Peut-on juger une photo ? (et comment)

24 février 2016

Suite à la vidéo de mon petit coup de gueule, il y a eu beaucoup de réactions, et aussi quelques questions intelligentes. J’y disais qu’il ne fallait pas juger trop rapidement les images, et aussi ne pas hésiter à expérimenter. Certains se sont posés la question de savoir si l’expérimentation permettait de justifier tout et n’importe quoi, et d’autres s’il était possible de dire d’une photo qu’elle est bonne ou mauvaise. Ce qui se résume finalement à : « peut-on juger l’art ? »

Ouais, je sais, je vais encore écrire un article philosophique. Mais que voulez-vous, je ne peux pas m’en empêcher 😀

Avant de commencer, je tiens à préciser que cet article reflète juste ma vision et mon opinion sur un sujet complexe, qui n’a pas de réponse définitive, et se veut surtout une occasion d’ouvrir le débat. Donc n’hésitez pas à commenter, même pour me contredire, mais en construisant un peu votre réflexion s’il vous plaît 🙂

Peut-on dire d’une photo qu’elle est mauvaise ?

Dans ma vidéo, je disais de ne pas juger trop rapidement, et de ne surtout pas avoir le réflexe de juger « c’est flou, donc c’est mauvais ». Il faut s’arrêter devant la photo, et réfléchir à la démarche du photographe, à ce que ça exprime, à ce que ça nous fait ressentir.

Du coup, certains d’entre vous ont posté des commentaires disant plus ou moins qu’il n’y avait pas de bonne ou de mauvaise photo, car elles expriment toutes la vision de l’artiste. Et ça sonne plutôt vrai au premier abord : on peut ne pas comprendre une vision, ou ne pas en aimer le résultat, mais d’autres ont sans doute un avis différent, et personne n’a raison ou tort. Ce sont des jugements différents sur une même œuvre, qui n’ont pas une valeur différente.

Le problème de cette hypothèse, c’est que si je suis d’accord, je dois immédiatement arrêter de critiquer les photos de mes élèves (et ils ne vont pas être contents :P).

"What ? Tu veux arrêter les critiques photo ? Si c'est comme ça, je ne prends plus que des selfies !" selfie noir et blanc

« What ? Tu veux arrêter les critiques photo ? Si c’est comme ça, je ne prends plus que des selfies ! »

On pourrait balayer ça en disant « c’est pas pareil, ils sont débutants ». Mais où s’arrête le débutant ? A partir de quel moment peut-on invoquer sa vision quand ses images sont critiquées ? Sans compter qu’on est finalement toujours le débutant de quelqu’un (et l’expert de quelqu’un d’autre). Bref, ce n’est pas cet axe qui va nous aider à résoudre ce dilemme.

Premièrement, j’essaie de ne plus (trop) dire qu’une photo est « mauvaise », mais plutôt d’essayer de cerner ce qui fonctionne, et ce qui ne fonctionne pas (et quand rien ne fonctionne, j’avoue, parfois je dis « mauvaise » 😉 ). Ca incite déjà à modérer son jugement et à réfléchir davantage. Mais à mon avis, LE critère pour juger des images, c’est l’intention.

L’intention, (seul?) critère de jugement

A mon sens, l’important pour qu’un choix non conventionnel fonctionne (par exemple faire une photo floue), c’est que ce soit fait avec intention : vous choisissez de faire du flou pour faire passer une certaine impression et transmettre votre vision, et ensuite vous faites des choix techniques qui en sont la conséquence. Dans le cas d’une photo qu’on veut floue, on a plusieurs moyens de le faire qui vont provoquer des résultats différents, d’où l’intérêt de l’expérimentation (on y revient plus bas).

En l’occurrence, Cynthia dont je vous parlais dans la vidéo, a choisi d’utiliser une vitesse assez lente (autour de 1/8 je crois), tout en bougeant l’appareil, pour diriger le flou. Ce n’est donc pas fait au hasard du tout.

Si c’est fait avec intention, alors il faut au minimum respecter ça, même si on aime pas. Ou alors, si on pense toujours « c’est pourri », essayer si c’est possible de discuter avec le photographe pour savoir pourquoi il a fait ce choix, si selon lui il ne pourrait pas trouver quelque chose qui fonctionne mieux pour exprimer sa vision, etc.

En effet, si ça ne fonctionne pas, ça peut être un manque dans la vision (qui est parfois encore imprécise, voire inexistante), ou dans son exécution (l’incapacité à vraiment retranscrire ce qu’on voudrait, par manque de connaissances photographiques ou d’expérimentation). Heureusement, aucun des deux n’est irréversible 🙂

Vous allez me dire : « comment savoir s‘il y avait une intention, ou si c’est juste une erreur ? ». Et bien la réponse est qu’on ne sait pas. Jamais à 100 % en tout cas. D’où l’intérêt de demander.

Cela dit, avec l’habitude, on distingue plus facilement les erreurs de débutants des choix photographiques osés. Tout simplement parce que si le cadrage est juste fait à hauteur d’homme, ET sans harmonie dans la composition, ET avec un léger flou de bougé, ET l’horizon pas droit… ce n’est sans doute pas fait avec intention. Les photographes expérimentés cassent rarement tous les codes à la fois.

C’est pour ça que le meilleur moyen de montrer votre intention, c’est de faire des choix francs, qui ne soient pas dans la demie-mesure. Si Cynthia avait un très léger flou de bougé sur ses images, ça ne fonctionnerait pas (et on croirait de suite à l’erreur de débutant).

L’originalité et la cohérence

En plus de l’intention, l’originalité joue forcément un rôle. Apporter une nouveauté, une vision nouvelle (même sur un sujet commun) tend à donner une bonne impression sur les qualités de l’image.

C’est pour ça que quand je vois le travail d’un photographe et que je me dis immédiatement « tiens, on dirait un copier-coller de Nick Brandt » (pour prendre un exemple réel, même si je ne donnerai pas de nom), je ne m’intéresse pas plus loin à ce qu’il fait. Je préfère l’original à la copie. (Même si évidemment, l’inspiration fait partie intégrante de la création : on en parle plus en détails dans l’interview passionnante de David DuChemin à paraître le mois prochain.)

Couher soleil sur Manhattan

C’est joli, mais je n’avais pas d’autre démarche que « faire un joli coucher de soleil sur Manhattan » :)

C’est pour ça que parmi mes photos, je ne vais pas considérer un joli coucher de soleil comme ayant une véritable démarche artistique (j’ai fait une jolie photo, assez commune, qui fera joli sur Facebook). Par contre, ce sera beaucoup plus le cas avec les photos que je fais dans les musées depuis un moment, dont la nature se précise, et commence à former un début de série.

Composition photo visiteurs touristes musées tableaux

Ici au contraire, il y a plus de travail pour produire un travail cohérent.

Et l’expérimentation dans tout ça ?

L’un de vous me disait en commentaire que l’expérimentation pouvait aussi être une bonne excuse derrière laquelle se camoufler pour faire n’importe quoi et appeler ça de l’art. Je suis d’accord qu’une simple expérimentation ne devient pas immédiatement artistique, et qu’elle n’est pas un travail abouti.

Expérimenter permet simplement de découvrir de nouvelles façons de s’exprimer (les expériences qui réussissent) malgré les nombreux échecs (les expériences qui ratent).

Parfois, ces façons de s’exprimer correspondent à votre vision (par exemple si je fais du flou, je peux être intéressé voire satisfait par le résultat, mais ça ne correspond pas forcément à ce que je veux exprimer). Dans ce cas, utiliser cette découverte, c’est exactement comme faire des choix techniques (exposition, profondeur de champ) ou de composition (focale, cadrage, etc.).

Parfois, ces façons de s’exprimer ne correspondent pas à votre vision, et ce n’est pas grave : vous avez essayé quelque chose, et c’est comme ça qu’on apprend.

En conclusion

Comme vous pouvez le constater, cet article part un peu dans tous les sens, même si j’ai essayé de lui garder un semblant de structure 😀 En effet, c’est un sujet complexe et difficile à traiter, et il pourrait occuper de longues heures de discussion autour d’une bière belge 😉

Alors, pour conclure, peut-on juger l’art ?

Je pense que le plus pertinent est de juger si la démarche artistique est poussée, ou même simplement existante (sachant qu’il n’y a aucun mal à juste vouloir photographier un joli coucher de soleil sans autre prétention 🙂 ).

Je vous ai donné quelques outils pour ça : est-ce que les images sont faites avec intention, est-ce qu’elles présentent une certaine originalité dans leur approche du sujet, et y a-t-il une certaine constance dans le travail du photographe ? Tous ces éléments permettent d’avoir un avis plus éclairé sur le travail d’un photographe, qui est bien plus intéressant pour vous et votre apprentissage qu’un simple « j’aime » ou « je n’aime pas ».

 

Maintenant, c’est à vous de vous exprimer dans les commentaires, et d’enrichir le débat (j’espère qu’ils seront même plus intéressants que l’article lui-même !) : est-ce que vous pensez qu’on peut dire d’une photo qu’elle est mauvaise ? Qu’on peut juger l’art ? Si oui comment ? N’hésitez pas à donner des exemples de travaux photographiques que vous aimez ou non si vous le souhaitez, ça peut enrichir les discussions 🙂
 
Et n’oubliez pas de partager l’article ! 🙂
 

 
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100 commentaires

  • Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse : si c’est fait avec l’intention de le faire (une intention artistique, pas seulement « tiens, je vais faire une photo floue », il faut que le flou apporte vraiment quelque chose), alors la photo peut être réussie.

    Combien de fois j’ai vu des gens considérer une photo réussie car faite avec un super apparei reflex, et prenant ceux qui ont des compacts pour des nuls, alors qu’il y avait beaucoup plus d’intention et d’originalité dans leurs photos…

    S’il n’y a plus d’originalité, on finira par tous faire les mêmes photos.

    Et puis, ça ne gêne pas grand monde de voir des photos de coucher de soleil avec des couleurs forcées, des effets de lissage sur les cascades, etc….rien de très naturel, alors pourquoi pas le flou ?

    24 février 2016
  • la notion de bonne ou mauvaise photo est totalement subjective. Je n’apprécie guère les toiles de Picasso hors sa période bleue. Je ne dis pas pour autant que c’est mauvais mais plutôt »je ne comprends pas ». Je partage complètement ton point de vue sur le sujet. L’idéal serait de demander au photographe quelle est ton intention photographique??????? difficile à réaliser.
    Respectons l’artiste, respectons le travail avant de porter un jugement trop souvent arbitraire.

    24 février 2016
  • C’est l’éternel débat au sujet des critiques d’art qui expliquent en long et en large le pourquoi et le comment de telle oeuvre, alors que l’artiste qui l’a commise peut être totalement en dehors de ce raisonnement précis.

    S’agissant ici d’une suite dans l’apprentissage d’une discipline, il y a toujours une base de contraintes à respecter pour aboutir à la création de quelque chose. La critique est dans ce cas indispensable et doit s’appuyer sur des règles tangibles.

    Après libre à l’apprenti de respecter sciemment, ou intuitivement certaines règles, ou de s’en affranchir, voire de les transgresser carrément, pour coller à son style ou son point de vue.

    Seule la rue, et non pas un carré d’initiés, décidera si c’est bon ou non.

    Un peu lapidaire comme commentaire, mais on pourrait écrire des livres sur ce sujet : la critique ! 😉

    24 février 2016
    • Bonjour Daniel,
      Oui, essayer d’expliquer a posteriori sans avoir aucune idée du réel raisonnement de l’artiste, ça me fait un peu penser à mes cours de littérature au lycée 😛 (il y a déjà un bon moment !)

      C’est une démarche un peu vaine, et l’art contemporain a au moins pour lui la possibilité d’avoir la parole de l’artiste très accessible, ce qui enrichit toujours le débat.

