Quel appareil photo argentique choisir

Dans le premier article de ce dossier, on a vu ensemble comment fonctionnait la photo argentique. J’ai également publié une vidéo dans laquelle je vous explique pourquoi je photographie en argentique aujourd’hui.

Si ça vous tente, votre première question doit être : comment choisir un appareil photo argentique ?

En effet, si la question se pose déjà en numérique, les ressources sont nombreuses. Déjà vous avez mon article et ma vidéo sur le sujet bien sûr :D, mais aussi de nombreux tests en ligne qui vous permettent de comparer les modèles qui vous intéressent (à condition de bien savoir ce que vous recherchez).

Mais en argentique, c’est une autre paire de manches : déjà parce que l’information n’est pas forcément courante (en tout cas en français), et aussi parce que l’offre est beaucoup plus diversifiée, et qu’il faut bien comprendre les différents types d’appareils afin de bien choisir.

Cet article est donc là pour ça : vous donner toutes les clefs pour bien choisir votre appareil argentique (enfin, soyons honnête : VOS appareils argentiques :D).

Pour commencer, on va donc voir les différentes familles d’appareils qui existent, leurs avantages et leurs inconvénients, afin que vous puissiez déjà savoir quel type de boîtier vous tente.

Ensuite, on verra une sélection de modèles intéressants. Comme l’article est un peu long, je vous ai mis une table des matières pour mieux vous y retrouver 🙂

Les différentes familles d’appareil

Si vous préférez les découvrir en vidéo, regardez ça :




Les appareils au format 35mm

Commençons par le format 35mm (mais si, rappelez-vous, on l’a vu dans l’article de présentation de l’argentique 😉 ). C’est le format le plus courant, le plus simple d’utilisation d’une manière générale, et le moins cher, donc en toute logique c’est par celui-ci qu’on commence.

Le 35mm s’est imposé comme le format majeur du temps de l’argentique, et ce n’est pas pour rien : c’est un excellent compromis entre qualité, compacité et prix.

Vous allez principalement trouver 3 types d’appareils argentiques 35mm.

1. Les reflex argentiques

Les reflex argentiques fonctionnent exactement sur le même principe que les reflex numériques (enfin, c’est plutôt l’inverse 😉 ) : la lumière passe dans l’objectif, rebondit sur le miroir puis dans le prisme, passe dans le viseur et arrive dans votre oeil.

Au moment où vous déclenchez, le miroir se relève, l’obturateur aussi, et la surface sensible est exposée (que ce soit une pellicule photo ou un capteur, ça fonctionne de la même façon).

Ce format a l’avantage d’être familier pour la plupart d’entre vous : si vous n’avez jamais touché un argentique de votre vie, vous avez sans doute déjà touché un reflex numérique. Vous ne serez pas dépaysés.

Les reflex ont des objectifs interchangeables et s’adaptent donc vraiment à votre style de prise de vue, et certains reflex argentiques récents ont même l’autofocus ! Vous retrouverez ainsi le confort du numérique en argentique (on reparlera des modèles précis un peu plus bas).

Points forts :
  • Ergonomie familière
  • Objectifs interchangeables
  • Nombreux modèles avec tout le confort moderne (autofocus)
Points faibles :
  • Poids et encombrement le plus important parmi les 35mm.
    (À relativiser, ça reste souvent plus petit ou équivalent à la plupart des appareils numériques modernes)

2. Les appareils télémétriques

Une famille d’appareils qui est quasiment inconnue des photographes qui n’ont connu que le numérique, c’est celle des appareils télémétriques.

On les appelle ainsi car ils utilisent une visée particulière : le viseur est déporté par rapport à l’objectif, et vous ne visez pas à travers l’objectif, comme sur un reflex.

Vous connaissez sans doute les télémétriques Leica, qui sont typiques de ce format d’appareil. Ce type d’appareil (et notamment le Leica) ont beaucoup été utilisés par les grands photographes de rue comme Henri Cartier-Bresson ou Joel Meyerowitz, ce qui a un peu participé à leur légende.




En effet, à l’époque, c’était sans doute la technologie la plus adaptée à la photographie de rue.

Cette visée a des avantages et des inconvénients :

  • Vous ne voyez pas exactement la scène photographiée. Il existe en général une correction de parallaxe dans le viseur pour éviter ça, mais par exemple si vous avez votre doigt devant l’objectif, vous ne le verrez pas, contrairement à un reflex.
  • Le cadre du viseur peut être plus large que votre focale (avec un cadre coloré pour vous indiquer comment cadrer), ce qui permet de voir arriver un sujet dans le cadre.
  • Il n’y a pas de miroir, ce qui permet un déclenchement beaucoup plus silencieux que celui d’un reflex.
  • Les appareils sont beaucoup plus compacts.
Points forts :
  • Poids et encombrement très réduits.
  • Silence au déclenchement (et donc discrétion).
  • Possibilité de voir arriver un sujet dans une scène.
Points faibles :
  • Mise au point moins intuitive au premier abord.
  • On ne vise pas à travers l’optique.
  • Faire attention : les objectifs ne sont pas toujours interchangeables (on y revient dans la sélection de modèles).

3. Les compacts argentiques

Il existe également des compacts argentiques 35mm. Et il en existe BEAUCOUP de modèles différents. Vous trouverez tous les prix et toutes les qualités (on y reviendra), avec l’avantage d’une grande compacité tout en gardant une pellicule 35mm (donc un équivalent full frame, c’est dingue quand on y pense !).

Vous aurez souvent l’autofocus sur les compacts, mais pas toujours la possibilité de faire des réglages manuels. En effet, ils étaient souvent conçus pour l’amateur, dans une philosophie “point and shoot” (“viser et déclencher”). Cela dit, certains permettent quand même ces réglages, mais ils sont en général plus chers.

Vu le prix très raisonnable de certains modèles, ils peuvent être une très bonne porte d’entrée vers l’argentique, et vous donner des résultats très satisfaisants.

Points forts :
  • Très compacts
  • Le plus souvent autofocus
  • La simplicité d’utilisation
Points faibles :
  • Le plus souvent le manque de réglages
  • La focale fixe (impossibilité de changer d’objectif évidemment)

4. Les demi-formats

Alors non, demi-format ce n’est pas l’insulte que les grands appareils photos proféraient aux plus petits dans la cour de récré 😀

Ce sont simplement des appareils qui font une photo sur la moitié du format 35mm. D’où le nom “demi-format”.

Ce n’est donc plus du format 24x36mm, mais je les inclus ici car ils utilisent toujours de la pellicule 35mm, donc ils comptent dans ce format de film.

Vous imaginez bien qu’utiliser une plus petite surface sensible leur permet d’être plus compacts. Ils étaient souvent destinés à ceux qui souhaitaient de la compacité avec des fonctionnalités plus pros, et donc on va même trouver des modèles à objectif interchangeables comme l’Olympus Pen, et en tout cas avec des réglages manuels ou semi-automatiques.

Cela dit, vous perdez quand même pas mal en qualité vu la taille finale du négatif, et vous allez davantage voir le grain du film (ce qu’on peut rechercher bien sûr). Et bien sûr, comme tout “capteur” plus petit, il sera plus difficile d’obtenir une faible profondeur de champ.

Particularité assez originale : l’orientation par défaut est verticale. Donc pour faire une photo horizontale, il faut tenir l’appareil photo à 90 degrés.

Points forts :
  • Poids et compacité
  • Réglages possibles
Points faibles :
  • Négatif plus petit et donc :
  • Plus grande profondeur de champ
  • Moins grande qualité
  • Grain plus visible

Les appareils au format 120

Comme on l’a vu dans le premier article de ce dossier, il existe également une autre pellicule relativement courante : le format 120, qui s’utilise avec ce qu’on appelle des appareils moyen format.

Le négatif est beaucoup plus grand que le 35mm (surface en moyenne entre 3 et 5 fois plus importante !), ce qui a des avantages et des inconvénients qui vont s’appliquer à tous les appareils argentiques moyen formats.

Avantages :
  • Une plus grande qualité d’image (la surface étant plus grande, vous aurez plus de détails)
  • Une plus grande facilité à faire une faible profondeur de champ, un vrai détachement du sujet de l’arrière-plan même au grand-angle
Inconvénients :
  • Une plus grande difficulté à avoir une grande profondeur de champ (il faut fermer davantage le diaphragme, et donc augmenter le temps de pose, ce qui peut poser problème selon la sensibilité de la pellicule et la quantité de lumière ambiante)
  • Un poids et un encombrement généralement plus importants
  • Dans l’extrême majorité des cas, pas d’autofocus.
  • Moins de photos par pellicules (entre 10 et 15, contre 36 pour le format 35mm)

Pour moi, la question du choix entre le 35mm et le moyen format ne se pose pas vraiment : c’est plutôt l’un ET l’autre que l’un OU l’autre.

Les deux formats ont des usages très différents, et chacun a les avantages de ses inconvénients. Personnellement, je me sers de différents boîtiers selon mes objectifs photographiques. Je détaille davantage cette idée dans cette vidéo :




En tout cas, je pense que la possibilité de photographier en moyen format est un des grands avantages de l’argentique aujourd’hui, donc je vous conseille de vous y intéresser 🙂

Passons donc en revue les différents types d’appareils que vous pouvez trouver en moyen format (vous allez voir, ça va être un peu funky !).

1. Les reflex moyen format argentique

Commençons par ce qui ne va pas trop vous dépayser : les reflex ! Et oui, en moyen format aussi, il y a des reflex. Si vous prenez un Pentax 67 par exemple (on en reparle plus bas), il ressemble en tous points à un reflex 35mm, excepté qu’il est plus gros. C’est exactement le même principe !

Points forts :
  • Ergonomie familière
  • Objectifs interchangeables
Points faibles :
  • Poids et encombrement relativement important parmi les moyen format (mais il y a pire)

2. Les moyen formats télémétriques

Comme pour les 35mm, il existe aussi quelques appareils moyen formats télémétriques, avec leur visée particulière.

L’avantage est évident : les appareils moyen format étant par nature plus imposants vu la taille du négatif, la visée télémétrique permet de compenser cet état de fait en diminuant un peu la taille des boîtiers.

Il y a par exemple le Fuji GW690, un appareil de format 6×9, qu’on appelle le “Texas Leica“, car il ressemble à un Leica, mais en beaucoup plus imposant ! (Ça doit être à cause des gros pickups texans, que voulez-vous)

Un air de famille ?

Certains appareils sont même allés encore plus loin en permettant à l’optique de se rétracter, pour rendre le tout encore plus compact.

Points forts :
  • Poids et encombrement réduits pour du moyen format (même si ça reste gros).
  • Silence au déclenchement (et donc discrétion).
  • Possibilité de voir arriver un sujet dans une scène.
Points faibles :
  • Mise au point moins intuitive au premier abord.
  • On ne vise pas à travers l’optique.
  • Faire attention : les objectifs ne sont pas toujours interchangeables.

3. Les reflex bi-objectif ou TLR

(En anglais “twin-lens reflex”, abrégé TLR)

Là on arrive dans ce que le moyen format fait de mieux : des appareils un peu bizarres si vous ne connaissez pas l’argentique. Surtout que les premiers modèles de ce type datent de la fin du 19ème siècle !

