer le décalage entre les deux, et comment elle les a complètement déformés. Pour le coup, ce n’est pas du tout une question d’opinion : c’est comme la couleur du ciel, c’est entièrement factuel, il n’y a absolument rien à répondre à ça. J’ai juste cité les choses.
Cela dit, permettez-moi ici de faire une petite incartade au côté factuel, parce que, figurez-vous (je sais que c’est étonnant), j’ai des émotions, et de m’interroger un petit peu. Je vous avoue que je ne comprends pas trop comment ça a pu arriver. Comme pour tout le reste de ses arguments fallacieux, je ne vois pas mille possibilités. Et je ne sais sincèrement pas laquelle est la bonne, ou si c’est une combinaison de tout ça, ou s’il y a juste une hypothèse que je ne vois pas, mais perso, je ne vois que ça.
Soit elle n’a pas vraiment regardé ma vidéo, et elle a publié une vidéo dénigrante à mon égard sans même m’avoir fait le respect de m’écouter complètement, ce qui serait un manque de respect pour votre intelligence également, puisqu’elle vous parle d’un truc qu’elle-même n’aurait pas regardé. Ça me paraît bizarre, dans la mesure où elle l’a forcément téléchargée pour en insérer des bouts au montage. Après, ce n’est pas impossible non plus : je ne sais pas, par exemple, si elle l’a fait résumer par l’IA plutôt que de vraiment la regarder, ou si simplement des gens lui ont parlé de ma vidéo en la résumant mal. Ce serait un genre de biais de confirmation. Ça ne me paraît pas très cohérent avec nos échanges, mais pourquoi pas.
Autre variante : elle l’a regardée à l’époque, puis elle l’a à moitié oubliée, elle ne l’a pas regardée de nouveau avant de répondre, et elle n’a pas relu mes messages non plus, ce qui serait un manque d’éthique de travail criant. Elle ne semble généralement pas en manquer, mais ce serait l’explication la plus sympa pour elle, parce que les autres, c’est quoi ? Ça peut être que, juste, elle n’a pas compris mon propos. Mais bon, étant donné que je l’ai précisé en message privé, et que je ne la pense pas bête non plus, ce serait bizarre. Ou alors, autre option, elle a volontairement déformé mon propos pour vous induire en erreur, ce qui serait extrêmement malhonnête.
Alors, je n’ai honnêtement aucune idée du cas dans lequel on se trouve, et je ne sais honnêtement pas vraiment ce qui est le pire en termes d’irrespect, à la fois pour moi, évidemment, mais aussi pour les gens qui la regardent. Est-ce que c’est répondre à un truc sans le regarder ? Est-ce que c’est répondre sans faire l’effort de comprendre les nuances ? Est-ce que c’est mentir volontairement ? Je ne sais honnêtement pas ce qui est le pire. Après, il est possible qu’il y ait une autre raison, plus positive, et que je ne la voie pas parce que je suis dans l’émotion. Donc dites-moi en commentaire si vous voyez une autre explication. Moi, je ne vois pas.
Bon, je ferme ma parenthèse moins factuelle. Je voulais un peu vous parler de mon ressenti, aussi, parce que c’est important de voir que moi, quand je vois ça, je n’ai pas d’explication : comment est-ce que je peux considérer que c’est fait de bonne foi ? Enfin, c’est compliqué. Quoi qu’il en soit, quelle que soit la raison derrière, il subsiste un fait incontestable : il y a un écart très important entre ce que je dis et ce qu’elle prétend que je dis. Les causes derrière et ses intentions, ce ne sont que des suppositions ; par contre, l’écart entre les deux est factuel. Elle a déformé mon propos, point. Quiconque prétend le contraire n’a absolument aucune prise avec la réalité, et pense probablement que le ciel est vert.
Ça fait déjà un bon morceau, mais c’est pour moi l’aspect le plus important des manipulations intellectuelles dont sa vidéo est truffée. Ça rappelle bien qu’il faut toujours aller vérifier à la source avant de juger sur de simples extraits. Après, si vous avez la flemme, c’est OK, mais dans ce cas, peut-être que certaines personnes devraient s’abstenir de commenter en criant au génie d’un côté et à l’escroquerie de l’autre, si elles n’ont pas vu la vidéo initiale.
Comment elle soutient sa position
Mais une fois la fidélité des citations examinée, reste une seconde question : quelles preuves apporte-t-elle en faveur de sa propre position ?
Sa liste de 23 photographes
On va commencer cette partie avec Nathalie, qui fait ensuite un truc très audacieux, puisqu’elle oublie apparemment de couper la partie qui ne l’arrange pas : elle cite en presque intégralité ce passage.
Et surtout, est-ce que vous avez déjà entendu un ou une autre artiste photographe parler de cette méthode ? Quelqu’un qui ne fait pas de studio, je veux dire. C’est comme les gens qui se paluchent sur tel ou tel logiciel et le mieux, et quand on voit Meyerowitz dans sa masterclass sur maitres.photo, il utilise Lightroom. Donc, à un moment, que font les grands photographes ? Est-ce que vraiment ils exposent comme ça ? En numérique, je parle, ou en argentique, si on n’avait pas de cellules, probablement que c’est le genre de choses où il fallait peut-être un petit peu se débrouiller. Mais, encore une fois, vous photographiez pour la plupart d’entre vous, pas avec des argentiques sans cellules. Donc, quand on parle des outils modernes qu’on a, est-ce que ces photographes font encore ça ? Juste aucun.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 12:24
Vous noterez bien que je dis « en numérique », c’est très clair, et vous noterez bien aussi que je parle de l’usage du logiciel de Meyerowitz, pas de son exposition. Mais encore faut-il m’écouter, et c’est vrai que ça fait mal à la tête.
Mais pourtant, elle sort une liste à la Prévert de rien de moins que 23 photographes qui, selon elle, utilisent cette méthode, en précisant qu’elle en a connu beaucoup.
Aucun photographe ? Henri Cartier-Bresson ? Robert Capa ? Don McCullin ? James Nachtwey ? Sebastião Salgado ? Eugene Smith ? Dorothea Lange ? Walker Evans ? Je continue. [énumération rapide sur fond musical] […] Je connais pas mal des gens dont je vous ai parlé. Je les ai rencontrés sur des théâtres de guerre, je les ai rencontrés dans des reportages, je les ai rencontrés en Birmanie, je les ai rencontrés en Casamance, je les ai rencontrés en Israël, à Gaza.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 17:57
Les 23 noms cités ou affichés entre 17:57 et 18:36 dans sa vidéo : Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, Don McCullin, James Nachtwey, Sebastião Salgado, W. Eugene Smith, Dorothea Lange, Walker Evans, Gilles Caron, Marc Riboud, Philip Jones Griffiths, Christine Spengler, Larry Burrows, Tim Page, Steve McCurry, Luc Delahaye, Reza, George Rodger, Eric Bouvet, Paolo Pellegrin, Patrick Chauvel, Stanley Greene, Yuri Kozyrev.
Alors, libre à vous de déterminer ce que veut dire « beaucoup », et si « les connaître » signifie avoir longuement échangé avec eux, ou avoir papoté cinq minutes lors d’une dédicace. Cela dit, c’est parfait, parce que ça me fait une liste des photographes qu’elle considère comme des autorités, et ça va servir, vous allez voir.
C’est assez comique pour plusieurs raisons, parce que quand on analyse cette liste, on trouve déjà 23 photographes sur 23 qui ont commencé en argentique, avant l’usage professionnel courant du numérique. Il est donc parfaitement normal que leurs habitudes se soient formées avec les outils disponibles à l’époque. Citer ces photographes pour démontrer qu’une méthode historique resterait nécessaire, ou même optimale, aujourd’hui, ça ne répond pas du tout à ma question sur les outils numériques contemporains.
On en a au moins 8 sur 23 qui n’ont jamais travaillé en numérique : six sont morts avant la commercialisation du premier reflex numérique professionnel, en 1991 ; Henri Cartier-Bresson avait mis fin à sa relation de travail active avec Magnum en 1974 pour se consacrer au dessin ; et Marc Riboud n’est jamais passé au numérique. Un neuvième cas est plausible, mais je préfère ne pas le compter sans source assez nette.
Sources : le premier reflex numérique professionnel est le Kodak DCS, commercialisé en mai 1991, un dos numérique monté sur un Nikon F3 (Wikipédia, Musée suisse de l’appareil photographique, historique officiel de Kodak, archivé). Morts ou disparus avant 1991 : Robert Capa, Dorothea Lange, Gilles Caron, Larry Burrows, Walker Evans et W. Eugene Smith. Le détail de chaque photographe, avec ses sources, est dans le tableau ci-dessous.
Les 23 photographes : formation, début de carrière et fin d’activité en argentique, avec les sources
| Photographe | Formation, selon les sources | Début de carrière | Fin d’activité argentique | Sources |
|---|---|---|---|---|
| Henri Cartier-Bresson | Peinture à l’atelier d’André Lhote (à partir de 1926), Cambridge (1928-1929). Aucune école de photographie. | 1931-1932 | Quitte son statut d’associé de Magnum en 1974 pour se consacrer au dessin | Fondation HCB · Wikipédia |
| Robert Capa | Journalisme et sciences politiques à la Deutsche Hochschule für Politik (Berlin). Débute comme assistant de chambre noire. | 1931-1932 | Mort en 1954 | ICP · Magnum |
| Don McCullin | Quitte l’école à 15 ans sans diplôme ; inscrit à la Hammersmith School of Arts and Crafts, abandonnée à la mort de son père ; assistant photo en chambre noire pendant son service dans la RAF. | 1958-1959 | Wikipédia · Musée des beaux-arts du Canada | |
| James Nachtwey | Histoire de l’art et sciences politiques à Dartmouth. Photographe autodidacte. | 1976 | Dartmouth · Lempertz | |
| Sebastião Salgado | Économiste (master à São Paulo et Vanderbilt, doctorat à Paris en 1971). Aucune formation photographique mentionnée. | 1973 | Université de São Paulo · Académie des beaux-arts · Britannica | |
| W. Eugene Smith | Bourse de photographie créée pour lui à l’université Notre Dame, quittée au bout d’environ un an ; puis New York Institute of Photography. | 1937 | Mort en 1978 | Center for Creative Photography · ICP |
| Dorothea Lange | Apprentissages informels, dont chez Arnold Genthe ; cours de Clarence H. White à Columbia (1917-1918). | 1912-1919 | Morte en 1965 | PBS American Masters · Howard Greenberg Gallery · Wikipédia |
| Walker Evans | Williams College puis la Sorbonne. Autodidacte en photographie. | vers 1928-1930 | Mort en 1975 | ICP · Wikipédia |
| Gilles Caron | Un an de journalisme à l’École des hautes études internationales (1958) ; stage chez le photographe Patrice Molinard en 1964. | 1964-1965 | Disparu en 1970 | Wikipédia · Universalis |
| Marc Riboud | Ingénieur, École Centrale de Lyon (1945-1948). | 1951-1952 | Resté à l’argentique (« J’ai essayé le numérique, une après-midi, une fois ») | marcriboud.com · Polka Galerie · L’Orient-Le Jour |
| Philip Jones Griffiths | Études de pharmacie à l’université de Liverpool. Apprend la photo seul, au Rhyl Camera Club. | 1961 | Dictionary of Welsh Biography · Magnum | |
| Christine Spengler | Lettres françaises et espagnoles ; « J’apprendrai mon métier sur le terrain ». | 1970 | christinespengler.com · AWARE | |
| Larry Burrows | Entre à 16 ans au bureau londonien de LIFE comme coursier ; apprend la photo au service artistique du Daily Express, puis en chambre noire. | 1942 | Mort en 1971 | International Photography Hall of Fame · ICP |
| Tim Page | Photographe autodidacte. | 1965 | Stars and Stripes · Wikipédia | |
| Steve McCurry | Licence d’arts du théâtre à Penn State (1974), où il étudie le cinéma ; découvre la photo au journal étudiant. | 1974 | Passé de la diapositive au numérique en 2005 | Ocula · Penn State · Wikipédia |
| Luc Delahaye | Aucune formation mentionnée dans les sources consultées. | 1984-1986 | Photo Elysée · Galerie Nathalie Obadia | |
| Reza | Apprend la photo seul à 14 ans ; études d’architecture à l’université de Téhéran. | 1979 | Nieman Reports · Wikipédia | |
| George Rodger | Quitte tôt le St Bees College pour la marine marchande ; apprend la photo seul. | 1936 | Site officiel · Wikipédia · Magnum | |
| Eric Bouvet | Arts et industries graphiques à l’école Estienne ; passage à l’ECPA pendant son service militaire. | 1981 | L’Œil de l’info · CNAP · Témoignage d’Eric Bouvet | |
| Paolo Pellegrin | Architecture à La Sapienza (Rome), puis photographie à l’Istituto Italiano di Fotografia (1986-1987). | fin des années 1980 | Magnum · Wikipédia | |
| Patrick Chauvel | Aucune formation : « J’avais un appareil mais je ne savais pas l’utiliser donc les photos sont toutes ratées ! » (premier reportage en 1967, à 18 ans). | 1967 | Légion d’honneur · Fonds Patrick Chauvel | |
| Stanley Greene | Peintre à l’origine ; études de photographie à la School of Visual Arts (New York) puis au San Francisco Art Institute. | années 1970 | Popular Photography · Stanley Greene Foundation | |
| Yuri Kozyrev | Faculté de journalisme de l’université d’État de Moscou. | fin des années 1980 | Jury NPA · World Press Photo |
Et surtout, pour la grande majorité de ces 23 photographes, elle ne fournit aucune source primaire établissant qu’ils appliquaient précisément la méthode qu’elle vient de décrire. Le seul article qu’elle montre ne suffit pas à documenter individuellement toute la liste.