      24 février 2016
  • J’ai fait partie d’un club-photo. Il nous arrivait d’être obligés de sélectionner des photos pour une expo et il nous est arrivé de noter comme on note (ou notait) à l’école, c’est-à-dire attribuer une note sans les moindres critères. Au pif ! Ou ça me plait, ou ça ne me plait pas ou pire encore, je n’aime pas un tel, sa photo est forcément mauvaise. Oui, oui, je n’exagère pas.
    J’ai trouvé cette pratique aberrante, je l’ai dite et me suis fait rabrouer. Je suis d’accord qu’on ne peut noter l’art (ce serait d’un prétentieux). Je suis d’accord aussi pour dire que l’intention est la seule qui vaille.
    Oui mais ! Dans le cadre d’une formation on pourrait peut-être avancer des critères d’appréciation d’une photo. Je pense qu’on devrait faire un travail là-dessus et que chacun essaie de présenter toute une série de critères et ensuite les hiérarchiser. Personnellement j’en ai quelques-uns sous le coude, il faudrait voir si ça intéresse.

    24 février 2016
    • Donner une note à une photo, c’est effectivement assez peu pertinent…

      Tu peux te lâcher sur les critères, vas-y ! 🙂
      (j’avais déjà disserté sur le sujet ici : http://apprendre-la-photo.fr/comment-analyser-et-critiquer-une-photo/)

      24 février 2016
    • Bonjour Louis!
      Comme je le dis dans mon commentaire du 24 février, je suis intéressé par tes « critères »; « artiste martial » je suis, et à ce titre je sais qu’on ne fait rien de beau qui ne soit le fruit d’un apprentissage long et rigoureux (qui n’exclue pas le plaisir).
      Un peu comme toi, je n’aime guère la « notation » qui est un peu la négation du respect donc un refus de comprendre !
      Cordialement.

      24 février 2016
  • A mon avis, donner son point de vue sur une oeuvre d’art est une démarche naturelle, on exprime ce que l’on ressent par rapport à une oeuvre qui exprime elle-même un point de vue et qui suscite donc une réaction.
    C’est tout l’intérêt de faire critiquer ses photos, enrichir son point de vue avec d’autres points de vue. Après, c’est une question de façon d’exprimer les choses, le « bon »et le « mauvais » sont des notions un peu vaines et ennuyeuses mais lorsque l’on décrit des émotions, des sensations et que l’on est capable d’en identifier les causes et les méchanismes, on entre dans une intéraction bénéfique il me semble.

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le fait qu’une expérimentation soit valable parce qu’il y a une intention derrière. La tentative gratuite, le hasard, la chance et l’inconscient sont des éléments importants de la création, en photo particulièrement. Une photo floue involontairement mais magnifique demeure une photo magnifique et ça s’appelle même un petit miracle. L’intention est importante dans l’évolution de sa pratique en photographie mais certainement pas indispensable.

    24 février 2016
    • Oui, les heureux hasards sont importants, et d’ailleurs en dehors de la photo, de nombreuses inventions (y compris culinaires) ont trouvé leur origine dans le hasard. Mais ensuite, l’inventeur a tenté de comprendre ce hasard et de le reproduire.

      Je pense effectivement qu’un heureux hasard peut produire une bonne image (à condition que le photographe en voit le potentiel, et ne la jette pas immédiatement, ce qui est déjà une intention « a posteriori »). Mais on ne produit pas une oeuvre complète par hasard. Donc ça peut surtout servir de point de départ en fait 🙂

      24 février 2016
  • Le problème, c’est qu’on devrait pouvoir juger d’une « oeuvre d’art » sans rien connaître de l’auteur, que ce soit en photo, en musique, en littérature, etc. Donc évidemment sans connaître son intention, à moins qu’il l’ai décrite quelque part.
    Il faut avoir à l’esprit qu’on est influencé, en regardant n’importe quelle oeuvre d’art, par ce qu’on sait de l’auteur. La même photo faite par un grand nom de la photographie, ne sera pas regardée de la même manière que si c’était moi, une illustre inconnue, qui l’avait faite et la publiait sur Facebook. Donc je rajoute à mon paragraphe précédent qu’il faudrait juger une photo non seulement sans rien connaître de son auteur, mais également sans connaître son auteur, si l’on veut vraiment essayer d’être objectif dans son jugement.
    En ce qui concerne la photo de l’éléphant, je n’ai rien contre le flou de mouvement, mais là, en l’occurrence, le mouvement est très minime. donc je me demande si ce flou-là est vraiment nécessaire et intéressant. Il n’aide pas vraiment à donner une impression de mouvement, car manifestement l’éléphant ne bouge quasi pas.

    24 février 2016
    • Bonjour Francine,
      Je suis d’accord avec toi : on devrait pouvoir juger sans rien connaître de l’artiste. En tout cas sur un plan purement émotionnel.

      Mais comme tu le dis, il n’y a pas que ce plan-là, et on peut se laisser influencer par le nom du photographe. Cela dit, il y a pas mal de photographes très connus dont je n’aime pas du tout le travail (Terry Richardson par exemple), donc ça va, même en étant influencé, on conserve ses yeux. De toute manière, le jugement ne sera objectif, puisqu’influencé par ce qu’on a vu et aimé par le passé.

      24 février 2016
  • L’art.. vaste problème ! En photo comme en peinture, la démarche suit un peu les mêmes sentiers. Qui osera prétendre qu’un Turner est moins ( ou plus) une oeuvre d’art qu’un Rembrandt? Leur point commun est une technique maîtrisée au service de leur ressenti profond, ici de leur exaltation de la lumière.

    Le « beau » c’est affaire personnelle, c’est ce qui nous touche au plus profond de nous, le reste est futile.

    24 février 2016
  • Bonjour, et merci pour ton analyse. En ce qui me concerne,je me suit trouvé bloqué et parfois encore maintenant…À force de lire ,de regarder,visionner des vidéos de critique et autres,j’en ai presque perdu mon objectif…me faire plaisir. J’ai visionné des blogs ou les photographes postes leur épreuve ,notamment de portrait. Et là où moi je trouvai la photo belle, certains y trouvaient à redire…Je ne parle pas de photos loupées techniquement ,non! Juste une analyse différente.
    En gros quand on débute j’ai trouvé Ca bloquant..Donc,tu peux être un super pro du réglage de ton boîtier, et une quiche si n’a aucuns sens artistique ? Me trompe je ?

    24 février 2016
    • Bonjour Yves,

      Donc,tu peux être un super pro du réglage de ton boîtier, et une quiche si n’a aucuns sens artistique ?

      Absolument, et très honnêtement, c’est même très courant 😉 Apprendre à régler un boîtier est assez simple, avoir un sens artistique, c’est le travail d’une vie 😉

      Les critiques sont importantes dans la progression, mais c’est vrai qu’on peut parfois trop rationaliser et en perdre le plaisir. Il faut trouver l’équilibre, ce qui prend en général quelques mouvements de balancier de part et d’autre du juste milieu.

      24 février 2016
  • Bonjour Laurent,

    J’ai été vivement intéressée par ta vidéo de dimanche qui pose des questions sur l’art et l’intention mais sur beaucoup d’autres sujets qui nous rapprochent de l’innovation. C’est majoritairement en « sortant des clous » ou « élargissant le cadre » que l’on découvre. Puis on expérimente, et de l’expérimentation on passe a un vrai langage, ce qui demande un travail approfondi et souvent laborieux. Ce langage devient reflet et vecteur de l’intention que l’on y met. Ce que je vois et ressens dans les propositions de Cynthia. Imaginer que ce puisse être le fruit du hasard,c’est accorder a celui ci un trop gros pouvoir.
    Merci encore pour ce sujet de fond.

    24 février 2016
  • Curieux : même ceux qui ne veulent pas noter l’Art, cherchent néanmoins des critères pour l’évaluer. A titre personnel, il y a longtemps que je me limite à « j’aime-j’aime pas » sans avoir la prétention que mon goût soit universel. « J’aime » ce qui me surprend, éveille un écho dans ma sensibilité (même si c’est flou avec l’horizon de travers et une main coupée), « j’aime pas » ce qui me laisse indifférent, ce que j’ai déjà vu cent fois (même si c’est techniquement nickel et que le modèle est superbe —encore que là, je peux être ému, mais pas par la photo). Le « goût » est de nature idéologique : il est le produit d’une époque, d’un contexte historique et socio-culturel, il est une représentation datée du « beau » —d’où tous ces fameux artistes « reconnus » seulement après leur mort car ils étaient en avance sur la vision de leur temps, ou peut-être formaient-ils déjà le regard de l’avenir.
    L’existence d’une intention me semble un critère douteux, d’abord dans sa sincérité (et pourquoi pas une intention… a posteriori ?) ensuite dans le fait que celle-ci n’est nullement un gage d’intérêt ou de qualité. On peut juger un travail, d’un point de vue technique, une œuvre d’ensemble, dans son unité et/ou son évolution : ce doit être ce qu’évalue un enseignant par exemple, mais il faut être terriblement prétentieux pour juger de la valeur purement artistique…

    24 février 2016
    • Effectivement, le beau et le goût sont fortement influencés par la société qui les entoure… ce qui ne les rend pas moins « réels » pour autant. Une émotion existe sans exister, et elle sera toujours influencée par des facteurs extérieurs, ce qui ne la rend pas invalide pour autant.
      La recherche de critère pour évaluer s’inscrit surtout dans une démarche de progression : on peut à la fois être ému de manière inexplicable par une oeuvre, et se demander quels conseils on peut glaner pour être capable de provoquer une émotion chez les autres, à sa façon. Même si une large part est subjective et difficilement explicable, il y a des conseils à donner (sinon je ne serais pas là), et pas seulement techniquement. ne serait-ce que la notion d’équilibre des masses en composition est une bonne porte d’entrée, même si elle n’est là que pour donner des pistes pour développer son instinct.

      Oui, juger purement artistiquement se limite en réalité à un subjectif « ça me touche / ça ne me touche pas ». Tu as raison, il s’agit plutôt de juger un travail (du coup il y a des critères). Mais je trouve que le juger à l’aune de son intention est intéressant : si en tant qu’enseignant, je vois quelque chose qui me chiffonne dans la série ou la photo d’un élève, je vais aller creuser POURQUOI il a fait ce choix-là. Et le plus souvent, on va d’ailleurs trouver que c’était un choix par défaut (par exemple, laisser en couleur sans penser à l’option N&B), ou un non-choix (pas conscience de la possibilité de faire un choix différent). Du coup, sans forcément donner un jugement artistique, préciser l’intention permet de se poser les bonnes questions, dans une démarche de progression.

      24 février 2016
  • Bon je vais me mettre du côté du point de vue critique ou du juge 🙂

    Si je vais dans un musée / une exposition, j’ai une attente :
    – Je connais l’oeuvre de l’artiste et je souhaite voir son travail (il ne passe pas souvent à côté de chez moi alors j’en profite, c’est l’occasion de voir son travail de près :))
    – Je ne connais pas l’artiste mais le sujet m’intéresse (je me demande comment il traite le sujet)
    – J’ai vu un article sur l’exposition, je suis curieux
    – J’ai 2h à tuer, il pleut, j’ai déjà tout vu au cinéma

    Et dans le meilleurs des cas :
    – Je suis satisfait du travail que l’artiste a fait et que j’ai pu voir
    – J’aime la façon dont il a traité le sujet
    – J’ai passé un bon moment
    – J’ai évité la pluie (et j’ai économisé le parking et x places de cinéma)

    Par contre, dans le pire des cas :
    – C’est nul ! j’imaginais les œuvres plus grandes
    – Cet artiste ne représente pas du tout le sujet tel que je le connais (il apporte un autre point de vue ou la réalisation ne me parle pas)
    – Non mais quel ennui !!
    – C’était fermé (bon pour ce cas, c’est parce que je ne savais pas quoi dire :))

    Bref. Peut-on juger l’art ? Bien sûr que oui, mais tous les jugements ne sont pas bons à exprimer ou à lire. de la même manière que l’artiste exprime aussi son intention, le critique, le juge peut exprimer ses attentes.