Les reflex bi-objectifs sont des appareils qui utilisent… deux objectifs ! Oui, je sais, vous n’aviez pas deviné.

Alors, par quelle sorcellerie me direz-vous ?

Et bien l’objectif du bas sert à la prise de vue (l’obturateur va s’ouvrir pour exposer la pellicule), et l’objectif du haut sert à la visée : il va projeter l’image sur un verre dépoli, que vous allez regarder depuis le haut. C’est la première particularité d’un TLR : vous n’allez pas viser au niveau de l’oeil, mais au niveau de la poitrine.

Ca change beaucoup le point de vue, et ça peut être une raison d’adorer ce format ou de le détester, selon vos préférences.

C’est le type d’appareil qu’utilisait les célèbres Vivian Maier ou Diane Arbus.




Une autre conséquence de cette visée, c’est que l’image est inversée horizontalement : vous allez voir la droite sur la gauche du cadre, et inversement. C’est assez déroutant de prime abord, et ça demande de s’y habituer pour viser correctement.

Ca a un effet secondaire plutôt positif par contre : ça vous force à être précis dans vos compositions, puisque vous galérez plus. On aime ou on déteste !

Dernier point : les TLR sont toujours au format carré 6×6, de par leur conception. Là encore : on aime ou on déteste, le carré étant vraiment un format de cadre particulier, avec ses avantages et ses inconvénients. J’en parle dans mon article sur le ratio d’aspect ici.

Points forts :
  • Parmi les plus compacts des moyen formats.
  • Le look : vous avez l’air tout droit sorti du début du XXème siècle avec ce truc.
  • Le silence au déclenchement (c’est quasi inaudible le plus souvent).
  • La visée poitrine.
Points faibles :
  • L’image inversée.
  • Le format carré uniquement.

4. Les appareils moyen formats modulables

Enfin, il me faut absolument vous parler d’une dernière grande famille d’appareils qui sont très intéressants : ce qu’on peut appeler les “appareils modulables”.

Alors techniquement, ce sont des reflex mono-objectifs, donc j’aurais pu (dû ?) les mettre avec plus haut. Mais j’ai préféré les séparer pour souligner leur philosophie très différente.

Le principe est simple : tout se démonte comme des Legos.

Je vous rassure, on le remonte pour l’utiliser 😀

En gros, vous avez un genre de cube au centre, qui contient l’obturateur de l’appareil photo. Et dessus, vous allez pouvoir attacher :

  • des objectifs bien sûr
  • des viseurs différents :
    • prisme comme sur un reflex
    • viseur poitrine comme sur un TLR
  • des dos, qui contiennent la pellicule, et peuvent être de différents formats selon l’appareil (par exemple on peut faire du 6×4.5 et du 6×6 avec le même boîtier mais un dos différent)
  • et même parfois des poignées ou autres accessoires pour améliorer l’ergonomie

L’avantage de ce côté modulable, c’est qu’avec un même boîtier, vous pouvez avoir beaucoup de possibilités différentes.

Sur le Mamiya 645 par exemple, vous pouvez l’avoir un jour en mode compact, avec un viseur poitrine qui se replie, sans poignée ; et le lendemain en mode “pro”, avec un prisme avec cellule de mesure de l’exposition, et poignée motorisée qui améliore l’ergonomie et rembobine automatiquement le film.

Le plus gros avantage des systèmes modulables, c’est la capacité de changer de dos : une des faiblesses de l’argentique, c’est qu’une fois une pellicule chargée dans l’appareil, vous devez aller jusqu’au bout. S’il vous prend l’envie de faire du noir et blanc plutôt que de la couleur, ou si vous avez besoin d’une sensibilité ISO différente, vous ne pouvez rien y faire, à part changer de boîtier.

Avec des dos interchangeables, vous pouvez laisser bien au chaud votre pellicule couleur 400 ISO non terminée dans un dos, et en mettre un autre dans lequel vous allez charger de la pellicule noir et blanc 3200 ISO. Et selon les dos que vous avez, vous pouvez aussi changer de format d’image, par exemple passer du 6×6 au 6×4.5 !

Ce type de système existe dans tous les formats majeurs du moyen format : 6×4.5, 6×6, 6×7. J’en présenterai quelques uns dans la sélection d’appareils plus bas.

Points forts :
  • S’adaptent à tous les besoins
  • Permettent de changer de pellicule au milieu d’un rouleau
Points faibles :
  • Moins facile de choisir pour le débutant
  • Ergonomie à la prise de vue peut être un peu étrange au début

Les appareils grands formats

Faut quand même avouer que ça a de la gueule.

Ce dossier ne serait pas complet si je ne vous parlais pas du grand format, à savoir les chambres photographiques.

Quand on ne connaît pas et qu’on voit une chambre, on pourrait penser que c’est un appareil complexe. Et si effectivement son utilisation est délicate (puisque vous pouvez totalement dire au revoir à tout automatisme), sa conception est en réalité très simple.

Vous avez un objectif, qui projette l’image sur un verre dépoli (l’image est donc à l’envers horizontalement, comme sur un reflex bi-objectif, mais aussi verticalement !). Entre les deux, seul un soufflet isole de la lumière.

Vous allez donc faire la mise au point avec une loupe sur le verre dépoli, puis insérer une cassette qui contient votre film. Vous allez ensuite retirer le masque pour que le film puisse être exposé, puis après avoir fait vos réglages sur l’objectif, exposer le plan film. Vous allez ensuite remettre le masque pour éviter d’exposer le film au grand jour, et voilà, vous avez pris une photo !

Le dépoli ça ressemble à ça 🙂

Ce qui est fascinant, c’est que concrètement, vous faites manuellement tout ce que les appareils modernes font pour vous. C’est sans doute la forme de photographie la plus “pure”, si on peut l’appeler ainsi (sans nostalgie mal placée bien sûr : le résultat partiellement issu des automatismes d’un appareil est tout aussi valable bien sûr, vu que vous avez toujours la main dessus).

On ne va pas se mentir : je vous déconseille de débuter la photographie argentique directement à la chambre. Les complications sont nombreuses, et ça pourrait peut-être vous décourager.

Les avantages ne sont pas négligeables cela dit, et c’est un format qui peut tout à fait convenir à certains projets, surtout pour deux aspects importants :

  • La qualité reste inégalée : on parle d’une surface sensible entre 14 et 55 fois plus grande que le 24x36mm. C’est absolument gigantesque, et la plupart des artistes photographes qui font de très grands tirages de leurs oeuvres utilisent encore la chambre photographique pour atteindre une telle qualité. C’est par exemple le cas de Gregory Crewdson et Andreas Gursky, dont j’ai déjà parlé sur la chaîne :



  • Ensuite, la chambre photographique a un aspect très imposant et traditionnel, et impose aussi une certaine lenteur à la prise de vue. On peut penser que ce sont des inconvénients, mais ça peut dépendre de ce qu’on fait : il y a de nombreux photographes qui utilisent ça à leur avantage pour le portrait. Le formalisme de la chambre leur permet de prendre leur temps, et crée une certaine réaction chez leurs sujets. Joel Meyerowitz explique avoir fait ça pour son projet Provincetown par exemple, récemment sorti :

Quel est le meilleur appareil argentique ?

Je vais tout de suite vous faire redescendre : il n’y a évidemment pas de réponse à cette question. Le meilleur appareil dépend de vos besoins, de vos préférences personnelles, voire du projet photographique envisagé. Aucune technologie n’est parfaite (dans n’importe quel domaine), et donc ce sera forcément un compromis entre les différents aspects qui rentrent en ligne de compte dans le choix.

Comme à mon habitude, je ne veux pas vous pointer vers un modèle en particulier en disant “prenez ça”, car ça n’aurait pas de sens. Ce que je veux faire, c’est vous armer pour que vous fassiez un choix pertinent par vous-même.

Quel appareil argentique choisir pour commencer ?

Dans cet article, je veux vraiment traiter toutes les possibilités (y compris si vous avez déjà un argentique mais souhaitez aller plus loin). Mais je sais que nombre d’entre vous se posent simplement la question : quel est le meilleur appareil pour débuter la photo argentique ?

Clairement, je vous conseille de débuter en 35mm. C’est là que vous allez être le moins perdu, que ça va être le plus simple pour vous, et aussi que vous pourrez commencer pour pas trop cher.

N’importe quel appareil 35mm sera déjà pas mal, mais si vous êtes habitués à avoir la main sur les réglages, excluez peut-être les compacts pour le moment (je trouve ça cool d’en avoir un à terme, mais au début c’est bien de maîtriser un peu ce qu’on fait et de retrouver ses marques).

Un petit reflex à l’ancienne sera sans doute un bon choix pour la majorité des gens : vous allez retrouver une ergonomie connue, c’est en général plutôt beau et vous allez trouver des modèles peu coûteux.

Vous pouvez aussi prendre un reflex argentique moderne avec tous les automatismes : ça a moins de charme, mais vous allez avoir moins de ratés, et si vous recherchez juste le rendu de l’argentique sans les soucis, ça peut être parfait pour vous.

Un télémétrique peut aussi faire l’affaire, mais ça ne plaît pas à tout le monde (notamment si vous visez de l’oeil droit), donc je vous conseille d’essayer avant d’acheter, par exemple en demandant autour de vous si quelqu’un n’aurait pas un télémétrique à prêter pour voir ce que ça donne.

Quels sont les critères d’achat d’un appareil argentique ?

Avant de passer à la sélection de modèles que je vous propose pour vous défricher le marché de l’argentique, il faut penser à quels sont les critères à prendre en compte lorsqu’on choisir un boîtier.

Choisir la bonne famille d’appareil

Avec le panorama que je viens de vous faire, vous devriez avoir une bonne idée de la famille d’appareil qu’il vous faut. Ca dépend de vos besoins et de vos préférences, et on peut dire qu’un appareil d’une famille ne rentre pas vraiment en compétition avec un autre : entre un reflex 35mm et un télémétrique moyen format, il y a trop de différences pour vraiment les comparer.

C’est donc le premier choix à faire.

Les objectifs sont-ils interchangeables ou non ?

D’après ce que je sais, la plupart de mes lecteurs (coucou !) ont un appareil avec objectifs interchangeables, tout simplement pour la polyvalence que ça apporte.

En argentique, vous n’aurez pas toujours cette possibilité, et ce n’est pas forcément grave. Certains modèles ont une focale fixe, mais peuvent très bien vous convenir si elle convient à votre travail.

Par exemple, sur mon Nikon F3, qui a pourtant des objectifs interchangeables, je n’utilise quasiment qu’un 35mm. Je pourrais donc m’en contenter si c’était fixe.

Beaucoup de photographes utilisent une même focale le plus souvent, voire deux ou trois maximum. Donc ce n’est pas forcément un problème, mais c’est évidemment un critère d’achat important.

La présence d’une cellule de mesure de la lumière

En numérique, tous les appareils mesurent la lumière, mais comme je l’ai dit auparavant, ce n’est pas aussi automatique en argentique.