Or, ce qui est affirmé sans preuve peut être réfuté sans preuve. Donc voilà, je le réfute sans preuve. Débiter à toute vitesse une longue liste de photographes pour vous impressionner, ce n’est ni un argument ni une preuve : c’est une technique de manipulation, pour vous faire oublier que la source de ses affirmations est absolument inexistante. Et surtout pour vous faire oublier que citer une liste de photographes dont la pratique a commencé avant le numérique pour vous dire qu’ils n’utilisaient pas l’histogramme, un outil qui est apparu avec le numérique, c’est vous prendre pour des cons.
Ce que les grands photographes disent de la technique
Je suis donc allé chercher ce que disaient les grands photographes sur leur pratique technique, puisque moi, je source mes propos. Et comme je suis honnête intellectuellement, je vais vous citer à la fois des gens qui sont plutôt de son côté et des gens qui sont plutôt du mien. Je ne vais pas citer tout ce que j’ai trouvé, parce que ça prendrait dix minutes, mais vous pouvez voir la totalité dans le document en description, ainsi que les ouvrages dont sont tirées les citations, puisque sourcer ses affirmations, ce n’est pas optionnel quand on travaille sérieusement, ce que tous les bons journalistes savent.
Premier contre-exemple honnête : Ansel Adams accordait une place importante à la rigueur technique, mais sans réduire la photographie à cette rigueur.
It’s a strange thing that as techniques develop the materials, the lenses, the cameras, get more accurate and perfect, the quality of perception and execution goes down, because they count on the machine to do it. It goes back to Eastman, “You press the button and we do the rest.”
Traduction : C’est étrange : à mesure que les techniques perfectionnent les matériaux, les objectifs, les appareils, la qualité de la perception et de l’exécution baisse, parce que les gens comptent sur la machine pour le faire. Ça remonte à Eastman : “Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste.”
Entretien avec Paul Hill et Thomas Cooper, publié dans Dialogue with Photography, Cornerhouse, 1979, p. 336.
Ansel Adams, 1975
Mais Ansel Adams disait aussi :
In photography, technique is frequently exalted for its own sake; the unfortunate complement of this is when a serious and potentially important statement is rendered impotent by inferior mechanics of production. Of course, “seeing,” or visualization, is the fundamentally important element. A photograph is not an accident — it is a concept.
Traduction : En photographie, la technique est fréquemment exaltée pour elle-même ; le pendant malheureux, c’est quand une déclaration sérieuse et potentiellement importante est rendue impuissante par une exécution matérielle inférieure. Bien sûr, le “voir”, la visualisation, est l’élément fondamentalement important. Une photographie n’est pas un accident — c’est un concept.
Ansel Adams, « A Personal Credo », 1944, repris dans Nathan Lyons (dir.), Photographers on Photography, Prentice-Hall / George Eastman House, 1966, p. 30.
Ansel Adams, 1944
On trouve aussi des photographes qui s’en foutent, mais qui délèguent, comme par exemple Richard Avedon, dont on disait :
He never talked about photographic technique. He took it for granted and seemed bored if anyone tried to engage him in conversation about f-stops or shutter speeds.
Traduction : Il ne parlait jamais de technique photographique. Il la tenait pour acquise et semblait s’ennuyer dès que quelqu’un essayait de l’entraîner dans une conversation sur les diaphragmes ou les vitesses.
Laura Wilson, Avedon at Work: In the American West, University of Texas Press, 2003, p. 102. Laura Wilson a suivi le projet pendant ses cinq années. Dans le même livre, p. 15 : deux assistants, dont l’un ne fait que vérifier le diaphragme.
Richard Avedon, par Laura Wilson
Dans le même livre, on apprend d’ailleurs qu’il avait deux assistants, dont l’un ne faisait que vérifier le diaphragme.
Autre cas utile : Don McCullin explique que le temps passé à sortir une cellule et à faire une mesure pouvait lui faire perdre un instant décisif. Autrement dit, même chez un photographe techniquement exigeant, la précision a un coût opérationnel qu’il faut mettre en balance avec la photo elle-même.
In Vietnam I would learn a lot about the technical difficulties of photography under fire. One of the greatest dangers lay in taking light readings. Pictures can be rattled off at speed, but when it comes to making a correct appraisal of the light there is no substitute for a few moments of immobility and deliberation, thus becoming a still target.
Traduction : Au Vietnam, j’allais beaucoup apprendre sur les difficultés techniques de la photographie sous le feu. L’un des plus grands dangers était de prendre les mesures de lumière. On peut enchaîner les images à toute vitesse, mais quand il s’agit d’évaluer correctement la lumière, rien ne remplace quelques instants d’immobilité et de délibération — et l’on devient alors une cible fixe.
Don McCullin, Unreasonable Behaviour: An Autobiography, Vintage, 2002, chapitre « Search and Destroy » (édition numérique, sans pagination).
Don McCullin
Et à l’autre extrême, on a Martin Parr, qui revendique directement le mode Programme :
I use Programme Mode all the time. If I’m shooting at night, I might go into [shutter priority] because I like the idea of what a slow shutter speed can do when using flash. But most of the time I’m just on Programme. Manual snobs really get up my nose because most of the time they’ve got to spend ages thinking about the aperture. I mean, why not take advantage of modern technology? Programme pretty much gets it right every time.
Traduction : J’utilise le mode Programme tout le temps. Si je photographie de nuit, il m’arrive de passer en priorité vitesse, parce que j’aime bien ce qu’une vitesse lente peut donner avec le flash. Mais la plupart du temps, je suis simplement en Programme. Les snobs du mode manuel m’agacent prodigieusement, parce que la plupart du temps, ils doivent passer des plombes à réfléchir à l’ouverture. Franchement, pourquoi ne pas profiter de la technologie moderne ? Le mode Programme tombe juste à peu près à chaque fois.
Questions-réponses filmées par Kai W, « I MET MARTIN PARR! Q&A // VLOG 8 », 24 avril 2017, vers 5:02 (vidéo ci-dessous). Transcription publiée par Photocrowd. À l’oral, Parr dit « go into time » (priorité vitesse) et « P pretty much gets it right every time ».
Martin Parr, 2017
Mon point ici, c’est qu’on trouve absolument tous les profils. Vous avez les photographes conservateurs, qui considèrent qu’il faut tout faire comme au bon vieux temps, sinon on n’est pas un vrai photographe, ceux qui font carrément en mode Programme, et plein de choses entre les deux. Tout ceci est factuel, ce n’est pas sujet à débat : ce sont des citations directes de photographes à la cheville desquels ni moi ni Nath Sakura n’arrivons. La seule conclusion à tirer de ça, c’est qu’il y a des photographes qui préfèrent une méthode, d’autres photographes qui en préfèrent une autre, et qu’apparemment, shooter en mode Programme, ça n’empêche pas d’être renommé mondialement. Je répète : ceci est factuel et pas sujet à débat. Quiconque prétend le contraire n’a absolument aucune prise avec la réalité.
Et tout mon argument, c’est que la photographie s’est démocratisée parce que, justement, elle s’est simplifiée. Alors, les réacs vont dire que du coup, ça fait produire plein de photographies pourries à plein de monde. Certes, mais ça laisse aussi des gens qui ont un vrai potentiel artistique entrer plus facilement dans la photo. C’est pour moi clairement un net bénéfice, mais ici, c’est une question de valeurs. J’assume complètement que je préfère démocratiser un maximum la photo, parce que je crois que vous avez toutes et tous du potentiel, et qu’il serait dommage qu’il ne s’exprime pas parce que vous êtes effrayés par des aspects techniques abscons.
Toutes les citations relevées, dans un sens comme dans l’autre, avec la référence de chaque ouvrage, sont dans la page des sources.
L’appel à la tradition : le film ne réagit pas comme un capteur
Alors vous allez me dire : « Oui, mais Laurent, justement, ces vieux photographes, il fallait bien qu’ils exposent, donc ils devaient bien utiliser le Sunny 16. » Alors oui, admettons. Mais ça, c’est aussi une technique de manipulation qui a un nom : c’est l’appel à la tradition, ou l’appel au passé. « Regardez, avant, on faisait comme ça pendant toute l’histoire de la photographie, donc c’est comme ça qu’il faut faire. » Ça n’a absolument aucun sens, pour deux raisons.
Tout d’abord, une raison purement technologique : une technique qui est valable, ou même optimale, en argentique, ne l’est pas forcément en numérique, pour la simple et bonne raison que le film n’a pas la même réponse à la lumière que le capteur.
Pour vous la faire courte, le signal brut d’un capteur numérique est à peu près proportionnel à la quantité de lumière reçue. Tant que vous avez un photosite (un pixel, pour vulgariser) qui n’est pas saturé de lumière, deux fois plus de lumière va produire environ deux fois plus de signal. Mais une fois qu’il a atteint sa capacité maximale, c’est terminé : le photosite ne peut plus enregistrer d’information supplémentaire, et on a des hautes lumières écrêtées, ce qu’on appelle souvent « cramées ». Autrement dit, vous n’avez aucune information récupérable, c’est juste tout blanc.
Le film négatif, lui, réagit différemment : sa courbe caractéristique a une forme en S. Bon, ça fait très matheux. Pour vous simplifier, ça veut dire que dans les hautes lumières, elle s’aplatit progressivement (c’est ce qu’on appelle l’épaule de la courbe), et donc ajouter de la lumière continue à modifier le négatif, mais de moins en moins. Les valeurs claires sont progressivement comprimées, au lieu d’être brutalement écrêtées dès qu’un seuil est atteint. C’est pour cette raison que le négatif tolère généralement bien mieux la surexposition. Pas infiniment, évidemment : si on pousse assez loin, on finit aussi par perdre de l’information. Et je précise bien qu’ici, je parle du négatif, pas de la diapositive, qui pardonne beaucoup moins. D’ailleurs, Nathalie montre un emballage de Kodacolor VR 100, un film négatif couleur, donc n’allons pas prétendre qu’elle parlait de diapo, juste au cas où.

Sources : la Kodacolor VR 100 est un film négatif couleur (procédé C-41), lancé en 1982 (Wikipédia), historique officiel de Kodak, archivé). Les hautes lumières d’un négatif sont compressées progressivement par l’épaule de sa courbe caractéristique, alors qu’un capteur numérique sature d’un coup : Kodak, « Basic Sensitometry and Characteristics of Film », fiche technique Kodak VISION3 500T, test pratique de Fstoppers, 12 septembre 2016.