    J’aime voyager, et je vais souvent sur des sites comme Trip Advisor, je lis les critiques mais j’essaie de voir le contexte (séjour en famille, en couple, seul, entre amis, …), si je ne me reconnais pas dans le contexte d’écriture de l’avis, je ne le lis pas ou je le lis mais je n’en tiens pas vraiment compte. En plus des faux avis, ce n’est pas tout le temps facile.
    J’aime bien boire du vin à table, mais je n’y connais pas grand chose. J’aime bien les vins rouges, un peu légers. je ne saurais pas dire si le vin est bon ou pas, mais je saurais dire si j’aime ou pas et pourquoi (est-ce que ça répond à mes attentes, est-ce qu’il y a un petit plus dans le goût qui n’était pas dans mes attentes).
    J’ai bien aimé Les Tuches 2 au cinéma, car j’ai passé un bon moment, qu’est-ce que j’ai rigolé ! Bon pour ça, ce n’est pas vrai, je n’ai pas aimé le premier (il ne m’a pas fait rire alors que c’est plutôt ce que j’attendais de lui) et je n’ai pas envie d’aller voir le 2.

    24 février 2016
  • Ah Laurent, toujours aussi artiste et philosophe! C’est justement pour cela que tes articles sont si intéressants et souvent plus intéressants que les autres sur le net.
    Suivant un cours photo depuis 4 ans, je ne peux qu’être d’accord avec toi. Au cours, nous prenons des photos et puis les commentons, aidés en cela par une professionnelle. Au fil des ans, nous l’avons tous constaté, pour faire une « bonne photo », il faut une maîtrise technique certaine, mais avant tout une intention, un objectif. A la fin de nos visionnages, une photo ou l’autre sort toujours du lot et ce n’est pas le fruit du hasard. Même si, parfois, le hasard peut aussi aider, être au bon endroit au bon moment, par exemple.
    Quand tu veux autour d’une Orval, d’une Leffe ou d’une Jup’ en Belgique

    24 février 2016
  • Critiquer une photo – au sens premier : jugements positifs et négatifs – est plus difficile que critiquer une série, dans laquelle la démarche de l’auteur apparaît.

    24 février 2016
  • Si juger se fait avec des notes comme des juges dans une compétition sportive, de danse,… alors je dis non.
    Pour moi la photo doit provoquer un sentiment direct, presque sans analyse: elle touche ou elle laisse indifférent. Et pour cela peut importe la technique, je dirais même que la technique ne devrait pas se voir, seul le résultat doit provoquer, ou pas, une émotion spontanée. Une photo peut être parfaite à l’analyse technique et ne rien provoquer chez moi qu’une profonde indifférence et l’envie de passer à la suivante…

    24 février 2016
  • Merci Laurent pour ce raisonnement.
    Pour enrichir cette discussion, je te propose de te pencher sur l’histoire du flou dans la photographie. C’est un sujet extrêmement riche et qui plonge ses racines dans l’histoire de ce support et dans celle de la peinture.
    Cordialement.

    24 février 2016
  • Inspiré par la formation de 04 jours diffusée sur Empara, j’ai le sentiment qu’en photo tout est permis. Il y a les notions de base qui sont régies par des règles et après il y a la volonté du photographe de faire passer un message ou tout simplement de se faire plaisir. Le meilleur juge est le photographe lui même car il est le seul à pouvoir répondre à cette question fondamentale :  » Qu’est ce que je veux faire ? Ma photo est-elle représentative de ma volonté?  » Si la réponse est OUI, sa photo est réussie.
    Dominique

    24 février 2016
    • Bonjour,
      Je me suis aperçu dans le club photo que je préside que la notion de belle ou bonne photo est très subjective. Lors des séances de « critiques photos » les règles, la composition, etc… ne sont pas souvent la « règle » pour dire => voilà une belle photo. J’ai souvent été confronté à cet argument « Certes elle n’a pas tous les canons de la composition ou du cadrage, mais elle me parle, je ne sais pas pourquoi mais c’est comme çà ».
      Du coup l’argumentaire lié au « pour faire une bonne photo il faudrait …. » ne sont plus aussi catégoriques.
      L’idée aujourd’hui c’est de décortiquer la photo et de voir ce qui peut plaire ou pas et pourquoi, tout en acceptant que chacun à ses valeurs et qu’il faut en tenir compte.
      Ce qui me plaît n’est pas forcément ce qui doit plaire à mon voisin, l’art devrait drainer avec lui la tolérance, l’acceptation de la différence.
      a++

      24 février 2016
    • A une petite nuance près (j’étais sur Empara aussi ces 4 jours!): une photo est faite pour transmettre quelque chose. Donc à la question « qu’est-ce que je veux faire? Ma photo est-elle représentative de ma volonté? » Si la réponse est oui, la photo est à moitié réussie. Il faut encore que ceux qui regardent la photo perçoivent ce que l’auteur a voulu dire. Et là, elle sera pleinement réussie.

      24 février 2016
  • Bonjour Laurent
    Personnellement, je dirais qu’une photo est réussie si elle me procure une émotion
    Je ne qualifierais pas les autres de mauvaises pour autant ;mais ,simplement je ne les comprends pas

    24 février 2016
  • Hello !

    Je suis assez d’accord avec toi, c’est un sujet complexe qui nécessite de partir un peu dans tous les sens ^^.
    Pour ma part, je pars toujours de l’intention de l’auteur, c’est vraiment le gros point de départ pour juger un résultat.
    J’avais écris un petit billet sur le sujet si ça t’intéresse (http://thomashammoudi.com/pourquoi-avant-comment/)

    Bonne continuation !
    Dernier article de Thomas Hammoudi : « Pourquoi » avant « Comment »

    24 février 2016
  • Je suis assez d’accord avec la vision globale de cet article .Je pense aussi que le seul juge de la qualité d’une photo c’est nous , mais que cela ne nous empêche pas d’évoluer avec d’autres (professionnel ou pas) .L’originalité est importante , mais reprendre à son compte l’idée d’un autre n’est pas du tout dévalorisant .Si je fais moi même par exemple du « Hamilton », c’est tout à fait possible que je puisse faire évoluer ce style que je n’ai pas inventé! C’est un des principes fondamentaux de la création, non? Combien de fois , on s’aperçoit de la qualité des détails d’une photo après l’avoir vu sur ordi , alors qu’au départ , on l’avait même pas vu !

    24 février 2016
  • Bonjour à tous,
    je tente d’apporter modestement ma contribution. Je crois que cela soit en photographie, en peinture ou en musique et dans d’autres domaines il y a des règles à respecter et qui ont été établies depuis longtemps. En musique si ces règles n’avaient jamais été transgressées il n’y aurait jamais eu ce que l’on appelle la musique contemporaine, vous savez cette musique dissonante que personnellement au début j’ai eu beaucoup de mal à appréhender( je suis aussi musicien)Toutefois ces transgressions n’ont de sens que si elles sont réalisées volontairement et dans le but d’apporter quelque chose de plus d’original, de nouveau. Après à chacun avec sa sensibilité, son ressenti, son vécu de porter un regard complaisant ou pas. Personne ne peut avoir un ressenti identique face à la même oeuvre et soi même en fonction du moment ou l’on regarde la photo, dans le cas qui nous préoccupe,nous n’auront le même ressenti. Après la critique pour la critique cela n’apporte rien, on peut critiquer mais en apportant des arguments. C’est la liberté de chacun.

    24 février 2016
  • Bonjour,
    Oui il y a de mauvaises photos,ratées au plan de la technique,à celui de la compo,baclées sans aucun soin sans aucune signification je dirais sans aucune motivation pour ce qui est des autres c’est à dire celles faites avec une intention soit d’émouvoir ou de choquer,de provoquer ou de vendre(un produit,une idée,un homme ou une femme)je suis d’accord
    avec votre analyse il ne faut pas juger,on aime ou on n’aime pas.
    D’autre part les photos que l’on fait pour soi-même si elles devraient requérir un maximum de soins sont parfois réalisées pour tester une nouvelle optique,voire un nouvel appareil et supportent donc une motivation différente que celle de plaire à autrui.
    Bref ne jugeons pas sans pourtant laisser libre cours à nos goûts,à nos couleurs.

    24 février 2016
  • Je vais me permettre de dire que ce sujet n’est pas en soi complexe, les questions principales sont « qui et quoi ? ». Qui juge et pourquoi. Quand on fait de la photo, on est le premier juge de ses photos lors de leur « tri », on choisi soi même si une photo est « bonne » ou « mauvaise » selon ses propres critères et dans un bon workflow, on utilise le système des étoiles, ce qui donne 6 valeurs (avec le rejet). On accepte donc tous le concept de « bonne » et « mauvaise » photo. Mais comme je viens de l’écrire, il s’agit là de nos propres critères personnels. Et justement, dans le cas de photos « personnelles », cette valeur n’aura pas un critère de qualité mais sentimental.

    Reste alors le jugement des autres. Mais qui juge qu’une photo est bonne ou mauvaise ? Quand vous publiez sur Flickr, Instagram ou Facebook, les gens expriment leur intérêt. Une photo « ratée » (synonyme de « mauvaise ») sera une photo qui n’attire pas l’attention. C’est un peu pareil lorsque vous montrez vos photos à des amis. Lorsque vous publiez dans un groupe photo d’échange d’opinion, que vous présentez votre photo en club photo ou à un formateur, c’est différent, et la notion de « mauvaise » sera plus proche de la définition, donc « est-ce que la photo répond à des normes ».

    Au final, je dirai qu’il y a des mauvaises photos : c’est celles qui n’intéressent personne. Mais ce n’est pas parce que quelqu’un n’aime pas une photo qu’elle est mauvaise.

    Lorsqu’on se soumet à la critique, on attends surtout de savoir « pourquoi », la notion de « mauvais » est à associer avec la critique qui irai vers « mieux » (technique, cadrage…).

    Là dessus, la notion d’art ne doit pas être un refuge pour refuser la critique. Une photo dite d’Art est une photo créative qui doit provoquer une certaine sensibilité. Là en particulier, on en revient à ce que je disais précédemment : ça ne fonctionne pas avec tout le monde, mais ce n’est pas non plus parce que ça marche avec 3 copains que ça en fait une photo d’art.

    Pour finir, je voudrais réagir sur la notion « d’intention ». Je suis d’accord, et je voudrais élargir l’idée. Il m’est arrivé d’avoir de « mauvaises » photos (mon critère ici est par exemple le « bougé », la lumière, la lisibilité…). Mais comme j’avais raté la série, je me suis « acharné » pour en extraire quelque chose d’acceptable. J’ai cet exemple issu du Salon Fantastique (lumière pourrie) : https://www.facebook.com/backlightworkshop/photos/a.793137254063091.1073741832.437211386322348/792126540830829/?type=3&theater et de manière plus détaillée : http://www.dad3zero.net/201401/tan_elleil_pontoise_fous_histoire/

    Mon intention là dessus (mis à part de vous inciter d’aller faire de la photo au Salon Fantastique ce week end 😉 ) c’est d’inciter lorsqu’on juge ses propres photos de déterminer ce qui est intéressant.
    Dernier article de Darko : Salon Fantastique : rencontre avec Guillaume Besançon

    24 février 2016
    • Hello !

      Ton commentaire est intéressant est juste. J’ai rebondi plus haut sur les heureux hasards, et je suis d’accord avec toi 🙂

      24 février 2016
      • Oui vu, en effet. Mon idée ici est de mettre en avant non pas le hasard, mais de savoir développer son sens critique pour extraire « le bon » de la photo que l’on jugera mauvaise. « Heureux hasard » a un coté un peu désinvolte 😉
        Le hasard fera fera très rarement d’une « mauvaise photo » une « bonne photo », mais il fera souvent d’une photo appliquée un meilleur photo.
        Dernier article de Darko : Salon Fantastique : rencontre avec Guillaume Besançon

        24 février 2016
  • Encore une fois merci, Laurent, pour cette « provocation »!
    Je partage l’essentiel de ton analyse:
    1/Je photographie d’abord pour me faire PLAISIR avec l’intention de
    -restituer (reportage technique) ou de traduire (les émotions d’un lieu ou d’un temps),
    -transmettre ou partager ; alimenter la mémoire collective de mes groupes d’appartenance.
    2/L’artiste, c’est le photographe: sa culture, sa pratique et son désir d’apprendre sont les clés de lecture de ses photographies. Je me garde bien d’isoler un cliché de l’ensemble des clichés déjà exposés. Il est ainsi plus facile d’apprécier une photo dans une « série », de découvrir l’ORIGINALITE de l’auteur par la façon dont il tourne autour de son sujet.
    3/Enfin la CONSTANCE: avec les appareils actuels il est facile de trouver UNE « bonne » prise dans une production sans intention vraie; pour moi le critère est celui de la « reproductibilité »: je n’ai le droit de dire qu’une de mes photos est « bonne » que si je suis capable de la refaire, si elle porte une « signature » reconnaissable.

