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Quel filtre photo choisir ? Tout sur les filtres UV, polarisant, densité neutre (ND), …

L’utilisation d’un reflex numérique implique souvent l’achat de divers accessoires plus ou moins utiles. Seulement, devant la jungle des possibilités qui s’offrent à vous, il est parfois difficile de s’y retrouver. Un point sur les filtres, éléments qui se placent devant la lentille de l’objectif afin de créer des effets particuliers.

En photographie argentique, les filtres sont nombreux et diversifiés, et souvent très utiles afin de corriger certains problèmes techniques ou de créer des effets particuliers, notamment les filtres colorés en photo noir et blanc (par exemple pour assombrir le ciel).

Seulement aujourd’hui, ces effets peuvent être reproduits grâce aux nombreux logiciels de retouche photo existants, et sont donc devenus inutiles. Cela dit, il reste quatre types de filtres qui peuvent être utiles même en photographie numérique.

Epinglez cet article sur Pinterest pour le consulter dans le futur !

Juste avant de revenir sur chacun de ces filtres, il me semble utile de préciser deux points essentiels en préambule :

  • quel que soit votre objectif, vous pouvez placer dessus un filtre de n’importe quelle marque, tant qu’il est du même diamètre que l’optique (qui est indiqué dessus, ou dans les caractéristiques techniques de votre objectif). Vous pouvez également utiliser des bagues d’adaptation pour placer des filtres d’un grand diamètre (77 mm par exemple) sur des objectifs plus petits (52 mm de diamètre par exemple). Ceci vous évitera donc d’acheter un filtre pour chacun de vos objectifs, en particulier en ce qui concerne les filtres coûteux 😉
Bague adaptation filtre photo
Des bagues d’adaptation vissées les unes aux autres

Note : Les objectifs avec une lentille frontale bombée sont les seuls à ne pas accepter de filtre vissant (Nikon AF-S 14-24 mm f/2.8G ED ou le Canon EF 11-24 mm f/4L USM). Mais ils ne sont pas nombreux, donc cela ne vous concernera probablement pas.

  • Il est important de ne pas lésiner sur la qualité du filtre : en effet, il se place entre votre objectif et la lumière. Il peut donc dégrader l’image de façon visible s’il est de mauvaise qualité. A l’inverse, il serait évidemment peu judicieux d’investir dans des filtres de très haute qualité pour les placer sur l’objectif du kit, qui coûterait alors moins que le filtre 😛. On y revient dans la suite.
filtre photo reflets qualité
A gauche, un filtre de basse qualité, bourré de reflets. A droite, un filtre haut de gamme qui garantit de ne pas créer de reflets !
Licence CC BY-NC-SA Eric Tastad

Note : il s’agit d’un article générique sur les filtres photo. Pour plus de détails, notamment sur comment choisir vos filtres, vous pouvez aussi lire les articles dédiés sur les filtres polarisants et les  filtres ND.

Découvrons ensemble les 4 filtres qui peuvent être utiles en photographie numérique :

Le filtre de protection neutre, ou filtre UV

C’est le filtre le plus connu, dont vous avez peut-être déjà entendu parler. En fait, je devrais plutôt dire LES filtres, car il s’agit bel et bien de deux filtres différents. C’est important pour la suite, donc je vous fais un petit aparté.

Filtre de protection neutre et filtre UV, c’est pareil ?

Au temps de l’argentique, le filtre UV étaient utilisés pour bloquer les rayons ultraviolets qui donnaient une dominante bleue aux photos.

En numérique c’est différent : les capteurs ne sont pas autant sensibles aux UV que les films argentiques, et tous les objectifs modernes sont traités contre les UV, si bien que l’intérêt d’utiliser un filtre UV pour obtenir des couleurs fidèles en numérique est vraiment devenu anecdotique.

Retenez donc qu’en numérique, les filtres UV et les filtres de protection neutre remplissent désormais la même mission : protéger la lentille frontale de votre objectif.