D’ailleurs, il ne faut pas chercher bien longtemps pour voir qu’il y a déjà des gens qui ont fait les tests, et qui l’ont prouvé dans plusieurs vidéos YouTube. Je vous renvoie notamment à celle de Bill Lawson, qui montre clairement que le numérique perd déjà les hautes lumières à +3 IL alors que le film va bien, et qu’à +10 IL, l’image numérique a complètement disparu, alors que le film, lui, sépare encore très bien les clairs et les sombres.
Il y a aussi des démonstrations similaires sur les chaînes The Slanted Lens et Kyle McDougall. Je vous mets les liens dans la fiche avec toutes les sources, comme pour le reste.
C’est donc parfaitement logique, en fait, qu’une estimation assez grossière de l’exposition comme « il fait beau, hop, Sunny 16 » ait été utilisable, en particulier avec la latitude d’exposition du négatif. Elle peut toujours fonctionner en numérique si la lumière correspond assez bien à ses hypothèses, je ne prétends pas le contraire. Mais comme le numérique écrête brutalement les hautes lumières, la marge d’erreur n’est pas du tout la même. Et surtout, le fait qu’une méthode ait été utile autrefois ne démontre absolument pas qu’elle soit aujourd’hui la plus précise, la plus rapide ou la plus pratique.
Ça, c’était la raison purement technologique. Mais ensuite, il y a une raison purement logique : ce n’est pas parce qu’un truc est ancien qu’il est mieux. Sinon, je veux tous vous voir photographier au daguerréotype, allez hop, au boulot ! On arrête le numérique, on arrête même les pellicules : tous au daguerréotype à la chambre, parce qu’on a commencé comme ça, donc c’est mieux. De toute façon, si on pousse un peu, la plupart de ces photographes ont dû bosser en mise au point manuelle, puisqu’il n’y a eu aucun appareil photo grand public avec autofocus avant 1977. Donc il faudrait aussi faire la mise au point manuellement, parce que c’est comme ça qu’on faisait à l’époque. Alors oui, OK, démarrer une voiture à la manivelle, ça doit encore marcher, mais ce n’est pas une raison pour faire comme ça.
Source : le premier appareil autofocus grand public est le Konica C35 AF, lancé en novembre 1977 (frise historique officielle de Konica Minolta, Wikipédia).
Donc, pour résumer, prendre en exemple des photographes historiques, ça démontre juste que ça a été utilisé, en aucun cas que ça reste optimal aujourd’hui. C’est un levier de manipulation très classique, très souvent utilisé, et franchement, c’est un peu gros à ce stade : on n’est plus très loin de transformer son espace commentaires en casting géant pour Le Dîner de cons.
L’appel à l’autorité : un CV contre des faits
Et je finis par la grande spécialité de Nath Sakura : l’appel à l’autorité. J’ai rarement entendu quelqu’un parler autant de son CV depuis Idriss Aberkane. Un grand ressort de son argumentation, c’est que je serais incompétent, parce que :
L’Internet est rempli de gens qui ont appris la photographie au café du commerce numérique, qui répètent des choses entendues ailleurs, sans vérification, qui n’ont jamais soumis un livre à un grand éditeur, jamais travaillé pour de grandes rédactions, jamais fait une exposition dans une vraie institution internationale, jamais, au fond, construit une pensée photographique solide.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 18:57
En fait ce que je vous explique ça paraît évident à tous ceux qui ont fait des véritables écoles de photographie ou de journalisme.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 14:32
Je n’aurais jamais soumis un livre à un grand éditeur, ce qui est faux : j’ai publié deux livres chez Eyrolles en 2013, soit le même éditeur que Nathalie. C’est curieux, pour une journaliste au CV si impressionnant, de ne pas savoir faire une simple recherche. S’il y a des journalistes dans l’audience, peut-être que vous pouvez me dire si sourcer ses informations, c’est encore au cursus de l’école de journalisme ? J’en doute un peu. Peut-être qu’effectivement, ça n’a jamais fait partie de ses études, et dans ce cas-là, on la pardonne.
Sources : mes livres « Choisir l’objectif idéal pour son reflex Canon » et « Choisir l’objectif idéal pour son reflex Nikon », parus chez Eyrolles le 11 juillet 2013 (page auteur sur le site de la librairie Eyrolles). Son livre « Éclairer et photographier les objets », coédition Eyrolles / éditions Victoria, paru le 17 mars 2022 (page de l’éditeur).
Je n’aurais jamais travaillé pour de grandes rédactions : effectivement, je n’ai jamais été photojournaliste professionnel. Et donc ? Je ne savais pas que c’était un critère, mais OK.
Source : sa biographie officielle indique qu’elle a « exercé le métier de photoreporter pour plusieurs journaux et magazines en Europe et en France » (nath-sakura.net/bio). Wikipédia précise qu’elle a dirigé le service photo de Midi Libre de 2005 à 2012 (Wikipédia).
Je n’aurais jamais fait une exposition dans une « vraie institution internationale » : déjà, on se doute que « vraie », c’est un peu elle qui décide. Si elle y a exposé, c’en est une vraie ; si moi, j’y ai exposé, ce ne sera probablement pas une vraie. Mais surtout, le fait d’avoir ou non exposé dans une institution, ça mesure un parcours et une reconnaissance, ça ne permet pas de décider si une proposition technique est vraie ou fausse. Ça n’a pas de putain de rapport.
Et je n’aurais jamais fait d’école de photo : c’est vrai aussi. Par contre, je ne suis pas le seul. Vous vous souvenez des 23 photographes qu’elle cite ? Pour 17 d’entre eux, aucune formation photographique n’est documentée. Il y en a quatre qui ont bien suivi une formation photographique réelle, et deux autres qui sont des cas un peu limites. Tout le détail et toutes les sources sont en description, comme pour le reste.
Le détail est dans le tableau des 23 photographes, plus haut. Les quatre qui ont suivi une formation photographique : Dorothea Lange, W. Eugene Smith, Paolo Pellegrin et Stanley Greene.
Ce qui est amusant, c’est qu’elle semble penser que mon CV, c’est un scoop (le journalisme doit lui manquer), alors que ça a toujours été complètement assumé. J’ai commencé Apprendre.Photo en 2010, littéralement quelques mois après avoir commencé la photo. J’avais eu du mal à trouver du contenu qui était à la fois fiable et compréhensible en français, donc je l’ai fait, et je disais ouvertement à l’époque : je partage ma progression. Je n’ai jamais prétendu le contraire, et aujourd’hui encore, j’assume complètement la démarche d’apprendre tous les jours.
Sources : sur la page « À propos » d’Apprendre la Photo, archivée le 30 juin 2010 : « Je ne suis donc pas un professionnel de la photo, mais je souhaite partager avec vous ma progression en tant que photographe, tant sur le plan technique qu’artistique. » (archive Wayback Machine). Et dans une interview de novembre 2010 : « j’ai lancé le blog Apprendre la Photo afin de partager ma progression avec les autres » (Photopassion, archive).
Alors, je sais que c’est tentant de se dire qu’un gros CV, ça donne davantage raison à quelqu’un, mais dans les faits, le CV de quelqu’un ne présage pas de la véracité de ce qu’il affirme. C’est souvent un peu dur à expliquer, parce qu’on a besoin d’indices pour savoir qui écouter. Mais voilà, dit plus simplement : ce n’est pas parce que t’as un gros CV que t’as tout le temps raison. Ça se juge sur pièce, et c’est justement ce qu’on va faire dans la deuxième partie de la vidéo. Parce qu’en vrai, nos CV respectifs, vous vous en foutez, enfin j’espère. Je pense que vous êtes plus malins que ça. Ce qui est important pour vous, c’est : qui écouter pour progresser ?
Réception et conséquences
OK, donc maintenant, j’ai montré comment elle déforme mes propos, et sur quoi elle appuie sa propre position. On en a vu les conséquences en quelques images au début. Il est temps maintenant de revenir là-dessus, parce que c’est important. On va voir ce que son public a retenu, les signaux qu’elle a publiquement validés, les messages qui sont arrivés chez moi, et leurs conséquences.
Ce que son public a retenu
Quand on analyse un peu les commentaires sur sa vidéo, ou ceux que j’ai reçus, on se rend compte que beaucoup de gens ont simplement pris tout ça pour argent comptant. Manifestement, le casting a marché.
Déjà, j’ai vu des gens qui, pour une raison qui m’échappe, ont l’air de nous mettre sur un pied d’égalité. Notamment celui-ci, qui, outre des idées un peu éculées comme « chacun voit le monde à sa façon » (comme s’il n’y avait aucune réalité objective), me sort un incroyable « arrêtez de vous chamailler comme des gamins ».
Alors, petite théorie. Si je te croise dans la rue un jour d’été, que tu veux mon sorbet mangue-framboise, que je te dis non, et que tu te mets à te rouler par terre en criant, la description de cette situation, ce n’est pas « ils se chamaillent comme des gamins ». C’est « quelqu’un se comporte comme un gamin en face d’un adulte normal ».
C’est sans doute l’avis le plus éclaté que j’ai vu, mais ce qui m’effraie, c’est que son tour de passe-passe semble très bien fonctionner, vu les commentaires sous sa vidéo.

Donc pour le coup, je vois vraiment qu’il y a de nombreuses personnes qui ont juste pris sa vidéo pour argent comptant. Je pense que la plupart n’ont juste pas pris le temps de la regarder, ce que je comprends : tout le monde n’a pas que ça à faire. Et du coup, j’ai regardé les chiffres, et comment dire… Entre le 6 août et le 6 septembre 2026, YouTube a attribué 119 vues de ma vidéo à sa vidéo, soit environ 0,5 % des gens qui l’ont vue.

Mais bon, je comprends que pour la plupart des gens, la manipulation intellectuelle soit difficile à voir, parce qu’évidemment, c’est fait pour faire un tour de passe-passe, et vous faire prendre des vessies pour des lanternes. C’est genre le but. Et là, c’est juste assez bien fait pour que les gens déjà convaincus n’y voient que du feu. Par contre, c’est vraiment trop mal fait pour résister à l’analyse, comme on vient de le voir.
Sa posture publique et les commentaires qu’elle valide
Ce qui m’a d’abord marqué dans la forme de sa vidéo, c’est évidemment le contraste de respect entre nous deux. J’ai pris énormément de précautions pour que les spectateurs comprennent bien que ce n’était pas une attaque personnelle. Je n’ai pas remis en cause ses compétences de photographe, je les ai même plutôt encensées. J’ai clairement appelé à ne pas la harceler.
De son côté, dans ses commentaires, elle dit : « Ce n’est pas une guerre de personnes : c’est simplement un débat contradictoire. » Parce que oui, selon elle, dénigrer quelqu’un non-stop pendant 20 minutes en lui faisant dire le contraire de ce qu’il dit, c’est un « débat contradictoire ». Il faudrait peut-être voir à s’inspirer plutôt de Socrate que des plateaux télé en ce qui concerne la définition du débat contradictoire, mais OK.
Source : sa réponse sous la publication Facebook qui partage sa vidéo. La capture est un peu plus bas.
Je ne vais pas m’emmerder à relever chaque dénigrement de sa vidéo, parce que ce serait beaucoup trop long. La question utile, ici, est plus étroite : est-ce que sa posture publique est cohérente avec les signaux qu’elle choisit elle-même de valider ? Et la réponse est clairement, indubitablement non.
Ce qui est fou, c’est qu’elle semble croire elle-même à sa posture soi-disant centrée sur les idées. C’est quand même hallucinant de dire « préférer laisser de côté les attaques personnelles » en commentaire d’une vidéo qui en est remplie.

J’imagine que me traiter de charlatan, c’est du débat contradictoire sans attaque personnelle également.