    Mais pourquoi faut-il que la photo soit un art? J’ai fait récemment un reportage technique sur le process d’élaboration du chocolat, rien de bien artistique…mais j’ai retenu et publié une prise de la coulée, cet instant émouvant où l’artiste chocolatier passe de la bouillie informe à la belle nappe gourmande qui va s’étaler sur la table réfrigérante…

    Je suis intéressé par les « critères » que propose Louis pour éduquer mon regard à la vision des autres.

    A bientôt
    Dominique Beau.

    24 février 2016
  • Il faudrait être indiffère pour ne pas « juger l’art ». Du coup on peut retourner la question: « Peut-on ne pas juger l’art? »
    L’art photographique se distingue des autres par son adhérence à la réalité. Du coup la question se transforme par « Peut-on ne pas juger la réalité? », et ma réponse est « non ». On y est obligé parce que la réalité s’impose à moi, à nous.
    Pour faire face à cette « obligation », le mieux me semble-t-il est de chercher à la dépeindre, la « réfléchir » avec les talents, l’inspiration et outils à notre disposition. Et ma foi, l’appareil photo est un bon équipement pour figurer la sophistication de notre époque…
    Le tout est de devenir un photographe accompli pour tirer le meilleur de cet art.
    « La critique est aisée et l’art est difficile » pourra-t-on nous objecter.
    En fait, « l’art de la critique est difficile ». CSFD

    24 février 2016
  • Le numérique n’a pas que des bons cotés: les photos sont gratuites et donc on déclenche à tout va sans se soucier du rendu final. La preuve avec mon « bof » (que j’aime beaucoup)qui revient de vacances avec 300 photos sorties directement de son appareil avec un commentaire d’une heure; photos répétitives, mal exposées, floues (sans faire exprès!)et mal cadrées. je ne vais pas sur facebook mais je pense que ça ne doit pas être beau!
    Bref, pour moi qui ne suis pas artiste du tout,une photo correcte doit être cadrée, bien exposées, refléter l’idée de départ du photographe et agréable à regarder…Après,l’art???!!!…Très suggestif.

    24 février 2016
    • Hello Serge,
      Je pense que la possibilité de faire 500 photos sans payer 1 centime de plus est à la fois bonne et mauvaise.

      Mauvaise parce qu’elle peut inciter à shooter sans intention, sans vraiment y penser. Et bonne parce qu’elle permet une grande liberté dans l’expérimentation.

      Je photographie en général beaucoup, mais jamais 2 clichés identiques. Par contre, il faut absolument effectuer un travail d’édition derrière, pour ne présenter que les meilleures 🙂

      24 février 2016
  • J’ai adoré ton article, et ça m’a quelque peu étonné que des personnes puissent critiquer si fortement sur une photo. J’ai déjà été confrontée à la « critique »sur la façon d’aborder des photos dans un milieu assez droit et j’ai mis un petit temps avant de comprendre que les personnes qui ont rejeté mes photos,n’avait pas le même regard.
    Je pense que notre vision de voir ou de vouloir critiquer l’art photographique, sera fait essentiellement en fonction de notre tempérament ou notre façon de voir la vie en générale.
    Une personne très fermée, qui n’ouvre jamais son horizon, aura beaucoup plus de mal avec une photo qui sort des sentiers battus et aura tendance à être très virulente et pointilleuse sur des aspects techniques non respectés. Tandis que quelqu’un qui aura une vision très ouverte, intéressée par tout ce qui l’entoure, n’aura absolument pas le même regard. Tu le dis bien, que dans ces cas là, la personne essayera de comprendre l’artiste.
    Je pense que chacun interprète une oeuvre en fonction de soi et dans le milieu où il vit.Mais ce n’est pas réellement critiquer puis qu’encore une fois, nous faisons une critique par rapport à nous, nos sentiments, ce que cela nous évoque. Et nos sentiments ne sont pas LA référence mondiale!!
    Le milieu de l’art est certes régi par des règles,soit de composition, la lumière,etc… mais le fait de sortir de sentiers battus donne des nouveautés agréables à regarder.
    L’être humain est tellement différent,(et heureusement) qu’il faut aussi se mettre dans la tête, la compréhension, et l’ouverture d’esprit pour voir des choses nouvelles et les accepter telles quelles 😉

    24 février 2016
  • Je suis entièrement d’accord,continue ,ça me va bien
    Amicalement

    24 février 2016
  • 2 critères qui font qu’on est considéré comme « artiste » ?!

    * on est humain, donc créateur de nature !
    * on sait « jouer » avec les possibilités de son appareil.

    peut-on « juger » la photo d’un autre?

    ce qui pose problème, c’est le mot : juger !! qu’est ce que « juger » ? c’est donner, avoir son opinion sur quelqu’un, ou quelque chose AVEC un sentiment de supériorité, de rejet et de condamnation.

    Avoir une opinion personnelle sur une photo, une oeuvre d’art est normal, et on a le droit de l’exprimer.

    Si on critique la photo, on donne une opinion, sa propre opinion qui exprime alors seulement que le rendu , le résultat de cette photo ne vibre pas avec notre vibration personnelle.

    Mais si, de part la critique de la photo, on critique le photographe derrière, il y a plusieurs buts à cela:

    * ce photographe est nul, on se sent supérieur à lui (ça, c’est « juger » !!)

    * on n’a pas compris sa démarche et on le guide illégitimement à corriger son utilisation de son appareil.

    * on comprend ce qui a été sa démarche et on l’aide éventuellement à encore mieux utiliser son appareil pour sublimer son oeuvre encore plus.

    l’important reste avant tout le respect de l’oeuvre et de son auteur, de la même façon qu’on se respecte soi-même et dans nos propres oeuvres!

    24 février 2016
    • Bonjour Alain,
      Je prenais « juger » dans un sens plus large, car ses définitions sont nombreuses. Je pensais surtout à « Se former, avoir ou énoncer, un avis, une opinion sur une personne ou sur une chose. » + « Décider en bien ou en mal du mérite d’autrui, de ses pensées, de ses sentiments, du motif de ses actions. »

      (d’ailleurs, je trouve que la capacité à juger est en partie ce qui fait nous des êtres humains, et donc ça me fait rire quand on me reproche de juger quelque chose)

      C’était juste pour éclaircir mon propos.

      Cela dit, tu résumes très bien les buts qu’il peut y avoir derrière une critique, qui peuvent être positifs ou négatifs 🙂

      24 février 2016
      • Bonjour Laurent,

        j’ai oublié une autre possibilité:
        celui qui reçoit une appréciation, un conseil, peut se sentir « jugé », ou prendre une remarque légitime comme un « jugement »!

        une bonne relation entre élève/apprenti photographe et le professeur ne peut exister que dans l’humilité réciproque…. car l’un enseigne l’autre en fin de compte, et vive versa.

        13 mars 2016
  • Je pense que le problème c’est l’époque matérialiste qui pousse à l’individualisme, au narcissisme, au divertissement et à l’inculture de masse qui fait que tout le monde croit être ce qu’il n’est pas sous prétexte d’avoir la liberté de s’exprimer. Je crois que ce qui fait la différence, c’est le talent inné qui ne se décrète pas mais se cultive et se développe grâce au travail et aux sacrifices.

    Or, je pense que les références solides, le savoir, la maîtrise, permettent de hiérarchiser justement les talents. D’aucuns qualifient cela d’élitisme quand il ne s’agit que de culture pour connaître la vraie valeur des choses. Basquiat n’est pas Caravage, Musso n’est pas Baudelaire, Zaz n’est pas Callas. Les génies ont toujours transgressé les codes établis et inventé des visions nouvelles mais ils avaient toujours le bagage intellectuel, conceptuel, technique et culturel. La simple fulgurance et l’instinct ont des limites, tout comme la simple belle âme si elle n’est pas couplée à la maîtrise technique, au talent profond et indiscutable.

    Sur cette photographe qui crée des photos floues, elle en a parfaitement le droit mais est-ce génial ? En tant que photographe expert Photoshop depuis 10 ans, je peux reproduire cet effet en 5 minutes chrono ! Par contre, quand Cartier-Bresson déclenche et qu’il saisit l’instant unique et magique (on sait qu’il ne recadrait jamais et qu’il shootait en argentique où l’on ne peut voir le cliché qu’après être rentré chez soi pour le développer) c’est une prouesse ! Nous sommes en présence d’un très grand photographe qui maîtrise la composition, l’esthétique, la poésie et la mélancolie d’immortaliser l’instant furtif qui ne reviendra plus, comme un être qui vit et qui meurt. La vie dans un environnement figé. Là est toute la valeur de son oeuvre. Elle est pensée et même politisée, conceptualisée, universalisée.

    Quand reviendra-t-on à l’essence-même de la photo ? Sans tricherie. Sans artifice. Pour plus de vérité, plus d’authenticité, comme de vrais artistes ?

    • Bonjour Thierry,

      Je suis d’accord que tous les artistes ne se valent pas, mais je pense que c’est au temps d’en décider. On se souvient de Cartier-Bresson (un génie effectivement), mais on ne se souvient pas de tous ses contemporains qui ont essayé de créer, et n’ont pas eu autant de talent (et surtout de travail) que lui. C’est le « biais du survivant ».

      Cela dit, je parlais simplement ici d’une démarche artistique, sans avoir la prétention de parler de génie (qui à mon sens, comme je le disais, se révèle surtout avec le temps). On parle ici de photographes qui essaient de s’exprimer, d’abord pour eux mais aussi pour les autres, sans avoir forcément la prétention de marquer l’histoire.
      J’aime énormément photographier, je tend à exprimer mieux ce que je ressens grâce à l’image, mais je ne pense pas être un jour reconnu comme un génie de la photo, et je n’en ai ni la prétention, ni l’ambition. Cynthia non plus je pense.

      L’article traitait plutôt d’un art plus « quotidien » si on peut dire.

      Par contre, là où je ne suis pas d’accord (à moins d’avoir mal compris), c’est que « l’essence de la photo » est d’être « sans tricherie et sans artifice ».
      Le monde n’est pas au format 3/2 ou carré, ni en noir et blanc, et de tous temps, les photographes ont retouché leurs photos. C’est un média qui permet de s’exprimer, et le post-traitement fait partie de cette expression, de la même manière que le développement de la pellicule (masquage compris) en faisait partie. L’essentiel à mon sens, est de le faire avec intention.
      (et je serais bien en peine de définir ce qu’est un « vrai artiste » 😉 )

      24 février 2016
  • Je ne suis pas toujours sensible aux mêmes choses que toi et je n’aime pas toujours toutes les photos (ni même les démarches photographiques) exposées dans ton blog. En revanche, j’aime l’ouverture et « le regard positif » que tu adopte systématiquement car, comme tu le dis très bien, la démarche de création ne peux se passer de l’expérimentation. Rappelons-nous que les artistes aujourd’hui unanimement reconnus ne l’ont généralement pas été d’emblée (Picasso ou Stravinski, pour ne citer que ces deux exemples, ont été d’abord voués aux gémonies avant d’être reconnus ! et l’on pourrait étendre cette observation aux sciences, à la philosophie, aux techniques, à la cuisine et à pratiquement toutes les activités humaines…).
    Alors voilà, tes choix, et ceux des personnes dont tu exposes les photos, sont respectables (sans tomber dans le travers qui consisterait à tout accepter sans autre forme de procès) parce qu’ils prennent le risque de la critique.
    A titre personnel, j’aime vraiment beaucoup la (les) photo(s) de Cynthia : elle fait preuve d’une originalité du regard dont j’aimerais être capable et elles suscite chez moi une émotion réelle et c’est tout de même ce qui est essentiel dans une expression artistique et esthétique.