Vous entendrez probablement que le filtre UV permet également de réduire le voile atmosphérique (à la mer ou à la montagne). Franchement, je n’ai pas observé aucun effet notable à des altitudes inférieures à 5000m (c’est à priori là où on prend la majorité de nos photos si vous êtes un terrien comme moi 🙂). Alors il y a peut-être un effet à 8000m, et encore ! Ce qui est absolument sûr, c’est que le filtre polarisant est bien plus efficace pour réduire le voile atmosphérique que le filtre UV (patience, on y revient dans la suite).

Un filtre UV / de protection dégrade-t-il l’image ?

Il n’a théoriquement aucun effet sur l’image et ne sert qu’à protéger la lentille d’éventuels dommages (sable, gouttes d’eau, chocs etc…).

Cela dit, j’ai déjà constaté (rarement) des dégradations dans l’image à cause d’un filtre UV: la création d’un petit halo vert quand on vise directement une petite source lumineuse (un petit lampadaire au loin par exemple). Comme vous pouvez le voir ci-dessous, dans ces conditions particulières, l’image a aussi un léger voile.

(vous pouvez cliquez sur les images pour les agrandir et mieux voir l’effet)

Voici la photo prise avec un filtre UV (un Hoya de bonne qualité pourtant) : on constate deux petits halos verts en haut de l’image, à gauche de l’église. Probablement des reflets des 2 lampadaires en bas. L’image présente aussi un léger voile.
Même scène juste après avoir enlevé le filtre : les reflets verts et le voile sont partis !

Depuis, je préfère utiliser des filtres de protection neutre plutôt que des filtres UV, et je vous recommande de ne pas acheter de filtre UV.

En fait, il faut comprendre que chaque objectif est conçu pour produire sa qualité d’image optimale SANS filtre, donc logiquement, sa présence va forcément diminuer cette qualité (même si c’est de manière imperceptible !).

Cette dégradation se produit surtout quand on a une source lumineuse ponctuelle dans le viseur (lampadaire, soleil, etc). Le phénomène optique associé s’appelle le flare. Il a deux effets :

  • La présence de halos lumineux (des cercles lumineux colorés plus ou moins larges sur votre image)
  • Un effet de voile. C’est une perte de contraste sur votre image.

J’avais fait une vidéo pour vous expliquer le phénomène de flare en détail, et comment l’éviter (au passage abonnez-vous à la chaîne😀).

Mais gardez en tête que ces phénomènes ne vont pas se produire à chaque fois que vous visez une source lumineuse, et dans tous les cas l’effet sur l’image n’est généralement pas catastrophique 🙂  Soyez simplement vigilants à la prise de vue avec des lumières en face de vous !

Parfois, cet effet peut être recherché volontairement dans le rendu de l’image. Vous avez forcément déjà vu un film où on voit ce flare de la caméra.

Donc le flare n’est pas forcément un défaut de l’image, contrairement à une tâche sur le capteur par exemple. Personnellement ça ne me dérange pas plus que ça quand je ne peux pas l’éviter.

Exemple de flare volontaire
Lens Flare volontaire dans le film Birdman de A. G. Iñárritu (2014)

Comme souvent, c’est la dose qui fait le poison, ça peut devenir cliché s’il est utilisé systématiquement dans une série images (M. Michael Bay doit avoir les oreilles qui sifflent en ce moment !)

Maintenant que nous avons vu l’effet potentiel d’un filtre sur vos images, on va voir dans quels cas leur utilisation est justifiée !

Quand utiliser un filtre de protection ?

Je vous préviens, les filtres de protections sont un sujet controversé parmi les photographes (ça déchaîne à peu près autant les passions que le sujet Mac vs PC, voyez-vous 😆)

Faut-il mettre systématiquement un filtre de protection devant vos objectifs ?