Elle pense apparemment aussi qu’elle a été « clémente » dans sa réponse. Je ne sais pas qui est « on », probablement son double maléfique, Nuth Sakara.

Vous noterez aussi, au passage, le respect qu’elle a pour vous : apparemment, vous êtes bêtes de vous former chez moi.

Ce qu’on constate factuellement ici, c’est une dissonance entre la posture qu’elle prétend avoir et la réalité. Ou, pour dire ça plus franchement : c’est totalement du flan.
On vient de voir en détail pourquoi sa vidéo non factuelle était un dénigrement clair de mes compétences, mais ça ne s’arrête pas là. Parce que le « débat contradictoire », la « clémence », « l’absence d’attaques personnelles », pour Nath Sakura, ça n’empêche apparemment pas de liker beaucoup de commentaires de personnes qui sont carrément insultantes à mon égard. Pas critiques : insultantes. Que ce soit directement sur sa vidéo YouTube, où elle like allègrement quelqu’un qui me traite tout simplement d’escroc, ou félicite pour sa bienveillance quelqu’un qui n’en a qu’envers elle…



… ou sur le post Facebook où elle l’a partagée, où elle like carrément des remarques sur le physique. Rappel : si vous faites pareil envers elle ici, vous serez bannis à vie, parce que ça s’appelle avoir une putain d’éthique.

Je ressors du factuel l’espace d’un paragraphe, mais honnêtement, j’ai du mal à voir ça comme autre chose que de l’incitation au harcèlement. Et en tout cas, factuellement, c’est un contraste important avec la posture qu’elle prétend avoir dans d’autres réponses. On ne peut pas à la fois dire que ce n’est pas une attaque personnelle et liker des commentaires qui sont littéralement injurieux ou diffamants à mon égard. Encore une fois, ça, c’est factuel et incontestable : on sait qu’elle les a likés, et on sait qu’elle dit à côté qu’elle est respectueuse.
J’ai heureusement quand même vu quelques commentaires de personnes avec un esprit critique assez développé pour les avoir vus, et qui ont vraiment écouté ma vidéo, eux. Notamment celui-ci, sur YouTube, qui s’étonne du ton…

… ou celui-ci, sous ce même post Facebook où elle l’a partagée, qui dit notamment « elle n’était pas dirigée contre toi, mais contre les haters », ou encore « j’ai quand même l’impression que tu surréagis un peu par rapport à cette publication ».

Donc voilà, quelques exceptions, mais globalement, sur sa vidéo, les gens n’y ont vu que du feu.
Les messages arrivés chez moi
Et évidemment, ces gens ne se sont pas du tout limités à poster chez elle, ce serait trop beau. Vu son absence totale de précautions anti-harcèlement, et ses encouragements à peine déguisés en commentaire, j’ai reçu depuis la publication de sa vidéo une série de commentaires dont je vous mets quelques extraits à l’écran. Ils ont tous été postés chez moi après la publication de la vidéo de Nath Sakura.


Pour plusieurs de ces messages, le lien n’est pas seulement chronologique : les mêmes comptes avaient commenté sous sa vidéo, ou reprennent directement ses formulations, ou carrément la citent. Donc ça enlève tout doute sur l’origine des commentaires, au cas où on voudrait jouer sur ce terrain-là. Je ne dis pas que c’était son intention, je dis que ça en a été l’effet. Et ça, encore une fois, c’est purement factuel.
Et c’est là que je dois admettre que j’avais complètement tort sur un point dans ma première vidéo. J’ai supposé que quelques personnes désagréables avaient mal compris son message, son contexte, et venaient me faire chier pour rien. Mais en réalité, je pense que ces gens l’ont en fait très bien comprise, au contraire : venir insulter les gens qui parlent de l’histogramme, c’est complètement cohérent avec le message qu’elle transmet.
Les conséquences
Alors, de votre point de vue, ça peut paraître de simples querelles de chapelle entre photographes, et pas forcément très important. On a d’ailleurs vu avant des photographes qui avaient cet avis. Et en effet, sur le fond, dans un monde avec autant de souffrance que celui-ci, la méthode pour exposer une photo, ce n’est pas exactement un truc qui va sauver des vies, il y a des problèmes plus importants.
Mais s’exprimer, ça a des conséquences. J’ai fait une vidéo pour exprimer une opinion, clairement, de manière mesurée, en mettant largement assez de précautions pour qu’on comprenne bien que ce n’était en aucun cas une attaque personnelle. Par contraste, Nath Sakura a fait une vidéo où elle déforme mes propos et me dénigre ouvertement. Après sa publication, des personnes sont venues poster chez moi des messages insultants. Pour plusieurs comptes, on peut directement les lier à sa vidéo, puisqu’ils la citent directement, ou ont commenté dessus.
C’est extrêmement injuste, et j’ai beaucoup de mal à supporter l’injustice, ce qui me semble être quelque chose de plutôt souhaitable, quand même. Et la conséquence directe de ça, c’est que ça a provoqué beaucoup d’anxiété chez moi. J’ai eu des problèmes de sommeil. Nath Sakura a eu plusieurs mois pour peser sa réponse, mais à la place de publier quelque chose de mesuré, ou de simplement me relancer pour faire aboutir la collaboration qu’elle avait proposée en premier lieu, elle a décidé d’avoir un comportement que, disons, je vais éviter de qualifier, pour éviter de tomber à son niveau. Tout ça, c’est factuel, il n’y a absolument aucun débat là-dessus.
Je ressors du factuel un instant pour vous parler de mes valeurs. Je pense que quand on est la chaîne YouTube photo francophone avec le plus grand nombre d’abonnés, on a une responsabilité. Certains diraient même qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Surtout quand j’ai dit dans ma vidéo :
Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que ce n’est pas le sujet, mais j’allais quand même assez mal pendant quelques années et ça a pas mal entamé ma capacité à faire du contenu et d’ailleurs de la photo.
Ma vidéo du 22 février 2026 · à 5:11
Il me semble que quand quelqu’un dit qu’il allait mal, peut-être que, moralement, ce n’est pas mal de prendre des précautions supplémentaires pour ne pas entamer une santé mentale fragile. Mais encore fallait-il m’écouter. Après, on ne doit juste pas avoir les mêmes valeurs morales : je pense que la méthode d’exposition des photos est plus importante pour elle que le bien-être d’autres êtres humains, for some reason.
Je ne dis pas que la santé mentale donne une immunité contre le débat. Par contre, dénigrer publiquement des gens, ce n’est pas illégal pour rien. Le harcèlement en bande organisée non plus. Alors qu’il est tout à fait possible de faire une vidéo qui ne déforme pas mes propos, sans arguments fallacieux, et même avec des sources. La preuve : c’est exactement ce que je suis en train de faire en ce moment. Alors c’est sûr, c’est moins facile, c’est beaucoup de travail, mais bon, plusieurs mois auraient dû être suffisants pour ça.
Les règles que j’applique à ma propre audience
Et en parlant de ça, ce n’est pas parce que j’ai subi ça que mes valeurs vont changer. J’ai évidemment perdu tout respect pour Nath Sakura, mais pour autant, je bannirai tout commentaire insultant à son égard, en particulier les attaques personnelles. Vous pouvez donner votre ressenti sur la situation, bien sûr, les commentaires sont là pour ça, mais restez polis. Ne tombez pas au niveau des bandes de harceleurs aigris qui moisissent dans leur haine en tapant frénétiquement sur leur clavier. Vous valez mieux que ça.
Le rôle de cette vidéo est donc avant tout thérapeutique pour moi. Rétablir la vérité était important, et si ça ne sert qu’à ça, c’est déjà bien. Si en plus, ça peut vous aider à mieux comprendre ce qui s’est passé, et comment les différents créateurs et créatrices de contenu peuvent s’aligner ou non avec vos valeurs, c’est tant mieux.
Et ça marche dans les deux sens : si après cette longue démonstration, il y a toujours des gens pour trouver qu’elle a eu raison de faire cette vidéo, bah qu’ils se barrent pour ne jamais revenir. D’ailleurs, au passage, tous les commentaires désagréables, insultants, etc. seront immédiatement bannis, et même pas par moi, donc je ne les verrai jamais. Donc si quelques bas du front veulent continuer à déverser leur haine, ils le feront dans le vide, et je n’en verrai jamais un seul mot. Je n’ai pas l’intention de laisser le pire de l’humanité avoir prise sur moi : j’ai mieux à faire de ma vie que de leur accorder davantage d’attention.
Alors bien sûr, vous pouvez aussi ne pas être d’accord avec moi, c’est autorisé, mais 1) vous restez polis et respectueux, et 2) vous venez débattre avec des faits, pas des opinions torchées sur un coin de table avec zéro source. La moindre des choses, c’est de respecter l’effort argumentatif que j’ai fait en en faisant un aussi.
Pourquoi une réponse publique plutôt qu’un procès
Je sais qu’il y a des gens qui n’aiment pas le conflit, et vous vous demandez peut-être pourquoi je fais une réponse publique. Après avoir constaté la portée de la vidéo, analysé son contenu et reçu ces messages, j’ai fait ce qu’on doit faire dans ce genre de situation : respirer un coup, réfléchir à la réponse la plus utile, et prendre un avis juridique.
En effet, je sais que ça pourrait en surprendre certains et certaines, mais on ne peut pas dire tout ce qu’on veut. Même sur Internet. Eh oui, c’est fou, hein. Par exemple, onze personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à six mois avec sursis pour le cyberharcèlement de Mila. Le youtubeur Marvel Fitness a été condamné en appel à deux ans de prison, dont deux mois ferme, pour avoir harcelé neuf personnes à travers ses vidéos et sa communauté. Et dans l’affaire Magali Berdah, les 28 prévenus ont tous été condamnés, certains jusqu’à douze mois de prison ferme.
Sources : affaire Mila, le 7 juillet 2021, onze des treize prévenus ont été condamnés à des peines de 4 à 6 mois de prison avec sursis (franceinfo). Marvel Fitness, condamné en appel à Versailles le 28 septembre 2021 à deux ans de prison, dont vingt-deux mois avec sursis (Le Monde, Le Parisien). Affaire Magali Berdah, le 19 mars 2024, les 28 prévenus ont tous été condamnés à de la prison, dont 14 à de la prison ferme ; la peine la plus lourde est de 18 mois, dont 12 ferme (franceinfo).
Donc non, Internet, ce n’est pas une zone de non-droit. Et il est évidemment absolument hors de question que je laisse couler (et puis quoi encore, pourquoi pas lui envoyer des chocolats ?), parce que ce serait contre mes valeurs. Vous pouvez ne pas avoir les mêmes, mais personnellement, je n’ai pas l’habitude de me laisser faire, et j’ai un attachement fort à des valeurs de justice, d’honnêteté intellectuelle, et tout simplement à la vérité. Mais bon, si vous êtes encore là, j’imagine que vous avez les mêmes.
Problème : en plein mois d’août, les avocats sont généralement en vacances. Donc le temps que j’aie des réponses claires sur la marche à suivre, il se passe à peu près trois semaines. Si vous vivez en France, vous devez connaître les moyens, et donc l’efficacité, de notre justice. Et évidemment, même quand on est dans son droit, entamer une procédure judiciaire, ce n’est pas toujours le choix le plus rationnel.
En l’occurrence, ici, il pourrait s’agir de dénigrement commercial, et je vous laisse en juger selon la définition de la Cour de cassation :
Même en l’absence d’une situation de concurrence directe et effective entre les personnes concernées, la divulgation, par l’une, d’une information de nature à jeter le discrédit sur un produit commercialisé par l’autre constitue un acte de dénigrement, à moins que l’information en cause ne se rapporte à un sujet d’intérêt général et repose sur une base factuelle suffisante, et sous réserve qu’elle soit exprimée avec une certaine mesure.
Arrêt n° 17-18.350, publié au Bulletin (Légifrance). Même attendu de principe dans l’arrêt du 4 mars 2020, n° 18-15.651 (Légifrance).