    24 février 2016
  • Je pense que la critique est salutaire en photo – comme ailleurs! Mais il ne s’agit pas de porter un jugement sur le rendu ou le ressenti, mais bien au niveau technique. On peut aimer, à mon avis, une photo techniquement imparfaite, et parfois – tu l’as démontré – la trouver belle. Pour moi, il y a deux niveaux: la photo « témoin » et la photo « art ». Et quand les deux se rejoignent, c’est le nirvana!!!
    Merci pour tout!
    Dernier article de Gine : Symétrie axiale

    24 février 2016
  • Débat passionnant et sans fin. Merci de le lancer 😉 et pour les avis intéressants des internautes !

    S’il existe qu’une seule vérité, on ne pourrait plus prendre de photos sur les mêmes sujets !

    Mais voilà, pour qu’une image existe, il faut au moins le regard du photographe et le regard de la personne qui regarde la photo à travers le regard du photographe… Déjà deux vérités se rencontrent !

    Des fois, j’ai l’impression que les critiques les plus virulentes proviennent de photographes qui ont peur de poser leurs regards sur celui d’autres photographes ?

    Pourtant, on pourrait dire qu’une des qualités d’un artiste c’est d’oser ?

    Enfin, j’aimerais citer Picasso: « Certains peintres transforment le soleil en un point jaune; d’autres transforment un point jaune en un soleil ».

    24 février 2016
  • Bonjour Laurent,
    En général je n’aime pas trop « philosopher » mais ici je trouve que tu le fais d’une manière concise et signifiante ce que je trouve enrichissant. Je suis pleinement d’accord avec l’idée que « l’intention » et la capacité de bien la rendre est à la base d’une « photo réussie » et que « l’originalité » du propos (dans le sujet lui-même ou la façon de l’aborder) permet de passer d’une photon « réussie » à une « bonne photo » qui nous enrichit.
    Lorsque nous te demandons des critiques de nos photos, en général c’est parce que nous voulons progresser dans notre façon de mieux rendre l’émotion recherchée…(améliorer une vision trop floue ou un manque de technique / composition).
    J’ai envie d’amener la réflexion un pas plus loin (ou un pas de côté ?)
    Les photos de voyage que je trouve particulièrement intéressantes mettent souvent en scène des populations locales prises dans leur quotidien, au marché etc.. (ta série de photos « au musée » va aussi dans ce sens.)
    Certains membres de mon entourage s’empêchent d’apprécier ces photos à cause de leur malaise de nous voir photographier des gens sans leur permission…
    Quelles sont selon toi les balises éthiques à se donner dans ces photos du quotidien, dans la photo ethnique ou de rue ? Comment se donner les moyens de faire des photos enrichissantes en respectant les autres ?
    As-tu un commentaire là-dessus… ou une référence à un article déjà écrit… ou encore un article à venir … ?

    24 février 2016
    • Bonjour Claude,
      Excellente question ! Personnellement, je ne pense tout simplement pas que photographier les gens sans leur permission soit un manque de respect (en tout cas de la façon dont je le fais).
      C’est sûr qu’arriver devant quelqu’un et lui planter son appareil devant le visage est beaucoup plus agressif. Mon critère est : est-ce que ça me dérangerait qu’on me photographie de la même façon ? Si ce n’est pas le cas, je le fais.

      C’est assez simple et instinctif en fait, car si tu dépasses ce que tu accepterais qu’on te fasse, tu te sens instantanément mal à l’aise.

      Je ne sais pas si c’est un critère universel, mais en tout cas il fonctionne pour moi.

      J’ai conscience que je prends le risque de froisser des personnes, mais je l’accepte pour la création que ça implique : je pense que ça apporte plus de positif que de négatif. Pour le coup, c’est vraiment un code moral très personnel cela dit 🙂

      24 février 2016
  • Un peu prétentieux le petit Monsieur qui a écrit cet article, mais ce n’est pas une découverte. Une oeuvre d’art ne se juge pas à l’intention mais au résultat.

    24 février 2016
    • Merci pour ce commentaire long, développé, argumenté, sans attaque ad hominem et intelligent.
      Adieu ! 😉

      24 février 2016
  • Pour rappel, un peintre ou un dessinateur ne recherche pas systematiquement la ressemblance. Il reproduit ou produit selon sa perception, sa sensibilité. Son oeuvre sera perçue comme « bonne » pour les personnes qui aurons la même sensibilité ou la même perception que le créateur de l’oeuvre. Il s’agit d’être en raisonnance avec quelque chose. D’un point de vue purement subjectif, le jugement d’une oeuvre est donc purement personnel.
    En revanche, l’oeuvre pourra être jugée de sa conformité si elle a été faite selon un cahier des charges préalables. Elle sera dite bonne si elle répond au critères imposés et mauvaise si ce n’est pas le cas.
    Une oeuvre peut donc être jugée parfaite selon un cahier des charges, mais affreuse pour un individu ne se reconnaissant pas dans le résultat.
    Tout dépend du référentiel dans lequel le spectateur ou juge se place.

    24 février 2016
    • Oui, exactement, et les esprits fermés acceptent difficilement qu’on puisse faire pareil en photo, sous prétexte qu’elle serait censée représenter la réalité (un peu comme si on s’interdisait de peindre un tableau parce qu’il existe des peintures murales pour la déco d’intérieur :P).

      24 février 2016
  • Bonjour
    Dans la photo de l’éléphant de Cynthia, on voit bien qu’elle est faite avec l’intention du flou et de la couleur jaunâtre, après on aime ou on n’aime pas !

    Oui, on peut dire d’une photo qu’elle est mauvaise sur le plan technique quand les principes photographiques élémentaires ne sont pas respectés et que ça saute aux yeux, même sans être un pro de la photo.

    Mais de là à juger telle ou tel, c’est une autre histoire.
    Cela dit, une photo est aussi souvent un coup de coeur pour qui la réalise et elle peut être spontanée et réussie ou spontanée et…moins réussie.
    A bientôt Laurent

    24 février 2016
  • Une photo c’est comme une femme .Certains la trouverons belle d’autres quelconque.Heureusement tout le monde n’a pas le même goût malgré l’uni-formalisation que nous impose les médias et autres pseudos intellectuels se croyant supérieurs à ceux qui ne sont pas de leurs avis. Photographions pour notre plaisir et celui de ceux qui apprécierons.La beauté est subjective comme tant d’autres choses.les « Critiques Professionnels » sont très souvent des artistes ratés incapables de réalisé correctement le dixième de ce qui est réalisé.Essayons,tentons,ratons ,mais faisons nous plaisir.

    24 février 2016
  • Bonjour,
    Un prof de peinture m’a déjà dit :Apprends tes techniques puis quand ce sera bien maîtriser, tu pourras faire ce que tu veux. Tu vas développer ton style et ta signature.
    Je vois la photo comme ça. On aime ou on n’aime pas pourquoi tout ce débat ? Certains pousse trop au post-traitement d’autres augmentent le flou et puis ?

    24 février 2016
  • bonjour

    manque deja et surtout le role et la fonction de l’Art en general et notamment son role social.

    l’Art est par essence une  »critique  » de la realite et partant il se doit donc de creer une sorte de  »crise »pour celui a qui il s’adresse .

    ainsi une meme oeuvre d’Art creera une telle reaction chez une personne et pas chez une autre .

    la veritable oeuvre d’Art a pour caracteristique d’emouvoir et d’interpeller un large auditoire.

    pas d’emotion , pas de malaise au sens large egal pas d’Art pour dire rapidement .

    les autres intentions de l’artiste sont de peu d’interet et ce qui compte c’est le resultat , la  »pratique » ici comme ailleurs

    neanmoins combien de photos fussent ells jolies , reussies etc…sont capables de reussir cette etrange alchimie ?

    tres , tres peu a mon avis tout comme la musique dite populaire est certes souvent divertissante , agreable etc..mais n’a qu’un rapport lointain avec l’Art au sens exact du terme .

    comme le premier rappeur venu n’est pas Rimbaud malgre les pretentions de certains .

    Gainsbourg a parle de cela dans un vif echange avec Beart en considerant que ce la chanson n’etait pas de l’Art .

    d’ailleurs a tort en ce qui le concerne puisque certaines de ses chansons interpellent vraiment tout comme la photo de la petite vietnamienne nue ou L’Enfant et le vautour.

    la c’est de l’Art . pour le reste l’elephant flou .bof , bof

    au sujet de l’Art et de sa fonction il est toujours utile de lire ou relire Marcuse (critique de l’esthetique marxiste ) ou Adorno ou Breton etc..etc…

    mais pitie ne banalisez pas le terme Art en l’employant a propos de tout et surtout de rien !

    24 février 2016
  • Bonjour Laurent,

    Je fais partie d’un Club Photo sur Metz et il m’arrive de faire partie d’un groupe qui est amené à regarder et à choisir les photos pour telle ou telle exposition interne au club ou externe a ce dernier(en certains lieux de la ville et en accord avec la municipalité ), un sujet ayant été défini dés le départ.

    C’est vrai que je regarde si certaines règles de base sont là et ensuite je regarde si « cette photo » déclenche en moi de l’émotion, si celle-ci m’alerte, si je suis sensible à cet instant saisi( en accord avec le sujet imposé).

    Mais à aucun moment, je ne me laisse aller à dire  » cette photo est mauvaise » (en supposant que la photo ne soit pas hors sujet et que l’auteur a eu une certaine réflexion,démarche).
    D’abord, de quel droit puis-je dire cela et en me basant sur quels critères?
    La photo est subjective et surtout pas objective à mes yeux car prise par  » UN » individu,à « UN » instant précis choisi par lui-même.
    C’est un sacré sujet à débats, Laurent et nous pourrions disserter longtemps.

    24 février 2016
  • À mon avis une photo peut, être bonne ou mauvaise. Une photo est bonne si on peut au premier regard, discerner le point d’intérêt du photographe. Si on a aucune idée, en regardant la photo, quel est le point d’intérêt que le photographe veut mettre en valeur, la photo est mauvaise. L’expérimentation peut faire la différence entre une photo WOW! ou banale. Mais l’important c’est de saisir le message du photographe.

    24 février 2016
  • Débat difficile. Je partage un peu l’avis de cet article, mais j’ajouterai quelque chose. L’exemple de la photo est un trés bon exemple. Cette photo pourrait être faite volontairement… ou pas.
    Alors est-ce que le fait de demander et de le savoir va nous faire décider si on aime cette photo ou pas? Si elle est réussie ou pas?

    Si c’était le cas, ce serait dommage de réduire l’art à une simple intention. Pour moi, cette photo est superbe, suggestive et apporte beaucoup de choses. Peu m’importe si c’est un flou volontaire ou pas. Si ça l’est, chapeau pour la maîtrise, et si ça ne l’est pas, alors tant mieux et beau coup de bol pour le/la photographe; Photo à garder.

    De là à en venir à la critique photo en général, il n’y a qu’un pas.
    Je trouve qu’en France, on est assez mal élevé sur ce sujet.
    Je vais souvent sur des forums en Allemagne ou aux Etats-Unis.
    Quand je poste une photo, on me dit ce qui est bien et ce qui ne l’est pas.
    Mais surtout, on argumente. Là bas, les gens prennent le temps de développer, d’analyser et d’apporter des arguments construits, réfléchis.

    Ici, bien souvent, c’est de la critique gratuite du genre: « T’as rien à faire ici, c’est nul, c’est tro bo, putain, ta toph elle pète »…. quan ce n’est pas juste une émoticone… 😉

    Ce genre de critique ne m’intéresse pas et ne me fait pas évoluer.
    Et sur nos forums, on manque cruellement de cette culture, de ces gens qui prendraient le temps de regarder la photo et de dire ce qu’ils ressentent, tout simplement, en partageant leurs ressentis et leurs techniques.