Filtre de protection neutre
Dans ce genre de situation, vous serez sans doute bien contents que le filtre prenne tout à la place de l’objectif ! Licence CC BY-NC-ND Daniel Gasienica

Comme souvent, il s’agit d’un compromis. Il va dépendre de vous (de votre aversion au risque^^) et de votre environnement photographique.

C’est vrai qu’il n’est pas idiot de concéder une petite baisse de qualité d’image pour économiser potentiellement des centaines ou des milliers d’euros si vous abimez une lentille frontale ?

Pour vous parler de ma pratique personnelle j’en mets un uniquement dans des situations un peu « casse-gueule » :

  • En safari, car il y a souvent de la poussière
  • En bord de mer, à la plage, où l’air salin et le sable peuvent agresser le traitement des lentilles
  • Quand je dois porter l’appareil longtemps (par exemple en randonnée), je n’utilise pas de pare-soleil pour rendre l’appareil plus compact. Le filtre de protection me permet de ranger l’appareil sans bouchon d’objectif dans le sac et ainsi d’être plus réactif sur le terrain.

Vous m’avez compris, je vous conseille de ne pas trop être paranoïaque non plus.  Ce que je veux dire, c’est que si vous travaillez dans des conditions où il n’existe presque aucun risque de dommage à l’appareil (en studio, dans la rue, pour des portraits en intérieur, pour des paysages), il est inutile de placer un filtre de protection devant la lentille.

Comment choisir un filtre de protection ?

Si vous décidez d’utiliser un filtre de protection, il est important de ne pas lésiner sur sa qualité.

Un bon filtre de protection n’est pas un simple morceau de verre. C’est un verre de qualité optique, comme les lentilles qui composent vos objectifs. Concrètement, voici les caractéristiques à regarder pour le choix d’un filtre :

  • Un verre de qualité optique (oui, je viens de le dire ^^)
  • Le traitement multicouche (souvent désigné par l’abréviation MC), qui permet de limiter un maximum les dégradations optiques comme le flare.
  • Des traitements spécifiques du verre (hydrophobe, oléophobe, anti-tâche, anti-statique, anti-rayure), pour faciliter le rendre plus résistant et faciliter le nettoyage avec un tissu, mais c’est facultatif.
Explication traitement hydrophobe
Licence CC BY-SA 2.0 – Matt

Un traitement hydrophobe/oléphobe du filtre signifie que les gouttelettes d’eau/d’huile ne vont pas s’étaler sur la surface, mais rester délicatement posées comme la rosée du matin 🙂 Cette propriété rend le nettoyage du filtre très facile.

La bonne nouvelle c’est que pour les filtres, on en a généralement pour son argent. Certains disent que pour un vélo, le prix d’un bon antivol est égal à 10% du prix du vélo 🙂 Pour les filtres c’est un peu la même idée (si vous avez un objectif à 2000 euros, vous n’êtes pas obligé de dépenser 200 euros, mais 20€ c’est peut-être un peu juste !)

Dans tous les cas, choisissez au moins du milieu de gamme en investissant dans des marques de confiance comme Hoya (gamme Pro1) ou B+W, qui semblent faire l’unanimité concernant la qualité de leurs filtres. Dans le haut de gamme, je vous conseille la gamme Hoya HD.

Le filtre polarisant

Contrairement au filtre de protection ou au filtre UV, le filtre polarisant modifie l’image. Ce qui est intéressant, c’est que ces modifications ne sont pas reproductibles sur ordinateur, d’où l’intérêt de l’utiliser. Que fait donc ce filtre ?

Les effets du filtre polarisant

Je vais vous en citer trois, mais ils sont en réalité tous une conséquence du premier :

  • Le filtre polarisant élimine les reflets sur toutes les surfaces, sauf les surfaces métalliques.
    Plus précisément, mais rentrer dans des détails inutiles, la lumière qui se réfléchit sur une surface et nous éblouit a une caractéristique particulière : on dit qu’elle est polarisée. Le filtre polarisant ne laissera pas passer cette lumière polarisée. Logiquement, le capteur de notre appareil verra donc la vraie couleur de la surface, au lieu du reflet éblouissant !