Cour de cassation, chambre commerciale, 9 janvier 2019
On l’a déjà vu : ça jette le discrédit sur moi et sur mes qualités de formateur, ça, c’est factuel. Ce n’est absolument pas factuel du tout, comme je viens de le démontrer. Et je vous laisse juger si c’est exprimé avec une certaine mesure, mais bon, si ça, c’est mesuré pour vous, je pense qu’on ne parle simplement pas la même langue.
Le problème, c’est qu’en France, même si un juge dit « vous avez raison, vous êtes bien victime de dénigrement commercial » (et honnêtement, je n’ai pas trop de doute sur le fait que ça aurait été le cas), il ne va pas forcément vous accorder le remboursement total de vos frais de justice. Parce que… je ne sais pas, en fait. Ça n’a absolument aucun sens. Sans compter qu’évidemment, je n’ai pas vraiment d’énergie à dépenser là-dedans : même si à la fin j’obtiens un peu de dommages et intérêts, j’aurai quand même passé du temps et de l’énergie à ça.
J’aurais aussi pu faire une mise en demeure à Nathalie de supprimer la vidéo, mais j’ai décidé de ne pas le faire, pour trois raisons. Tout d’abord, ce n’est pas gratuit, et j’ai déjà dépensé une somme conséquente entre le constat d’huissier et l’avocate. Ensuite, vu le personnage, je crois assez moyennement qu’elle va dire « ah OK, désolée, j’ai abusé, je supprime ». Et surtout, troisièmement, la vidéo a déjà 23 000 vues, donc le mal est fait : même si elle était supprimée maintenant, il y a déjà 23 000 personnes qui l’ont entendue me dénigrer, et qui en ont tiré leurs conclusions sur moi, comme le prouvent les plus de 400 commentaires. Sans aucune conséquence pour elle.
Et donc, la seule solution que j’ai trouvée pour rétablir la justice, c’est de faire une vidéo de réponse complète, que vous êtes en train de regarder. J’en profite également pour être de nouveau très clair sur le fait que je vous appelle à ne pas aller la harceler. C’est une attitude pathétique de gens avec une vie pathétique. Allez toucher de l’herbe, sérieusement.
Démonstration technique
Voilà, maintenant que j’ai expliqué ça, reste enfin la question qui ne peut pas être tranchée par nos intentions, nos CV ou nos commentaires : que produisent réellement les deux méthodes ?
En effet, Nath Sakura prétend, dans sa vidéo et dans ses commentaires, qu’elle a fait une démonstration.
Mais justement, c’est exactement l’inverse de ce que j’explique dans la vidéo ! 😊 Le posemètre incident ne sert dans ma démonstration qu’à établir et vérifier la référence.
Nath-Sakura · réponse en commentaire sous sa vidéo · lien direct
C’est peut-être parce que j’ai fait des études scientifiques (contrairement à ce que les gens projettent sur moi, j’ai en fait un master en gestion de la biodiversité et des écosystèmes, je sais que c’est surprenant pour beaucoup de gens), mais ça m’étouffe un peu d’entendre qu’elle considère que ça, c’est une démonstration. Après, on ne peut pas lui en vouloir, elle a une formation de journaliste.
Il y a plusieurs défauts. Le premier et le plus évident, c’est qu’elle vous montre une photo où elle vous dit les valeurs qu’elle obtient, mais elle ne vous montre pas le terrain. C’est pratique pour une démo théorique, effectivement, pourquoi pas, en soi ce n’est pas un problème. Mais ce n’est pas une démonstration : c’est une explication du concept. Ça ne démontre en aucun cas que ce concept survit à la réalité. Ça, c’est ce que je vais vous montrer après.
Le second, un peu moins évident, c’est que même si la même chose était filmée directement dans la rue, ça ne prouverait qu’une chose : que ça marche dans la situation qu’elle a choisi de filmer. Ça ne prouve pas que ça marche universellement en mesurant sur le bitume. Si demain je fais du parkour d’immeuble en immeuble et que je survis, ça ne prouve pas que je survivrai la prochaine fois. C’est un biais classique : pour prouver une généralité, il faut avoir un échantillon représentatif. Et un échantillon de 1, ce n’est jamais représentatif.
Par contre, j’ai de la chance : pour prouver qu’une généralité ne s’applique pas, il suffit de trouver un cas courant dans lequel on prouve que ça ne s’applique pas. Et ça, je vais m’y atteler, vous allez voir, ça a été plus facile que prévu. Je vais donc vous montrer ce que c’est, une démonstration selon la méthode scientifique. Je vais vous démontrer une chose simple : les surfaces qu’elle cite pour établir une réflectance « standard » peuvent suffisamment varier pour fausser la mesure.
Ce qu’elle explique
Avant de vous montrer sur le terrain, je vais repartir de ce que Nath Sakura dit. Par honnêteté intellectuelle, il faut bien retranscrire son propos avant d’en tester la véracité en conditions réelles. Voici ce que Nathalie explique, dans la seule partie de la vidéo qui n’est pas dénigrante envers moi.
Je vais donc mesurer le même endroit de trois façons différentes. Premièrement, je vais employer un posemètre indépendant. J’obtiens la valeur qui apparaît à l’écran. f/16, 1 centième de seconde, 100 ISO. […] Puis, à l’endroit exact où j’ai mesuré la lumière, je vais placer une charte de gris neutre à 18%. Je vais régler mon appareil photo en mesure spot. […] En effet, je mesure f/16, 1 centième de seconde, 100 ISO. Ces deux premières mesures avaient pour but de vous montrer que la lumière incidente et la lumière réfléchie sont identiques lorsqu’on mesure une charte de gris. Et enfin, et c’est là que ça va devenir intéressant, nous allons mesurer toujours avec le posemètre intégré de l’appareil photo, toujours en mesure spot, le même endroit éclairé de la même manière, mais cette fois-ci sans la charte de gris. Je mesure et j’obtiens, en regardant le posemètre intégré de l’appareil photo la valeur f/5,6, 1 centième de seconde, 100 ISO.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 10:06
Si on se place en mesure spot et qu’on mesure une charte de gris sous une lumière donnée, on obtient une valeur d’exposition, par exemple f/16, 1/100 s, 100 ISO. Jusque-là, simple, c’est genre le fonctionnement de la photo. Elle explique aussi qu’on obtient d’ailleurs la même valeur si on utilise un posemètre qui mesure la lumière incidente. Chose que je ne nie évidemment pas, c’est la base de la photo, et je ne vais même pas m’attacher à vérifier ça aujourd’hui, ce serait une insulte à votre intelligence. Et de toute façon, je suis d’accord.
Elle dit ensuite qu’on peut mesurer la valeur d’une autre surface que la charte de gris, par exemple le bitume, et obtenir une autre exposition, par exemple f/5.6, 1/100 s, 100 ISO. Ce qu’elle explique, c’est que cette différence d’exposition entre la charte de gris et la surface qu’on a choisie permet de déduire la différence de réflectance entre la charte de gris et le bitume.
La réflectance, c’est simplement la quantité de lumière réfléchie par un matériau par rapport à la lumière qu’il reçoit. C’est assez intuitif : un objet noir va renvoyer moins de lumière qu’un objet blanc, c’est littéralement la raison pour laquelle il est de couleur noire. Donc ici, on a deux matériaux différents, mais qui reçoivent la même lumière. La mesure de la lumière avec le posemètre de l’appareil permet donc de facilement déduire la différence de réflectance entre la charte de gris et le matériau en question, ici le bitume.
Dans les valeurs ici, on a la même sensibilité ISO, le même temps de pose, et un diaphragme ouvert de trois stops supplémentaires (3 IL, ou 3 EV si vous préférez l’exprimer comme ça). Ce qui veut dire que la surface, le bitume, est 3 IL plus sombre que la charte de gris, et donc que l’appareil a compensé en conséquence. Si vous ne savez pas ce que c’est qu’un stop, un IL ou un EV, je vous renvoie à ma vidéo sur le sujet.
Et elle précise par écrit, à cet endroit de sa vidéo, que ce serait plutôt -2 IL, car le bitume n’est pas frais.

Ça non plus, pour être très clair, je ne le conteste pas. C’est la base de la mesure de la lumière : vous mesurez une charte de gris, vous mesurez une autre surface, et vous obtenez la différence de réflectance entre les deux. Ça, c’est la base, pour le coup, il n’y a vraiment rien à dire là-dessus.
Et pour l’utilisation pratique de cette méthode, elle ne dit pas qu’il faut se balader avec une charte de gris partout. Ce qu’elle dit, c’est que cette valeur peut être généralisée à tous les bitumes, et qu’elle permet donc d’exposer sa photo correctement. Pour être sûr de ne pas déformer ses propos, je vais la citer directement :
C’est simple, nous voyons que le bitume noir absorbe 3 diaph de lumière par rapport à une mesure opérée en lumière incidente et là c’est passionnant parce que ça veut dire quoi ça veut dire que désormais où que je sois dans le monde quelle que soit la lumière qui éclaire que je sois à l’ombre ou au soleil il suffit que dans ma scène il y ait du bitume et auquel je rajoute 3 diaph ma lumière sera parfaitement juste parce que cette référence va me servir dans tous les cas de figure. Je mesure la lumière avec le posemètre intégré à mon appareil photo en mode spot. […] j’obtiens la valeur qui apparaît, il me reste à rajouter 3 diaphs et j’ai la bonne valeur. Je n’ai pas eu besoin de me balader avec mon posemètre indépendant, je n’ai pas eu besoin de sortir un ordinateur de grands calculs, je n’ai pas eu besoin de me gratter la tête pendant 8 heures pour savoir quel était le réglage, il m’a suffi de rajouter 3 diaphs ou si vous préférez de tourner 9 fois la molette d’ouverture des diaphragmes.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 12:01
Elle a bien dit : « Où que je sois dans le monde, quelle que soit la lumière qui éclaire, que je sois à l’ombre ou au soleil, il suffit que dans ma scène il y ait du bitume et auquel je rajoute 3 diaphs, ma lumière sera parfaitement juste. » Je n’exagère rien, je ne déforme rien : c’est une citation mot pour mot de ses propos, avec tout leur contexte. Et d’ailleurs, je vous invite à vérifier si vous ne me croyez pas.
Je tiens par contre à préciser qu’il y a une apparente contradiction que je ne comprends pas dans ce qu’elle dit. D’une part, elle dit ce que je viens de citer : si on mesure du bitume, on peut rajouter 3 diaphs, et utiliser ça partout dans le monde. Mais d’autre part, elle dit quelques phrases plus tard : « Vous allez créer votre propre tableau de réflectance. »
Évidemment, on peut se retrouver dans les scènes où il n’y a pas de bitume. Vous êtes à la campagne, il n’y a pas de route. Cette expérience, vous allez la refaire sur de l’herbe verte ou sur la brique des maisons ou sur la peau des gens ou sur tout ce que vous voulez vous allez créer votre propre tableau de réflectance ça ça vous permet de mesurer l’exposition elle est quasiment parfaite dans tous les cas de figure
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 13:52
Pour moi, c’est un peu incohérent, parce que si les réflectances sont universelles, en théorie, elle devrait pouvoir donner un tableau pour les choses les plus courantes. Et d’ailleurs, elle le fait. Elle m’a donné ses valeurs en privé, mais je vais uniquement me baser sur les sources publiques de ses vidéos. Elle donne par exemple à peu près +1 IL pour l’herbe verte dans sa masterclass « Pour une photographie consciente », publiée le 2 juin 2025 ; +1 IL pour le béton dans le #NSF 43 de juin 2023 ; +2 IL pour le ciel bleu dans le #NSF 206 de juin 2024 ; -3 IL pour du coton noir et environ +3,33 pour un nuage dans l’axe de la lumière dans le #NSF 70 de novembre 2023.