    D’ailleurs, on le voit également lorsqu’on sort prendre des photos, dans la vraie vie.
    Ce week end, je suis allé photographier des loups. Il y avait d’autres photographes. L’ambiance était à celui qui avait le plus gros zoom. Pas bonjour, pas un sourire, et le fait d’y être allé avec mon 70D et mon zoom Tamron m’a valu des remarques, des moqueries et on m’a bien fait comprendre que je dérangeait, jusqu’à ce que j’enlève mon appareil photo d’autour du coup en disant avec un grand sourire: « ok, alors je vais faire un peu de place ».
    J’espère qu’ils auront pris d’aussi belles photos que les miennes (au sens où quelques clichés m’ont bien plu, en toute modestie).
    Là, ça s’est soudainement calmé.

    J’ai longtemps cherché des critiques constructives, j’aime quand on me dit que ma photo est réussie ou ratée, et qu’on me dise pourquoi.
    Sur beaucoup de forums chez nous, quand je dis ça, les gens me répondent qu’ils ne veulent pas critiquer, surtout négativement parce qu’ils n’aimeraient pas qu’on dise trop de mal de leurs photos, à l’inverse.

    24 février 2016
    • J’ajouterai même qu’une photo qui me donne une hésitation, voir un sentiment négatif, de critique, en bref, une photo qui me force à la regarder plus longtemps et à réfléchir peut être une photo réussie.
      A partir du moment où je m’y attarde, c’est que la photo dégage quelque chose, même si au final je n’aime pas. Cette précision pour dire que même dans ce cas là, une critique négative peut révéler beaucoup de positif en finalité.

      25 février 2016
  • Quand donc une photo me donne-t-elle du plaisir ?
    1° Celle qui me raconte une histoire. Et elle me plait d’autant mieux qu’elle donne des couleurs agréables à l’histoire, même si elle est en noir et blanc.
    2° Celle qui provoque chez moi un sentiment violent … Je dirais plutôt fort que violent. Celle qui m’arrache des larmes, celle qui me fait partager une souffrance ou une joie, celle qui m’apporte une immense quiétude, celle qui me donne des bouffées de tendresse.
    3° Celle que, par son esthétique, ses jeux de couleurs, ses jeux d’ombres, j’ai toujours envie de regarder même après l’avoir vue 10 fois. Celle-là, elles me sert souvent de toile de fond sur mon ordinateur ou ma tablette. Celle-là, j’aimerais l’agrandir et la placer dans un cadre.
    4° Celles que j’ai envie d’embrasser parce qu’elle me renvoient une belle image d’un être cher, mon épouse, mes enfants, mes petits-enfants.

    Qu’elles soient floues volontairement ou pas qu’elles soient de travers, qu’elles soient sous ou sur-exposées, … est peu important si elles sont dans une de ces 4 catégories. Pour les photos qui n’appartiennent pas à celles-ci, alors, j’aime qu’elle soient bien cadrées, correctement exposées, … Et j’ai une préférence pour les photos qui ont saisi un instant fugitif, qui sont spontanées. Mais je comprends que certains préfèrent des photos très « pensées », où chaque détail a été réféléchi avant d’appuyer sur le petit bouton. Je peux aussi les admirer.

    Et pour finir, chaque fois que je regarde la photo prise par un autre, j’essaie de l’apprécier comme si c’était moi qui l’avais prise. Si la photo présente des défauts, plutôt que « d’assassiner » son auteur, on peut lui donner quelques conseils pour encore progresser. C’est ce que fait souvent Laurent pour nous aider à être meilleurs photographes. Merci Laurent

    24 février 2016
  • Bonjour Laurent, bonjour à toutes et tous !

    Débat intéressant, à partir d’une situation inintéressante : celle de l’intolérance et du sectarisme !
    Il est certainement difficile voire impossible de ne définir que des règles objectives concernant des productions artistiques, mais je dirais que les deux (types de) critères qui pourraient permettent de juger de la qualité d’une photo (ou plutôt d’une série de photos) sont:
    – le fait qu’elle provoque(nt) une émotion (quelle qu’elle soit) chez le spectateur
    – le fait d’une reproductibilité. Je m’explique: on peut tous être enthousiasmé par un cliché techniquement « raté » (flou et/ou profondeur de champ et/ou exposition etc…) initialement mal maîtrisés, mais qui apporte un effet original, artistique.
    Mais cela prend une autre dimension sur une série de photos: si la démarche artistique est volontaire, maîtrisée, pertinente et que chacune des photos de la série est capable de provoquer la même émotion, le même attrait chez un spectateur donné.
    Que pensez – vous de cette réflexion ?
    Meilleures salutations à toutes et tous et vive la photo !!

    24 février 2016
  • Je suis d’accord avec l’essentiel de l’article. Par contre, je trouve que tu devrais séparer de manière plus claire :
    – d’un côté ce qui relève de l’explication « technique » : « tel réglage va donner tel résultat ». On est ici relativement objectif
    – et d’un autre côté ce qui relève de la démarche artistique, ce qui marche ou pas pour exprimer une intention, ce qui te plait ou non.On est ici plus dans la subjectivité
    Il devrait être possible d’exprimer dans tes articles si tu es dans le cas de figure No 1 ou 2. Je pense que ça rendrait les choses plus claires et aiderait à comprendre et accepter (que l’on ait la même sensibilité ou non) les commentaires sur telle ou telle démarche artistique

    24 février 2016
  • je suis d’accord avec toi, il faut rester simple, nul même les plus grands n’a le monopole de l’idéal. Comme tu le dis, on est toujours le débutant de quelqu’un et l’expert d’un autre.
    Comme dit le proverbe, la critique est aisée mais l’art est difficile. Notre humilité doit nous guider vers un avis raisonnable. Mais on rejoint aussi le débat sur l’évaluation si cher aux enseignants dont je fais partie. Le problème c’est la confusion du vocabulaire. Evaluer ou noter. On ne note pas une photo ni un tableau ou une sculpture. On regarde, on est attiré ou pas. Après, comme tu le dis on cherche les motivations. Et puis si on n’aime pas, ce n’est pas un drame, celui qui a réalisé s’est sans dout fait plaisir.
    Ghislain

    24 février 2016
  • Bonjour et merci à la fois pour ce billet ainsi que pour la vidéo de mise au point suite aux dérapages concernant les critiques du travail de Cynthia Haynes.
    Je trouve que l’analyse est excellente et devrait être diffusée sur certains groupes de photo. En effet, l’on évoque régulièrement le défouloir que représente internet. Etant inscrit sur plusieurs groupes photos présents sur Facebook ou la toile en général, je songe régulièrement à me désabonner lorsque je vois des critiques extrêmement durs et aveugles de la part de certains membres; y compris de membres confirmés parfois formateurs ou experts plus ou moins reconnus (en général reconnus d’un petit cercle).
    Il m’est arrivé pas plus tard qu’hier de voir un nouveau membre poster une photo, être critiqué sans discernement (la photo contenait effectivement des erreurs), cette personne posant des questions concernant les critiques qu’on lui opposait, certaines personnes lui demandant s’il savait lire ou s’offusquant de la remise en question de leurs critiques (comment ose t-on ne pas avoir le même point de vue qu’eux), pour finalement aboutir au désabonnement pur et simple de l’apprenti photographe.
    Je pense que beaucoup oublient que derrière un nom ou un pseudonyme il y a une personne, que même pro on continu à apprendre et qu’un jour ces mêmes pros ont débuté par de médiocres clichés.
    En somme, j’apprécie le blog et le groupe photo que tu animes car l’ouverture d’esprit et la discussion sont les bases. Comme tu l’écris, comprendre une démarche photographique ou aider à améliorer un cliché est bien plus intéressant que de constater qu’une photo est ratée sans donner les clés pour l’améliorer.

    24 février 2016
  • Dire j’aime ou je n’aime pas me parait plus souvent justifié que c’est bon ou c’est mauvais…
    Une photo, c’est un pourcentage de technique associé à une dose de sensibilité. La sensibilité peu déplaire, et du coup, on n’aime pas. La technique par contre est irréfutable. Les règles sont connues appliquées, voire détournées, mais sans ambiguïté. Pour autant, je ne jugerai pas une photo car, même « ratée » techniquement, elle peut me plaire, et inversement. Il est évident qu’après avoir lu cet article, il y des « photographes ? » qui vont se mettre en priorité à la vitesse, réglé celle-ci sur une valeur faible et bouger en déclenchant. Et d’affirmer que telle était leur intention. Alors ? On s’interroge aujourd’hui sur la possible imposture de l’art contemporain, qu’en sera t’il de la peinture demain ?

    24 février 2016
  • personnellement je fais souvent, par ignorance parfois, de la photo « statistique » : une scène me plait, je veux graver ça dans le marbre, mais je ne sais pas forcément ce qui me plait, pourquoi, comment.
    Alors je mitraille.
    Au développement, je regarde, et je choisis, ou je jette. Parfois, j’ai de bonnes surprises, parfois je jette tout. C’est l’effet statistique.

    Mais la bonne photo,(le cas échéant), n’est pas forcément celle où j’ai eu une intention artistique.

    C’est un des intérêts des appareils numériques.

    24 février 2016
  • Pour ma part, je dirais qu’une bonne photo est une image qui « parle », de cet instant magique qu’est la rencontre entre le monde intérieur et le monde extérieur de celui qui l’a prise, en se laissant surprendre, à ce carrefour. La technique est ce qui permet de rendre ce carrefour plus transparent, mais elle l’encombre aussi, parfois : les photos des débutants « parlent » souvent plus que celles des plus avertis, s’ils ont oublié cet essentiel, troqué contre une rigueur de pacotille, désespérément « muette »… Faire vibrer ce carcan, du joli, du bien léché, du bien comme il faut, non pas gratuitement, pâle imposture, mais sensuellement, juste posture, en éveil, à l’écoute, oui, de l’intuition de l’instant…

    24 février 2016
  • Vaste sujet. Le beau… l’art. …Il y a des tonnes d’écrits philosophiques qui en parlent. Le problème est que la subjectivité est énorme dans le jugement d’une oeuvre. Cette subjectivité dépend de la culture de chacun, de son degré de technicité dans le domaine concerné. Pour la photo, le choix du flou est particulièrement sensible parce que c’est souvent le reproche qui est fait à une photo de débutant. Pourtant on sent une véritable recherche chez cette photographe avec une intention d’exprimer quelque chose. Pour moi l’art c’est cela : un moyen d’expression. J’ai envie de dire que lorsqu’une oeuvre nous parle nous touche avec l’intention de dire quelque chose on a affaire à de l’art qui peut ne pas faire l’unanimité. Voilà la modeste contribution d’une photographe en herbe mais qui aime la peinture depuis très longtemps.

    24 février 2016
  • Bonjour je prends les choses en cours. Je ne porte pas de jugement sur les photos que je vois car je ne sais rien du ressenti de celui qui l’a prise. Il ne peut qu’essayer de nous faire « voir » ,nous transmettre quelque chose, un sentiment ou du moins une emotion qui lui est propre! Nous aurons beau regarder tous la meme photo, nous ne verrons chacun d’entre nous, que ce que nous voudrons bien y voir…conditionnés par notre vecu.

    24 février 2016
  • Bonjour Laurent,
    Tu as résumé totalement la situation.
    Mais en fait, qui suis-je pour juger une photo et qui sont-ils pour juger la mienne ???
    Je pense qu’avant de pouvoir « juger » une photo on doit avoir une sacrée culture de l’art et de la photographie en particulier.
    Certes, on peut exprimer notre émotion devant une photo, mais ce n’est que notre propre opinion.
    Qu’est-ce que nos parents nous ont appris quand on était gosses : « On de dit pas c’est nul ou c’est pas bon, on dit je n’aime pas »
    Sous-entendu que d’autres pouvaient aimer.
    Une photo peu avoir des défauts, mais procurer des émotions, en sera-t-elle ratée pour autant ? pas sûr, tout au plus perfectible.
    A l’inverse, une photo peut être techniquement parfaite, mais laisse tout le monde de marbre, plat, sans émotion… Et pourrait-on la trouver ratée, je ne pense pas non plus.
    Le seul jugement que quelqu’un peut faire sur une photo sera d’exprimer ce qui le touche et éventuellement dire ce que lui aurait fait différemment.
    J’ai écouté une interview de 3 photographes connus dans les blogs photo et sur la toile, et durant laquelle il y a eu un exercice de critique photo. Ce qui était super intéressant, en dehors du fait que leurs critiques parfois sèches mais toujours argumentées, pertinentes et constructives, c’est que chacun des 3 (qui avaient une sensibilité différente) n’appréciait pas ou ne reprochait pas les mêmes choses sur une photo, mieux parfois ils étaient mêmes opposés.
    Cela montre bien à quel point les jugements sont bien souvent fondés sur les appréciations personnelles.
    Alors même si je n’aimais pas trop le style des photos à l’origine de ce débat, j’appréciais l’intention photographique de l’artiste et respectais son travail.
    Cela dit, les appréciations ou les critiques permettent aux gens, principalement les débutants, mais aussi les personnes plus expérimentées (car en photo, on évolue tout le temps, donc on a toujours quelques chose à apprendre et à perfectionner), d’évoluer et de comprendre ce qui doit être améliorer dans leur démarche.
    Tant qu’elles sont toujours constructives et expliquées.