    Ce filtre se révèle donc utile pour photographier de l’eau (rivière, lac) en évitant que les reflets dominent l’image. Mais il n’y a pas que l’eau qui réfléchit la lumière : ce filtre peut en réalité être utile sur quasiment tous les sujets (notamment végétation, peau). En effet, en empêchant la réflexion de la lumière, il permet de révéler les vraies couleurs, bref il augmente la saturation des couleurs : les couleurs « pètent » plus, si vous préférez. C’est particulièrement visible sur de la végétation en automne : les feuilles sont à la fois humides et colorées : elles deviendront vraiment flamboyantes avec le filtre polarisant.
Exemple d'effet d'un filtre polarisant
Exemple de l’effet d’un filtre polarisant sur la photographie d’un cours d’eau : étonnant non ?
Licence CC BY-SA Aidan Wojtas
  • Il réduit le voile atmosphérique (la brume qui nous empêche de voir net les paysages lointains).  Ce voile vient des poussières contenues dans l’air qui réfléchissent la lumière. Le filtre polarisant, en supprimant ces reflets, donne plus de contraste et de netteté au paysage lointain.
Suppression du voile atmosphérique filtre polarisant
Dans cet image, le filtre polarisant a permis de révéler la texture complexe des falaises au loin. Licence CC BY-2.0 Sam Valadi
  • Il assombrit les ciels très lumineux (quand il fait beau), et permet ainsi d’augmenter le contraste entre le ciel et les nuages, ou d’éviter que le ciel soit sur-exposé en été. Vous vous êtes toujours demandé comment le ciel pouvait être d’un bleu aussi profond sur certaines images ? Et bien c’est grâce à un filtre polarisant !
Assombrissement ciel filtre polarisant
Le ciel peut devenir très sombre quand on règle la polarisation au maximum !
Licence CC BY-NC-ND 2.0 Franek N
  • Il assombrit légèrement l’image. Ce n’est pas très important, et ce léger écart est rattrapé par l’appareil en mode semi-automatique. Dans le pire des cas, vous pouvez toujours augmenter légèrement l’exposition en post-traitement. Mais il faut le savoir 😉
Filtre polarisant
Les deux bagues du filtre polarisant : une crantée pour visser sur l’objectif, et celle du dessus pour régler l’effet polarisant

Ce filtre est constitué de deux bagues : l’une qui se fixe à l’objectif, et l’autre que vous faites tourner pour éliminer plus ou moins les reflets. Vous pouvez voir directement le résultat en regardant dans le viseur, à vous de choisir le réglage optimal !

Comment choisir et utiliser un filtre polarisant ?

L’achat d’un polarisant est un investissement, et il est donc conseillé d’en acheter un correspondant au plus grand diamètre parmi vos optiques, et d’acheter des bagues d’adaptation pour les autres diamètres, ce qui évite d’en acheter trois différents (votre banquier vous remerciera :D).

Comme pour le filtre de protection, prenez au moins du milieu de gamme, comme la gamme PRO1 de chez Hoya. Pour plus détail sur le choix d’un filtre polarisant, et des exemples d’utilisation classiques, je vous ai préparé un article dédié.

Le filtre de densité neutre ou filtre ND

Filtre de densité neutre
Licence CC BY-NC-ND Shereen M

Aussi appelé filtre ND (comme « Neutral Density » en anglais), ce filtre a un effet simple : il assombrit nettement l’image.

Alors vous allez me dire : « on se bat tout le temps avec la lumière pour avoir des photos bien exposées, on achète même des objectifs plus lumineux pour faire face aux situations de faible lumière, alors pourquoi diable voudrait-on assombrir l’image ? »

Tout d’abord, rappelez-vous des articles sur l’exposition et ses trois paramètres fondamentaux : l’ouverture, la vitesse d’obturation et la sensibilité ISO.