Par contre, dans le #NSF 196 de juin 2024, elle donne comme valeur pour le ciel, je cite : « Vous savez que le ciel bleu avec le soleil dans le dos, c’est +2 IL ; avec le soleil dans l’axe, c’est +2,6, +3 IL. » C’est plus précis que dans le #NSF 206, et heureusement, parce qu’une différence d’un stop, ce n’est quand même pas négligeable. Je vous mets tout ça dans un tableau, parce qu’on va le réutiliser après, vous allez voir.
| Surface | Valeur qu’elle donne | Vidéo | Moment |
|---|---|---|---|
| Herbe verte | +1 IL | Masterclass « Pour une photographie consciente » (2 juin 2025) | 45:12 |
| Béton | environ +1 IL | #NSF 043 (26 juin 2023) | 2:57 |
| Ciel bleu | environ +2 IL | #NSF 206 (19 juin 2024) | 7:30 |
| Ciel bleu, soleil dans le dos | +2 IL | #NSF 196 (2 juin 2024) | 7:22 |
| Ciel bleu, soleil dans l’axe | +2,6 / +3 IL | #NSF 196 (2 juin 2024) | 7:25 |
| Nuage dans l’axe de la lumière | +3,33 IL | #NSF 070 (28 novembre 2023) | 2:36 |
| Coton noir | -3 IL (« absorbe 3 IL ») | #NSF 070 (28 novembre 2023) | 3:02 |
| Bitume | -3 IL à l’oral, -2 IL « pour celui de la photo » à l’écran | #NSF 372 (6 août 2026) | 12:08 / 11:38 |
Ses citations exactes, avec le lien vers chaque passage
On connaît son petit coefficient de réflexion par cœur, il suffit de se rappeler de 5-6 chiffres. Le ciel bleu c’est plus 2, l’herbe verte c’est plus 1, votre main c’est 0 normalement, le noir c’est moins 3, le blanc c’est plus 3, etc. Et vous trouvez toujours partout.
Vidéo « Pour une photographie consciente ».
Nath-Sakura · masterclass, 2 juin 2025 · à 45:12
on visait une zone dont on connaissait la réflectance par exemple le béton par exemple vous savez quelle est la réflectance du béton le béton c’est une réflectance environ plus 1 donc après vous faites votre mesure à distance vous appliquez le coefficient de réflexion et vous connaissez votre exposition.
Vidéo « Mesurer la lumière en photo-reportage ».
Nath-Sakura · #NSF 043, 26 juin 2023 · à 2:57
Ou bien, vous connaissez une réflectance variable, par exemple, vous savez que le ciel, à peu près, le ciel bleu, il a une réflectance d’environ plus 2 IL. C’est-à-dire que si vous mesurez F22 sur le ciel, ça veut dire qu’il renvoie 2 IL, 2 diaphragmes, 2 lumières de plus, que s’il s’agissait d’une charte de gris. Donc si vous mesurez F22 sur le ciel, vous savez qu’en réalité, le ciel, c’est F11.
Vidéo « Tout savoir sur le posemètre intégré au boîtier photo ».
Nath-Sakura · #NSF 206, 19 juin 2024 · à 7:30
Alors vous savez que le ciel bleu avec le soleil dans le dos, c’est plus 2 IL. Avec le soleil dans l’axe, c’est plus 2,6 plus 3 IL. Donc là, le soleil était dans l’axe, donc on a fait un coefficient de réflexion de plus 3 IL.
Vidéo « Comment réussir ses photos de rues ».
Nath-Sakura · #NSF 196, 2 juin 2024 · à 7:22
Le ciel par exemple, où qu’on aille, il y a un ciel au-dessus de nous. Et bien on sait qu’un nuage dans l’axe de la lumière, c’est plus 3,33 par rapport à la charte de gris. […] Si on mesure quelque chose de plus sombre, par exemple, je ne sais pas, moi, par exemple, un textile noir, vous savez, un textile en coton noir, on sait que le textile en coton noir, il absorbe 3 IL de lumière de plus que la charte de gris.
Vidéo « Photoreportage : obtenir une exposition parfaite en toutes circonstances ».
Nath-Sakura · #NSF 070, 28 novembre 2023 · à 2:33
La méthode est simple. Elle consiste à identifier, dans l’espace où vous allez faire une photographie, une valeur tonale que vous connaissez. Par exemple, une peau caucasienne, la peau d’un blanc, ou le bitume, ou l’herbe, ou un mur en béton blanc, ou un nuage blanc, ou la neige. Et à savoir comment cette valeur va se comporter par rapport à la charte de gris moyen. C’est tout.
Nath-Sakura · #NSF 372 · à 8:54
Et en regardant bien toutes les vidéos dans lesquelles elle en parle (et ça en fait beaucoup), pour être sûr de bien comprendre son propos, j’ai aussi été un peu étonné de l’évolution avec le temps. Dans la vidéo où elle me dénigre, elle dit, je cite : « Ma lumière sera parfaitement juste. » Pourtant, dans le #NSF 43, intitulé « Mesurer la lumière en photo-reportage », elle indique vers 3 minutes 27, je cite :
on faisait tous pareil. Voilà et généralement le résultat il était correct. Voilà alors ça ne veut pas dire que c’était parfait parce que la perfection n’est pas de ce monde,
Vidéo « Mesurer la lumière en photo-reportage ».
Nath-Sakura · #NSF 043, 26 juin 2023 · à 3:23
La vidéo a trois ans, donc Nathalie a pu changer d’avis, je n’ai aucun problème avec ça. Mais ça m’étonne quand même qu’en 17 ans de reportage, elle ait trouvé ça imparfait, et que dans les trois dernières années, ce soit devenu parfait. Je serais curieux de savoir ce qui l’a fait changer d’avis.
Le +1,33 IL
Dans sa vidéo dénigrante, elle ne parle pas de quelque chose qu’elle évoque pourtant souvent : le fait de partir de cette exposition, mesurée avec sa méthode, et d’y rajouter une correction de +1,33 IL.
Pour résumer son propos : une photo correctement exposée doit être surexposée de 1,33 diaphragme par rapport à une mesure en lumière incidente prise à l’endroit du sujet qui reçoit le plus de lumière, ce qu’elle appelle le climax. Ensuite, la photo doit être prise en RAW, et développée en courbe linéaire, pas avec la courbe standard que votre logiciel applique par défaut. Ces quatre éléments vont ensemble, et elle y insiste : en JPEG, elle dit elle-même que le résultat est mauvais.
Attention, chaque mot compte. Vous devez surexposer vos clichés de plus 1,33 sur la base d’une mesure en lumière incidente effectuée au climax, c’est-à-dire dans la zone la plus claire de l’image. Le RAW doit ensuite être développé, dématricé si vous préférez, en courbe linéaire.
Vidéo « 75 % des capacités des appareils photos restent inutilisées ».
Nath-Sakura · #NSF 253, 24 octobre 2024 · à 10:48
Son raisonnement, c’est qu’un capteur numérique est un dispositif linéaire : le diaphragme le plus clair de sa plage dynamique contient la moitié des niveaux d’encodage disponibles, le suivant un quart, et ainsi de suite jusqu’aux ombres. Si vous ne placez pas vos hautes lumières dans les limites hautes du capteur, vous vous privez donc de la moitié de ce que votre appareil sait enregistrer. Ce qu’elle attend de sa méthode, c’est donc un meilleur rapport signal sur bruit, moins de bruit et de postérisation dans les ombres, et des dégradés plus fins. Elle ne prétend d’ailleurs pas avoir inventé le procédé : elle le rattache explicitement à ce que les Américains appellent le calage à droite. Je me base ici sur les Nath-Sakura Flash numéros 165, 236, 253, 311 et 353.
Le +1,33 IL dans ses propres mots : les citations, avec le lien vers chaque passage
la partie la plus claire de la plage dynamique de votre capteur est capable d’enregistrer la moitié de la totalité des couleurs qu’est capable de présenter celui-ci. […] parce que les puces CCD ou les puces CMOS sont des dispositifs linéaires […] si vous n’utilisez pas la partie la plus claire de la plage dynamique du capteur pour y caler les zones de luminance les plus claires, vous gaspillez la moitié des niveaux d’encodage disponibles de votre appareil photo numérique.
Vidéo « 75 % des capacités des appareils photos restent inutilisées ».
Nath-Sakura · #NSF 253, 24 octobre 2024 · à 3:22
Ça permet d’obtenir plusieurs avantages. La première est que cela va maximiser le rapport entre le signal et le bruit. La deuxième est que cela minimise la postérisation et le bruit qui se produisent potentiellement dans les régions les plus sombres de l’image.
Vidéo « 75 % des capacités des appareils photos restent inutilisées ».
Nath-Sakura · #NSF 253, 24 octobre 2024 · à 10:24
Résultat, à plus 1,33 IL, on capte environ 2,5 fois plus de lumière qu’en exposition normale, ce qui améliore le rapport signal-bruit d’environ 60%, améliorant ainsi l’aspect des ombres et les dégradés les plus fins.
Vidéo « Il pensait me ridiculiser… il aurait mieux fait de rester dans l’ombre ».
Nath-Sakura · #NSF 353, 28 octobre 2025 · à 8:08
Mais surtout, quand vous allez développer vos photos en linéaire, vous allez vous rendre compte qu’elles paraissent très sombres. Eh bien, vous allez sentir le besoin de les optimiser, de les surexposer à la prise de vue. […] c’est juste une rigueur de travail basée sur le fait qu’on fait une bonne mesure de lumière sur le climax, on fait une optimisation, on fait ensuite un développement linéaire et on a des très belles images.
Vidéo « En finir (définitivement) avec la courbe standard en photo ».
Nath-Sakura · #NSF 165, 8 mars 2024 · à 3:34
là c’est un éclairage de 2 points, la paramount est mesurée à plus 1,33, comme d’habitude, c’est la mesure climax, le bol est mesuré à plus 0,3, et ensuite la photo est développée en linéaire
Vidéo « Analyse de photo : Théodora ».
Nath-Sakura · #NSF 236, 30 août 2024 · à 3:07
En fait, tout le problème de tout mon discours sur la surexposition, c’est que l’essentiel des gens qui essaient de l’appliquer, ils l’appliquent en JPEG. […] Mais ce que je vous explique, c’est que pour faire une photo de qualité et donc utiliser la plénitude de la plage dynamique de votre capteur, eh bien il faut surexposer la zone la plus claire de l’image, la surexposer de plus 1,3 IL. C’est vrai et ça marche très bien comme je viens de vous le montrer si vous travaillez en RAW. Si vous faites la même chose sur votre JPEG, eh bien ça donne de la postérisation, de la perte d’information massive avec un écrêtage massif dans les très hautes lumières
Vidéo « Surexposition en photo : j’ai enfin compris un truc incroyable ».
Nath-Sakura · #NSF 311, 7 février 2025 · à 3:16
et après, si tu approfondis les choses, tu verras que ton capteur numérique, il est bien meilleur lorsque tu le surexposes, et que tu surexposes une quantité de lumière déterminée, qu’on appelle l’optimisation, et que les américains appellent le calage à droite, et que cette surexposition, si elle est de plus 1,3 diaphragme, elle est parfaite
Vidéo « La technique, c’est tout ce qui te débarrasse de la technique ».
Nath-Sakura · entretien, 1er septembre 2024 · à 58:57
Notez que pour l’exposition à droite basée sur l’histogramme, c’est exactement le même principe sous-jacent sur lequel je m’appuie. On est donc d’accord sur le fond : le fichier a davantage d’informations dans les hautes lumières, donc on le pousse à ses limites en le surexposant sans le cramer. Le différend, il est sur la manière d’y arriver. Nathalie considère qu’il faut d’abord déterminer l’exposition juste avec la méthode dont je viens de parler (donc trouver la réflectance d’un endroit et mesurer ça), puis corriger de +1,33 par rapport à cette valeur. Je considère honnêtement que caler l’histogramme à droite, c’est une approximation suffisante par rapport aux avantages que ça offre : c’est tout simplement plus facile, plus rapide, ça ne décourage pas le débutant, et ça laisse le loisir de penser à sa composition, qui est bien plus importante pour le résultat final.
Je vous avoue que je ne sais pas trop pourquoi elle n’a pas parlé de cette histoire de +1,33 dans sa vidéo, parce que ça semble pourtant un tenant fondamental de son parti pris sur l’exposition, mais OK.