    Dans ton post, les trolls qui se sont juste permis des critiques gratuites et dénuées de toute regard objectif, ont bien mérités d’être dégagés du groupe.
    Merci Laurent, pour ton témoignage.

    24 février 2016
  • Très bon article.Mais une question me viens:Peut on juger le jugement?Après tout,s’il est parfois difficile de comprendre une oeuvre d’art,il est d’autant plus complexe de comprendre les points de vues.Les sentiments,les émotions,la cultures,les origines,l’approches,etc..,sont des critères propres à nous chacun d’entre nous.Quoi qu’il en soit,si l’oeuvre, »bonne » ou non,provoque une réaction positive ou négative est considérée comme réussie puisqu’elle ne laisse pas indifférent.

    25 février 2016
  • J’essaye de garder à l’esprit que Beau, laid, bon ou mauvais, j’aime ou j’aime pas sont anti constructifs.
    L’art est subjectif mais il faut pouvoir objectiver ses critiques. Je suis tout à fait d’accord avec l’intention comme critère principal.
    Oui, on peut critiquer l’art et une photo.. on a le droit d’apprécier ou de ne pas apprécier mais la critique doit être constructive.
    Aborder un photographe en lui disant que sa photo est moche, n’a aucun sens. Par contre, lui dire que le choix du flou ne nous semble pas approprié pour exprimer son intention ou exprimer le fait que tel ou tel élément dans le cadrage détourne l’attention du sujet principal permet d’ouvrir le débat et de discuter de manière positive.
    Je pense qu’on peut et qu’on doit critiquer et garder un avis critique. On doit juger ça permet d’évoluer. L’important est la manière dont on exprime les critiques et il est primordial de pouvoir accepter la critique sois-même en retour. A mon sens, c’est le seul moyen d’évoluer!
    Je suis bien entendu partant pour en discuter autour d’une bonne bière Belge Laurent, quand tu veux 😉

    25 février 2016
  • Bonjour Laurent,

    « Peut-on juger une photo ? » et comment ?
    Vaste et intéressant débat !

    Personnellement je suis très récalcitrant quant aux termes « juger » et « critiquer ».
    Sommes-nous à même de juger et sur quels critères, hormis l’aspect technique ?
    Je pense que l’on ne peut pas être vraiment objectif,d’une part et d’autre part, juger est-il bien nécessaire ?
    Pour moi, une photo, comme toute autre forme d’art, musique comprise, doit avant tout m’interpeler, me « parler »,m’émouvoir, et lorsque c’est le cas, l’artiste et son oeuvre ont atteint leur but.
    Ce qui m’importe, c’est de ressentir une émotion, bonne ou mauvaise, et je préfère dire « j’aime » ou je « n’aime pas » et pourquoi, mais toutefois sans juger.
    Pour revenir à la photo « floue » de Cynthia, je pense qu’il est certainement plus difficile de bien maîtriser un flou de bougé volontaire, que de faire une photo bien nette!
    Je connais parmi mes amis photographes, un « certain » Michel P. (il se reconnaîtra) qui réalise, en exploitant le « bougé » volontaire, des photos absolument magnifiques et artistiques!
    J’ai personnellement réalisé une série de photos tout à fait ratées (accidentellement surexposées à l’extrême).
    Alors que je mettais à la « corbeille » ces photos, j’ai soudain réalisé qu’elle avaient malgré tout, quelque chose d’intéressant.
    J’en ai « sauvé » trois dont j’ai présenté les tirages lors d’une expo, et à ma grande surprise, elles ont suscité des commentaires tout à fait positifs de la part du public.
    D’autre part, un écrivain qui les avait vu m’a demandé l’autorisation d’en publier une, et aujourd’hui cette photo « ratée » est en première de couverture d’un de ces romans.
    Cet « accident » m’a par ailleurs ouvert les portes sur une autre manière de s’exprimer, mais cette fois, de façon contrôlée et volontaire.
    Alors, qu’est ce qu’une bonne ou une mauvaise photo ?…

    Jean-Claude Villermain

    25 février 2016
  • Bonjour,
    Je ne pense pas qu’il faille rechercher « la démarche de l’artiste » dans chaque photo que l’on voit. Il y a des photos de merde, on en a tous fait, et il ne faut pas chercher bien loin pour s’en apercevoir.
    C’est pareil pour la photo d’artiste c’est à dire celle qui a nécessité une démarche de la part de l’auteur, une application dans le cadrage, une recherche dans la symétrie, un flou géré. Celle là se reconnait aussi de suite.
    Elle peut être ratée mais au départ il y a une volonté de faire bien de la part du mec qui déclenche. On l’aime où on ne l’aime pas mais on peut s’y attarder et rechercher les intentions de l’artiste.
    Dernier article de Gregory : Exposition Bettina Rheims

    25 février 2016
  • Un jour j’ai pris une photo complètement flou, qui n’était pas voulu, central Park sous la neige. J’ai trié mes photos 6 mois après (flemme, travail…) et je peux dire que c’est une de mes photos préférés.
    Le flou peut aussi être beau et pas intentionnel.

    26 février 2016
  • Avez-vous reçu mon commentaire?

    26 février 2016
  • je laisse un commentaire sans lire ce que tu as écrit et donne mon avis sans à priori, je lirais ta réponse à postériori : une mauvaise photo à part la photo raté (flou, mise au point, lumière, composition,…) on ne peut parler de mauvaise photo, on peut aimer ou ne pas aimer sans plus.. par ailleurs tout ce qui pourrait être considéré comme erreur technique mais voulu pour raison artistique ( flou, effets spéciaux,..)se ressent en regardant la photo, et les sensibilités des uns et des autres sont tellement différentes que chacun verra ce qu’il voudra ou pourra voir,.. ce sera la même chose que la musique .. donc LE critère pour qu’une photo soit artistique n’est qu’exclusivement lié à son auteur, à son intention, le désir qui l’a animé en voulant prendre sa photo, il est impossible avec un critère de froidement classé des œuvres comme artistiques ou non, pour ce qui est d’être un artiste on ne le sera que si on doit vivre de son travail artistique, sinon même si l’intention artistique est très différente voire beaucoup plus approfondie que celle de certains artistes reconnus parfois simple reproducteur d’un phénomène de mode, on ne fait que produire une œuvre artistique,
    en fait l’art est ou n’est pas en vous, et la lecture des autres n’est nullement nécessaire pour en faire une oeuvre artistique, seule votre intention compte …. vaut il donc mieux être un artiste reconnu qui ne fait comme certains que reproduire des phénomènes de mode ou être vous même avec une intention artistique à fleur de peau ….. chacun aura sa réponse

    26 février 2016
  • Pour moi, je ne jugerai jamais qu’une photo est mauvaise mais je tiendrai compte seulement de l’attirance et de la satisfaction que j’aurai à la regarder, peut importe qu’elle soit floue ou en dehors de tous les canons prescrits.

    26 février 2016
  • Il n’y a peut-être que deux façons de faire des photos.
    a) Celles que l’on fait pour – « mon jardin secret » –
    b) Celles que l’on veut montrer ou partager, exposer.

    a) Liberté totale d’exécution
    b) Règles à suivre selon le destinataire : club, concours,expo. Attention au nombre d’or, à la tête coupée, au ciel délavé…

    Se rappeler que beaucoup de grand noms de la photo ne le sont que parce que ON l’a décidé. Ne les critiquez pas, les flou, bougé,cadrage de travers , le « ratage », sont l’expression de leur art. Combien d’entre-eux ne sont que « des presse-boutons » qui confient à un labo professionnel les tirages … J’aime la réflexion d’U.Eco qui dit : « L’art contemporain officialisé n’est rien sinon du bluff, une vaste supercherie ».

    26 février 2016
  • Bonjour. Je pense que tout dépend de l’objectif (le but) de la photo. Si elle doit faire passer un message comme dans le photoreportage par exemple et qu’elle ne « marche » pas, on peut dire qu’elle a ratée sa cible. Si elle doit être belle et nous rappeler un bon moment, les contraintes ne sont pas les mêmes. Il peut aussi y avoir une différence si c’est une photo professionnelle ou personnelle. La dernière devra plaire d’abord à une personne : celle qui l’a prise. Voilà juste mon sentiment plus facile à expliquer en paroles qu’à l’écrit. Bonnes images

    26 février 2016
    • Bonjour,
      Tout ce qui vient d’être écrit est fort intéressant et certainement juste quelque part. Toutefois, on ne va pas refaire ici la bataille d’Hernani, les cabales contre Picasso, ni les sarcasmes contre les constructions de le Corbusier.
      Photographiez, faites-vous plaisir, réjouissez ceux qui regardent vos clichés. Voilà de grandes satisfactions!
      Les polémiques sont rares et ceux qui les sucitent peuvent se réjouir de ne laisser personne indifférent.
      Aussi merci Laurent pour ce coup de gueule et ainsi de m’avoir permis de voir les photos de Cynthia. Bravo Cynthia Haynes.
      Georges

      26 février 2016
  • Coucou Laurent 🙂 ,
    Est-ce qu’on peut dire d’une photo qu’elle est mauvaise? Il faut aussi se demander si on peut dire d’une photo qu’elle est bonne. Ceux qui trouvent une photo mauvaise estimeront que leurs raisons sont les bonnes et réciproquement pour ceux qui la trouvent bonne. Mais si on ne jugeait pas l’art, combien de règles n’existeraient pas. Daniel dit « seule la rue décidera », je rajouterais le temps.
    En fin de compte, l’auteur est le seul à avoir l’obligation de se critiquer jusqu’à ce qu’il arrive au résultat qu’il attend. Elle doit d’abord toucher l’auteur, car c’est sa sensibilité qui l’amène à faire sa photo d’une certaine manière, mais tout le monde ne possédant pas la même sensibilité il est normal que cette photo ne suscite pas systématiquement des « Wahou » de 100% des gens qui la verront.
    De toute façon, ne rêvons pas, après plus d’un siècle de photo et des siècles de peinture, beaucoup de choses ont été créées et beaucoup d’idées qu’on pense avoir peuvent avoir été exploitées sans qu’on le sache. Mais bon, ce n’est pas parce que des photographes ont fait des millions de photos de mariage qu’il ne faut plus photographier des mariages non plus 😉 . Comme la bière belge, c’est pas parce que beaucoup de gens en ont bu qu’il faut arrêter d’en boire hein Laurent ^^.

    26 février 2016
  • La créativité est la seul chose qui ne s’achète pas en magasin.

    Voilà un article bien fait et qui permet de remettre un peu les pendules à l’heure. La critique est souvent rude et facile sur les réseaux sociaux et autres communautés.

    Le respect et le droit à la différence font parties de nos valeurs qui font de nous des êtres humains.

    Merci au rédacteur du blog qui en passant est très bien fait.

    John

    27 février 2016
  • Bonjour,

    En photo comme dans d’autres domaines, deux points de vue s’affrontent :
    D’abord celui de l’auteur qui estime que sa photo peut être mise à disposition de spectateurs pour des raisons qui lui sont propres (que ce soit l’intention, le coup de chance, la commande, l’émotion, etc…)
    Le spectateur qui reçoit cette photo va la juger (et oui) en fonction de sa société, de son éducation, de sa religion, de son ouverture d’esprit, de sa culture photographique (des éléments que Laurent essaye de nous inculquer dans ses cours et dans ses articles).