Maintenant imaginez que vous soyez dans une situation très lumineuse pour une fois. Vous utilisez un trépied et avez envie de capter un mouvement (un train qui passe admettons) : vous réglez donc une vitesse d’obturation lente. Pour compenser, l’appareil ferme donc le diaphragme afin que la photo ne soit pas surexposée. Sauf que l’arrière-plan est moche (après tout vous êtes sur une voie ferrée :P), et vous voudriez donc utiliser une profondeur de champ réduite pour le flouter : mais il faudrait pour cela ouvrir le diaphragme.

Bref, dans cette situation, il faut faire un choix entre capter le mouvement (grâce à une vitesse d’obturation longue), ou une profondeur de champ réduite (grâce à une grande ouverture).

Sauf si vous assombrissez grâce à ce filtre de densité neutre. C’est logique : si vous assombrissez, vous pouvez à la fois utiliser une grande ouverture et une faible vitesse d’obturation, et tout ça sans surexposer l’image.

La plupart du temps, ce type de filtre est utilisé en pose ultra-longue (supérieure à 30 secondes), qui donne un rendu très particulier et lisse l’eau ou les nuages par exemple. C’est un indispensable pour cette discipline !

Photo paysage pose longue filtre nd 1000
Voici le rendu que vous pouvez obtenir avec une pose de 50 secondes !

C’est donc un filtre qui peut vous sauver la mise dans cette situation bien particulière, et donc très spécifique : vous ne le sortirez pas tous les jours ! Il est donc évident que ça ne doit pas être votre priorité d’achat 😉

Je ne vous ai donné ici qu’un exemple (un peu spécifique, je vous le concède !) Pour avoir d’utilisations classiques du filtre ND et savoir comment le choisir, je vous renvoie vers mon article dédié sur le sujet !

Le filtre dégradé neutre ou filtre GND

L’idée de ce dernier filtre, aussi appelé GND (Gradual Density Filter) est d’appliquer un filtre ND à une partie de l’image seulement. Donc sur le même filtre, vous allez avoir une zone filtre ND (sombre) et une zone filtre de protection neutre (claire). Comment est-ce possible ? Grâce à une zone de de transition plus ou moins progressive, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Filtres GND à transition soft et hard
Un filtre GND à transition douce (soft GND), et un GND à transition dure (hard GND)

Quand utiliser un filtre GND ?

Puisque vous êtes un élève modèle sur le blog, vous savez qu’il faut exposer une photo à droite. Cela va vous permettre d’enregistrer le maximum d’informations dans les hautes et les basses lumières sur le capteur de votre appareil.  

Si je parle actuellement mandarin, jetez un coup d’œil à cet article avant de poursuivre 🙂

Il arrive, quand la dynamique de votre scène est très grande (quand il y a des grands écarts de luminosité entre les tons clairs et les tons sombres de votre image), que vous ne puissiez pas garder tous les détails dans les tons sombres malgré l’exposition à droite.

Ça peut être le cas typiquement en photo de paysage, entre le ciel lumineux, et le reste du paysage plus sombre. Une solution est alors de réduire la dynamique de votre scène en utilisant un filtre GND.

En plaçant la partie sombre sur la zone claire, vous allez l’assombrir, et ainsi réduire la dynamique de votre scène.

Vous avez en gros deux cas de figure, selon la forme de la ligne de séparation entre la zone claire et la zone sombre :

  • Si elle est rectiligne (exemple typique : l’horizon en bord de mer), vous utiliserez un filtre GND à transition dure (GND hard)
Exemple d'horizon rectiligne en bord de mer
Licence CC BY-SA 2.0 – Dino Quinzani
  • Si elle est plus irrégulière (exemple typique : en montagne), vous utiliserez un filtre GND à transition douce
Exemple d'horizon non-rectiligne en montagne
Sur l’île de Skye – CC BY-NC 2.0 – Neil Howard

Un filtre dégradé neutre est-il encore utile en photo ?