Vous vous en doutez : avoir une mesure de l’exposition sur l’appareil va évidemment énormément vous faciliter la vie. C’est préférable d’en avoir une, clairement, mais on peut s’en passer, surtout si la prise de vue ne requiert pas d’être trop réactif à des changements de lumière.

Personnellement je vous recommande globalement de choisir des appareils avec mesure, mais dans certains cas ça peut être justifié d’en prendre un sans, notamment pour avoir accès à certains modèles sans mettre le prix fort (je pense au moyen format par exemple).

La présence de modes semi-automatiques

(oui c’est un numérique, c’est pour voir si vous suivez :D)

Certains appareils vont avoir la priorité à l’ouverture, à la vitesse, ou les deux. Vous connaissez mon avis sur le mode Manuel : je pense que si on peut l’éviter, c’est mieux.




Je trouve donc préférable d’avoir ce genre de mode sur un appareil argentique, mais ça implique évidemment que la mesure soit bonne. En effet, contrairement au numérique, vous ne pouvez pas vérifier que ce soit bien exposé tout de suite, donc il faut être un peu plus prudent.

Cela dit, le mode Manuel ne fera pas de miracle non plus, car vous ne pourrez pas davantage vérifier l’exposition. Simplement, il vous permettra de reprendre le contrôle si besoin, mais de toute façon il est présent chez la plupart des appareils argentique, exceptés les compacts tout automatiques.

On verra comment exposer en argentique dans une prochaine vidéo.

Mise au point manuelle ou automatique ?

Comme je vous l’ai dit précédemment, en argentique vous pourrez à la fois trouver des appareils à mise au point automatique ou manuelle.

Pour les moyen formats, vous avez quelques modèles à autofocus, mais l’extrême majorité sera à mise au point manuelle.

Par contre, en 35mm, vous pouvez tout à fait trouver des boîtiers autofocus, que ce soit parmi les reflex des années 2000 ou les compacts. Tout dépend si ça vous semble indispensable.

Notez quand même qu’il vaut sans doute mieux pas d’autofocus du tout qu’un AF poussif et peu précis, honnêtement.

La plage de sensibilité possible

Quand vous mettez une pellicule dans votre appareil, vous devez régler la sensibilité ISO pour qu’elle corresponde à celle du film, et donc que les paramètres d’exposition utilisés par l’appareil soient les bons : ça paraît logique.

Notez que certains appareils lisent le codage DX (le code-barre présent sur les cassettes de film), et règlent ainsi la sensibilité tous seuls comme des grands !

Mais selon le modèle, vous avez une latitude différente pour régler vos ISOs. Par exemple, certains peuvent être limités à 400 ISO, vous empêchant ainsi d’utiliser les modes semi-automatiques si vous souhaitez utiliser une pellicule plus sensible.

Ca ne rend pas la prise de vue impossible : dans l’absolu, il suffit de repasser en mode Manuel pour compenser cette différence. Mais dans ce cas, il faudra soit utiliser une cellule externe (et reporter directement les valeurs sur l’appareil), soit faire un petit calcul mental pour compenser la mesure donnée par l’appareil.

Par exemple, si vous avez mis une pellicule de 800 ISO, mais que le réglage de l’appareil ne va que jusqu’à 400 ISO, l’appareil va croire que la pellicule a une sensibilité 2 fois inférieure à la réalité. Il va régler l’ouverture et la vitesse d’obturation de manière à envoyer 2 fois plus de lumière sur la pellicule, c’est-à-dire à la surexposer d’un stop.

(Si vous n’êtes pas au point sur cette histoire de stops, je vous encourage à relire l’article sur l’indice d’exposition, j’explique tout).

Pour éviter ça, il vous faudra donc diminuer la lumière d’un stop, avec l’ouverture ou la vitesse d’obturation.

Bref, si vous comptez utiliser du film sensible (800 ISO ou plus) et que vous n’êtes pas très fort en calcul mental (ou que vous n’avez juste pas envie de le faire), il faudra vérifier ce critère en choisissant un appareil.

La plage de vitesse d’obturation

Quoi ? La même image qu’avant ? JE NE VOIS PAS DE QUOI VOUS PARLEZ.

En numérique, s’il y a bien un problème qu’on n’a jamais, c’est d’avoir trop de lumière.

Pas assez de lumière, ça arrive tout le temps, et c’est pour ça que les constructeurs se battent encore aujourd’hui pour augmenter la sensibilité des capteurs et réussir à voir dans le noir.

Mais si vous avez trop de lumière en numérique (par exemple s’il fait grand soleil et que vous voulez shooter à f/1.4 pour avoir un beau flou d’arrière-plan), c’est très simple : il suffit de baisser la sensibilité ISO, ou d’utiliser une vitesse d’obturation plus rapide (parfois très rapide, comme 1/8000 ème).

Mais en argentique, une fois qu’on a mis une pellicule dans l’appareil, il faut la terminer avant de la changer (enfin, vous n’êtes pas obligés, mais disons que ce serait dommage de gâcher !).

Donc imaginez : vous avez une pellicule 400 ISO dans votre boîtier, qui est assez polyvalent et permet en général de shooter à la fois en plein soleil et par temps nuageux, voire en fin de journée.

Mais aujourd’hui, il fait grand soleil, et vous souhaiteriez shooter un portrait à pleine ouverture. Comme la sensibilité est bloquée à 400 ISO, vous allez devoir utiliser une vitesse d’obturation très rapide pour éviter de trop surexposer la photo.

Sur les appareils argentiques les plus modernes, la vitesse d’obturation peut aller jusqu’au 1/4000 ème sans souci. Mais sur beaucoup de boîtiers plus anciens, elle s’arrête parfois beaucoup plus tôt, à 1/500 ème par exemple. Et dans cette situation, ça peut poser problème !

Si vous avez un appareil qui ne va pas plus loin que 1/500ème, vous allez devoir faire un choix :

  • Soit fermer davantage le diaphragme, et tant pis pour le flou d’arrière-plan
  • Soit gravement surexposer l’image (le film supporte un peu la surexposition, mais évitez quand même plusieurs stops de différence)
  • Soit utiliser un filtre ND (encore faut-il en avoir un, et avoir envie de s’embêter avec ça)

Bref, c’est un critère à surveiller, qui peut être important pour vous ou non. A vous de voir !

Les fonctions annexes

En plus de ça, les appareils peuvent posséder ou non des fonctions annexes qui peuvent vous intéresser, par exemple :

  • La correction d’exposition pour contrôler plus finement votre exposition
  • Les modes de mesure différents pour mieux maîtriser certaines situations comme le contre-jour.
  • La double exposition (très marrante à faire en argentique)

Elles ne sont pas indispensables, mais c’est toujours sympa à avoir.

Le format de la pile

En numérique, on ne se pose plus trop la question car la batterie est fournie avec, et de toute façon elle change quasiment dans chaque appareil.

Mais en argentique, les appareils utilisent des piles. Oui oui, comme dans votre radio-réveil (comment ça, plus personne n’utilise de radio-réveil ? :D).

C’est toujours intéressant de savoir quel type de pile votre appareil utilise, car on ne les trouve pas toujours facilement, et même dans de rares cas elles ne sont plus disponibles (en général il y a un remplacement, mais ça entraîne parfois un manque de fiabilité de la cellule).

Le prix et la rétrocompatibilité des objectifs

Si votre choix se porte sur un appareil à objectifs interchangeables, vous allez évidemment devoir acheter des objectifs.

Et dans ce cas, un critère important peut être le prix des objectifs de la monture en question.

Un exemple intéressant est celui de la gamme des Canon à monture FD (par exemple les célèbres Canon A1, AE-1 et AE-1 Program, que vous allez souvent retrouver dans vos recherches). Canon ayant changé de monture avec l’apparition des reflex Canon EOS (c’est la monture EF), les objectifs en monture FD sont très peu chers aujourd’hui. Vous pouvez donc avoir un petit reflex argentique Canon et quelques optiques pour un prix vraiment raisonnable.

A l’inverse, Nikon a décidé de conserver la même monture. L’avantage, c’est que si vous avez déjà un reflex Nikon en numérique, vous pouvez utiliser les objectifs sur les reflex argentique Nikon ! (Moyennant parfois la perte de certaines fonctions récentes bien sûr : vous n’allez pas magiquement avoir l’autofocus sur un appareil des années 70 😉 )

L’inconvénient, c’est que les vieilles optiques étant encore utilisables sur des reflex numériques récents, elles sont plus coûteuses que celles en monture Canon FD.

Bref, ça peut être bien de jeter un oeil à ça avant de vous engager sur un format ! 🙂

Ma sélection d’appareils argentiques

Maintenant que vous avez bien en tête à la fois les grandes familles d’appareil, et les critères auxquels il faut faire attention, il est temps pour moi de vous donner une sélection d’appareils argentiques intéressants.

Attention : cette sélection n’est évidemment pas exhaustive, car ce serait impossible. Inutile de venir me dire en commentaire “Laurent, pourquoi tu n’as pas mentionné [insérer ici mon appareil préféré] ?!” La réponse est : “parce que je ne peux pas tout mettre” !

Elle n’est pas non plus là pour vous proposer systématiquement le meilleur rapport qualité/prix par catégorie (on reparlera plus bas d’où chercher).

Je vous propose donc simplement les modèles les plus connus, dans toutes les gammes de prix. L’idée c’est que vous ayez un très bon panorama de ce qui existe, et qu’en voyant un appareil par la suite vous soyez capable de vous dire “ah oui il est un peu comme le Machin Truc F500, mais avec ça en moins”.

Notez que contrairement au numérique, où en règle générale un appareil qui est 3 fois plus cher qu’un autre possède plus de qualités techniques (même si ça ne veut pas dire qu’il soit mieux pour vous), en argentique, c’est un peu plus compliqué.

Il y a des effets de rareté qui s’ajoutent (un appareil peu fabriqué ou plus ancien pourrait être plus cher, forcément), mais également de pure “hype” : il suffit qu’un boîtier ait été vu dans les mains d’une célébrité pour que son prix s’envole. Au-delà de ça, certains appareils jouissent (à tort ou à raison) d’une certaine aura, et donc les prix seront toujours assez élevés (typiquement les Leica et Hasselblad).

D’autres trucs au prix pas toujours rationnel 🙂

Je vais parfois mentionner certains de ces boîtiers ici, mais je vous dirai s’ils font partie de ces appareils dont la côte est sans doute un peu trop haute.

Et évidemment, je vais classer par famille d’appareils, de manière à organiser un peu tout ça. C’est parti !

Sélection d’appareils argentiques 35mm

Sélection de reflex argentiques 35mm

Commençons par les reflex 35mm, qui sont sans doute le type d’appareil avec la plupart d’entre vous vont débuter. Vous allez voir que vous avez en gros le choix entre :

  • des modèles assez récents qui disposent de toutes les fonctions modernes (autofocus, mesure de la lumière perfectionnée, avancement automatique de la pellicule), mais ont le défaut de ne pas être très beaux (ils ressemblent pas mal aux reflex numériques actuels quoi : c’est pas immonde mais pas non plus particulièrement joli). Ce sont les Nikon F récents ou encore les Canon EOS par exemple.
  • des modèles plus anciens à mise au point manuelle, qui possèdent quand même souvent une mesure de la lumière efficace. Leur avantage est leur look qui est toujours bon.