Premier point : quand la lumière change, il faut refaire la mesure
Donc maintenant, on va pouvoir passer à la démo technique, directement en situation réelle.
On l’a établi avant : je ne nie pas que la différence de réflectance entre une charte de gris et un morceau de béton donné soit la même à l’ombre et au soleil. Personne ne nie ça, c’est évident. La différence de réflectance entre une surface A et une surface B, c’est leur différence de réflectance, ça ne va pas changer. Par contre, comme on l’a dit, on détermine une exposition grâce à la réflectance d’un objet et à la lumière qu’il réfléchit. Donc effectivement, si la lumière est parfaitement stable, la bonne exposition pour une scène ne va pas changer d’une minute à l’autre. C’est le cas par exemple si vous avez un grand ciel bleu sans nuages, ou au contraire un ciel couvert de manière uniforme.
Mais si la lumière change, par exemple s’il y a des passages nuageux, ou si le soleil se lève ou se couche, ce n’est évidemment pas le cas. Vous allez donc devoir refaire la mesure d’exposition à chaque fois que la lumière change, quelle que soit la manière dont vous faites cette mesure : avec sa méthode, avec la mienne, avec n’importe quoi.
La différence, c’est qu’avec une méthode manuelle, quelle qu’elle soit (ça peut être la sienne, ou n’importe quelle autre méthode qui mesure la lumière de manière manuelle et non automatique), ça prend du temps de refaire cette mesure. Vous allez devoir refaire la mesure spot sur la zone dont vous connaissez la réflectance, puis ensuite re-régler votre appareil. Donc ça, c’est certain, forcément, ça va prendre plus de temps. Tandis qu’en mode semi-automatique, avec une éventuelle correction d’exposition, la mesure de l’appareil va automatiquement adapter vos réglages aux changements de luminosité. Ce qui vous laisse tout le loisir de vous concentrer sur la composition de votre image, et pas de vous demander en panique, dès qu’il y a un nuage qui passe ou qui s’en va, si vous devez refaire vos réglages.
Ça, je n’ai pas pris la peine de sortir pour vous le montrer, parce que ça me semble assez évident : la lumière change, donc les réglages pour bien exposer changent. Ça, c’est normal, vous n’exposez pas la nuit comme le jour, tout le monde sait ça. Donc, comme vous le voyez de manière factuelle, sa méthode, et toute méthode pleinement manuelle d’ailleurs, a pour conséquence directe et incontestable de vous demander de modifier vos réglages d’exposition à chaque changement de lumière.
Ce n’est pas un souci si la lumière ne change pas. Mais si elle change, vous pouvez tout à fait foirer votre exposition, ou alors la réussir, mais rater un moment parce que vous étiez en train de régler l’appareil. Ça, c’est factuel, il n’y a pas de débat là-dessus : quand la lumière change, on doit changer son exposition, et si on le fait manuellement, c’est plus long que si ça se fait automatiquement. On peut toujours vous dire « c’est pas si long » ou « ça devient un réflexe ». Mais « pas si long » et « un réflexe », c’est toujours plus long qu’« instantané », grâce au travail d’ingénieurs japonais qui ont des connaissances en lumière bien plus importantes que vous et moi, Nath Sakura comprise.
Second point : les réflectances ne sont pas universelles
Une deuxième part importante de la thèse de Nath Sakura, c’est qu’on peut établir un tableau de réflectance fiable : soit celui qu’elle vous donne (même si on a vu que ça varie un petit peu avec le temps, mais admettons), soit un que vous allez faire vous-même, avec la méthode de mesure qu’on a vue juste avant. Ce que je vais vous prouver ici, c’est que c’est beaucoup moins universel que ce qu’elle prétend.
Je suis donc sorti, j’ai mis mon appareil en mode priorité à l’ouverture, fixée à f/5.6, ISO fixés à 100, mesure spot, et je vous ai filmé quelques mesures où j’ai comparé la charte de gris avec différentes surfaces communes dont Nathalie parle elle-même, comme les trottoirs ou l’herbe. Ces vidéos ont été filmées en l’espace de 20 minutes. Donc vraiment, ce n’est pas un test compliqué à faire, et ça me semble la moindre des choses avant d’affirmer avec beaucoup d’assurance une vérité universelle dans d’innombrables vidéos.
Pour la première mesure, je ne me suis pas embêté : je suis dans mon jardin, on va mesurer l’herbe. Comme vous pouvez le voir, on est à l’ombre, et comme vous pouvez le voir, je ne passe pas la tondeuse. Je fais une mesure en spot sur la charte de gris : on est à 1/100 s à f/5.6, ISO 100. Et si je fais une mesure sur l’herbe ici, j’ai 1/25 s (vous voyez à côté mon chien, qui est méga content que je sois là). Je refais une mesure là-bas : je suis à 1/30 s. Ici, je suis à 1/40 s, mais bon, ce n’est pas de l’herbe, c’est une plante. Là-bas, on est à peu près à 1/30 s sur la végétation.
Ici, sur l’herbe, on a 1/25 s. Notez qu’évidemment, si votre herbe est cramée, comme la mienne ici, on est à 1/80 s : on a quand même une différence assez importante si vous avez de l’herbe cramée. Sur une zone un peu intermédiaire, avec un peu d’herbe normale et un peu d’herbe cramée, on est à 1/60 s, et ici à 1/50 s. On a donc plus ou moins tout entre 1/25 s ou 1/30 s sur de l’herbe à peu près fraîche, et 1/80 s sur de l’herbe sèche.
Ici, un terrain de foot. Sur la charte de gris, on est à 1/160 s. Et là, sur l’herbe, on est à environ 1/40 s. Si je vais un peu plus loin, on est à 1/60 s, 1/50 s à peu près. De plus près, on est plutôt à 1/30 s. D’ailleurs, c’est un peu étrange : pourquoi il y a une différence d’un tiers de stop entre l’herbe qui est tout près de moi et celle qui est là-bas ? C’est une bonne question. On va dire à peu près 1/50 s globalement, si on la prend de loin, pour 1/160 s sur la charte de gris.
Je vais juste vous montrer la différence sur deux carrés d’herbe. Ici, on est à peu près à 1/50 s, comme tout à l’heure. Et là, sur un carré d’herbe plus près, qui ne paraît pas très différent, on est à 1/25 s. Pourtant, l’éclairage est le même : on est sous les nuages, c’est vraiment exactement la même lumière. Et la mesure spot est vraiment seulement sur le cercle. Donc on a quand même un gros problème, puisqu’on est à un stop de différence, voire un peu plus : ici, on est à 1/20 s. Et pourtant, si vous regardez la scène, l’herbe ne paraît quand même pas extrêmement hétérogène. Je ne suis pas allé prendre de l’herbe jaune, on est vraiment sur un carré d’herbe verte. On peut donc avoir carrément un stop de différence juste en mesurant l’herbe.
OK, donc là, on va tester dehors sur du bitume. Je mets ma charte de gris : toujours f/5.6, j’ai 1/200 s. Et si je fais la mesure spot juste à côté, sur le bitume, je suis à 1/80 s à peu près. C’est un trottoir, comme vous pouvez le voir.
Là, j’ai trouvé un endroit intéressant, puisque c’est un trottoir, mais avec déjà deux petites parties différentes. Je mets ma charte de gris : on est à 1/160 s. Sur la partie sombre, on est à 1/40 s, et sur la partie claire, à peu près à 1/60 s.
Ici, je voudrais juste faire un truc intéressant, parce que je suis en train de marcher. Vous voyez que là, j’ai une partie qui est à 1/80 s, et ici, juste à 1/40 s. Je n’ai pas forcément besoin de vous mettre la charte de gris, même si je peux : j’ai une différence d’un stop entre juste deux parties de trottoir. Oui, il y en a une qui est visiblement plus sombre que l’autre, mais à quel point, il faut le deviner, je pense. Sur la charte de gris, on est à peu près à 1/100 s.
Là, je me suis dit que j’allais tenter sur le ciel. Sur le ciel bleu ici, on est à 1/1250 s à peu près, avec le soleil plutôt à ma droite. Je ne peux pas trop le faire complètement dos au soleil, parce qu’il y a pas mal de nuages. Si je le fais en face, avec le soleil en face, sur le ciel juste au-dessus, qui est bien bleu, sans trop de nuages, on est à 1/1000 s à peu près. On est à l’ombre, et sur ma charte de gris, c’est un peu plus sombre que tout à l’heure : 1/125 s, ça reste à peu près stable dans ces eaux-là.
| Prise | Surface | Vitesse sur la charte | Vitesse sur la surface | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 002 | Herbe verte (jardin) | 1/100 s | 1/25 s | -2 IL |
| 002 | Herbe sèche (même jardin) | 1/100 s | 1/80 s | -0,3 IL |
| 007 | Herbe (terrain de foot) | 1/160 s | 1/50 s | -1,6 IL |
| 009 | Herbe, de loin / sur un carré plus proche | 1/160 s | 1/50 s / 1/25 s | -1,6 / -2,6 IL |
| 003 | Trottoir 1 | 1/200 s | 1/80 s | -1,3 IL |
| 005 | Trottoir 3, deux parties | 1/160 s | 1/60 s / 1/40 s | -1,3 / -2 IL |
| 006 | Trottoir 4, deux parties | 1/100 s | 1/80 s / 1/40 s | -0,3 / -1,3 IL |
| 008 | Ciel bleu, soleil à droite / soleil en face | 1/160 s | 1/1250 à 1/1600 s / 1/1000 s | +3 à +3,3 / +2,6 IL |
| 009 | Ciel nuageux le soir, partie grise d’un nuage | 1/3 s | 1/50 s | +4 IL |
Ce que montrent ces mesures
Donc ce qu’on en retire, c’est que sur l’herbe, j’ai mesuré une différence de réflectance allant jusqu’à 1 IL complet entre les différentes zones, entre -1,6 et -2,6 IL. Herbe pour laquelle elle donne, pour rappel, une valeur de +1 IL, donc plus claire que la charte, alors que j’ai systématiquement trouvé plus sombre, entre -1,6 et -2. On a donc une différence de 2,6 à 3 IL avec ce qu’elle dit, la plus importante de ce test. Et même si on était très gentil, qu’on admettait une faute de frappe et qu’elle voulait en réalité dire -1 IL, la différence resterait énorme, puisqu’on aurait quand même une différence entre 0,6 et 1,6 IL.
Sur les différents bouts de trottoir qu’on peut voir, la différence est de carrément 1,6 IL, entre -0,3 et -2 IL. Les trottoirs en France sont généralement composés d’enrobé bitumineux, donc globalement de bitume, et comme vous pouvez le voir dans la vidéo, ils ont le même aspect que la chaussée. Et n’oublions pas que pour le bitume, elle donne une valeur de -2 à -3 IL. Mais j’imagine qu’elle va me dire que ce n’est pas vraiment du bitume, parce que la géométrie variable, c’est pratique. Ça n’enlève de toute façon pas l’énorme écart de valeurs : même si les trottoirs n’étaient pas en bitume, on voit bien que le trottoir n’a pas une réflectance stable, et que la chaussée non plus n’est pas exactement le même enrobé.
Sources : le référentiel des espaces publics du Grand Lyon décrit le béton bitumineux comme « le revêtement classique des chaussées et des trottoirs », l’asphalte étant aussi très utilisé en ville (Grand Lyon, « Les enrobés »). L’INRS indique que le bitume sert de liant aux enrobés et à l’asphalte des routes, parkings et trottoirs (INRS).
Et de toute façon, elle l’admet elle-même, puisqu’elle affiche littéralement à l’écran : « Les valeurs indiquées sont présentées à type d’exemple. Le bitume frais est bien à -3 IL. Mais celui de la photo est plutôt à -2 IL. » On voit bien que ça n’a déjà rien d’universel, puisqu’elle l’admet elle-même.