Je ne vais pas faire semblant : je n’utilise presque jamais de filtres dégradés neutre dans ma pratique pour plusieurs raisons :

  • Les capteurs modernes d’appareil photo ont fait beaucoup de progrès ces dernières années en termes de dynamique, si bien qu’on peut le plus souvent récupérer les ombres et les hautes lumières à condition de bien exposer à droite et de photographier en format RAW. Et si jamais un morceau de rocher est noir, un peu bouché dans les ombres, est-ce que ça va changer radicalement l’histoire de ma photo ? Nope. D’ailleurs, j’ai fait un petit mensonge, car la photo de l’ile de Skye au-dessus a été faite sans filtre GND, malgré sa forte dynamique 😉
  • Certes, construire sa photo sur le terrain plutôt que derrière un ordinateur est une philosophie noble (je suis un fervent défenseur de l’argentique, donc pas besoin de me convaincre), mais l’effet du filtre GND est irréversible sur une photo, alors qu’un filtre gradué sur Lightroom peut être retiré en un clic.
  • Un filtre dégradé neutre s’utilise typiquement avec un porte filtre, et je trouve que cela trop encombrant en voyage. De plus, ça prend un certains temps à mettre en place, donc souvent réservé pour des photos de paysage pures (et j’en fais un peu moins qu’à une époque).

Néanmoins, si vous avez envie de vous faire votre propre avis, j’ai fait un paragraphe sur l’utilisation et le choix des filtres GND dans mon article sur les filtres ND 🙂

Voilà donc pour les 4 filtres qui peuvent être utiles en photographie numérique. Le filtre polarisant est sans doute le plus indispensable de tous, le filtre de protection ne servant que dans des situations à risque, et le filtre de densité neutre étant réservé à des situations très spécifiques. Pour le GND, c’est une affaire de goût je crois !

Un dernier petit mot pour finir, un peu plus philosophique. On me pose souvent la question « quel filtre dois-je utiliser dans telle ou telle scène ? » A mon humble avis, ce n’est pas la bonne question 🙂

Sachant que les filtres vont changer l’exposition, le contraste, la saturation et/ou l’exposition de votre image, posez-vous plutôt la question « est-ce que cet effet va être cohérent avec mon propos dans cette photo, et renforcer ce que je veux exprimer ? »  Car comme dirait mon ami David duChemin, être photographe, c’est faire des choix !

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous, et pensez à vous abonner à la newsletter pour être au courant des prochains articles qui vous feront économiser des sous ! 😀

Et n’oubliez pas de partager l’article ! 🙂

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368 commentaires
  1. compréhensible, direct on ne se perd pas dans les détails inutile tout en faisant la part des chose. J’adore votre approche. J’ai fait beaucoup de photo il y a 30 ans puis j’ai arrêté. Je reprends maintenant mais en numérique et je ne connais pas l’impact sur ,es anciens repère.

  2. Merci pour cet article super intéressant !!!

    Le filtre polarisant protège t il aussi efficacement que le filtre UV dans les situations à risques ? ( chute glissade en court de rando, sable etc..)
    Merci

  3. Merci pour l’article et les conseils !
    Un filtre polarisant peut-il faire fonction de filtre de protection ? Par exemple, si l’on utilise le polarisant de façon régulière, voire constante (même dans des situations plus risquées), peut-il aussi protéger la lentille ? Ou faut-il utiliser un filtre de protection neutre, dans ce cas-là ?
    Merci d’avance 🙂

    1. j’ajouterai qu’à le laisser en permanence sur l’objectif cela vous poussera à le régler constamment et à perdre beaucoup de lumière.

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