Passons donc en revue quelques gammes intéressantes dans tous les budgets.

Les Nikon modernes à autofocus

La première gamme dont je veux vous parler, c’est celle des Nikon modernes à autofocus.

(Pour rappel, les optiques modernes Nikon fonctionnent encore sur la plupart des vieux boîtiers, même si je vous invite à vérifier la compatibilité avec une petite recherche Google 🙂 )

Vous avez tout d’abord la gamme “prosumer” (amateur éclairé si vous préférez), qui correspondrait un peu aux Nikon D7XXX d’aujourd’hui, en gros. Ils ne sont pas destinés aux pros mais bénéficient de beaucoup de fonctions avancées et sont de très bonne qualité.

Le roi de cette catégorie est sans doute le Nikon F100, avec son autofocus rapide, sa mesure très efficace, et son avancement automatique du film. Les F80 et F90 sont à considérer aussi : un peu moins avancés, et sans construction “tout temps”, mais aussi beaucoup moins chers sur le marché de l’occasion.

Dans la gamme du dessus, vous trouverez les reflex Nikon modernes à destination des professionnels, c’est-à-dire les F4, F5 et F6.

L’autofocus du F4 n’est pas apparemment dingue (c’étaient les débuts), par contre le F5 et le F6 semblent bien fonctionner sur cet aspect. Cela dit, le F5 est très gros, et n’a pas tellement plus de fonctions qu’un F100. Et le F6 est très cher d’occasion, notamment car il jouit de l’aura d’être le dernier reflex argentique professionnel encore produit par Nikon (vous pouvez toujours le trouver neuf pour… 2400€ !).

Les Nikon sans autofocus

Avant l’apparition de la gamme “moderne”, Nikon faisait également de très bons appareils photo.

Parlons de la gamme du Nikon F d’abord. Apparu en 1959, c’est sans doute le premier reflex 35mm vraiment populaire. Il sera remplacé ensuite par les Nikon F2 puis F3, respectivement en 1971 et 1980.

Toute cette gamme a des viseurs interchangeables, vous trouverez donc des modèles sans mesure ou avec mesure, et même des viseurs poitrine comme sur les TLR !

J’ai un crush personnel sur le F3, que je trouve magnifique (et le bruit du déclencheur est sublime), mais c’est la génération à partir de laquelle cette gamme devient électronique, c’est-à-dire que l’appareil ne fonctionnera pas sans pile. Enfin si, mais seulement à 1/80ème. Les générations précédentes n’utilisaient la pile que pour la mesure de lumière.

Certaines personnes n’aiment pas ça, mais je ne comprends pas trop l’argument : on est habitués à se promener avec 3 batteries de rechange pour nos appareils numériques, et on ne peut pas garder une pile minuscule dans son sac photo au cas où ? 🤷‍♂️

Ensuite, vous avez la gamme “en-dessous” mais avec des appareils extrêmement qualitatifs aussi. Il y a la famille FE (pour Electronic), dont l’obturateur est électronique, et la famille FM, dont l’obturateur est… mécanique ! Pour une fois, un nom d’appareil est assez clair 🙂

Ca pourrait prendre un article complet de faire un résumé des différences entre ces différents appareils, mais ils sont tous assez séduisants. Je vous renvoie au site de Ken Rockwell pour un tableau comparatif complet (en anglais, mais c’est simple donc la traduction automatique de votre navigateur vous aidera 🙂 ).

A noter quand même le FM3a, le dernier reflex à focus manuel produit par Nikon (de 2001 à 2006 !), qui a un peu un statut mythique, tant il réunit les avantages des deux gammes FM et FE, sans leurs inconvénients. Comme vous l’imaginez, ça en fait un boîtier assez coûteux, même si vous pourrez probablement l’avoir pour les prochaines décennies sans aucun souci.

La gamme Canon FD

Assez parlé de Nikon, parlons un peu Canon ! Ce qui nous intéresse surtout, c’est la gamme des appareils en monture FD.

Elle est un peu équivalente à la gamme des Nikon sans autofocus (vous allez voir que c’est un look classique de reflex avant l’apparition de l’AF), mais son principal avantage est que la monture FD a été abandonnée par Canon lors du passage à l’autofocus (qui a vu la marque changer pour la monture EF, encore en cours aujourd’hui).

L’inconvénient est que vos optiques Canon modernes ne marchent pas, l’avantage est que les objectifs en monture FD sont assez abordables.

Les plus connus sont les Canon A1, AE-1 et AE-1 Program. Ils sont tous relativement abordables, et ont quelques différences assez mineures au final, surtout sur les modes de prise de vue disponibles (le AE-1 n’a que la priorité vitesse par exemple). Je vous laisse voir le résumé dans les tableaux, mais j’ai vu beaucoup de gens dire qu’ils considéraient le A1 comme le meilleur dans l’absolu (sans tenir compte du rapport qualité/prix bien sûr).

Si la famille des “Canon A” a un obturateur électronique, la famille des Canon F, plus haut de gamme, a un obturateur mécanique. Ce sont des appareils tout à fait crédibles également, simplement un peu plus lourds vu qu’ils étaient destinés aux pros.

Les Olympus OM

Il n’y a pas que Canon et Nikon dans la vie, et les autres marques produisaient aussi de bons appareils à l’époque. Ce qui est notable c’est surtout leur taille un peu réduite par rapport à la concurrence.

Les OM-1 à OM-4 sont le haut de gamme chez Olympus, et il faut surtout retenir que l’OM-1 et l’OM-3 sont entièrement manuels, tandis que les OM-2 et OM-4 incluent un mode priorité à l’ouverture.

L’OM-3 est cher car rare, mais ce n’est pas forcément justifié par ses fonctions (il est très similaire à l’OM-1). Le plus populaire est sans doute l’OM-2, qui possède un mode priorité à l’ouverture sans pour autant atteindre le prix de l’OM-4 (plus récent).

La gamme en-dessous des “OM à deux chiffres” (OM-10 à OM-40) est aussi à considérer pour économiser un peu en budget.

Les reflex Minolta

La division photo de la marque a été rachetée en 2006 par Sony (et ça leur a plutôt bien réussi !), mais elle a été pionnière dans de nombreux domaines (autofocus, priorité à la vitesse, stabilisation, …).

Sans surprise, elle a donc produit des appareils intéressants, qui sont aujourd’hui à des prix tout à fait abordables (ce qui je pense est aidé par le fait que les plus jeunes ne connaissent même pas le nom de la marque :D).

Le Minolta XD était le dernier appareil haut de gamme chez Minolta, et peut se trouver pour un prix très raisonnable (attention, il était nommé XD au Japon, mais XD7 en Europe et XD11 aux Etats-Unis, donc vous pouvez trouver tous ces noms…). C’est sans doute leur meilleur appareil à focus manuel, avec mode manuel, priorité à l’ouverture, et priorité à la vitesse.

On peut aussi citer le Minolta SRT-101, dont vous pouvez trouver un test sur le blog de Benber. Sa fiche technique est assez standard par rapport au reste de ce que vous présente, mais sachant qu’il est sorti en 1966 c’est assez impressionnant !

Enfin, on ne peut pas ne pas parler de la “série X”, et notamment des très populaires X700 (avec mode Programme) et X500 (appelé X570 aux USA) qui lui ne possède pas de mode Programme, juste la priorité ouverture.

Les reflex argentiques Pentax

Avec Nikon, Pentax est la seule gamme qui propose une rétrocompatibilité des objectifs. Si vous faites partie des derniers qui résistent avec du matériel Pentax en numérique, déjà félicitations :D, mais aussi vous allez pouvoir vous en servir sur de vieux appareils Pentax (même si là encore, faites vos recherches avant, il y a toujours des cas particuliers).

Le modèle le plus populaire est sans doute le Pentax K1000, notamment parce qu’il a été produit pendant… 21 ans et vendu à plus de 3 millions d’exemplaires ! Ça change des modèles d’aujourd’hui 😀

Il possède une cellule mais reste à réglage manuel, mais vous le trouverez pour un prix raisonnable (à 3 millions d’exemplaires forcément, il n’est pas exactement rare).

Sélection de télémétriques argentiques 35mm

Passons ensuite à une sélection de télémétriques argentiques au format 35mm. On peut difficilement commencer sans parler de Leica, marque allemande légendaire qui a introduit la gamme Leica M, les télémétriques les plus réputés.

Tout commence avec le M3 en 1954, jusqu’au MP qui est toujours produit aujourd’hui (en faisant ainsi l’un des derniers appareils photo argentiques en production dans le monde). Il existe également des Leica numériques aujourd’hui.

Une des caractéristiques de cette marque est le prix disons… assez élevé de ses boîtiers. Un MP neuf est actuellement affiché pour la modique somme de 7060€ sur le site de Leica. Sans objectif évidemment ! 😀

Le marché de l’occasion offre évidemment des prix plus raisonnables qui ne nécessitent pas forcément de casser votre PEL, mais l’aura de cette marque reste présente, et donc vous en aurez toujours pour une somme à 4 chiffres (sans compter que les optiques ne sont pas gratuites non plus…).

Le modèle le plus populaire est sans doute le Leica M6, dont vous retrouverez les caractéristiques et le prix ci-dessous.

Alors, faut-il prendre un Leica ? Est-ce que ça vaut le coup ? Honnêtement, mon avis c’est que personne n’a besoin d’un Leica, mais je peux comprendre qu’on en ait envie.

Il n’y a aucun doute sur le fait que ce sont des appareils très bien produits, avec un parc optique d’excellente qualité, mais tout n’est pas rose pour autant :

  • Il faut s’attendre à de l’entretien, car un télémétrique doit se régler de temps en temps, et ça peut atteindre quelques centaines d’euros selon le travail.
  • L’argument de la durée ne tient pas, car il existe de nombreux appareils très solides qui tiennent depuis des décennies et ne coûtent pas ce prix-là.
  • Celui de la qualité ne tient pas vraiment non plus : certes les optiques sont bonnes, mais la pellicule 35mm a une limite de définition, et il n’est pas dit que la différence se voie vraiment (mais on peut s’en convaincre une fois qu’on a mis 2000€ dans un appareil :D).

Bref, je n’ai rien contre les leicaistes, et chacun dépense son argent comme il veut : ça me paraît tout à fait censé de dépenser plusieurs milliers d’euros dans un boîtier si on est à peu près sûr de le garder pendant plusieurs décennies (en tout cas davantage que de mettre la même somme dans le dernier numérique à peine mieux que le précédent, qu’on gardera 3 ans…).

Pour autant, ne croyez pas qu’acheter un Leica va en soit améliorer vos résultats photographiques 😉

Alors quels autres télémétriques pouvez-vous choisir ? Et bien il y a plusieurs modèles intéressants.

Commençons par le plus populaire : le Canonet ! (Qu’on appelle souvent “le Leica du pauvre” d’ailleurs, comme à peu près tous les télémétriques qui ne coûtent pas 4 chiffres :P)

Il existe en plusieurs déclinaisons, notamment le QL17 G III, qui possède une optique 40mm f/1.7, et en moins haut de gamme le Canonet 28, dont le 40mm ouvre à… f/2.8 (facile à retenir, c’est dans le nom :D).