Et sur le ciel, j’ai un écart de 0,6 IL au même moment, vraiment au même instant (je ne parle même pas de jours différents ou de moments de la journée différents) : les valeurs sont entre +2,6 et +3,3 IL, donc pour le coup assez proches des 3 IL qu’elle donne dans son tableau. Encore faut-il avoir du ciel bleu et ne pas être en début ou en fin de journée, puisque, comme on l’a vu dans les extraits, en fin de journée, sur des nuages, c’est plutôt +4 IL. Notez d’ailleurs que pour un nuage dans l’axe de la lumière, elle donne +3,33, et que là, je trouve +4 IL : c’est donc encore plus lumineux, pour la partie grise du nuage.
Donc pour résumer, on constate deux choses. D’abord, sur une surface du même type, on a des écarts très importants, qui rendent factuellement impossible la généralisation d’une réflectance à cette surface. Je peux mesurer que tel bout de trottoir a une réflectance de -1 IL par rapport à ma charte de gris. Par contre, je ne peux pas dire que tous les bouts de trottoir ont une réflectance de -1 IL, ni même de -1 IL à 0,3 IL près. On a des écarts très, très grands.
Ensuite, quand on compare aux chiffres donnés par Nathalie, bah oui, ses chiffres sont dans la fourchette. Mais ce n’est pas vraiment difficile, quand la fourchette d’exposition qu’on obtient sur différents bouts de trottoir ou différentes herbes, ce n’est pas une fourchette, c’est plutôt un râteau. Donc si vous prenez le milieu de la fourchette, effectivement, vous ne pouvez vous planter que de la moitié de l’écart, ça, il faut l’accorder. Mais ça reste quand même assez énorme. Et surtout, à part pour le ciel dans des conditions bien spécifiques, ça tombe de toute façon assez loin des valeurs qu’elle donne.
Autrement dit, je viens de vous prouver de manière scientifique et indiscutable qu’il est absolument impossible de vraiment connaître la réflectance de ce qui nous entoure sans la mesurer, puisqu’elle est beaucoup moins stable que ce que Nath Sakura prétend. Alors bien sûr, vous pouvez connaître la réflectance d’un trottoir donné, en comparant avec une charte de gris. Mais rien ne garantit que le trottoir de la ville suivante soit identique, et je ne parle même pas de si vous voyagez, parce que j’imagine que les standards pour faire des trottoirs ou des chaussées doivent être assez différents selon les pays. On ne peut donc pas attribuer à une catégorie aussi générale que « le trottoir », « l’herbe » ou « le ciel » une correction universelle garantissant une exposition parfaitement juste.
Il n’y a absolument rien qui puisse venir contredire ça. Même si Nathalie faisait une vidéo où elle se balade chez elle et vous montre trois trottoirs qui ont la même réflectance, ça ne prouverait rien : j’ai moi-même trouvé plusieurs morceaux de trottoir qui ont la même réflectance. Ce serait très aisé pour elle de ne sélectionner que ceux qui l’arrangent. L’important, c’est qu’on trouve, très facilement, une variation assez importante pour enlever toute fiabilité à la méthode.
À partir de là, est-ce qu’il est utile d’aller plus loin ? À la base, je pensais faire une dernière partie où je photographie cinq scènes différentes pour comparer nos méthodes et leurs résultats. Mais dans la mesure où c’est indéniablement faux d’affirmer que la réflectance de certaines surfaces puisse être connue à l’avance, tout le château de cartes s’écroule. Quand bien même exposer avec sa méthode mènerait à une différence visible sur les photos (ce qui n’est toujours pas prouvé), peu importe : dans la mesure où la méthode est inapplicable dans la réalité, elle ne pourrait pas mener à cette hypothétique différence de manière constante. C’est-à-dire que peut-être que quand ça marche, parce qu’on tombe sur le bout de trottoir qui a le bon indice de réflectance, ce jour-là, ça améliore le résultat (encore une fois, pas prouvé). Mais le jour où ce n’est pas le cas, évidemment que ça ne peut pas améliorer le résultat, puisque la mesure n’est pas fiable.
Alors, je n’ai pas oublié son propos : je sais qu’elle dit qu’on peut aussi mesurer la lumière incidente au posemètre, ou mesurer une charte de gris.
Et si vous ne connaissez pas le coefficient de réflexion de la zone que vous avez mesurée, vous pouvez vous munir d’une petite charte de gris. Voilà, une charte de gris, vous faites la mesure dessus. Une charte de gris, ça vaut 5 euros. Vous faites la mesure au spotmètre dessus et vous avez votre valeur comme si c’était de la lumière incidente.
Vidéo « Les Youtubeurs sont des imbéciles (moi y compris) Part 4 ».
Nath-Sakura · vidéo 110, 11 janvier 2024 · à 2:16
Mais tout son point, c’est de dire que ce n’est pas indispensable d’utiliser ces méthodes chronophages, et donc que c’est faisable en reportage. Elle dit même, je cite : « Je n’ai pas eu besoin de me balader avec mon posemètre indépendant. » Et je viens de démontrer que c’était faux. C’est possible seulement si on met un posemètre dans la zone qu’on veut exposer, ou si on a une charte de gris sous la même lumière. Ce qui, dans les deux cas, n’est déjà pas toujours possible, parce qu’on n’a pas toujours un accès physique à la zone qu’on veut mesurer : des fois, simplement, ça peut être bloqué, ou on peut ne pas vouloir déranger une scène. Et qui, dans tous les cas, reste beaucoup plus lent que de juste utiliser la mesure de son appareil, et le travail des ingénieurs qu’on a déjà payés un beau billet.
Et je ne veux entendre personne essayer de retomber sur ses pattes en rajoutant un truc qui n’a jamais été dit, en prétendant que c’est évident. Quand on est un bon pédagogue (ce qui est un peu nécessaire quand son activité principale, c’est de former des gens depuis 15 ans), on le sait : rien n’est évident. Évidemment, quand ce n’est pas son métier, c’est normal de ne pas avoir intégré ça. Mais dans ce cas-là, il faut s’en tenir à ce qu’on sait faire.
« Moi, je vois la différence » : les tests à l’aveugle
Alors, idem, je ne veux entendre personne qui me dise « oui, mais moi, je vois une différence ». Non, Jean-Bernard, tu ne vois rien du tout, tu imagines. Et ça encore, ça a été largement démontré (je vous mets toutes les sources, comme d’habitude, dans la page des sources). Les gens pensent qu’ils voient des différences entre un objectif Leica et un autre, entre un capteur Sony et un capteur Leica, entre des tailles de capteur, entre les couleurs des différentes marques, entre des optiques plus ou moins chères. Mais quand on fait des tests à l’aveugle, les gens ne font pas mieux que le hasard.
Sources : comparaisons à l’aveugle d’objectifs, de couleurs de marques, de tailles de capteur et du « look Leica » : RocketJump Film School, « $150 lens vs $15,000 lens: Can you tell the difference? », 5 mai 2015 ; Tony & Chelsea Northrup, « Best COLOR SCIENCE: Canon vs Nikon vs Sony vs Fujifilm », 5 novembre 2018 ; Leander Hoefler, « Is there really a Leica Look? », 25 février 2025 ; James Popsys, « Leica vs Sony. Pointless. », 8 juin 2023 ; Nigel Danson, « Do you REALLY need Full Frame? (APS-C Vs Full Frame Vs Medium Format) », 29 octobre 2023 ; Andrew Goodcamera, « CANON VS FUJI COLOR – Blind Test Comparison », 5 octobre 2019.
Tout ça, c’est de l’enculage de mouches pour les gens sur les groupes Facebook qui n’ont rien à dire en photographie, et qui préfèrent imaginer que leur choix de matériel ou de technique leur donne une quelconque forme de supériorité sur le pékin moyen. Pendant ce temps, les artistes photographes bossent, s’en foutent complètement de ces conneries, et produisent des œuvres qui seront encore regardées dans cent ans, quand les élucubrations des sectes techniques à la mode du moment auront totalement été oubliées. Ou, pour dire ça de manière plus concise : on s’en bat les…
À la base, je pensais donc ensuite utiliser ma méthode versus la sienne, et montrer que personne ne voit la différence. Mais vu les conclusions qu’on vient de voir, ça n’aurait aucun sens : puisque la méthode d’exposition de base n’est pas fiable, comme je viens de le démontrer, toute la suite est caduque. Ce serait comme essayer de déterminer la meilleure température de cuisson du poulet rôti sur un four qui affiche la température avec une erreur de 20 à 100 degrés selon la situation. Je pense avoir consacré assez de temps à ça pour ne plus jamais en entendre parler.
Conclusion
Donc, pour résumer, qu’est-ce qu’on a vu dans cette vidéo ?
- On a d’abord vu que Nath Sakura a très largement déformé mes propos dans le but de me dénigrer, malgré le fait que mes propos étaient très clairs, que je les avais encore clarifiés en privé avec elle, et que j’avais pris de multiples précautions pour que vous compreniez bien que ce n’était pas une attaque personnelle envers elle.
- On a également vu que Nath Sakura affiche une posture de débat d’idées contradictoire, totalement incohérente avec ses réelles actions, à la fois dans les propos de sa vidéo, bourrée d’attaques personnelles, et dans ses multiples encouragements de commentaires insultants dans son audience.
- On a également vu que Nath Sakura promeut une méthode d’exposition dont il est extrêmement aisé de prouver qu’elle n’est pas fiable, juste en sortant 20 minutes dehors.
Tout ça est factuel. Il n’y a pas de débat là-dessus, c’est prouvé par A + B. Ce n’est pas une question d’opinion, ce n’est pas une question d’apprécier une personne ou non, ce n’est pas une question de qui a le CV le plus long. Vous avez vu les faits. Même si vous me détestez, les faits sont là.
Je considère avoir fourni infiniment plus d’efforts que cette affaire n’en méritait, et je l’ai fait pour une raison : je veux mettre ça derrière moi. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié, je veux que ce soit vraiment derrière moi. Donc hors de question que ça finisse en débat infini par vidéos interposées : j’ai mieux à foutre de ma vie.
J’ai donc mis ces efforts, tout d’abord, pour vous faire une vidéo suffisamment solide sur le fond pour que vous puissiez vous faire un avis, si ça vous intéresse. Et si ça ne vous intéresse pas, vous avez tout à fait raison : les débats de puristes sur la meilleure méthode d’exposition n’ont absolument aucun intérêt pour faire de meilleures photos. Exposez suffisamment bien pour ne pas cramer des zones de l’image sans le vouloir, ni perdre trop d’informations, et ça suffit. Ce qui fera que vous ferez de bonnes photos, c’est beaucoup plus la composition, l’editing, et avoir quelque chose à dire.
Mais je l’ai aussi fait pour mettre en évidence des procédés rhétoriques qui sont couramment utilisés dans le contenu sur Internet (pas seulement dans cette vidéo), et vous permettre de vous défendre intellectuellement face à ça. La meilleure manière étant sans doute de rester alerte, de choisir soigneusement qui vous écoutez, et de ne jamais faire confiance aveuglément quand un extrait d’un propos est cité.
J’espère qu’elle aura l’intelligence de ne pas se ridiculiser en publiant une réponse avec des procédés similaires à ceux que j’ai mis en évidence ici, qui, à ce stade, devraient être assez évidents pour tout le monde. Comme je l’ai dit, le but de cette vidéo est de mettre définitivement ça derrière moi. J’ai dit tout ce que j’ai à dire sur le sujet, et je ne compte donc pas continuer à parler de ce non-sujet, ni donner davantage de visibilité à quelqu’un d’aussi irrespectueux. J’espère simplement que ses actions futures ne me forceront pas à entamer des procédures judiciaires, car, encore une fois, j’ai vraiment mieux à faire.
Voilà, je vais maintenant pouvoir me concentrer sur des choses bien plus positives à venir dans les prochaines semaines, et notamment des formats vidéo que j’ai très hâte de vous partager, sans compter quelques surprises d’ici la fin de l’année. Je vous dis à plus dans la prochaine vidéo, et d’ici là, à bientôt, et bonnes photos !
Toutes les sources de cette vidéo sont rassemblées sur cette page.