    Un exemple : j’ai découvert il y a quelques mois que Nikos Aliagas un animateur télé connu était aussi photographe. Il fait essentiellement des portraits N&B avec beaucoup de modèles célèbres. Certains spectateurs ont avancé qu’il n’avait aucun mérite car ses modèles étaient célèbres.
    Ah bon ! Moi je trouve ses photos très intéressantes et que le modèle soit célèbre ou pas faire ressentir une émotion au spectateur avec sa photo n’est pas si évident…

    Je fais partie d’un club photo où nous avons régulièrement des séances de critiques de nos photos.
    Nous ne cherchons à démolir une photo (et encore moins son auteur) mais à expliquer nos ressentis, proposer quelques améliorations (à la prise de vue ou au post-traitement) et à nous demander si nous aurions aimé faire cette photo.

    J’ai regardé les photos de Cynthia Haynes et il y en a beaucoup que j’aurai aimé faire.

    28 février 2016
  • J’imagine que ceux qui critiquaient le flou sont des fans de HDR, et poussent la barrette de netteté au maximum…

    Après, tu te heurtes malheureusement aux caractéristiques de ton public: beaucoup de débutants, qui n’y connaissent rien, ne savent pas faire d’autocritique objective (et donc d’editing, merci les session photos de voyages avec 573 versions d’un même paysage…) et ont besoin d’être éduqués.

    Très belle série de Cynthia que celle sur les animaux.

    29 février 2016
  • Débat passionnant… !

    Pour moi, une oeuvre d’art, qu’elle soit photographique ou pas :
    – me touche : alors, pour moi elle est réussie
    – ne me touche pas mais touche d’autres personnes : elle est vraisemblablement réussie, peut-être que je ne comprends pas, que je ne connais pas le contexte, que je ne prends pas suffisamment de temps pour décrypter… etc
    – ne touche personne : sûrement que cette image ne présente que peu d’intérêt, que ce soit techniquement ou artistiquement.

    Dans tous les cas, c’est bien le regard du spectateur qui compte.

    1 mars 2016
  • Bonjour,
    Tout commentaire, remarque ou critique devraient être constructif pour être pris au sérieux et même ouvrir un débat.
    Certains vous diront que chacun est en droit de s’exprimer, alors tout le monde peut s’en donne à cœur joie.
    Bien souvent la manière n’y est pas, bêtise, jalousie, incompréhension, débutant, professionnel, peu importe, le moment ou nous prenons l’information, c’est dur.
    Mais ce n’est pas grave, le tout est de se servir de cette expérience et à son tour, être constructif.
    le débat que tu ouvres est la preuve que toute expérience est bonne à prendre et que chacun peut en profiter et donc apprendre.

    Je suis quelqu’un qui ne comprend pas toute forme d’art, mais j’essaie toujours d’apporter quelque chose si cela m’est demandé.
    Intention où pas, on aime ou on n’aime pas, le tout est de le dire sans mauvaise intention et en expliquant pourquoi et son analyse sur le sujet.

    Une simple photo et voilà un débat qui part d’une critique difficile, une expérience enrichissante qui aura permis d’apprendre à faire attention à comment nous devrions communiquer autour d’un sujet qui est aujourd’hui l’art photographique!

    2 mars 2016
  • Bel article où jugement et avis ont l’air de se confondre (mais ce sera pour un autre débat).

    Je suis entièrement d’accord avec Daniel, ci-dessous, où j’ajouterai que contrairement à la photographie qui fige l’instant et la rend non modifiable, l’avis comme le jugement peuvent évoluer dans le temps (en bien comme en mal).

    C’est par l’évolution des codes enseignés que les jugements artistiques sont modifiés.

    Aussi, continuez et n’hésitez pas à bousculer les codes établis.

    3 mars 2016
  • Bonjour Laurent ,
    En complément de cet article très intéressant et des nombreux commentaires non moins utiles je voudrais vous livrer mon expérience sur la subjectivité de l’analyse en l’occurrence celle de la photo de l’éléphant.
    Pour moi superbement réussie car à la première vision …eh oui je n’ai pas distingué l’éléphant !!!!!
    Je me suis d’abord dit: Enlève ou change tes lunettes mais j’ai rapidement opter vers l’analyse des nombreuses idées intéressantes véhiculées par cet article notamment l’interprétation ,la subjectivité et donc au delà de l’intention de « l’artiste »du ressenti du spectateur qui déjà me semble un excellent critère de jugement
    En ce en quoi,pour moi cette photo va au delà d’un simple témoignage et est superbement intéressante.
    Cordialement et amicalement

    6 mars 2016
  • C’est une très bonne analyse dont je suis plutôt d’accord. Chaque photographe veut faire passer un certain message à travers ses photos plus ou moins explicite. J’aurais aimé avoir votre avis sur la simplicité, une photo simple peut-elle avoir forcément aucune originalité ? La simplicité est-elle synonyme de banalité ?

    6 mars 2016
  • Bonsoir,

    Le sujet me rappelle le sujet de mon bac français…il y a longtemps ! Je reste convaincu que l’on peut dire que tel œuvre est mauvaise, sinon pourquoi existerait-il des critiques cinéma, littéraires…Tu le répètes à longueur de formation, il existe des règles de bases à respecter même si effectivement on peut ne pas toutes les respecter systématiquement.
    Pour faire le raisonnement a contrario, on peut se demander pourquoi certaines photos, sculptures, peintures, etc provoquent des bonnes sensations à une très grande majorité de gens…on y répondra en disant que l’auteur à réussi à toucher son public…Par conséquent quand personne ne ressent rien, c’est que c’est une œuvre ratée…

    Je rebondis aussi sur l’intention, je l’avais déjà écrit mais elle ne peut pas tout justifier. Aujourd’hui on dirait que certaines ne sont là que pour faire le buzz…D’autres et c’est louable sont de vraies expérimentations avec, logiquement, son lot d’échec.
    On trouvera toujours des gens pour s’extasier et défendre des créations qui n’en sont pas : je pense notamment et en exemple l’exposition totalement vide d’Yves Klein titrée « La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée  » Pour moi ce n’est pas une œuvre.
    Je terminerai en disant qu’une photo qui me « parle » est une photo qui me fait dire, « j’aurais aimé la faire », « il faut que j’essaye ça » et que d’une manière générale créer c’est aussi accepter d’être critiqué.
    Cordialement.

    7 mars 2016
  • Bonjour Laurent !

    Je suis absolument d’accord avec (presque) tous tes propos dans cet article, et c’est vraiment intéressant qu’un photographe, un professeur aussi, donne son avis sur le sujet, ça permet pleins d’approches différentes sur la photo !

    Je me permets tout de même une petite remarque, d’où le « presque » que j’ai employé plus haut. Tu dis  » je ne m’intéresse pas plus au travail d’un photographe qui copie  » tel ou tel style.. Je vois bien ce que tu veux dire, mais tout de même. Certes, de nombreux photographes ont marqué par leur propre style la photographie, mais ce n’est pas pour autant, à mon sens, que leur façon de faire les photos est une exclusivité. C’est vrai que faire les photos « à la manière de » c’est moins créatif, mais j’imagine que ça demande du travail quand même, et c’est peut être le début de quelque chose d’autre.. ( tu seras d’accord pour dire qu’il faut bien commencer par quelque part ). Bon si le photographe en particulier dont tu parles est « pro » c’est peut être plus embêtant en effet ! C’est difficile de trouver sa patte dans le monde de la photo, et en plus le risque est de se réduire à un certain type de photos ce faisant. (c’est le cas souvent !). Je pense que tu as raison, la photo a aussi de l’avenir en ce qu’on peut compiler des « séries » et c’est là qu’une photo peut prendre tout son sens, lorsqu’elle est valorisée par toute une autre série de photos suivant le même thème !

    bref, article très intéressant !
    bien à vous tous
    JP

    10 mars 2016
  • Article très intéressant et à mon sens tout à fait pertinent. Je n’ai pas grand chose à rajouter. Merci j’en apprends chaque jour un peu plus grâce à vous.

    10 mars 2016
  • bonjour,
    De judicieuses remarques, mais moi dans mes analyses et critiques de photos, je partage mon analyse en plusieurs parties:
    – la partie « artistique » basée sur la créativité, (les flous justifiés par exemple) la composition et le cadrage de la prise de vue, encore faut-il qu’un commentaire justifié sur les intentions du photographe accompagne la photo, sinon mon appréciation se basera sur des pratiques « académiques » et les critiques comparatives peuvent être vexantes parfois.
    – la partie « technique » qui alors portera sur les réglages du matériel (à conditions que les exifs de la photo soient joints et lisibles) pour l’exposition et la mise au point (avec ou sans AF). Là encore les conseils seront comparatifs entre les réglages utilisés et ceux que moi j’aurais utilisés dans les mêmes conditions de prises de vues.
    – la partie Post-traitements que moi j’estime indispensable (comme le Labo du temps de l’argentique) afin de corriger les éventuels défauts de la prise de vue et/ou agir sur la BdB ou la présentation de la photo (ajout bordures par exemple).En finale la photo originale corrigée par mes soins illustre mes propos du message.
    Cela semble complexe pour un débutant (reproches souvent apportés à mes analyses) mais en fait c’est assez routinier et les 5 ou 6 corrections apportées sont souvent les mêmes.
    cordialement
    myrddin13

    13 mars 2016
  • Bonjour à vous tous,

    Vaste sujet sur l’esthétique et son ressenti intime et personnel.
    Heureusement il y a de tout pour tous…en dehors d’une maitrise nécessaire de la technique de base.

    N’oublions pas que nous sommes dans une des expressions possible de l’art, et donc dans l’expression transférentielle de notre moi intime le plus souvent même inconscient…çà nous parle qqpart ou non…je crois qu’il faut rester ouvert à toutes initiatives et créations …sommes nous dans la « critique » ou « l’analyse », c’est un mot qui me plait plus et oui il est toujours bon pour progresser ou poursuivre d’avoir des conseils de « pro » car comme il est dit plus haut on est tjrs le débutant d’un plus expérimenté, et c’est ce qui nous donne des ouvertures, des découvertes, des envies….
    Merci Laurent pour ces débats qui donnent corps à ce qu’on aime tous ici: la PHOTO

    13 mars 2016
  • Désolé si je parle plus « peinture » dans mes exemples que « photo » : Je manque de référentiel en photo 🙂

    On peut toujours juger de la « technique », mais une photo réussie techniquement n’est pas forcément « artistique » (exemple, les portraits officiels, qui sont irréprochables techniquement, mais d’une pauvreté artistique incroyable). Inversement, certaines photos « ratées » le sont (à l’image des photos de Capa du 6 Juin 1944).

    Si une œuvre (photo, peinture ou autre) déclenche une émotion, invite à la réflexion ou au voyage, alors elle est réussie, même si elle ne suit pas les canons du « beau » (les impressionnistes ou les surréalistes, à leur époque, l’ont prouvé).

    Après, effectivement, individuellement, nous jugeons, selon nos propres critères (c’est pour ça que certains détestent Warhol quand d’autres l’adorent) et c’est, à mon sens, ce qui fait la magie de l’Art : Nous avons tous une vision différente du « beau » et cette vision n’est que rarement en corrélation avec les canons de la technique 🙂

    14 mars 2016
  • Réflexion très intéressante…
    Pour ma part, je conseillerais à ceux qui n’ont pas peur des migraines de lire l’ouvrage suivant :

    Esthétique de la photographie de François SOULAGES
    Nathan

    On y trouve des réflexions sur la photographie que je trouve très éclairantes, tant sur la photographie que sur la démarche du photographique.

    Bonne lecture…

    14 mars 2016
  • Merci pour cette article. Ca nourrit cet éternel débat « comment juger une photo ».
    Je suis d’accord sur le fait qu’il y est une des critères technique pour aider le jugement d’une photo, mais il ne faut pas oublier que l’émotion que l’on ressent en regardant une image est un critère non négligeable.
    Dernier article de Nadir : Video: Un Geek raconte son histoire d’amour en LEGO

    1 mai 2016