La différence se fait donc surtout dans l’optique qui n’est pas interchangeable, et sur d’autres critères que je vous laisse découvrir en-dessous.

Cela dit, le petit Canonet tient largement la comparaison. Vous trouverez des comparatifs sur internet, et très franchement c’est difficile de dire que le Leica vaut 10 à 20 fois plus.

Je vous renvoie à cette comparaison par exemple, où je suis sûr que quasi personne ne ferait la différence sans avoir le boîtier marqué en-dessous (regardez les pages 2 et page 3 pour voir les photos en grand).

Outre le Canonet, il existe évidemment des alternatives, comme :

  • le Rollei XF35, avec son 40mm f/2.3 mais l’absence de réglages manuels
  • le Konica C35, dans le même esprit de réglages automatiques, avec un 38mm f/2.8
  • Les Zorki, aussi appelés “Leica soviétiques”, et pour cause : ils étaient conçus pour être des copies de Leica, à tel point qu’ils utilisent des optiques en monture M39, la même que celle des premiers Leica. C’est un peu rustique, mais vous pouvez en trouver d’occasion pour vraiment pas grand chose !

Sélection de compacts argentiques 35mm

Les télémétriques sont une bonne option pour avoir un appareil argentique compact, mais on peut encore aller plus loin avec les compacts argentiques.

Difficile de ne pas commencer cette sélection avec l’Olympus MJU, en particulier le MJU II, qui a atteint un statut quasi culte, et dont les prix s’envolent, par conséquent (sans doute un peu trop).

C’est un petit boîtier avec un 35mm f/2.8, qui se referme avec un clapet et tout en rondeurs, avec un design très typique des années 90 (il est sorti en 1997). Il est vraiment petit, ce qui a contribué à sa popularité (3,8 millions d’exemplaires vendus quand même !), et bien sûr possède l’autofocus.

Le MJU I quant à lui, est très légèrement plus grand, un peu plus anguleux, mais surtout a une optique qui n’ouvre qu’à f/3.5 et un obturateur qui ne dépassera pas les 1/500ème (contre 1/1000 pour le MJU II). Il est donc objectivement moins bien, mais aussi… beaucoup moins cher ! (Même si les gens commencent à se reporter dessus vu l’envolée des prix du MJU II)

Une autre gamme de boîtiers très réputés, ce sont les Contax T, avec notamment le T2 et le T3. Ils sont très réputés pour de bonnes raisons : le but était de faire un compact assez haut de gamme, et le design du premier modèle a été créé conjointement par Yashica, Carl Zeiss (bien connus pour leurs optiques exceptionnelles), et… Porsche ! Autant dire que c’est pas moche comme appareil 😉

Photo issue de cet article : avouez qu’il a de la gueule 😀

Aujourd’hui, cette gamme, et en particulier les T2 et T3 sont un peu devenus des signes extérieurs de richesse en raison de leur présence dans les mains de gens influents, à commencer par Kendall Jenner (si j’ai bien compris connue pour être la demi-soeur de Kim Kardashian 🤷), et plus récemment Chris Hemsworth (Thor).

Les gens étant des moutons, les prix se sont envolés et le Contax T3 dépasse maintenant tranquillement les 2000€, ce qui est un peu cher pour un compact vieux de 20 ans, aussi haut de gamme soit-il.

Je vous mets les caractéristiques des différents modèles en-dessous, mais pour être clair : le rapport qualité/prix n’est pas là. Ce sont de très bons appareils, mais le prix s’est bien trop envolé pour des raisons non photographiques. Vous pouvez l’acheter pour vous faire plaisir, mais ne pensez pas faire une bonne affaire 🙂

De plus, la famille des compacts argentiques a en général plus d’électronique que d’autres (pour gérer l’autofocus et l’exposition automatique), et n’a pas été conçue pour durer aussi longtemps que d’autres appareils. Bref, les pannes sont plus fréquentes, et vous pouvez vous retrouver avec un boîtier qui ne fonctionne plus, et irréparable. Si c’est un compact à 70€, c’est pas si grave, mais si vous l’avez payez un SMIC, ça fait de suite un peu plus mal…

D’autres modèles plus raisonnables existent. C’est une très grande famille donc il est impossible d’en faire une liste exhaustive, mais on peut citer par exemple la série des Minox 35, qui ont l’avantage d’être très compacts grâce à leur design particulier repliable. Dotés d’une optique 35mm ouvrant à f/2.8, certains modèles comme le Minox 35 PL sont malheureusement limités à 400 ISO, mais le GT monte à 800 ISO (bien qu’une variante monte à 1600 ISO) et le GT-E à 1600 ISO, donc vous trouverez votre bonheur si c’est important pour vous.

Son gros défaut est sa mise au point manuelle à faire au jugé selon la distance du sujet. Et sa grosse qualité est son prix : vous trouverez des modèles sous les 100€ sans souci, voire sous les 50€ !

Pour plus de détails, vous trouverez les tests des différents Minox en français sur le blog de Benber.

Pour finir, je ne pouvais pas oublier la famille Olympus XA, un peu l’ancêtre du Mju II. Les deux modèles les plus courants sont le XA et XA2, respectivement un télémétrique (et oui !) qui ouvre à f/2.8 et un appareil à mise au point par zone, comme le Minox dont je viens de parler, et qui ouvre à f/3.5.

Le XA est donc plus précis à la mise au point. Attention de ne pas confondre avec le XA1, qui est un autre modèle (un XA2 en plus bas de gamme).

Sélection d’appareils demi-formats argentique

Pour finir cette sélection d’appareils 35mm, parlons un peu des demi-formats. Pour rappel, ils prennent des photos sur la moitié de la surface d’un négatif 24x36mm, ce qui vous permet de prendre 72 photos par pellicule.

Vous allez surtout rencontrer deux familles. Tout d’abord les Olympus Pen. Introduits en 1959, vous avez:

  • le Pen puis le Pen S, sans mesure et sans objectif interchangeable, avec un 28mm f/3.5 ou un 30mm f/2.8 selon les versions ;
  • les Pen D, D2 et D3 introduisent une cellule et des optiques plus rapides, à f/1.9 puis 1.7 ;
  • les Pen EE, avec exposition automatique ;
  • et enfin les Pen F, des mini-reflex à objectif interchangeable !

J’ai personnellement testé le Pen FT, l’un des derniers modèles, et je l’ai revendu après une pellicule, frustré par le viseur très peu lumineux avec l’optique pancake à f/2.8 que j’avais choisi. Dans tous les cas vous pouvez avoir plus compact, donc au final je ne pense pas que ce soit un si bon choix vu le reste du marché argentique.

La deuxième modèle bien connu est le Canon Demi EE17, auquel je trouve personnellement un charme fou, mais dont la mise au point par zone me refroidit.

Sélection d’appareils argentiques moyen format

Il est maintenant temps de passer au moyen format, pour lequel la diversité des options est bien plus importante : entre les différents formats que vous pouvez choisir (6×4.5, 6×6, 6×7, 6×8, 6×9,…) et les modèles aux philosophies complètement différentes, on a du pain sur la planche !

Sélection de reflex argentiques moyen format

Commençons par le plus facile et ce qui va le moins vous dépayser : les reflex. Je ne peux décemment pas vous faire un article sur le choix d’un appareil argentique sans vous parler du Pentax 67, un appareil légendaire à la gueule inimitable avec son énorme poignée en bois.

Voilà, maintenant vous ne pouvez plus l’oublier 🙂

Avertissement : j’en ai un, je suis fan, donc je ne suis pas 100% objectif 😀 En plus c’est l’outil de choix de Nick Brandt pour la majorité de son travail, ainsi que de Todd Hido pour une partie du sien, et ce sont parmi mes photographes préférés !




Tous les modèles peuvent avoir une mesure qui dépend du prisme installé dessus. Certains prismes sont sans mesure, d’autres avec, donc pensez bien à vérifier à l’achat (même sur le dernier modèle !). Voici les modèles de Pentax 67 :

  • Le Asahi Pentax 6×7 est le premier modèle, sorti en 1969. Pas de fonction de verrouillage du miroir. C’est cette option qui le distingue du…
  • Asahi Pentax 6×7 MLU (pour “Mirror Lock-up” = verrouillage du miroir). Cette option est utile si vous faites de la pose longue : le miroir étant énorme sur cet appareil, son mouvement au déclenchement peut pourrir vos poses longues, et cette option permet d’éviter ça.
  • Le Pentax 67, qui a donc légèrement changé de nom (on perd le “Asahi”, et “6×7” devient “67”).
  • Le Pentax 67 II, la dernière version, qui gagne un prisme possédant 3 modes de mesure et la correction d’exposition, ainsi qu’une poignée bien plus ergonomique sur le côté droit. Il est aussi nettement plus cher, forcément, alors que le reste de la gamme est beaucoup plus abordable.

Au-delà du prisme, vous pouvez aussi acheter divers viseurs dont des viseurs poitrines si vous le souhaitez.

Mais la vraie force du Pentax 67 est dans sa gamme d’optiques, avec notamment le légendaire 105mm f/2.4, l’objectif avec la plus grande ouverture parmi tous les appareils au format 6×7. Et je peux vous dire que ça se voit ! La séparation qu’on peut obtenir avec l’arrière-plan est sans doute la plus proche du grand format qu’on puisse avoir sans s’embêter avec une chambre.

Ca se voit particulièrement avec un portrait pris d’assez loin, comme ici :

Oui c’est Thomas Hammoudi, Brad Pitt n’était pas dispo.

De plus, à part le Pentax 67 II qui n’est pas donné du tout, les autres modèles restent très abordables vu ce qu’ils vous permettent de faire, et leur solidité.

Son principal défaut est évidemment son poids et son encombrement. Ils sont réels, mais à nuancer par rapport à d’autres boîtiers comme le Mamiya RB67 qu’on verra plus bas : plus de 2kg sur la balance et des dimensions importantes ce n’est pas négligeable, mais je l’ai déjà emporté en voyage, et et n’est pas non plus un énorme problème si vous n’avez pas besoin de marcher avec 😉

Il y a très peu de vrais équivalents au Pentax 67. En effet, la plupart des appareils “concurrents” (qui puissent répondre au même usage) sont plutôt dans d’autres familles d’appareils qu’on va évoquer par la suite.

Je ne peux quand même pas terminer sans évoquer le Pentacon Six TL, qui reprend la forme de “gros reflex”, mais cette fois-ci avec un format carré 6×6. Il souffre malheureusement de soucis de fiabilité (chevauchement des vues), mais à 150-200€ avec objectif, son prix est difficile à battre !

Sélection de moyen formats télémétriques

Le moyen format ayant tendance à demander des boîtiers imposants, la famille des moyen formats télémétriques est particulièrement intéressante. Il y a de nombreux modèles disponibles que je ne peux pas tous citer, donc je vais procéder par marque.

Les moyen formats télémétriques Mamiya

Mamiya est une marque que ceux qui ont commencé la photo avec le numérique ne connaissent sans doute pas, mais qui a pourtant proposé parmi les meilleurs appareils jamais produits.

En télémétrique, on citera les presque légendaires Mamiya 6 (6×6) et Mamiya 7 (6×7), qui sont des télémétriques à objectifs interchangeables, ce qui est presque unique dans cette catégorie ! (il y a aussi le Fuji GL690)

Le Mamiya 6 n’a que 3 optiques disponibles, équivalentes 35mm, 50mm et 100mm. Son gros avantage c’est qu’une partie du bloc optique se replie dans le boîtier quand on le transporte, ce qui ajoute à la compacité de l’ensemble.

Attention à ne pas le confondre avec le premier Mamiya 6, sorti dans les années 40, qui est un appareil à soufflet !

Le Mamiya 7 ne permet pas aux optiques de se replier, mais il a une offre optique nettement plus développée avec des équivalents 22mm, 25mm, 33mm, 40mm, 75mm, 105mm.

Les moyen formats télémétriques Fuji

Fuji a également développé une gamme très variée d’appareils moyen formats télémétriques à objectif fixe, dont certains se replient une fois rangés, grâce à la présence d’un soufflet.

Je vais vous évoquer plusieurs modèles qui me semblent emblématiques ici, mais faites attention : il existe souvent plusieurs variantes avec des noms proches, qui ont des différences significatives (le plus souvent leur objectif change, mais parfois pas que). Faites donc bien vos recherches pour ne pas acheter par accident un appareil différent de ce que vous souhaitez ! 🙂

Commençons par le Fuji GW690, aussi appelé le “Texas Leica” (pour le côté gros pick-up, chemise à carreaux et fusil à pompe dans la boîte à gants j’imagine :D). Oui je sais, je l’ai déjà dit plus haut, mais vous avez peut-être oublié depuis vu que cet article fait la taille d’un roman 😀

Du coup je vous remets un gros pickup américain bien vulgaire.

On l’appelle ainsi car il est un peu au Leica ce que le Pentax 67 est à un reflex 35mm : le même en (beaucoup) plus gros. Mais pour cette taille, il produit des négatifs en 6×9 (ce qui est énorme, plus de 6 fois la surface du 24×36 !), avec son optique 90mm f/3.5 (équivalent 35mm).

On peut également citer le Fuji GF670, un 6×7 pliable très compact, avec son objectif 80mm f/3.5 (équivalent 40mm). Il possède toutes les fonctions modernes (priorité à l’ouverture, correction d’exposition), et donc n’est pas donné du tout aujourd’hui. Il peut même faire du 6×6 !

Par contre le soufflet est fragile, donc faites attention à acheter un exemplaire en bon état.

Un cas typique de dénomination piégeuse : le GF670W (notez le W) possède une optique plus grand angle, mais du coup n’est plus pliable !

Et enfin, encore un peu plus petit, on peut citer le GS645, lui aussi pliable, mais beaucoup moins cher, car un peu plus basique.

Il a même un cousin, le Fuji GA645 qui possède l’autofocus !

Le Plaubel Makina 67

Petit plaisir personnel : je ne peux pas terminer cette partie sans vous parler du Plaubel Makina 67, un de mes chouchous en termes de design.

C’est un concurrent direct au Fuji GF670 qu’on a vu au-dessus : pliable également, son optique ouvre par contre à f/2.8, mais il ne monte qu’à 1600 ISO au lieu de 3200, et malgré sa cellule qui vous donne des indications, ne possède pas de mode priorité à l’ouverture.

Sélection de reflex bi-objectifs (TLR)

Passons maintenant à la partie mignonne de la famille : les reflex bi-objectifs. Il faut bien l’admettre, un TLR, ça a toujours de la gueule. On a tout de suite l’impression d’avoir voyagé dans le temps, et ils ont un charme particulier. Notez qu’à une exception notable, les TLR ont en général une paire d’objectifs qui sont fixes.

Le Rolleiflex

Commençons par le roi avec le Rolleiflex, le plus emblématique d’entre eux. Il y a eu des dizaines de modèles, produits de 1929 à 2002 tout en restant très similaires dans la forme et la fonction. Il y a principalement deux gammes, l’une avec un objectif à f/3.5 et l’autre avec un objectif à f/2.8.

Du coup, vu l’ampleur de la gamme, si vous recherchez sans trop savoir par où commencer, vous allez trouver des modèles entre 300 et 4000€, ce qui peut étonner.

Ce serait trop long de faire un guide complet, je vous invite donc à faire quelques recherches, en commençant par ces guides d’achat (malheureusement en anglais, mais avec un coup de Google Translate vous devriez comprendre à peu près les grandes lignes) :

Le Yashica Mat 124G

Si vous n’arrivez pas à trouver votre bonheur parmi les Rolleiflex (sans doute en raison du budget), vous pouvez vous tourner vers son alternative moins chère, le Yashica Mat 124g.

Il est très populaire car il a un très bon rapport qualité-prix : même si sa construction n’est pas celle tout métal d’un Rolleiflex, vous pouvez avoir de très bons résultats avec, pour un prix très contenu (moins de 200€). Son objectif 80mm f/3.5 n’est pas d’une aussi bonne qualité que celui des Rollei (surtout à pleine ouverture), mais pour ce prix, difficile de lui en demander davantage !

Le Mamiya C330

Il me fallait vous parler de ce boîtier, pour la simple et bonne raison que c’est l’un des seuls TLR à posséder des objectifs interchangeables ! Il y a à ma connaissance 7 optiques disponibles, du 55mm (équivalent 35mm) au 250mm (équivalent 161mm).

C’est un boîtier très abouti, qui accepte également différents viseurs avec ou sans mesure, des poignées, différents verres de visée, et une très bonne ergonomie. C’est un peu l’aboutissement ultime du TLR si vous voulez.

Le prix reste assez contenu vu sa particularité : environ 400-500€ pour le boîtier avec le 80mm f/2.8 (l’optique standard). Évidemment, si vous voulez d’autres objectifs, la facture peut vite grimper 🙂

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Pour un peu moins cher, vous pouvez vous tourner vers le Mamiya C220, la version moins chère, qui prend les mêmes optiques mais fait l’impasse sur quelques automatismes (il faut notamment armer l’obturateur séparément de l’avance du film, ce qui implique deux opérations entre chaque photo). Le boîtier est par contre plus léger de 300g, ce qui n’est pas négligeable !

J’ai l’impression qu’on en trouve moins à la vente, mais le prix est plutôt de 250-300€.

Sélection de moyen formats argentiques modulables

Pour finir cette sélection d’appareils moyen formats, je vais vous parler un peu de la famille des “modulables”. Certains appareils que je vous ai présentés auparavant avaient déjà une certaine modularité : le Mamiya C330 cité juste au-dessus permet de changer de viseur par exemple, et c’était même le cas avec certains reflex 35mm professionnels (mon Nikon F3 favori permet par exemple d’avoir un viseur poitrine !).

Mais il existe toute une catégorie d’appareils pensés pour la modularité. En effet, le boîtier lui-même n’est qu’un cube qui contient l’obturateur, et dessus on vient greffer l’objectif, le viseur, et ce qui pour moi caractérise vraiment cette famille : un dos qui contient la pellicule.

Ça a un grand avantage, c’est qu’on peut changer de pellicule avant de l’avoir terminée, ce qui est très pratique pour shooter le même sujet en noir et en blanc et en couleurs, ou tout simplement pour avoir une pellicule plus sensible sous la main en fin de journée.

Je vais les classer par format du négatif ici, du plus petit au plus grand.

Les moyen formats modulables en 6×4.5

Commençons par le Mamiya 645. Il existe plusieurs générations de modèles, et il faut faire attention, car le Mamiya 645 original et le Mamiya 645 1000S ne possèdent pas de dos interchangeables. Ce ne sont pas de mauvais appareils pour autant, mais personnellement je trouve qu’on perd un peu l’intérêt du format.

Je vais donc me concentrer sur les Mamiya 645 Super et Pro. La beauté du système modulable, c’est que vous pouvez soit avoir un appareil très compact, avec un simple viseur poitrine (et donc repliable), ou à l’opposé un prisme avec mesure (plus volumineux), et une poignée motorisée (pour une meilleure ergonomie et un avancement automatique du film.

Bref, selon l’option que vous choisissez, il va être assez polyvalent.

De plus, la gamme d’optiques Mamiya est très développée, et possède notamment l’excellent Mamiya 80mm f/1.9, l’optique moyen format avec la plus grande ouverture, qui vous permettra d’obtenir une profondeur de champ similaire à celle d’un 105mm f/2.4 monté sur Pentax 67 ! Il fait partie de ces quelques optiques si légendaires qu’elles sont parfois une bonne raison à elles seules d’acheter le boîtier pour les mettre dessus !

Le prisme TTL possède également une mesure très fiable et réputée, qui vous assurera une bonne exposition de vos photos.

Une alternative un chouilla moins chère est le Bronica ETR / ETRS / ETRSi. C’est aussi une bonne option, la différence principale étant l’obturateur central dans les optiques (“leaf shutter” en anglais) qui les rend plus adaptés à la photo au flash (la synchronisation étant possible à toutes les vitesses). Notez qu’il en existe quelques unes sur Mamiya 645 aussi, mais c’est une minorité.

A part ça, le boîtier est un peu plus lourd, et il n’y a pas de 80mm f/1.9, mais vous n’allez pas non plus être déçus.

Les moyen formats modulables en 6×6

Je ne pouvais évidemment pas faire un article sur les appareils photo argentiques sans parler des légendaires Hasselblad, en l’occurrence la famille “V-System”, dont vous connaissez peut-être le fameux Hasselblad 500 C/M.

Un peu comme Leica, Hasselblad est une marque qui a sa communauté de fans, et qui produit encore aujourd’hui des appareils moyen formats numériques de qualité.

Comme les modulables qu’on a vu précédemment, vous pouvez changer le dos, pour faire du 6×6 ou du 6×4.5, l’optique évidemment, et également le viseur : si un Hasselblad “traditionnel” possède en général un viseur poitrine “comme un TLR” vous pouvez aussi placer un prisme dessus.

Il n’y a par contre pas de poignée à ma connaissance, donc vous ne pourrez pas le tenir “comme un reflex 35mm”.

Le “V-System” Hasselblad possède de nombreux modèles avec des possibilités différentes, qui mériteraient un article complet. La meilleure ressource que j’ai trouvé est cet article très complet sur Emulsive, malheureusement en anglais.

Pour cet article, je ne vais donc vous mettre qu’une fiche pour le Hasselblad 500 C/M, sans doute le modèle le plus connu.

J’ai commencé par les Hasselblad car ils sont absolument incontournables, mais notez qu’il existe des alternatives moins coûteuses, notamment la série des Bronica SQ, qui proposent plus ou moins le même type de solution, avec par contre la possibilité d’avoir une poignée.

Les moyens formats modulables en 6×7

Pour finir, parlons des modulables 6×7, avec le roi de la catégorie : le Mamiya RB67 ou RZ67 (la génération suivante). Vous commencez à être habitués des modulables : optique interchangeable, dos interchangeable, viseur poitrine ou prisme.

Avec cette taille de négatif, on parle d’un appareil vraiment lourd, et vu son ergonomie, disons-le : il a été conçu pour être utilisé en studio, peinard sur un trépied.

Annie Leibovitz en a par exemple utilisé un.




Et vous commencez à avoir l’habitude de l’alternative plus abordable : Bronica est toujours là, cette fois-ci avec la série GS.

Sélection de chambres (grand format)

Pour finir cette sélection, je vais vous parler brièvement des chambres. Brièvement car comme je l’ai dit plus haut, non seulement vous n’allez sans doute pas commencer avec une chambre, mais en plus je n’en ai pas moi-même, donc ma connaissance est plus limitée.

Le premier modèle qui me semble incontournable, ce sont les chambres Intrepid. C’est une petite marque britannique qui s’est développée il y a quelques années en vendant des chambres à prix réduit, grâce à l’utilisation de matériaux abordables (contreplaqué) et à l’impression 3D pour les parties en plastique (à base de plantes !).

Vous aurez donc une chambre neuve, à un prix très raisonnable (environ 320€ pour le modèle 4×5), et donc a priori aucun problème de fonctionnement, et dans tous les cas le support d’une entreprise encore vivante.

C’est à mon avis la meilleure option pour débuter le grand format sans trop investir.

Vous devrez quand même rajouter une ou plusieurs optiques, que vous trouverez d’occasion. La chambre Intrepid adapte toutes les optiques à obturateur Copal, et toutes les platines d’objectif Linhof/Technika.

C’est sans doute du charabia si vous n’y connaissez rien pour l’instant, mais la traduction c’est : vous n’aurez pas de mal à trouver des optiques compatibles.

A part Intrepid, il existe également des marques de chambre plus haut de gamme, comme par exemple : Gibellini, Shen Hao, Calumet ou encore Chamonix.

C’est sûr tout de suite ça fait un peu classe.

Comment acheter un appareil photo argentique d’occasion ?

Maintenant que vous avez lu cet énorme dossier, vous avez peut-être une idée de ce que vous voulez. Voire vous êtes tombé amoureux d’un boîtier en particulier.

Evidemment, vous allez devoir l’acheter d’occasion ! Et ce n’est pas aussi rassurant que d’acheter un appareil neuf dans un magasin bien établi, auprès duquel vous pouvez allez râler si ça ne va pas.

On va donc voir sur quels sites acheter et comment y éviter les arnaques, les bonnes pratiques quand on sélectionne les annonces, comment bien rechercher, et quoi vérifier à l’achat.

Sur quel site acheter un appareil photo d’occasion ?

Vous pouvez occasionnellement trouver un appareil à vendre dans le labo argentique de votre ville (s’il en reste encore un), ou dans un magasin de revente d’occasion (les fameux “Cash”), mais soyons honnête : si vous cherchez un modèle particulier, vous allez devoir chercher sur internet.

Les deux sites rois sont évidemment eBay, et le Bon Coin, pour les français en tout cas (j’ai cru comprendre que l’équivalent était 2ème main en Belgique, Kijiji au Québec et Ricardo en Suisse 😉 ).

Le Bon Coin, et les pièges à éviter

Le Bon Coin est plutôt destiné à la vente “de la main à la main”, et même si l’expédition se fait de plus en plus, vous n’allez pas trouver beaucoup de gens qui acceptent un moyen de paiement sécurisé, et c’est le lieu de beaucoup d’arnaques.

Une remise en mains propres peut être tentante pour voir le matériel, mais ça ne garantit pas forcément que l’appareil n’aura pas de problème, notamment car vous ne pouvez pas vérifier tous les soucis sans avoir shooté et développé une pellicule.

Mais au moins, vous êtes sûr d’avoir un appareil contre l’argent que vous donnez.

Cela dit, si vous cherchez un modèle spécifique, vous pouvez sans doute attendre longtemps avant de le trouver dans votre coin.

Par contre, dans le cas d’un envoi, il faut avoir une règle d’or : ne payez JAMAIS par autre chose que Paypal ou le mode de paiement sécurisé du Bon Coin. RIEN D’AUTRE.

Si le vendeur refuse, attendez simplement la prochaine occasion.

Et quand vous payez par Paypal, pensez surtout à ne PAS envoyer en mode “envoi d’argent à un ami”, car dans ce cas Paypal ne prend certes pas de frais au vendeur, mais ils ne vous garantissent absolument rien.

Tandis qu’en envoyant l’argent en mode “achat de bien ou service”, vous pourrez vous faire rembourser par PayPal si vous ne recevez rien. En effet, c’est au vendeur de prouver qu’il vous a bien envoyé l’article.

Si vous voulez être TRÈS prudent, vous pouvez même filmer l’ouverture de votre paquet (montrez bien le numéro), au cas où il n’y aurait rien dedans.

Une autre prudence à avoir : si le vendeur vous dit qu’il n’a pas reçu l’argent ou je ne sais quoi, vérifiez dans votre compte Paypal directement. Ne vous fiez pas à des emails reçus, qui peuvent être faux. Si vous allez sur votre compte, vous verrez ce qui a été réellement enregistré comme transaction.

Notez que ça vaut encore plus en tant que vendeur : une arnaque courante est d’envoyer un faux email au vendeur prétendant que les fonds ont été versés. Si vous ne les voyez pas dans votre compte, c’est une arnaque. Dans ce cas, demandez son adresse postale à la personne, puis dénoncez l’escroc sur le site dédié du gouvernement.

eBay, le paradis des acheteurs ?

Je vais être direct : je préfère infiniment eBay au Bon Coin, que ce soit en tant que vendeur (sur Le Bon Coin on essaie de m’arnaquer toutes les 3 secondes, c’est pénible), ou en tant qu’acheteur (sur Le Bon Coin la plupart des vendeurs refusent les paiements sécurisés, soit parce que ce sont des escrocs, soit parce qu’ils ne savent pas se prémunir de toutes les arnaques en vérifiant directement sur leur compte).

eBay est une plate-forme internationale, dont la réputation n’est plus à faire, et qui regroupe énormément de vendeurs, particuliers comme professionnels.

Vous y trouverez donc votre bonheur à n’importe quel moment, par contre pas toujours à un prix “bonne affaire” (on parle plus bas de comment connaître le bon prix).

Voici ce qu’il faut surveiller pour avoir une bonne expérience sur eBay :

  • La réputation du vendeur. Chaque vendeur est noté par les acheteurs (et réciproquement), et vous pouvez donc voir facilement si vous avez affaire à quelqu’un de sérieux.
  • Que le vendeur accepte bien Paypal. C’est en général le cas (Paypal et eBay appartiennent à la même boîte), mais c’est à vérifier.
  • Bien lire la description, et ne surtout pas hésiter à poser des questions au vendeur. Certains appareils sont parfois vendus “pour pièces”, lisez bien et regardez les photos 🙂
  • Bien vérifier la localisation, et prévoir les frais de douane en conséquences.

Si vous êtes en Union Européenne, vous n’aurez pas de frais de douane pour un colis provenance d’un autre pays de l’UE. Cela dit, vous trouverez aussi beaucoup d’annonces provenant des Etats-Unis, mais surtout du Japon (surtout si vous cherchez des appareils en parfait état).

J’ai personnellement acheté la plupart de mes appareils à des vendeurs professionnels japonais, et j’ai toujours été très content. Par contre, il faut évidemment prévoir un délai conséquent (2-3 semaines en temps normal), et des frais de douane tout à fait significatifs.

Vous pouvez utiliser le calculateur du blog de Julien Delmas pour prévoir vos frais de douane.

(dans la case “pourcentage des droits de douane“, vous pouvez mettre 0% dans le cas du matériel photo, c’est toujours ce qui a été appliqué sur mes commandes. Par contre, vous êtes bons pour 20% de TVA !)

Personnellement, j’aime donc beaucoup eBay pour faire mes achats : j’explore parfois le Bon Coin au cas où, mais globalement ça ne me sert pas beaucoup.

Comment bien rechercher ?

Ca peut paraître bête, mais pensez à bien rechercher les différentes variantes possibles du nom de la marque (par exemple Fuji / Fujica / Fujifilm selon l’époque et les modèles), du nom de votre appareil (Ricoh GR3 ou Ricoh GR III), avec ou sans espace, etc.

Sur eBay la recherche corrige parfois toute seule, et les vendeurs pros mettent toutes les variantes, mais vous pourriez passer à côté d’un particulier qui n’y a pas pensé et a tapé le mauvais nom.

Pour déterminer le prix, pensez à regarder les ventes réussies récemment. Il suffit de faire une petite opération dans la recherche :

Quels sont les critères à vérifier ?

Evidemment, ce sont des appareils d’occasion, donc il faut vérifier quelques petites choses avant d’acheter. Beaucoup de vendeurs pros vont les préciser dans le texte de leur annonce, mais sinon, n’hésitez pas à les demander :

  • Est-ce qu’il y a des champignons dans l’objectif ? (si oui, fuyez)
  • Est-ce que la mesure est fonctionnelle et fiable ? (s’il y en a une bien sûr)
  • Est-ce que l’appareil a été testé récemment avec une pellicule pour voir s’il y avait des fuites de lumière ? Ou est-ce que les mousses ont été changées ?
  • Est-ce que le film avance bien ?
  • Est-ce que les vitesses sont justes ? (avec le temps, elles peuvent se bloquer)

A part ça, un point contre-intuitif : un appareil qui n’a “jamais servi”, ce n’est pas forcément un bon point. Ce sont des objets souvent très mécaniques, et les pièces ne sont pas prévues pour ne pas bouger pendant de longues périodes. Donc demandez s’il a été testé.

Même si personnellement j’aime bien recevoir un appareil tout propre, dans la pratique les poussières ce n’est pas très important. Vous pourrez sans trop de souci nettoyer votre appareil, d’autant plus qu’il n’y a pas de souci de poussière sur le capteur avec un appareil argentique 🙂

Pour aller plus loin

On arrive à la fin de ce gros dossier sur le choix d’un appareil argentique. J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle :

  • La bonne, c’est que vous avez maintenant une bonne connaissance de ce qui existe, de vos choix, et que vous allez pouvoir choisir correctement ;
  • La mauvaise, c’est que ce n’est pas tout à fait fini : si vous avez des critères précis, il vous faudra sans doute faire davantage de recherches pour préciser votre sélection.

En effet, comme je l’ai dit au début, cet article n’a pas pour vocation à être exhaustif. D’autres font mieux que moi sur le matériel.

Je vais donc vous donner mes sources préférées d’information, en français comme en anglais :

  • 🇫🇷Benber, qui vous propose à la fois des tests de beaucoup d’appareils souvent pas chers, des sélections d’appareils par catégorie pour aller plus loin que ce que j’ai pu faire ici, et une sélection quotidienne de bons deals sur eBay (s’il l’affiche, c’est que le prix est raisonnable). Merci à lui pour avoir relu cet article et fait les tableaux de tous les modèles présentés 🙂
  • 🇫🇷Film is Undead, qui propose quelques tests d’appareils photos intéressants.
  • 🇫🇷35mm compact, qui a beaucoup d’infos malgré son design un peu daté 🙂
  • 🇫🇷Lumières en boîte dans le même ordre d’idée.
  • Je ne peux pas ne pas citer les deux wikis photo argentique que sont 🇺🇸Camera-wiki.org et 🇺🇸Camerapedia évidemment.
  • 🇺🇸35mmc qui est une excellente ressource de tests poussés d’appareils (catégorie “review” dans le menu).
  • 🇺🇸Emulsive qui en regorge également.
  • Et enfin 🇺🇸The Phoblographer qui ont quelques articles sympas (mais ils ne parlent pas que d’argentique).

Voilà ! On arrive au bout de ce gros morceau, j’espère que ça vous aura aidé à trouver votre bonheur dans la jungle des appareils argentiques. Si vous avez des questions, posez-les en commentaire, et la prochaine fois que vous voyez quelqu’un se demander comment choisir, vous pouvez lui partager ce lien 🙂

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22 commentaires
  1. Bonjour Laurent,
    Bravo pour ton travail que ce soit en numérique ou en argentique. A ce sujet j’ai une question. On vient de me prêter un Rollei sans cellule et je cherche une app pour Androïd qui jouerait ce rôle, et je voudrais bien que cette app s’utilise aussi comme un spotmètre. On m’a déjà conseillé light meter. Sur google play il y en a plusieurs avec le même nom. J’en ai essayé quelques unes mais ne trouve pas la bonne apparemment. Si tu connaissais et pouvais m’aider, ça me serait très utile. Je t’en remercie par avance.

  2. Bonjour Laurent,
    Bravo pour cet article très complet!
    J’ai relevé une erreur dans le prix du Minox 35GT. La fourchette de prix n’est certainement pas de 1300-2000€. Il doit y avoir un zéro en trop! (Et encore…). C’est un très bel appareil avec un superbe objectif. Toutefois, il a la réputation d’être fragile.
    Parmi les appareils moyen format, il y a une gamme dont tu ne parles pas. Il s’agit des foldings 6×6 de type Agfa Isolette. Repliés, ils sont deux fois plus compacts qu’un TLR; avec la même qualité optique. Certains sont même équipés d’un télémètre (le plus souvent non couplé il est vrai). Pour ces raisons, ils sont très recherchés surtout en Allemagne, aux USA, en Grande-Bretagne,… Mais bizarrement pas en France (ou en Belgique).
    Bonne journée.
    François.

  3. Bonjour,

    Le format 35 mm est un format de cinéma en photo on parle de film 135 mm avec des formats différents 24×36 le plus courant , le 18×24, le format du X.PAN de chez Hasselblad, 24×64 ( de mémoire) et le format panoramique 24×72.
    C’est une erreur malheureusement fréquente même sur certains sites de vente.
    Sinon article qui peut aider les débutants dans leur choix.
    Bonne Journée

  4. Bonjour,

    Article très complet, aucune marque n’a été oubliée. Perso j’ai commencé la photo en1973 avec un Olympus OM1, que j’utilise encore quelques fois, mais j’ai des soucis de mise au point avec l’âge…
    Pour ceux que ça intéresse le site Lomography propose des pellicules 35mn, 120, 110mm (la boutique https://shop.lomography.com/fr/films) et propose également le développement avec différentes options (https://shop.lomography.com/fr/services/lomolab-services-europe/)

  5. Wow, ça c’est un article exhaustif ! Juste peut-être une petite mention du Konica Hexar Af pour, entre autre, son objectif au rendu très “Leica summicron” (mais, je ne suis pas totalement objectif, c’est mon compagnon de tout les jours…) et complètement OUI pour le Pentax 67 !
    Un super article, merci !

  6. Bonjour,

    J’utilise un Voigtlander Bessa L argentique pour faire du sténop. En numérique, un Fujifilm X10 comme appareil de poche et un Fujifilm X-T30 récent dont je découvre les fonctionnalités.

    Cette recherche permet à tout un chacun de faire son propre choix et comme le dit Laurent, un appareil pour chaque type de photo, voilà la formule. Bien comprendre ce que l’on veut faire et dans quelle situation permet d’avoir l’outil qui va bien.

  7. quel travail de recherche pour ce dossier complet si l’on peut l’être dans ce vaste domaine. J’ai longtemps utilisé certains de ces appareils argentiques et j’en garde une certaine nostalgie d’utilisateur, notamment sur les aides à la mise au point qu’ils nous offraient. Je suis content de retrouver toutes ces marques avec des noms parfois ( souvent ) passé dans l’oubli du temps. Nous fera tu quelques dossiers sur le développement des négatifs/diapos et les tirages papiers de la même manière ?

    1. Oui, il y a un article à venir sur les différences argentiques/numériques, puis un sur le choix de la pellicule, puis le développement, le scan, et enfin le tirage. Un gros programme en perspective, qui mettra sans doute quelques mois avant d’être complètement publié 🙂

  8. En moyen format , la marque Sem , bi objectif similaire aux Rolleiflex dans leur exécution « Semflex » ont une optique de grande qualité et on les trouve à prix doux.
    Le zorki possède une gamme d’optiques de qualité bonne à excellente à prix tout doux .
    En telemetrique penser à la gamme foca .
    Nikon le nikkormat ft3 .

  9. Merci pour cet article très complet et très intéressant bien que je ne suis pas à la recherche d’un appareil car sentimentalement et puis vu le prix dérisoire à la revente j’avais conservé le mien. Il s’agit d’un Nikon F401s avec 2 objectifs NIKKOR AF un 35-70mm 3.3-4.5 et un 70-210mm 4-5.6. Quel est ton avis sur ce matériel. Merci pour ta réponse.

  10. Bonjour
    Quel travail !
    J’ai possédé un Canonet 28 que j’ai gardé plusieurs années
    Donné à mon frère qui l’a utilisé longtemps
    Ensuite j’ai acheté le Canon A1 que j’ai toujours mais que je n’utilise plus avec objectif FD 28 mm, FD 50 mm et FD 135 mm
    Ils étaient d’une qualité unique
    Beaucoup de photos en diapositives
    J’ai terminé en photos papier
    Puis je suis passé au numérique avec l EOS 300D puis l EOS 600D et maintenant l EOS 760D
    Je suis absolument étonné par cet incroyable travail de recherche et cette synthèse
    Félicitations
    Ensuite je suis

  11. Très bel article qui me plonge dans le passé. une petite précision : si le 6×6 est un format carré, sa sa déclinaison 6×4.5 est au rapport 4/3… Et sur un Rolleiflex, avec l’habitude (ou des petits caches sous le dépoli) on cadre facilement V/H en 6×4.5.

    1. Ah oui tout à fait, on peut toujours tricher un peu bien sûr 🙂 Là je ne parle que des possibilités “normales” de l’appareil, après il y a plein de détournements possibles, c’est aussi ça qui est marrant avec l’argentique d’ailleurs !

  12. Super article, merci pour ce partage.
    Perso j’ai encore mes appareils argentiques, dont deux qui viennent de mes parents.
    – Minolta Hi-Matic AF, premier appareil autofocus sorti dans les années 70
    – Praktica MTL-3 avec ses objectifs, dont certains de la marque Jupiter que j’utilise de temps en temps sur mon appareil numérique. Cet appareil tout en métal est lourd, mais respire la robustesse. En plus il est visuellement magnifique.
    – Praktica B200. Premier reflex compact de la marque, et le premier à utiliser les nouvelles baïonnettes.
    – Un Canon T60 avec des objectifs de marque Sigma, mon premier appareil acheté d’occasion avec mon argent de poche d’étudiant
    – Un Canon T70.

    J’ai également un vieux projecteur de diapos des années 70 qui fonctionne parfaitement, et revoir ces diapos de mon enfance est absolument géniale. Il y a quelque chose d’authentique que je ne retrouve pas dans le numérique.
    Pour finir, sur mon appareil numérique, j’utilise de temps en temps de vieux objectifs Jupiter, Pentakon, Porst, etc… avec une bague adaptatrice. Ca offre de nombreuses possibilités de créativités, notamment à cause des lentilles, mais également des lamelles, qui jouent sur le flou d’arrière plan. Ca change selon le nombre de lamelles et les possibilités sont intéressantes. Et la qualité de certaines de ces vieilles lentilles n’a rien à envier à celles d’aujourd’hui.

  13. Bonjour Laurent et bravo pour cet article très complet qui m’a rappelé des lointains bons souvenirs …
    Mon premier appareil argentique était un Nikon EM avec priorité ouverture avec lequel j’ai commencé la photo conseillé par mon frère jumeau mais après cambriolage de mon appart il a été volé !
    A cette époque mon frère jumeau, qui m’a amené à la photo, avait un Minolta SRT101 remplacé par un X 700 après avoir, lui aussi, été cambriolé …
    Mon 2° était un Minolta XD7 avec zooms 35-80 et 80-200 qui était priorité vitesse ou ouverture dont j’étais très satisfait mais lui aussi m’a été volé après 2° cambriolage de mon appart …
    Pour partir en voyage, pour avoir moins de poids à trimbaler, j’avais un Olympus XA qui était très pratique et donnait de bons résultats.
    Mon dernier argentique, après 3° cambriolage de mon appart, a été un Canon EOS 1000 avec zooms 35-80 et 80-200 qui ne m’a jamais satisfait les zooms Canon n’étant pas de bonne qualité, et de plus, au bout de x déclenchements l’obturateur ne fonctionnait plus (l’obsolescence programmée commençait) mon frère a eu la même panne avec le modèle suivant l’eos 1000.

    Ton article m’a ramené en arrière et m’a fait prendre conscience des progrès énormes qui ont été faits sur les appareils numériques depuis cette époque !
    Mon premier apn était un Minolta Dimage Z3 qui avait, je crois me souvenir, 4 Millions de pixels ce qui était très bien à l’époque mais très loin de ce qui se fait aujourd’hui …

    Merci de m’avoir fait revenir dans le lointain passé.

    Cordialement

    Gérard

  14. Trés bel article qui me rappelle ma jeunesse.J ai quelques vieux appareils argentiques mais je ne m en sers plus car je me trouve en zone rurale et on ne trouve plus de pellicules,ni de labos et c est bien dommage aussi les petites boutiques ont disparu.J ai posséde un reflex avec objectif fixe,mais on pouvait visser des compléments optiques pour changer la focale.Mais ce que j aimais bien c est qu il avait une visée reflex couplée avec un télémétre.Je ne me souviens plus de la marque,mais c était un super appareil bien qu il était entiérement manuel,n avait pas de cellule et la vitesse d obturation se limitait au 1/500 de seconde.Ceux qui n ont jamais gouté aux joies de l argentique devraient essayer au moins une fois

    1. Effectivement dans les grandes villes les magasins argentiques peuvent fonctionner avec la population, mais dans les campagnes ça ne marcherait pas. N’abandonne pas complètement cela dit, tu as l’option de. développer toi-même ou d’envoyer à un labo, il y en a pas mal qui prennent le développement par correspondance, notamment mon labo lillois, Photolix 🙂

  15. Merci, j ai appris pas mal de choses. L argentique m attire bcp, notamment pour le côté exclusif et rétro de la discipline. Je pense que je vais m y intéresser de plus près en embarquant un appareil lors d un prochain travail, histoire de tester et voir le résultat.